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Sans envie pour toi, ma décision est prise


Cette nuit, je vais dormir dans tes effluves, ton odeur qui s’échappe des tissus du canapé et des draps pour mourir dans l’air. Car tu n’es plus auprès de moi. Comme demain est un autre jour, je m’en imprègne pour en faire un souvenir inoubliable. C’est tout ce qui me reste de toi. En plus de cette sensation de mon sexe encore ouvert par le tien et les traces de tes caresses sur mon corps. Tout aussi volatiles, si pas plus.

Nous avons baisé longtemps, pas vraiment langoureusement. Plutôt comme des adolescents qui testent leur corps à l’infini. A notre âge, certains doivent s’imaginer que ce n’est plus possible pour nous. Et pourtant c’est ce qui se passe quand le temps est compté.

Pour nous, l’excitation a toujours été à son comble car nous n’avons jamais pu nous dire avec certitude si nous nous reverrions. Tes baisers qui me sont si familiers tout comme tes érections rarement hésitantes sont des machines que je connais par coeur. Nous avons toujours su tous les deux que ces rencontres avaient leurs limites et que nous ne les aurions jamais franchies.

Je suis bonne. Tu as envie de me baiser. Et moi, j’explore mes propres désirs. Tu aurais pu être une femme, petit, très jeune ou parler une langue que je ne connaissais pas, cela a peu d’importance. Et tu le sais.

Par contre, moi, l’art de la mise en scène, je connais. Ou disons qu’avec toi, j’ai pu la mettre au point. Un homme qui dit respecter les femmes mais qui n’arrive pas à leur parler sans avoir une pensée lubrique, n’est pas en réalité sur un plan d’égalité. Qu’importe. Pour nous les femmes, il nous est alors facile de nourrir ton désir et en retour, nous en rassasier comme si tu n’étais en réalité qu’une chose parmi d’autres, attendrissante, mais avec qui peu de choses se passent.

Est-ce bien cela que nous voulons ?

Quand je te regarde avec ton regard enfantin, comment ne pas résister à t’embrasser, d’abord doucement et du bout des lèvres ? Et puis plus insidieusement, en passant un peu la langue, la retirant, caressant tes lèvres de manière rythmée pour faire monter ta gourmandise. Et nos lèvres qui se goûtent dans l’espoir de promesses d’autres saveurs et d’autres sensations sur nos corps. Déjà à ce moment tu gémis de plaisir et moi je savoure le pouvoir que j’ai sur toi. Pour rien au monde, tu voudrais que ce moment s’arrête ou que je change d’avis.

Dans le fonds, qu’est-ce que je te trouve ?

Et pourtant, j’ai pris soin de mettre un ensemble de lingerie qui me mette en valeur. Bleu marine, qui fait parfaitement ressortir ma peau de porcelaine, de la dentelle et un décolleté qui sépare bien mes deux seins fermes et généreux. La dentelle recouvre en diagonale le devant de mes seins, jusqu’au tétons qui sont invisibles si ce n’est par leur légère érection qui pointe à travers le tissu. Sous la culotte assortie, ma toison est complètement couverte même si en la caressant, tu peux la deviner fine et maîtrisée. Je suis fière de mon pubis de brune qui ne laisse pas entrevoir les lèvres de mon vagin. Tu n’as pas le choix, pour les découvrir tu dois y passer ta langue ou ta main. Et je te laisse rarement faire. Je préfère que tu regardes mes seins et que tu dégrafes mon soutien-gorge.

Comment ne pas se sentir femme-toute-puissante avec votre fascination pour nos seins ?

Je te déshabille rarement entièrement. Juste ce qu’il faut. Je n’ai pas besoin de voir tes épaules contre lesquelles je ne me reposerai de toute façon pas. Ni tes jambes qui s’entremêlent peu aux miennes. Et à l’inverse, tu aimes me voir nue et décoiffée, mon rouge à lèvre affadi et le mascara débordant sur mes paupières. Tellement que tu finis toujours par t’arranger pour que nos étreintes durent suffisamment pour me retourner plusieurs fois et explorer profondément mon corps.

Tu as la taille parfaite pour qu’avec mes escarpins pointus en cuir vernis tu puisses me pénétrer de ton sexe, mon dos calé sur un mur. Par l’avant et puis par l’arrière. J’ai toujours eu une préférence pour les positions où tu ne peux pas te plonger dans mon regard car c’est dans ces moments là que nous ne sommes clairement pas égaux.

Ton sexe je le veux en moi si profondément, jusqu’à la limite de la douleur. Et toi, tu veux tellement le mettre dans mon sexe de femme que tu oublies que je pourrais jouir et en terminer là. Parfois tu t’en souviens comme si tu voulais m’épargner de devenir une marionnette molle après l’orgasme, tu sors de moi me donnant souvent l’occasion de te prendre en bouche. Avec le goût de mon sexe. Et déjà ta verge me manque dans mon vagin qui n’arrête pas de mouiller.

En une soirée, je prends plusieurs fois ton pénis entre mes joues. Que ce soit en explorant avec ma langue ou avec des mouvement de va-et-vient de plus en plus loin dans ma gorge. C’est à ce moment là que je te regarde les yeux vers le haut pour observer ton visage changer. Tu ne me vois pas. Tu râles de plaisir. Et puis au moment où ton sexe devient trop grand pour ma bouche je m’assied sur le bord des fesses et te montre ma vulve rosie et brillante de désir. Je me masturbe et me fais jouir en triturant mon clitoris : un orgasme facile et égoïste. Mon corps s’arcboute dans un râle. Et tu me connais assez pour savoir que cet orgasme là ne me comble pas vraiment.

Tu me connais par coeur, en tout cas avec ta verge. Et c’est à ce moment là que tu me prends en levrette car tu sais que je me laisserai faire. Parce que cet orgasme là, je ne peux pas le contrôler : il est à toi, je te l’offre.

Alors que toi, tu choisis chaque fois de ne pas me le donner ton extase. Il n’est pas question que tu te perdes dans le plaisir que mon corps pourrait te procurer. Tu termines toutes nos baises en te branlant et qu’importe que je sois là ou pas auprès de toi. Tu ne me cherches même pas. Tu n’as pas besoin que nos jambes et nos bras s’entremêlent. Et tu me dis chaque fois que nous nous voyons que tu m’aimes et qu’il n’y a pas que du sexe entre nous. Avant même que nous nous embrassions comme un aveu de faiblesse. Et tu le répètes tout au long de nos soirées. Et tu jouis seul.

Et mon visage qui a pris une tonalité dramatique à cause de mon maquillage devenu théâtral ne reflète pas nos rencontres. Elles sont pleine d’odeurs qui planent et disparaissent aussi vite. Sans regret.

Ce soir je sais que l’envie m’est passée de te voir, de t’entendre et d’assurer ton excitation. J’ai eu envie de toi, un soir parmi d’autres. J’y ai pris du plaisir et je me sens comblée. Notre relation sensuelle ne se joue que d’une manière. Elle n’a pas de futur.

Je ne garderai que ton odeur comme souvenir et te dis au revoir, si pas adieu. Tu reviendras probablement vers moi, j’hésiterai peut-être. Mais sans envie pour toi, ma décision est prise. 

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