Semailles

Une saga de Bleue - 10 épisode(s)

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Épisode 8 : Et si on jouait à transgresser...

Il l’inviterait à … jouer.

À résister, plutôt. Résister dans le sens « Vous êtes empalée sur votre mari ou votre amant et je vous téléphone : vous ne pouvez manifester aucun trouble. Vous seriez capable de ne rien laisser paraître ? ».

Il sentait combien la situation pouvait être excitante. Elle, perdue dans le plaisir, ne pouvant soupirer ni gémir alors qu’elle serait prête à jouir…

Il proposerait le mari ou l’amant en sachant qu’elle dirait certainement non avec le mari. Bien sûr, inutile qu’il soit au courant du jeu. Par contre, peut-être serait-ce différent avec un « amant consentant » et complice de leur divertissement ?

Il allait étudier la chose et lui en parler quand il aurait trouvé les mots et un raisonnement imparable…

Au fil des jours, ils devenaient de plus en plus complices. Des désirs de l’autre pour « quelqu’un d’extérieur à leur relation » mais aussi pour leurs envies réciproques.

Joachim se dit qu’il était temps de passer à la vitesse supérieure avec Blanche. Il y avait des signes qui ne trompaient pas…

***

— Bonjour Blanche.

Il attendit qu’elle le salue pour continuer

— Pouvons-nous mettre la transgression à l’ordre de ce jour ?

— Pourquoi pas ? répondit-elle. Développez un peu.

Joachim réfléchit, histoire de bien synthétiser ce qu’il voulait l’amener à faire et puis, il se lança.

— Je voudrais que vous me mettiez dans une situation telle que je ne puisse pas réagir autrement qu’en me contrôlant, voyez-vous ?

— Donnez-moi un exemple…

— Disons que je vous ai dit que j’avais rendez-vous avec une maîtresse et que c’était prévu entre onze heures trente et treize heures trente. Je sais que vous allez m’appeler mais je n’ai aucune idée du moment auquel vous le ferez ni où nous en serons ma partenaire et moi. Et si vous nous « dérangez » en pleins ébats, je devrai tenir le coup sans vous parlez de ce que je ressens ni laisser transparaître le moindre trouble… Vous voyez ?

Blanche était silencieuse. Elle ne s’attendait pas à quelque chose de ce genre, sans doute.

Après quelques minutes où Joachim la vit écrire, s’arrêter, effacer (sans doute), réécrire, elle se lança.

— Je préférerais que ce soit le contraire…

— Le contraire ? Vous qui seriez au lit avec un amant au courant de…

— Voilà.

— Il y en a un à qui vous pensez en particulier ? Quelqu’un qui serait d’accord de jouer de cette manière ?

— Je lui poserai la question, à l’occasion : il a repris contact avec moi et a fort envie de sexe… avec moi. Cela vous étonne ?

Elle était malicieuse, aujourd’hui. Et non, l’homme n’était pas étonné du tout. Il était certain qu’elle avait dû se montrer tout à fait à la hauteur avec cet amant. Il restait à voir à présent s’il serait d’accord que Blanche l’inclue dans sa relation avec Joachim ou plutôt qu’il permette une « diversion » à sa maîtresse alors qu’il était en train de la baiser…

— Parlez-moi de lui, de ce qu’il vous inspire, voulez-vous ?

— Je vous l’écrirai, plutôt.

— Et si vous avez le temps de me faire lire d’ici demain…

— Nous en discuterons lors de notre prochain échange, c’est d’accord.

Ils se quittèrent, impatient, lui, de lire ce que Blanche avait aimé en Max et inversement, ce qu’ils avaient expérimenté, comment ils s’étaient fait jouir. Impatiente, elle, de parler de cet homme, le premier qu’elle avait rencontré et combien il l’avait baisée ardemment. Elle gardait de lui un souvenir magique. Ils n’avaient pas beaucoup parlé mais l’alchimie au lit avait été magnifique…

***

De : blanche.d@yahoo.fr à joachim.m@gmail.com

Objet : vous parler de Max

« Vous voudriez savoir comment j’ai laissé mes doigts danser sur moi ?

Aujourd’hui, pas de douche ni de doigts mouillés contre mes lèvres ou mon périnée.

Non, juste les mots de cet ancien amant qui ont réveillé des sensations très excitantes entre mes jambes. Cet homme, il m’avait vraiment « baisée », pas fait l’amour. Il est physiquement très attirant, du moins, c’est l’effet qu’il a sur moi. Il est chargé de testostérone à bloc. On a passé des moments… wahouuu… au lit. Comment n’avons-nous rien cassé ou abimé dans la chambre d’amis au premier étage de la maison, ça, je n’ai jamais compris.

Aucune douceur, aucune lenteur. Nous nous sommes retrouvés rapidement au lit après des préliminaires très courts dans le grand divan de mon salon.

J’ai aimé sa fougue, l’acharnement qu’il avait à me faire jouir. Sa sueur, sa bouche collée à mon cou. Sa vigueur.

Je me suis sentie une vraie femme, alléchante. Vous voyez ce que je veux dire ?

Et la manière dont il s’est occupé de mes seins… les empoignant comme vous l’avez fait, vous (je vous précise tout de même que vos empoignements étaient bien meilleurs – sans doute parce vos caresses étaient d’une douceur incroyable).

Il m’a pénétrée avec force, conviction. M’a retournée dans tous les sens. S’est plaqué à moi de tout son corps jeune et fou.

Et j’ai vraiment adoré cela.

Mais…

… sachez qu’au-delà de nos désirs animaux, à lui et moi, ce que j’ai le plus apprécié, ce sont les moments où je le caressais. Où je m’occupais de son sexe et de ses bourses avec douceur et tendresse. J’ai vraiment adoré cela. Et je suis presque certaine que si je vous disais que, limite, j’ai éprouvé davantage de plaisir à ça… Non, je sais, vous ne seriez pas étonné !

C’est vous que je veux retrouver, Joachim. C’est vous que j’ai envie de gâter. C’est de vous que j’ai envie de jouir. J’ai envie que vous soyez doux mais en même temps très viril…

Malheureusement, il nous faut attendre. Et la faim et les envies… ne seront pas faciles à dompter…

Blanche. »

Il était seize heures trente. Blanche allait bientôt se déconnecter. Joachim avait attendu son mail tout l’après-midi et là, il lisait et relisait sa prose : elle semblait totalement emballée par le jeu imaginé par son amant et incluant Max. Sinon, pourquoi aurait-elle parlé de cet homme ? Elle n’avait pas abordé le jeu proprement dit, juste parlé de cet amant fougueux. Était-elle prête ? Il n’en savait rien. Il avait déjà été très surpris qu’elle se prête à ce jeu candauliste avec Antoine.

Il lui envoya par retour « Merci. Élaborons une stratégie demain. Pas un mot à Max pour le moment. Baisers. »

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