Semailles

Une saga de Bleue - 6 épisode(s)

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Épisode 5 : Il était temps de récolter un peu : premier trio

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    Durée : 12:46 min

    Bleue vous fait des confidences. Fantasmes ? Réalité ? Il était temps de récolter un peu... Le couple est en passe de "passer à la pratique"

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Ce qui l’avait le plus ému, c’est qu’elle lui dise qu’il semait en elle des graines de désir… Combien il avait envie, à présent, de s’en occuper, de les aider à grandir, à s’épanouir.

Le fait qu’il lui demande de lui parler de la manière de se masturber était, pour lui, le début de son éducation.

Bien sûr, il connaissait son amour pour les mots. Il avait une idée de moins en moins vague de son amour du sexe. Mais pour le reste… Ah oui, ce fameux aimé, aussi. Il allait se mettre en quête d’un homme d’une bonne trentaine d’année qui ressemblerait à cet Achille…

— Bonjour Joachim.

— Bonjour Blanche. Prête pour un petit débrief ?

— Avec plaisir : je comptais vous interroger au sujet de votre lecture d’hier, justement.

— Vous m’avez surprise…

— Pour quelle raison ?

— Vous écrivez de manière très vivante. C’est agréable à lire. Vos idées s’enchaînent de manière fluide, presque évidente. Je retrouve la chaleur et le naturel de nos conversations…

Blanche était dubitative. Oui, merci, se disait-elle. Mais l’homme ne parlait pas du fond de ses écritures et des confidences qu’elle lui avait faites.

— Et ce que j’explique, reprit-elle, cela a semé ?

— Mais oui. Faites-vous donc confiance. Cela a semé, comme vous dites.

— Je pensais que cartésien comme vous l’étiez, certaines choses ne vous touchaient pas…

Comme elle se trompait, pensa Joachim. Elle « semait » comme elle le disait, depuis leur première conversation. Elle ne s’en rendait pas compte, tout simplement parce que cet homme ne se livrait pas. Il semblait si extérieur à la chose, sans vraies émotions. Juste le plaisir verbal.

— « Le cérébral est primordial, mais ne peut pas se passer du charnel. Vivre le charnel cérébralement. »

C’était exactement ce qu’elle ressentait. Il continua en lui disant combien il appréciait leur relation, que leur recherche semblait pareille et qu’il se félicitait d’avoir visité son profil, quelques semaines auparavant. Il avait l’impression qu’ils communiquaient depuis des mois alors que leurs échanges dataient d’à peine trois semaines.

— Puis-je être sincère ? lui demanda-t-elle.

— Mais bien sûr. Vous ne l’êtes pas, d’habitude ?

— Si, évidemment, mais ce que je vais vous dire est un peu… particulier, intime.

Qu’allait-elle lui livrer à présent ? Elle continua.

— Maintenant que vous connaissez le prénom de mon aimé, je peux vous parler de ce qu’il m’inspire ?

— Si tel est votre plaisir…

— Vous avez lu qu’en le regardant… ça m’inspire… des choses…

Elle changeait de ligne aux points de suspension. Il sentait, à sa manière de faire, qu’elle était troublée mais il n’en connaissait pas la raison. A peine trois semaines qu’ils échangeaient et leur complicité était telle qu’il regrettait à présent qu’elle ait l’air de s’empêtrer dans ses explications.

— Vous préférez ne pas poursuivre ?

— Non. C’est simplement qu’il est difficile de rassembler mes idées et être claire…

— Prenez votre temps, surtout.

Blanche avait arrêté d’écrire. Elle devait tenter, comme elle le lui avait écrit, de choisir les mots précis qui décriraient ce qu’elle voulait lui dire. Et puis, après deux ou trois minutes, il vit qu’elle rédigeait et rédigeait encore…

Ce fut un long paragraphe qu’il reçut. Cela parlait de plaisir intense qu’elle se donnait simplement en le regardant. Elle ne se touchait pas. C’était juste la puissance de son imagination. Elle se trempait littéralement et pourtant, elle ne l’imaginait jamais nu ou en train de l’étreindre…

— C’est juste le souvenir de lui, de ce qu’il dégage, qui me met dans un état pareil. Je pense à ses yeux, à ses joues, à sa jolie bouche et ça me fait jouir…. Vous avez déjà éprouvé ça, Joachim ?

Non, il était bien obligé de reconnaître que cela ne lui était jamais arrivé. Quel étrange personnage que cette femme. Alors, même si cet Achille et elle n’avaient rien partagé, ni conversations chaudes, ni caresses, ni moments funs au lit, il était clair que Blanche avait des souvenirs si précis de ses fantasmes que… Il comprenait mieux pourquoi elle était capable de rester cérébrale et qu’elle ne s’emportait pas au cours de leurs échanges. Elle se maîtrisait simplement pour ne pas souffrir. Peut-être ne serait-elle-même pas capable d’aimer quelqu’un d’autre, Joachim ou un autre, avec cette force…

Il était rassuré : il n’y avait rien de terrible à la situation. Il prenait conscience qu’il ne risquait rien et que leur relation ne dépasserait pas une entente un peu exceptionnelle au niveau du sexe et des mots.

Il se dit qu’elle semblait prête à cette expérience dont il lui avait parlé. Il faudrait juste qu’il trouve un « Achille ».

« Envoyez-moi donc votre commande » fut le message que Blanche reçut de Joachim après leur échange. L’homme avait dû réfléchir, la situation était particulièrement excitante. Il s’était imaginé un jeune homme ressemblant à l’aimé de son amie lui faisant l’amour tendrement et puis bestialement et cela l’avait éminemment troublé.

***

De : blanche.d@yahoo.fr à joachim.m@gmail.com

Objet : commande et prescriptions

« Candaulisme… Comme un vaste domaine, inexploré encore, pour moi.

L’inconnu fait peur, intrigue même s’il est attirant.

Comme tout chose inconnue, ce sont les effets qu’il a sur moi : il me met l’eau à la bouche, mais il m’impressionne.

Alors, peut-être puis-je vous faire part de certains… souhaits. Libre à vous de vous y conformer. Mais si je peux donner mon avis et être entendue, l’idéal serait que vous teniez compte de mes propositions.

D’abord, j’avais pensé à vous, cet homme que je trouve tellement séduisant. Vous êtes intelligent, sensible, ouvert et aussi compréhensif, tolérant. Et n’imaginez pas que je vous fasse une déclaration d’amour : le sujet est ailleurs ! Je me disais que mon mari qui rêve de candaulisme, il serait heureux de nous voir ensemble. Je suppose d’ailleurs que c’est ce qui m’a excitée la dernière fois, après notre conversation. Je me souvenais de ce que je vous ai fait… “endurer” et je sais que c’est ce genre de chose que mon mari serait heureux de pouvoir regarder…

Et puis, j’ai pensé que ce qui me ferait de l’effet à moi, ce serait que vous me regardiez faire l’amour et m’occuper d’un homme plus jeune, comme vous le suggériez. Mais pas n’importe quel jeune homme. Un monsieur de trente-cinq ans environ. Donc, pas quelqu’un à initier. Pas un homme qui soit trop entreprenant non plus. Je voudrais tout de même pouvoir m’en occuper un peu sans qu’il se “tape tout le boulot”. Avec un joli visage, un joli corps. Blond et sportif comme vous. Avec des yeux verts, ce serait parfait.

Vous devez vous dire que je suis bien précise dans ma description. Allez, vous n’avez pas une petite idée de la ou des raisons qui font que je sais aussi bien ce que je souhaite ?

Comme vous le savez, j’aime la douceur et la fougue aussi, de temps en temps. J’aime les jeunes étalons bien montés, comme vous pourriez le dire…

Donc, si vous parvenez à trouver quelqu’un ressemblant à tout ça, je serais partante. Pas tout de suite, bien sûr : vous connaissez ma détermination, mais je ne suis pas encore vraiment prête à cela. Dans quelque temps, quand nous aurons exploré d’autres choses à deux : je ne veux pas que ce soit trop rapide, simplement parce que nous n’avons pas encore fait le tour l’un de l’autre.

De toute manière, nous nous retrouverons avant cela.

Je vous laisse maître à bord pour la prise de contact avec ce monsieur, la réservation de l’endroit et tout le reste puisque vous vous y connaissez bien mieux que moi en la matière.

Sachez que je rêve d’une chambre bleue, de petits fauteuils avec des coussins moelleux, d’une table basse, de boîtes de Kleenex un peu partout…

Voilà. Vous avez la main. »

Joachim savait à peu près comme s’y prendre pour répondre à la demande de Blanche, quelles démarches entreprendre. Il commença par se faire passer pour une femme sur un site de rencontres et puis, se rendant compte de la difficulté à trouver un homme jeune qui soit d’accord de s’exhiber en compagnie d’une femme de l’âge de sa complice, il changea d’idée et s’inscrivit sur un site de libertinage en tant que « couple ». PlaisirEntreNous. Femme 57, homme 51. Sa recherche était claire : un monsieur entre trente et trente-cinq ans, blond, aux yeux verts, sportif, pas à initier au triolisme.

Et puis, Joachim trouva enfin un jeune homme pour Blanche et un premier rendez-vous pour faire connaissance aurait lieu dans un endroit un peu sombre… Ce qu’Antoine devait apprécier de sa partenaire future, c’était ses yeux et ses cheveux, son esprit, aussi, et moins son corps un peu défraîchi, même si elle en prenait soin…

Le couple était attablé devant des verres et une bouteille de vin quand leur complice arriva. Joachim regardait Blanche attentivement. Il voulait qu’elle soit satisfaite et partante pour une partie de jambes en l’air devant lui avec ce jeune homme. Finalement, elle ne dit pas grand-chose. Ce fut son partenaire de jeux qui prit les rênes de la conversation. Il interrogea peu Antoine, mais il n’avait aucun doute. Ce dernier ferait parfaitement l’affaire, du moins, physiquement. Il répondait à tous les critères extérieurs, si on peut dire. Et quand il parla de ses passions et qu’il proposa au couple de préparer une playlist de titres pouvant « aider à la détente », Blanche et Joachim se regardèrent en souriant : il était celui qui conviendrait pour leur premier jeu candauliste.

Suivant la commande passée par sa partenaire, Joachim avait réservé la chambre bleue dans laquelle Blanche et lui s’étaient rencontrés pour la première fois. Les conditions, aujourd’hui, seraient passablement différentes de ce rendez-vous.

D’abord, le couple et leur recrue ne partageraient pas du temps à se parler pendant plus d’une demi-heure, les palabres ayant été faites et les accords pris.

De plus, il avait été décidé que le couple rejoindrait Antoine. Que Joachim s’installerait dans un des fauteuils bas et que Blanche se mettrait au lit directement. Il faudrait aussi qu’Antoine reste habillé, hormis les chaussures. Blanche, quant à elle, se ferait un plaisir de le déshabiller. Elle se dévêtirait ensuite.

Tout était prévu… 

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