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Regards croisés (2)

Partie 2

Elle

Mon reflet dans le miroir me montre telle que j’aimerais être, même si parfois il se révèle cruel et me fait prendre conscience de ce que je suis. Il m’arrive de prendre des postures en lingerie pour trouver la pose sexy qui ferait fondre n’importe quel homme. Je ne recherche pas juste à être belle, ni élégante. Cela ne me suffit pas. Cela ne me rendra pas plus femme. Pour moi être une femme c’est connaître son corps et savoir le maîtriser avec art. Il n’existe pas de langage plus subtil, ni plus raffiné.

Les femmes de mon âge font l’erreur de croire qu’elles peuvent être sexy ou fatales en portant un certain type de tenue plus ou moins provocante ou aguicheuse. Elles devraient apprendre l’importance de la gestuelle, de la façon de se mouvoir l’assurance qui doit se dégager avec grâce. Malheureusement, une bonne partie ne le comprendra jamais et continue sur cette même voie ignorante.

Pour être dans les normes imposées, elle y laissent leur personnalité alors qu’une femme doit savoir rester soi-même en toutes circonstances. Une coquine ne l’est pas parce que la société lui impose mais parce qu’elle l’est.

Cela vaut aussi pour les hommes. Les plus séduisants ne sont pas ceux qui ont le plus de succès. Nous sommes nombreuses à nous êtres laissées séduire par une personne plutôt banale d’un point de vue physique mais qui avait un charme, un naturel, une façon de parler qui nous a mise en émoi et qui nous a poussé dans ses bras. Gainsbourg en était le parfait exemple.

Je ne me soucie pas de ma silhouette dans le reflet. L’important ce n’est pas les quelques kilos en trop, même si au final je n’en ai aucun, mais j’envie celles qui les ont. Même si les critères de beauté sont pour les fines, il faut admettre qu’une femme est bien plus séduisante à contempler avec des formes et de jolies courbes qu’une toute plate et anguleuse. Un soutien-gorge corbeille fera toujours plus tourner les têtes qu’un push-up.

J’enlève un à un mes habits de la journée. Tout d’abord ma jupe, pas trop courte, ni trop longue non plus. Jusqu’aux genoux, cela n’indique ni que je suis prude, ni trop frivole. L’œil u mâle aguerri doit être attiré par ce que je dégage et non ce que je montre. Je retire ensuite mon haut coloré. Pas de fleurs, ni uni. Au moins deux couleurs, cela ajoute un peu de mystère et d’élégance. Mais là-dessus, peu d’hommes s’arrêtent à ce détail. Ils ne s’intéressent surtout qu’au décolleté. Je fais attention de ne prendre que ceux qui montrent les racines de mes petits vallons. Il ne faut point trop en montrer, cela romprait le charme, le mystère.

Je me reluque dans la glace, appréciant l’image que je renvoie de moi, celle d’une jeune femme maîtrisant son potentiel sexuel. Depuis longtemps, j’évite de tomber dans la tentation de la facilité en montrant un côté aguicheuse pour attirer les hommes. Lorsque l’un d’eux me plait et que je discute avec lui, je ne me montre ni fille facile ou pimbêche, ni trop sérieuse. Il y a des petits mots, certains regards, des petits gestes qui ne trompent pas. Et ceux qui ne comprennent pas, ne méritent pas plus de temps avec moi.

Le dernier rempart de ma nudité gît maintenant à mes pieds. Je caresse doucement mes petits seins meurtris par la cage de tissu que je viens d’enlever. Mes yeux se posent sur le reste de ma féminité qui est encore recouvert par une culotte en tulle. J’en viens presque à oublier parfois que je mets des sous-vêtements à cet endroit depuis que je maîtrise l’art de ne plus en mettre sans me sentir gênée de la journée. Cela ne veut pas dire que je passe plus de temps cul-nu que vêtu, bien au contraire ! Mais j’ai franchi l’étape psychologique de me sentir dénudée sans alors qu’avant de l’avoir fait, je n’avais pas l’impression de porter quelque chose.

Parfois je me trouve différente des autres, un peu jeune pour agir de la sorte. Alors qu’une partie de mes amies recherche un compagnon pour leur vie, l’autre cherche des hommes pour passer du bon temps, quitte à prendre le tout venant qui parait potable. Moi je ne cherche ni l’un, ni l’autre. Les aventures me trouvent, avec le même raffinement que la vie nous offre ses délices jours après jour. Je ne cherche ni bel éphèbe, ni bon parti pour l’avenir, juste quelqu’un de distingué, qui sache comprendre ce dont j’ai besoin et qui ne cherche pas à avoir plus.


Lui

Au fait quel pouvait bien être son prénom ? Julie. . . Sonia. . . Valérie ? Non ! Les femmes spéciales comme elle avaient presque toutes un prénom assez ordinaire. Avant, Mathilde était pour moi un prénom de nonne. J’avais la scène bien en tête, comme sur un écran de cinéma : « notre couvent apprécie grandement votre régulière générosité ! Sœur Mathilde va vous dévoiler nos actions en faveur de ce petit village d’Afrique. Vous pouvez en attendant vous recueillir quelques minutes dans l’oratoire, je vais la faire appeler ! »

J’avais plus tard régulièrement déploré de n’avoir pas osé taquiner Mathilde sur son prénom de religieuse. Elle aurait, je pense eu à cœur de me prouver immédiatement que le prénom ne fait pas la nonne ni la laronne. Je la devinais capable de porter la tenue pour m’émoustiller davantage et me faire oublier mes préjugés sur les nonnes. Je l’imaginais souvent nue sous sa robe, se cachant dans le recoin d’un couvent et s’abandonnant discrètement à des plaisirs qu’il serait affreusement gênant de confesser. . .

Mais la femme de cet après midi n’avait pas eu pour moi des yeux de nonne ! J’avais senti, – le plaisir de cette découverte n’était apparu que plus tard – que son regard sur moi avait créé comme une émotion chez elle. Comme si j’avais été son type d’homme. . .

Quel genre de dessous ce genre de femme portait-elle ? Un shorty, comme Mathilde ? Pratiquement transparent derrière, comme bien des jeunes coquines et qui révélait les fesses pratiquement nues, en fait bien plus excitantes que nues ? Une classique culotte de coton ? Un string ? Un string, à la réflexion, me semblait une tenue un rien vulgaire pour une femme comme elle. . .

Et sous les dessous ? Avait-elle, comme les femmes de son âge l’allure sobre, statuaire, glabre d’une fillette ? Où bien – nostalgique des années passées, ou fervente d’écologie – l’apparence de la nature intacte ? Un compromis entre les extrêmes ? La transparence extrême de la dentelle de Mathilde – paradoxalement – ne dévoilait rien de l’endroit stratégique ! Elle avait mis si longtemps à apaiser ma curiosité ; elle voulait garder le secret aussi longtemps que possible. J’avais spéculé continuellement sans deviner la bonne hypothèse, sans même oser demander un indice. En fait j’aurais bien osé, mais je ne trouvais pas les bons mots pour poser ma question. . . Et plus je cherchais, plus l’idée me venait qu’avec un mignon sourire pudique, elle allait me répondre : « vous êtes vraiment trop curieux ! Essayez donc de deviner ! Cela m’amuse de vous laisser dans le doute ! » Elle ne devait concevoir le sexe que comme un jeu. . .


Elle

Suis-je narcissique de me regarder ainsi dévêtue devant mon miroir ? Même si j’y vois mes défauts, je remarque chacune de mes petites qualités qui peuvent plaire. Je suis certaine que l’inconnu m’a imaginé ainsi malgré mes vêtements. Se pose-t-il des questions sur mon physique comme moi je m’interroge sur le sien ?

Lors de notre bref regard, je n’ai pas eu le temps de voir ses mains. Cela peut paraître surprenant mais je voue une fascination pour cette partie du corps. Les mains arrivent toujours avant le sexe. Ce sont les premières à nous toucher, à nous transmettre une émotion, à nous faire frissonner, nous rendre toutes choses si elles se montrent habiles, à faire s’écouler le nectar de notre plaisir et à en récupérer parfois la substance. . .

Les mains disent beaucoup de choses sur la vie et la personnalité d’un homme. Tout comme sur la façon de savoir les utiliser ou non. C’est important de les entretenir pour pouvoir caresser une femme. Le contact rugueux peut casser le charme d’un rendez-vous romantique. . . Alors que des mains de pianiste, agiles, souples et joueuses à la fois, parcourant le corps tout en partant dans la découverte d’une nouvelle symphonie, écartant délicatement les lèvres d’un fa dièse avant de pénétrer longuement d’une ronde puis de jouer de la clé de sol, quelle exquise harmonie des sens. . .

Pas besoin d’être artiste pour faire frémir d’envie une femme en besoin de caresses, ni artisan boulanger pour savoir pétrir de sublimes miches proposées ou tâter la fermeté d’un postérieur bien levé ou bien dodu. Les mains peuvent êtres douces ou de fortes poignes, le tout c’est de savoir les utiliser. Comment sont celles de mon inconnu ? Je les imagine pas vraiment fines, elle n’irait pas forcément avec le reste de ce qui se dégage de lui. Je les vois comme imposantes, quelque peu charnues, suffisamment grandes pour tenir mes seins dans chacune d’elles. Malgré leur aspect puissante, elles se révéleraient douces et délicates, me faisant tressaillir au moindre contact. . .

Je me mords la lèvre inférieure en imaginant la scène. Machinalement mes menottes caressent ma poitrine. Je m’excite toute seule, me révélant légèrement en manque, ce que je ne ressentais pas jusqu’à ce qu’il fasse irruption dans ma vie. Il s’empare peu à peu de mon esprit et de mes visions. Alors que je regarde mon reflet dans le miroir, désormais c’est lui que je vois. C’est lui que je veux.


Lui

Que faisait donc cette femme en ce moment ? Était-elle en train de faire l’amour ? Avec quel genre d’homme ? Comment aimait-elle faire l’amour ? Gémissait-elle lorsque le plaisir monte ? Utilisait-elle d’ailleurs seulement l’expression : « faire l’amour ? » Ou comme Mathilde, préférait-elle le terme baiser pour sa modernité, sa simplicité, son côté cru, son champ des possibles ?

J’avais pu constater qu’avec Mathilde, le champ des possibles était extrêmement étendu. Un délice d’audace et de totale ouverture, sans aucune retenue, qui m’avait fait comprendre qu’elle prenait autant de plaisir à dépasser les limites habituelles, les convenances, la retenue, qu’aux émotions physiques.

Mathilde était cérébrale. Jamais avant elle, je n’aurais pensé qu’une jeune femme puisse aimer autant la fessée. Que les claques vigoureuses de mes mains sur ses fesses puissent exciter ses sens, faire gonfler ses seins, stimuler son bassin, au point de la faire couler comme une fontaine. . . Et tout cela sans aucune gêne, sans aucune retenue et pour seul murmure lors de mes arrêts pour m’inquiéter d’elle un « encore ! Lâchez-vous ! Les hommes qui se lâchent avec moi m’excitent infiniment et je deviens généreuse avec eux ! » qui me mettait en émoi et au supplice, le tout accompagné d’un sourire ravageur. . .

Un autre test après qu’elle m’eut donné son prénom. « Avez-vous déjà fessé une femme ? » me demanda-t-elle en faisant remuer son bassin. Elle voulait que je m’exécute.

Une tape délicate et ferme à la fois. Si je la dosais bien et si je parvenais à deviner le bon rythme, la bonne musique, j’aurais le droit de retirer moi-même son shorty et de procéder à des investigations complémentaires. Une sorte de gage. Une sorte d’introduction aux multiples petits jeux qu’elle allait aimer initier avec moi, chacun devenant tour à tour le jouet de l’autre, frémissant par avance à l’idée du prochain gage, toujours impossible à deviner. . .

– « Ne soyez pas sur la retenue, vous y perdez du plaisir et moi aussi ! »

Chaque petite claque sur les fesses la faisait mouiller davantage et pousser d’agréables gémissements. Elle ne semblait ressentir aucune douleur, uniquement du plaisir, comme avide de la rougeur, de la chaleur de ses fesses après le contact de ma main. Comme si elle anticipait que la vive couleur de sa peau allait m’inspirer caresses d’apaisement, baisers tendres et l’idée de les apprécier autrement. Elle remuait son postérieur, m’incitant à continuer, suggérant son appréciation, m’encourageant également par la parole.

– « Oui comme ça. . . Continuez de me mettre les fessées que je mérite. . . »

Elle se mit ensuite sur moi, en travers, offrant son postérieur à ma main droite, ses seins frottant fréquemment – selon les mouvements – sur ma verge dressée. Elle faisait exprès de laisser toutes les parties de son corps touchant presque ma peau, me testant de nouveau et m’incitant à continuer ma partition. Alors que je craignais que ce jeu n’en finisse plus, elle tourna son regard espiègle vers moi et me demanda d’une petite voix innocente :

– « Il est peut-être temps d’arracher mon shorty pour me libérer ? »

Hésitant d’abord à sacrifier ce si joli écrin de dentelle, que j’aurais préféré faire doucement glisser après avoir insinué mes deux mains sous le voile, au contact de sa peau, goûtant le plaisir du moment, je déchirai avec délicatesse le sous-vêtement qui la gênait tant. . . Je sentais que si je ne l’avais pas fait, j’aurais pu interrompre la montée de ses désirs. Peut-être que nos jeux se seraient arrêtés en même temps. Au fond, je ne regrettais vraiment pas d’avoir profané ce diaphane vêtement.


Elle

Ni la télévision, ni un livre n’arrivent à me distraire, à me faire penser à autre chose. . . Je profite de mon état pour tenter d’écrire mes poèmes érotiques. Je me trouve meilleure lorsque je ressens une tension sexuelle mêlée avec la frustration de ne pas pouvoir l’assouvir.

La feuille blanche sous mes yeux me trouble. J’ai l’impression d’une parfaite représentation de l’inconnu et de moi. Les premiers mots me viennent naturellement : Tout a commencé par un regard. Hagard est le mot qui me vient instantanément pour la rime. Brouillard marche aussi. Queutard également . . . Je me mets à rire toute seule en pensant à ce mot qui casserait le charme de ce texte. Sauf que j’espère qu’il se révélera un sacré queutard si jamais je le re-croise. Au final, cette expression est vraiment dénuée de tout charme. À bannir donc. . .

Je laisse mon inspiration faire le reste, laissant glisser mes mains le long de son corps pendant que les siennes dessinent mes courbes pour mieux les retenir, cela va me permettre de faire la rime avec le verbe défaillir car chacune de ses caresses m’amèneront à cet état. Le verbe venir rime mieux avec mais je ne compte pas l’utiliser avant la fin.

Chaque vers m’enflamme, me torture, me rend désireuse de m’offrir à lui, le rend irrésistible, me le fait croire parfait. L’orgasme partagé est peut-être le seul moment parfait de notre existence et c’est peut-être pourquoi il est si difficile à atteindre ? Mais je sens qu’avec lui, nous l’atteindrons. J’aime beaucoup cette idée, qu’il faut que je retravaille pour la rendre plus sensuelle, plus joli au son et à la vue.

Ôde à l’inconnu, le titre de ce nouveau poème qui me fait tressaillir. Je souris en pensant que j’ai déjà son nom. Je n’aime pas les prénoms des gens. Cela ne les définit pas. Je préfère donner un surnom. Savoir le sien romprait tout le charme de cette rencontre. Faire l’amour avec un inconnu, c’est un fantasme répandu mais tout le plaisir de ce fantasme c’est justement de ne rien savoir sur l’autre. Et connaître le prénom, cela y nuirait gravement.

Je regarde l’heure tardive. Je vais encore être fraîche demain. . . J’espère pouvoir dormir tranquille maintenant que je l’ai couché par écrit, à défaut d’avoir pu le faire. . .


Lui

Les effluves exhalés par le sexe humide de Mathilde avaient si brutalement raidi mon érection qu’elle avait manifesté aussitôt une sorte de compassion, un devoir ou un besoin d’adoucir ma tension : dans un mouvement rapide et décidé, elle avait approché de mon émotion brûlante le joli profil de son visage, hélas aussitôt caché à ma vue par ses cheveux. . . Avec Mathilde, la perfection des moments souffrait parfois de quelques minuscules entorses. . .

Je sentis sa langue passant sur les deux boules fragiles, comme elle eût léché une glace, avant de remonter le long de mon sexe mais s’arrêtant juste avant d’arriver au gland. Je ne pus réprimer un râle de dépit, espérant plus que cette simple caresse buccale. J’entendis son rire. Elle déposa un délicat baiser, juste du bout des lèvres closes, avant de recommencer son manège. Puis de nouveau un baiser qui se prolongea. Encore une dernière fois avant que sa bouche ne s’ouvre pour m’accueillir. Ses mains n’étaient pas en reste, caressant les différentes parties de mon corps. Elles s’amusaient avec mes tétons, de manière plutôt experte, puis une main sur mes fesses, sachant comment faire monter le désir à coups de chatouillements insupportables. Je découvrais de nouvelles sensations pendant qu’elle s’appliquait, comme une maîtresse expérimentée, fière de démontrer son savoir.

Elle releva légèrement la tête, me laissant voir une expression d’adolescente rebelle :

– « Laissez-vous aller… N’avez-vous jamais baisé une bouche complice ? Songez aux délicieux chatouillements de votre chair gonflée sur mon palais, je vous montrerai comme c’est un endroit sensible avec le bout de mon doigt ! Je vais d’ailleurs aller rendre visite à tous vos endroits les plus sensibles »

Je pensais que les femmes ne faisaient une fellation que pour le plaisir des hommes. Mathilde m’a fait découvrir que certaines aiment la pratiquer. Est-ce que la jeune femme que j’ai croisé, se montrera tout comme Mathilde ? Aussi experte ? Aussi passionnée ? Aussi libre ?

De sa main, elle attrapa ma verge et se mit à la stimuler de petits mouvements d’avant en arrière tout en continuant de me regarder. Je me sentais sur le point d’exploser. Avec sa deuxième main, elle caressa très délicatement mes bourses, et puis l’intérieur de mes cuisses, remontant en arrière de plus en plus loin entre mes fesses, comme pour en mesurer la moiteur. Elle me donna l’impression de savoir les secrets de mes nerfs, ralentissant ou accélérant avec art ses mouvements, pressant moins fort avant de replonger sur mon gland. Je mis du temps à réaliser ce qu’elle venait de me dire et de comprendre ce que je devais faire. Jusqu’à présent j’étais resté passif pendant qu’elle me suçait. Je sentis qu’il me fallait guider sa tête de ma main. Elle me fit pousser un gémissement de surprise lorsque je sentis sa bouche se resserrer autour de mon sexe. Sa langue décrivait des demi-cercles qui se prolongeaient en ondes de plaisir dans mes reins.

Sa main glissa de nouveau entre mes fesses. Je me sentis fébrile en sentant son index s’approcher doucement de mon anus. Comme le gentleman que je m’efforçais d’être, je ne manifestai nul émoi, nulle réticence. Je songeais avec délice que si je laissais Mathilde libre, elle ne saurait rien me refuser quand à mon tour je deviendrais curieux d’elle. Elle resta délicate, arrivant progressivement et touchant l’endroit un instant avant de s’éloigner de quelques centimètres. Elle me faisait découvrir de nouvelles émotions, visiblement encline à tester si j’étais ouvert aux audaces d’une femme comme elle. . .

Son champ des possibles semblait infini. Elle se révélait être une véritable épicurienne. Une caractéristique que j’ai cru déceler en un regard chez cette jeune femme croisée dans la rue. Elle aussi se montrerait-elle aussi spontanée ? Aussi surprenante ?

J’attrapai la tête de ma partenaire afin de la maintenir dans cette position. J’entendis un léger bruit approbateur. Elle aimait cela et j’accentuais cette pression pour m’enfoncer plus profondément. Mon bassin se mit à bouger en rythme, comme lors d’une pénétration plus traditionnelle. Des suceuses comme elle, je n’en avais rencontré que peu ou pas du tout à son niveau. Alors qu’elle s’appliquait à me faire grimper les sommets, je savais déjà que cette fellation me laisserait un souvenir impérissable.

Il fallut très peu de temps pour que dans un cri, et malgré mes efforts de retenue, je me répande dans sa bouche, avec une puissante violence. Ce qui me surprit, c’est qu’elle resta collée contre mon bassin, retenant mon sexe dans sa bouche, une main agrippée en mes fesses pour que je ne m’échappe pas.

Avec un regard de femme amoureuse, elle lécha le coin des lèvres en s’attardant longuement à l’endroit où un peu de ma semence avait coulé pour ne pas en perdre une goutte. Fasciné, je suivais la déglutition, comblé qu’elle ait exaucé l’un de mes fantasmes. . .

La dégustation promise par Mathilde n’avait pas eu lieu. Comment parler de dégustation pour le banal gobelet à dents rempli au lavabo, entouré d’une cellophane si difficile à déchirer, les doigts fatigués, tremblant encore de tant de caresses données.

Rapides gorgées d’eau avalées au milieu de la nuit pour soutenir le corps épuisé de tant de longue intimité si active. Mathilde était délicieusement infatigable, une fois amorcée.

Elle savait faire courir ses doigts fins et souples, utiliser ses lèvres, sa langue, ses cheveux, ses seins, ses cuisses longues et musclées, tout son corps, toute sa peau – j’allais oublier ses pieds – partout où il fallait pour réveiller l’envie si d’aventure elle faiblissait, épuisée déjà par tant d’attitudes gracieuses, de fossettes en mouvement, de seins soulevés par la brutalité des respirations, de cils dévoilant les regards embués, de baisers humides, de parfums sauvages et intimes, du partage de l’intimité extrême. . .

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