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Réveil des sens

Enfin rentrée de cette journée harassante, je me déshabille hâtivement laissant glisser tailleur, chemisier, bas, sous-vêtement à même le sol puis m’affale dans le lit douillet de cette chambre d’hôtel parisienne exiguë et silencieuse, loin de ma province et de ma petite famille. Pfiou ! Ces journées de formation extérieure sont très intenses ! L’adage métro-boulot-dodo est vraiment approprié. Sur ces pensées, je m’assoupis rapidement sans avoir eu le temps de me démaquiller et me vêtir d’une nuisette.

Inexorablement, malgré ma lutte pour ne pas sortir de mon sommeil, un bruit mécanique et régulier comme un petit grincement lancinant me réveille. J’ouvre les yeux difficilement pour regarder l’heure sur mon portable… 1h57 ! Je ferme à nouveau les paupières essayant de faire abstraction. Impossible ! Le bruit ne s’arrête pas… J’ai même l’impression qu’il s’intensifie.

Un deuxième bruit plus feutré vient même tout doucement accompagner le premier. D’où viennent donc tous ces bruits malgré ces heures nocturnes ? Que faire pour stopper tout cela ? L’agacement commence à me gagner… Je tends l’oreille, ne bougeant plus, ne respirant plus, pour essayer d’identifier ces nuisances sonores.

À ma grande surprise, j’entends de petits murmures, ou plus précisément, je pense reconnaître les doux soupirs d’une jeune fille prenant du plaisir dans la chambre voisine. Instantanément suite à cette découverte, mon cerveau se met à imaginer la scène et mon corps à réagir devant cette merveilleuse symphonie sensuelle. Une sensation de bien-être m’envahit, j’écoute le sourire aux lèvres. Imaginant que derrière cette mince cloison, l’érotisme est à son paroxysme, un désir exaltant croît. Instinctivement, ma main droite se fait entreprenante, éveillant ce corps et mes sens qui n’avaient plus eu d’émois depuis trop longtemps, glissant lentement et circulairement sur ma poitrine, faisant pointer et durcir mes sensibles tétons.

Après quelques minutes, la température augmente brusquement, ma ravissante voisine hausse d’un ton, ces gémissements suaves sont plus intenses, plus besoin de se concentrer pour les entendre. Que c’est bon ! Des millions de papillons fourmillent dans mon bas-ventre. Je sens mes joues rougir. Pourtant je suis seulement hétérosexuelle, mais là, cette voix féminine délicieuse m’envoûte et me fait fondre de désir. Sans m’en rendre réellement compte, je fais maintenant rouler entre mes pouces et mes index, mes tétines gonflées d’ardeur… Mon entrejambe est en feu. Je sens mon petit puits d’amour s’humidifier, mes lèvres se dilater… J’en ai trop envie, la tentation est trop forte… Des années pourtant que je ne me suis pas adonnée au plaisir solitaire mais tout ceci est vraiment trop excitant… et je ne suis finalement pas vraiment seule.

Ma main poursuit inéluctablement sa descente, caressant délicatement mes courbes, mon ventre, mes hanches, poursuivant lentement dans la toison de mon pubis, massant un certain temps cette zone comme pour mieux me faire languir et profiter de cet instant de volupté. L’effervescence est telle que des gouttes de cyprine perlent de mon vagin, humidifiant ma petite raie et mon second orifice tout heureux de baigner dans cette fontaine de plaisir.

Maintenant, ma déesse éphémère pousse des cris aigus d’extase ce qui me fait passer à la vitesse supérieure, je redécouvre mon petit bouton d’amour, explorant ses contours du bout de mes doigts avec émotion. Je suis trempée ! Je ferme les yeux comme pour mieux savourer ce moment de volupté. Mon corps se cambre sous ces divines caresses. Mon cœur intensifie ses battements, mon souffle devient court. Depuis tellement longtemps mon clitoris n’avait pas été chouchouté de la sorte, j’accélère, puis me fais plus calme et ainsi de suite montant crescendo la cadence, prolongeant la récréation. Ma cavité nirvanesque bouillonne d’impatience !

Je distingue à présent, la joie grave du partenaire de ma dulcinée d’une nuit. Cette osmose fait plaisir à entendre. Le lit crisse davantage, la demoiselle semble vigoureusement pénétrée, je reconnais le bruit de son fessier se faisant claquer par un organe mâle puissant. L’union de ces deux êtres est magique et bestiale ! J’imagine en même temps mon homme et moi, retrouvant notre période passionnée. Deux doigts en guise de pénis sont happés par ma petite chatte affamée qui retrouve sa folle jeunesse tandis que mon clitoris est encore cajolé. Dans de conditions aussi excitantes, il ne faut que peu de temps pour que l’orgasme arrive…

Consciente malgré cette ambiance charnelle captivante d’être en train de vivre un moment rare et inoubliable, je profite pleinement, me délectant de cette libido retrouvée. Et dans un exquis hurlement d’extase qui me semble collectif, cette jouissance tant recherchée se fait entendre vivement me délivrant de toutes ces années d’abstinence imposée.

Une fois mes esprits retrouvés, je me rallonge correctement, prête à récupérer de toutes ces péripéties. Il faut vraiment que j’arrive à réapprivoiser mon mari. J’aimerais tant qu’il me rejoue sa sérénade à l’aide de son vieux piano poussiéreux, que nos yeux pétillent et qu’il me fasse à nouveau l’amour comme au bon vieux temps. Très vite, les bras de Morphée m’enveloppent…

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