Semailles

Une saga de Bleue - 10 épisode(s)

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Épisode 9 : Blanche joue

Pour que les choses soient acceptables pour Blanche, Joachim l’avait bien compris, il fallait qu’elle ne dissimule pas réellement le jeu. Il avait imaginé qu’à l’occasion de ses retrouvailles avec son amant Max, il l’appellerait et sa maîtresse feindrait le « non-plaisir » avec celui avec qui elle était au lit.

C’était un peu cruel pour ce pauvre Max qui se sentait un mâle très « puissant ». Il se dirait que, peut-être, il ne faisait plus d’effet à cette femme qui avait pourtant donné tous les signes d’une jouissance idéale chaque fois ils s’étaient retrouvés au lit à deux. Mais cela ne durerait pas longtemps. Deux minutes, tout au plus, histoire que Joachim titille un peu Blanche et que celle-ci s’efforce de résister. Ensuite, ils ne communiqueraient plus jusqu’au lendemain matin, sauf si, évidemment, Blanche souhaitait lui faire part de ses impressions. Elle s’abstiendrait de se connecter via le site ou Hangouts et lui enverrait simplement un mail…

Quel jour Blanche et Max se verraient-ils ? Et où ? C’était les renseignements que Blanche devait donner à Joachim avant de retrouver son étalon…

Joachim reçut juste un sms très court quelques jours plus tard. Ils avaient encore communiqué sur le net via Hangouts mais n’avaient pas évoqué le rendez-vous de Blanche et de son jeune amant : « Aujourd’hui entre midi et quatorze heures. Dans ma chambre d’amis. Max ne sera pas averti. ».

Joachim attendit donc midi quarante-cinq. Il se disait que Max ne prendrait pas énormément de temps avant de mener Blanche au septième ciel. Cette dernière lui avait expliqué que l’homme aimait les étreintes rapides, les orgasmes déchaînés, qu’ensuite, il lui permettait de le caresser. Il terminait par une douche… L’heure choisie par Joachim était donc idéale.

Après trois sonneries, il entendit la voix enjouée de sa complice.

— Oui, Joachim, en effet.

Max à califourchon sur elle interrompit ses mouvements. Elle lui fit signe de continuer… Il était étonné. Ses yeux semblaient demander « mais, c’est un appel de qui ? on va se faire capter, non ? »

Blanche, mine de rien, répondait à ce Joachim… alors que Max avait repris ses va-et-vient.

— Demain matin ? D’accord, fit-elle d’une voix un peu tremblante.

Joachim de l’autre côté lui expliquait qu’il lui écrirait des choses osées, qu’il était en train de se masturber en pensant à elle et au plaisir qu’elle allait prendre avec cet étalon qui, certainement, et selon ce qu’ils avaient convenu, était toujours en train de la baiser.

— Vous a-t-il léchée ?

— Oui, un peu.

— Et vous, vous l’avez sucé ?

— Bien sûr, enfin !

Il admirait son self-control. Il n’aurait jamais imaginé qu’elle soit capable d’une chose pareille. Il lui dit encore qu’il était très excité, qu’il se rendait compte qu’il avait affaire à une vraie salope et que cela lui plaisait vraiment. Qu’il était heureux de s’être trouvé une femme comme elle, qu’il la baiserait avec encore plus d’ardeur la prochaine fois qu’ils se retrouveraient et qu’ils alterneraient « parler et baiser », les deux choses qu’ils préféraient faire ensemble….

— Je suis heureux que vous ayez joué avec moi et que vous vous en soyez tirée aussi bien. Je vous embrasse, Blanche.

— A demain, oui, Joachim. Bisous.

C’était de cette manière qu’elle terminait ses échanges téléphoniques. Max ne fut pas étonné outre mesure.

Blanche raccrocha. Et son jeune amant s’en redonna à cœur joie. Il fallait qu’elle crie et qu’elle fonde en larmes…

Quant à elle, elle jubilait : elle avait passé le défi avec brio. Le jeu avait eu l’air de convenir totalement à Joachim. Quant à elle, elle lui avait montré qu’elle était capable de résister sans ciller… Il lui avait parlé de son excitation. Elle n’avait pas réagi vraiment. Max n’avait rien soupçonné du jeu, au contraire. Elle avait tellement joui qu’il s’imaginait être un mâle hyper performant. Elle ne l’avait pas détrompé en disant que ce n’était pas uniquement grâce à lui que les choses avaient eu l’air aussi enflammées…

Demain…

Demain matin, vers cinq heures trente, elle raconterait à Joachim comment elle avait pu « tenir le coup ».

***

— Mettez-vous à nu, Blanche…

C’était les premiers mots de Joachim.

Il se disait qu’il fallait juste qu’il l’encourage à parler de ses sensations. Comment avait réagi Max ? S’était-il douté de quelque chose ?

— Comme vous êtes curieux…

— Je veux connaître les effets de ce jeu sur vous et sur Max et ensuite, je vous parlerai de moi, de ce que j’ai ressenti.

— Promis ?

— Promis…

— Posez-moi des questions : j’y répondrai sans détour.

— D’accord. Commençons donc par le début. À quel moment suis-je arrivé ?

— J’étais couchée sur le dos et sous les assauts de Max. Nous étions très serrés l’un contre l’autre. Il avait la main sous mes fesses pour pouvoir être plus profondément en moi. Jamais il n’entrerait un doigt en moi, derrière, vous voyez ? Alors qu’il m’est arrivé de me tortiller pour qu’il y arrive…

— Vous aimez ça, être sodomisée ?

— oui….

— Avec un sexe d’homme bien dur ?

— Pas nécessairement. J’aime les frôlements, un doigt entre mes fesses, comme à la recherche de ma rosette. C’est très excitant.

— Et quand le doigt entre… C’est ça ?

— Exactement, c’est ça.

— Donc, Max ne vous sodomise pas… Continuons. Vous avez réagi après trois sonneries, si je me souviens bien…

— Oui. Il a fallu que je dégage mon bras gauche de l’étreinte de Max.

— Mais vous aviez la tête froide, d’après ce que j’ai pu entendre.

— La tête oui, certainement. Par contre, le ventre et plus bas….

— C’était difficile de résister ?

— Oui… Quand j’ai entendu votre voix, j’étais troublée, vraiment troublée. Je me souvenais de ces fois où nous nous sommes vus : j’apprécie votre manière d’écrire mais votre voix grave et bien timbrée, elle est « so sex »…

— Ah oui, comme ça, j’ai une voix sexy ?

— Mais bien sûr, Joachim. On ne vous l’avait jamais dit ?

L’homme souriait. Elle était surprenante, cette Blanche. Et non, on ne le lui avait jamais dit. Ils reparleraient du pouvoir de la voix lors d’une de leurs prochains conversations…

— Donc, j’arrive comme un cheveu sur la soupe alors que Max vous chevauche.

— Exactement.

— Continuez…

— Je fais donc signe à Max de ne pas s’arrêter. Il semble un peu étonné mais s’exécute. Il trouve étrange que je ne lui demande pas de s’immobiliser mais il est si excité qu’il est prêt à jouir et il ne veut pas différer l’orgasme, vous voyez ?

— Oui, un de ces jeunes étalons gonflés de testostérone qui…

Il y avait comme un regret dans la voix de Joachim. Alors, peut-être regrettait-il le temps où lui aussi avait du mal à contrôler son éjaculation.

— Avez-vous pris du plaisir, au moins ? continua-t-il.

— Dans le plaisir, l’orgasme, je veux dire, il n’y a pas que le sexe, vous savez, lui murmura-t-elle.

— Pourtant, pour vous, d’après vos commentaires…

— Le cérébral, Joachim. L’esprit. C’est peut-être même plus important que le corps. Une bonne baise, ça fait du bien. Un échange de pensées, dire des choses pour semer, exciter, émoustiller, c’est tout aussi bon.

— Ce n’était pas un reproche, juste une constatation.

— Et entre nous, ce qui m’a le plus excité, voulez-vous que je vous le dise, Joachim ?

— Allez-y …

— Que vous me parliez de ce que chacun de nous, lui et moi, avions fait avec notre bouche…

Joachim souriait à présent.

— Oui, continua Blanche, je me souvenais des effets de ma bouche sur vous et de vos lèvres et de votre langue contre ma chatte, lors de notre première rencontre. Comme c’était doux et passionné en même temps… Et combien je mouillais. Vous vous souvenez ?

Bien sûr : comment aurait-il pu oublier ? Cette tendresse et cette lenteur infinies. Le fait qu’elle repère la vitesse à laquelle il respirait et qu’elle se cale sur lui. Son souffle avait ralenti et elle l’avait gobé, à la demande de l’homme, alors que son sexe était au repos. Elle avait semblé y prendre tellement, oui, tellement de plaisir.

Elle reprit

— L’excitation était décuplée, Joachim et… je peux vous faire un aveu ?

— Oui, bien sûr.

— J’imaginais être baisée par vous deux en même temps. Vous, vous vous occupiez du cérébral. Lui, il s’occupait de mon corps.

— Et c’était bon ?

— Meilleur que d’habitude, je vous le garantis…

Puis, reprenant ses esprits après une telle confidence, elle ajouta

— On pourrait peut-être jouer à nouveau à trois. Avec un « étalon fougueux » ?…

Un sourire s’étira sur le visage de Joachim. Sa perle, celle qu’il allait faire briller, elle n’était pas encore à bout de ressources. Il s’en félicitait.

« Mais ce ne sera pas avec Max, ça, c’était certain. »

D’autres perspectives s’ouvraient à eux. Il s’en réjouissait.

Il avait imaginé, lors de leur premier rendez-vous l’initier, comme lui l’avait été avec délicatesse, patience et doigté. Elle se montrait de plus en plus prête à la chose.

Il soupira et clôtura la conversation.

— Je chercherai une version un peu moins… guimauve de votre Achille. C’est à cela que vous pensez ?

— Oui, dit Blanche.

C’était elle qui soupirait à présent. Elle était heureuse de leur complicité qui leur promettait d’autres élans.

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