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Réenchantement

- Ne pleure plus. Nous nous sommes vus. Nous nous touchons et nous baisons où bon nous semble. Où les frissons règnent. Je suis avec toi maintenant.

Je te donnerai mon adresse et toutes mes voies de communication seront à toi.

Nous nous reverrons, souvent, là où le vent chante. Tu es aussi mon soleil.

Nous perdons le Nord aux creux de nos océans.

Nos bords de mer s’en rappelleront, pour longtemps.

Tu ne pleureras plus ailleurs que dans mes bras. Seul, je saurai lécher tes larmes, perles de tes yeux et de tes lèvres salées.

Je te ferai jouir comme le vent, mugir comme la mer, serrer tes jambes et tes fesses, douces, si douces, plus douces encore que la caresse de tes seins avant de me voir (j’aime que tu me décrives ces moments-là, où je suis loin de toi).

Oh ! Et comme si cela ne suffisait pas et comme (miracle!) cela ne suffira jamais entre nous, je spiralerai de tendresse depuis la base de tes monts jusqu’à leur sommet de roses. J’en prendrai soin comme d’un pétale, l’un de mes doigts, l’autre de ma langue, puis inversement.

Leurs petits monticules connaîtront la visite de mon bout de langue, chercheur.

Je me ferai assez souple, bien que t’étreignant de tout mon long, pour glisser mon autre bras le long de ton corps à nous. Tu me serrerais plus fort, à t’en écraser le corps. Je te sauverai de toi-même, in extremis.

Ô, mon coeur d’amour, mon corps brûlant, plus brillant et mouvant qu’un bleu lagon ! L’heure est venue de me soulever de toi, de toi offerte à nos ébats.

Tes bras tendus vers moi… ton balbutiement qui me rappelle à toi, comme si tu avais froid…

Mais… ma belle chatte… c’est que tu te tortilles sur ton dos d’amour ! Ton dos et tes fesses, vers lesquels ton fleuve s’écoule.

Oh comme je te veux de partout ! Te découvrir de partout, après avoir joui des nuits sans jamais t’avoir vue. A ta seule, mais au combien chaude, lecture.

« La mer est plus belle,

que les cathédrales,

nourrice fidèle,

berceuse de râles,

la mer sur qui prie,

la Vierge Marie »

Je suis arrivé à la gare alors que tu t’apprêtais à retirer, nerveusement, tes lunettes à montures noires. Précipitamment, me voici à ta rencontre. Encore pardon pour mon retard. Je maudissais le métro plus que toi !

Etant le seul immobile, je fus bientôt l’unique soleil de ces traits tirés.

Tu m’as remarqué, une seconde fois, de visu cette fois-là, à ma nonchalance mêlée de maladresse.

Epanouie, tu me semblais l’être, malgré ta réserve. Sache, tout de même, que tes yeux brillaient en venant à moi.

Te sentais-tu enfant dans ta robe, ciel et courte, aux sandales ornées, compensées, couleur bleu foncé. Il s’agit pourtant d’une tenue hautement féminine, terriblement chère de surcroît. Tu me confirmeras, plus tard, qu’à l’origine, elle ne fut pas pour moi.

Je n’oublie pas non plus tes yeux fondants, légèrement maquillés de bleu.

Inconsciente, ô toi qui as voulu rougir ta bouche afin qu’elle leur fasse de l’ombre ! Afin de me suggérer, à l’oeil nu, tes moindres attentions pour moi. Tes espoirs d’intentions avant de me voir tel que je suis.

Mais ce sont tes yeux, tes deux billes chocolatées, finement caramélisés, qui m’ont (d’abord) attiré !

Quel plaisir de t’avoir démaquillée de mes lèvres, de ma langue, très doucement, de toutes mes papilles, pupilles et pulpes de mon corps sur le tien, en rut !

Aragon, ton Rousseau, mon Eluard n’avaient pas croisé ton regard, subjugués par leurs eaux claires. Revenons-en donc à notre Verlaine, abandonné en plein musée.

Ses vers rassurants, t’étaient venus devant « Mer agitée à Etretat ». Ils m’ont redonné ma petite confiance. Son léger déploiement, avant que tu ne me prennes la main gauche.

Un bonheur de me régaler au contact de tes doigts, longs et fins ! Tu ne les avais pas maquillés, ceux-là, contrairement à tes jolis pieds, blancs et rouges.

Ah, ma petite femme en rouge et bleu ! Que j’aurais à apprendre de toi malgré ton plus jeune âge. A peine majeure, même pas mûre sur certains points essentiels de ta vie, mais déjà si pleine de sentiments, de raisonnements, de convictions souples et droites, comme ton corps appuyé au mien.

Ma belle ménagère (oui ma belle, car tous les hommes devront te trouver belle après mon passage), n’oublie pas de devenir forte et de te défendre toujours contre les hommes, contre les agaçantes, malgré ta tendresse et ton attachement aux immortels.

Demain,

la semaine prochaine,

quand tu voudras,

nous irons au Panthéon pour que tu puisses leur rendre hommage (du moins à quelques uns).

Ensuite, nous remonterons les alpes (les vraies cette fois), à la recherche d’un autre musée.

Pour le moment, quittons, Monet, la mer, et même Lyon. Allons explorer de plus belles côtes. Et, quant à toi, mon adorable printemps, sonde-moi autant que tu le voudras. Je me sens renaître à ton contact frais, mais souvent fragile, malgré ton courage inébranlable.

Allons découvrir, sous nos vingt doigts, les portes de notre âme.

Assez de nos mots gémis. Je veux t’entendre chanter.

Je prendrais soin de toi, t’initiant à nouveau à tes plaisirs si peu goûtés.

Les pensées se bousculent dans ma tête tant je crains de te décevoir, de t’effrayer ou de te faire le moindre mal, que tu me réclameras peut-être au moment de nous explorer.

Je tiens à ce que tu te masturbes devant moi, de nombreuses fois.

Je veux te réconcilier avec cette pratique ancestrale et inavouée, qui a fini par te faire de la peine une fois l’amour connu.

Avec moi, tu ne pleureras plus de tristesse, les doigts branlants sur ton bouton. Tu n’auras même plus à le titiller, tant je serai là pour l’embrasser, toujours en dernier et très lentement.

Je veux voir tes airs bleus, roses, gris et verts tandis que mes index et majeurs écarteront tes deux lèvres, que je connaissais déjà mieux que toi. J’aimerais voir l’image de ton chant crié, si doux et frissonnant d’extase. Tes sourires aux couleurs de ton sexe, se répercutant depuis ma langue et jusqu’à mon propre gland.

« Gland en automne,

rien ne le rend plus grand,

qu’une grande douceur »

Le seul de tes haikus qui me revient à l’instant,

mon rêve de bonheur partagé, en me le massant pour toi, loin de toi, rugissant presque, comme la grande ville que j’habite en ce moment, loin de chez moi.

Je te sais et te devines en train de mugir, quelque part comme la bête non loin de toi.

Je sens l’animal sensuel, tendre, mais au combien gourmand et érotique qui se manifeste de toi à moi.

Je serai à genoux sous toi dès que tu me le commanderas, et même si ta voix tremble.

Si tu n’étais, finalement, pas à l’aise dans ce rôle-là, je me relèverais aussi sec, te reprendrais dans mes bras, rassurants pour toi. Ce serait, dès lors, la promesse de mille caresses qui n’en veulent plus finir, comme ce rêve qui m’empêche de dormir. L’aube poindra et je ne saurai où j’en suis.

Je ne t’en reparlerai pas, de peur de t’en inquiéter,

et si tu me le demandais, je te réclamerais un mot de toi sur chacune de mes paupières, appesanties.

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