Semailles

Une saga de Bleue - 11 épisode(s)

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Épisode 2 : En noir et blanc

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    Durée : 10:09 min

    Bleue, artiste vocale, nous fait des confidences. Fantasmes ? Réalité ? Quand Joachim, le héros des Semailles, fait un choix de photos sur lesquelles il se masturbe...

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Cela faisait plus d’une semaine qu’ils avaient fait connaissance in the real life, comme on dit. Ils se retrouvaient tous les matins, sur la toile. Il lui écrivait des textes, elle répondait à ses questions.

Aujourd’hui, par contre, c’était Joachim qui était sur la sellette. Jamais encore, Blanche et lui n’avaient parlé de la manière dont ils se caressaient pour arriver à l’orgasme. C’était quelque chose de très intime, et l’homme avait trouvé étrange qu’elle lui demande de lui expliquer comment il se masturbait.

Elle s‘était pourtant occupée de lui de manière très efficace : douce, tendre mais d’une façon assurée. Il s’était senti raidir, un peu, puis, un peu plus. Elle avait paru satisfaite de l’effet qu’elle lui avait fait. Quelle drôle de femme, tout de même.

Donc, il lui avait promis de le lui… expliquer. Et c’était pour… maintenant.

Depuis le début de leurs échanges, ils avaient abordé beaucoup de sujets. Tous étaient en relation avec le sexe. La masturbation, oui, mais aussi le candaulisme, les relations multiples, le désir.

Comme il la savait réceptive et respectueuse, il se dit qu’elle ne le jugerait pas. Et de manière très adroite, il … noya le poisson. Était-ce volontaire ? Non, pas vraiment. Du moins, il ne se rendit pas compte qu’il ne répondait pas à la question « comment vous masturbez-vous ? ». Il parla des circonstances dans lesquelles il se caressait. Il n’entra pas dans des détails. Il la sentait si excitée que jouer avec ses nerfs n’était pas une bonne idée. Ce qu’il percevait d’elle par écran et mots interposés, c’était qu’elle était toujours à la limite. C’est comme si elle acceptait de se mettre en danger, comme si elle en redemandait : cette femme était étrange. Peut-être était-elle à la recherche de sensations, comme une kamikaze ?

Mais voilà, il était à présent presque dix heures. Il était chez lui, seul. Il savait que s’il se connectait, il ne la retrouverait pas. Elle n’était jamais en ligne à ce moment-là. De toute manière, il n’était pas question d’être « avec elle ». Il y avait beaucoup de choses qui étaient de nature à l’exciter. Il lui avait parlé d’images, de mots…

Sachant que son épouse ne rentrerait pas avant midi, elle avait rendez-vous pour un soin visage et puis voulait faire un peu de shopping, il avait le champ libre pendant deux bonnes heures. Il n’avait pas vraiment envie de retrouver quelqu’un, non, juste se donner du plaisir.

Une série de photos, noir et blanc, des corps dans la quarantaine, des couples, des trios… Il téléchargea une quinzaine de clichés, les sauva dans un dossier « octobre 2019 », lui-même dans un autre dossier « PAL » histoire de brouiller les pistes. Et puis, il quitta l’ordi quelques minutes : il voulait être en tenue pour son projet. Celle-ci consistait simplement en un peignoir de chambre aux motifs cachemire dans les tons bordeaux et gris. Il était noué à la taille de manière lâche et n’avait pas de boutons. Il était aisé de l’ouvrir et même de l’ôter pour se caresser. Il fallait ensuite qu’il vérifie si la batterie de son pc portable tiendrait le coup pour une heure, ce qui était le cas. Il mit également les photos dans un certain ordre : la première, c’était juste une femme un peu ronde avec une paire de seins généreux et puis, il y en avait de couples. La dernière représentait un trio dans lequel une femme pénétrée par un homme fait une fellation à l’autre…

Il ne fallut pas longtemps pour que ses doigts s’aventurent contre son ventre, à même la peau. Le bout de la ceinture frôlait l’intérieur de sa cuisse droite. Il regardait la première photo. Il fixait cette paire de seins, le grain de la peau, les aréoles assez larges. Il s’imaginait pouvoir les prendre à pleines mains, les malaxer, les pétrir. Son souffle s’accéléra. Comme une chaleur qui montait très vite jusqu’aux joues. La photo suivante, c’était, apparemment, la même femme que celle du cliché précédent. Elle était assise sur une chaise, les cuisses écartées et le buste et la tête rejetés en arrière. Ce n’était pas indécent, juste plus lascif. Le modèle était de profil : impossible donc de voir quoi que ce soit de son sexe. La troisième était plus crue. Des jambes, ouvertes, largement : triangle de poils sur le pubis et grandes lèvres épilées très soigneusement. Là, Joachim était comme hébété par le spectacle. Sa main droite était sur son sexe, il jouait avec le prépuce, le faisant reculer puis avancer. La photo suivante représentait une femme faisant une fellation à son partenaire. L’homme était debout et sa complice à genoux. On ne voyait pas la pénétration buccale, juste la tête féminine contre le bas-ventre masculin et les mains de la dame disparaissant contre les fesses du monsieur pour coller plus intimement encore sa bouche au sexe de celui-ci. Joachim écarta vraiment les pans du peignoir. Il était couché. Il sentait l’excitation monter d’entre ses jambes. Il durcissait. Il passa les doigts contre ses bourses. Il aimait cette caresse très légère. Suivit une photo d’un autre couple dont la femme regardait l’objectif en passant la langue sur ses lèvres pendant que l’homme lui léchait la chatte : elle était couchée sur le dos, en appui sur ses avant-bras et l’homme avait le visage entre ses jambes. Puis, une autre d’un sexe masculin en érection et dont une première goutte sourd du méat. Ensuite celle d’une vulve trempée… , d’un trio deux femmes – un homme et pour terminer, un autre trio deux hommes – une femme. C’est ce cliché qui déclencha la frénésie de l’homme.

Il éructait. Son langage habituellement si châtié, tellement soigné, était remplacé par des mots tels que « je vais vous baiser la chatte et la bouche. Vous excitez le mâle qui est en moi… J’ai envie de vous démonter. De vous asperger… ».

Bien sûr, il y a plus cru. Mais cet homme si distingué se sentait si excité qu’il ne lui était plus possible de retenir quoi que ce soit de ses mots : animalité, rudesse, c’était ce que ces photos excitantes provoquaient. Il se laissa aller, parlant de plus en plus fort, criant presque. Il éjacula sans pouvoir retenir ni ses propos ni ses spasmes et plaisirs. Son peignoir en fit les frais et quand il eut craché tout ce qu’il retenait depuis un petit temps, il reprit pied, nettoya un peu ses débordements et recommença de se caresser juste le sexe, repu.

Au cœur du plaisir, il avait pensé à Blanche, à ses seins plantureux, à son ventre pas vraiment plat, à sa bouche contre lui et cela n’avait fait qu’exacerber son désir… Il ne se souvenait pas de tout mais son parfum à elle, la délicatesse de ses caresses, ses gémissements et ses larmes avaient occupé, au-delà des images, ses imaginations masturbatoires…

Il allait se dépêcher d’écrire ses désirs charnels, retranscrire son fantasme de trios. Il fallait qu’il lui envoie ça sans tarder. Il se sentait bien. Comment prendrait-elle la chose ? Serait-elle gênée par ses projets à lui ? Marcherait-elle dans une aventure pareille ? Il voulait l’initier à cela mais comment réagirait-elle ?

Il se leva promptement, ferma le dossier « octobre 2019 » et se dirigea vers la salle de bain. Il aurait juste le temps de se doucher, de profiter du jet d’eau chaude contre ses épaules et il serait pratiquement midi. Il se dépêcherait de s’habiller et de préparer un bon dîner pour son épouse.

Il avait à peine rejoint la cuisine quand il entendit la clé tourner dans la porte de rue.

— J’ai fait de beaux achats… Et puis, regarde : tu penses quoi de ma figure ? Tu ne t’es pas ennuyé, j’espère ?

Joachim la regardait en souriant. Si elle savait…

— J’ai trié quelques photos de nos vacances. Il y en a tellement : j’en ai viré pas mal… ça libère de l’espace sur le disque dur.

— Tu me montreras celles que tu as gardées ?

— Bien sûr, oui, mais ce n’est pas encore fini. D’ici la fin de ton congé, ça devrait être fait.

— Ok ! Mais, oh, tu étais en train de préparer le dîner… C’est gentil, ça.

Elle recommença de babiller… Joachim souriait en assaisonnant une petite salade. Chèvre et miel. Son épouse mit le pain et le beurre à table. Il amena deux assiettes bien garnies. Il leur restait trois jours de vacances, WE inclus…

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