Semailles

Une saga de Bleue - 11 épisode(s)

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Épisode 6 : Il était temps de récolter un peu : sous les yeux de Joachim

Antoine était déjà installé au lit. Il était couché sur le dos, les yeux grands ouverts.

Le couple entra dans la chambre, Blanche suivait Joachim. Comme les rideaux étaient tirés, il faisait sombre. L’homme se dirigea vers la fenêtre la plus proche du lit et écarta un peu la tenture bleue pour faire entrer un rayon de soleil dans la pièce.

Antoine, ébloui, ferma les yeux. C’est cet instant que Blanche choisit pour se coucher à côté de lui. Elle posa la tête sur le torse de l’homme. Elle sentait sa poitrine se soulever de manière un peu précipitée. Elle humait son parfum, aussi, quelque chose de sauvage et de citronné, qu’elle ne connaissait pas.

Quand ils étaient arrivés, Joachim avait constaté que la télévision à écran plat était allumée. Cependant, il n’y avait aucune image à l’écran. Heureusement qu’il était possible de compter sur la technologie : une musique lounge était diffusée par les enceintes du poste. Il avait suffi qu’Antoine appuie sur le Play de la commande. Celle-ci était à terre, à présent, à côté du lit. Il y avait aussi deux bougies sur la table basse : parfum de printemps, alors qu’on était pratiquement en hiver. Enfin, c’était plus adapté que “pomme cannelle”, celui qui est vendu à cette époque de l’année et qui fait vraiment Noël !

Quand Antoine avait proposé une musique incitant à la détente, il avait pensé aussi au parfum d’ambiance. Le couple y fut sensible…

Comme prévu, Joachim ôta sa veste et le manteau de Blanche puis prit place dans le fauteuil bas qui se trouvait près de la fenêtre. On allait pouvoir commencer.

Au début, l’homme ne vit pas grand-chose. Il pouvait deviner ce qui se passait en percevant les bruits de frottement d’habits et des baisers échangés par Blanche et Antoine. Celle-ci devait être heureuse d’être dans les bras d’un homme ressemblant à son aimé…

Puis, n’y tenant plus (ce n’est pas parce qu’on est un cérébral qu’on s’en tient uniquement à des imaginations : le spectacle de corps qui s’étreignent, c’est excitant, aussi…), Joachim se dirigea vers la fenêtre dont le rideau était déjà entrouvert.

— J’ai envie de profiter également, lâcha-t-il.

Il regagna ensuite le petit fauteuil. Blanche fut un peu étonnée. Mais oui, l’homme avait bien le droit de regarder. Elle savait qu’il serait excité et le jeu serait pour le couple et cet Antoine…

Ce que l’homme entendait, c’était bien le bruit du collant de Blanche contre le tissu du pantalon d’Antoine. La femme avait les jambes emprisonnant la gauche du jeune homme. Elle embrassait son nouveau partenaire goulument, lui léchant les lèvres, les mordillant, introduisant sa langue dans la bouche d’Antoine. Elle semble bien chaude, pensa Joachim en souriant. Antoine rendait baisers, coups de langue et cela plaisait manifestement à Blanche.

Celle-ci approcha la main des boutons de la chemise marine de l’homme. Avec habileté, elle les ouvrit l’un après l’autre et commença de caresser son torse. Il frémissait sous la caresse. Joachim se rappelait comment les choses s’étaient passées entre Blanche et lui, la première fois. Elle avait commencé pareil. Cela l’excitait. C’était troublant de retrouver ces caresses quand elles étaient prodiguées par la même femme sur un autre corps que le sien.

Blanche ne s’attardait pas sur les tétons d’Antoine : celui-ci ne semblait pas très réceptif à la manœuvre… Par contre, elle ouvrit le bouton et la tirette du pantalon de l’homme sans hésiter et après avoir passé les doigts contre son sexe en semi-érection, elle se releva d’un coup, ôta son collant et sa jupe : elle se retrouva en string. Son haut bleu était un peu large et son complice passa les mains dessous… 

Blanche et Antoine étaient à présent nus, totalement nus. La femme avait distribué des petits baisers çà et là, sur le ventre de l’homme. Elle avait atteint son nombril, était remontée au sternum, à nouveau descendue jusqu’au pubis d’Antoine et avait pris sans hésiter son membre adorable en bouche.

On n’entendait plus à présent que des bruits de succion. Joachim regardait le couple. Il distinguait tout l’amour que Blanche distillait à son partenaire. Parce que oui, c’était de cela qu’il s’agissait : c’était manifeste.

Elle s’était mise de telle manière que l’homme pouvait profiter du spectacle sans bouger du fauteuil bas ni se contorsionner. Un angle idéal.

Elle avait le sexe d’Antoine en bouche et semblait se régaler. Ce dernier, quant à lui, profitait de cette bouche en soupirant.

Elle était si agile avec ses doigts, si habile avec sa langue, qu’il ne put bientôt plus retenir ses spasmes de sperme. Il libéra une charge liquide et transparente sur les joues de Blanche et celle-ci, dans un cri et quelques larmes, jouit du plaisir qu’elle avait donné à son partenaire…

***

— Satisfaite de l’expérience ? demanda Joachim à Blanche.

— C’est plutôt à vous de me dire ce que vous en avez pensé. Pour ma part…

— C’était positif, il me semble.

— Plus que cela !

Joachim voyait les yeux brillants de sa partenaire. Antoine les avait quitté quelques minutes auparavant. Il était allé prendre une douche puis s’était éclipsé très discrètement. Joachim avait rejoint le lit et câlinait sa partenaire.

Un parfum de sexe très léger flottait dans la pièce. Un mélange de l’eau de toilette d’Antoine et des sécrétions de Blanche.

— Je peux vous goûter ? demanda l’homme.

Ce qu’il avait envie de faire, c’était profiter du désir qu’elle avait eu de cet homme jeune ressemblant à son aimé, la lécher, l’étreindre et la pénétrer ensuite. Il se sentait excité, superbement excité : il n’y avait qu’à jeter un coup d’œil à son érection pour en être convaincu. Son sexe se dressait fièrement. Un chibre magnifique au milieu d’une toison claire. Il se sentait mâle mais dépendant aussi, de cette femme.

Quel chemin elle avait fait depuis qu’ils s’étaient rencontrés…

— Je vais quitter vos bras, continua-t-il. Et… Me laissez-vous tout pouvoir sur votre corps ?

Elle le regarda dans les yeux.

— Je sais que vous avez déjà joui du plaisir de cet homme fougueux. Peut-être devrais-je vous laisser un peu tranquille ?

C’était les yeux de Joachim, à présent, qui étaient plongés dans ceux de Blanche. Elle maintenait le regard de l’homme…

— Si je vous laissais reprendre souffle ? proposa Joachim.

— C’est une excellente idée. Mais voudriez-vous que je vous explique ce que j’ai ressenti avec Antoine ?

— Bien sûr. Ensuite, nous reprendrons les choses où nous les avons laissées.

— Vous lisez dans mes pensées. Je pourrais avoir votre ressenti aussi ?

— Votre question est inutile…

Alors la voix de Blanche s’éleva, timidement. Elle raconta l’effet que lui avait fait la première rencontre avec ce jeune homme. Selon elle, même s’il ne ressemblait pas vraiment physiquement à son aimé, il en avait l’allure générale, les regards, la douceur. C’était sans doute pour cette raison qu’elle s’était sentie en confiance et qu’elle avait eu envie d’aller plus loin avec lui. Et puis, quand Joachim et elle avaient rejoint la chambre bleue et qu’ils avaient constaté les attentions d’Antoine, la musique, les bougies parfumées, sa libido avait grimpé d’un coup. C’était comme s’il s’agissait d’un « élu ». Joachim n’était pas intervenu, à aucun moment. Mais sa présence était palpable. Elle pensait que son jeune « partenaire de draps » n’avait pas été troublé par les regards de Joachim sur eux. Peut-être cela l’avait-il même désinhibé parce qu’il voulait montrer, prouver qu’il était un bon coup au lit. Et c’était le cas. Blanche avait été sensible au fait qu’il se laisse caresser, certainement parce qu’elle s’imaginait être avec son Achille. Sans parler beaucoup, il l’avait encouragée à prendre possession de son corps à lui. À aucun moment, il n’avait manifesté un quelconque dégoût ou agacement concernant ces baisers, ces caresses, ces petites morsures qu’elle lui avait infligées. Elle s’était sentie confortée par son attitude toute accueillante et avide de plaisirs. Après les préliminaires, il n’avait pas fallu longtemps pour que l’homme jouisse et qu’elle prenne autant de plaisir que lui, même s’il ne l’avait pas vraiment touchée… C’était cérébral, elle en avait conscience. Mais à présent, elle allait vibrer sous les doigts, la bouche et les assauts de Joachim et ils auraient certainement un orgasme différent : plus brutal, moins contenu… Qu’en pensait-il ?

— J’anticipais votre plaisir, Blanche. Celui que vous prendriez avec Antoine. J’étais certain que les choses se passeraient de cette manière mais à présent…

Il s’était écarté d’elle…

— Séchez ces larmes.

Il se mit au-dessus d’elle, la laissant lui enserrer la taille avec ses jambes.

— Laissez-moi maître à bord. Je vais vous baiser…

Ses mains étaient de part et d’autre de la tête de Blanche, en appui. Elle sentait le souffle de l’homme s’accélérer alors qu’il donnait l’impression de vouloir en contrôler la rapidité. Elle pensa, furtivement, qu’il serait agréable qu’ils respirent de concert, que, de cette manière, l’orgasme viendrait peut-être simultanément. Elle se laissa emporter par ses mouvements. Il était entré en elle, profondément, d’un coup. Elle l’avait accueilli avec délices. Et puis, elle se contracta, pour que Joachim se sente serré, tout à fait contenu dans son vagin. C’était elle qui se tortillait sous le corps de cet homme qui n’avait pourtant qu’une envie, celle de lui montrer combien il était efficace.

— Vous préférez diriger ? demanda Joachim d’une voie sourde.

— Juste me mettre de telle manière que votre queue soit en contact avec ce qui me fait le plus réagir. Vous êtes d’accord ?

Il était rare que les choses se passent de cette manière… Habituellement, c’était Joachim qui « baisait » sa partenaire. Il se sentait un peu perdu mais il lui sourit…

— Faire jouir un homme avec votre savoir-faire fait partie de vos fantasmes ?

— Ne pas avoir l’impression d’être juste l’instrument de votre plaisir, oui…

— Ce n’est pas le cas, et vous le savez.

— Je voudrais vous sentir dur et puissant en moi. Tout à l’intérieur. Je voudrais être si serrée que vous ayez du mal à bouger en moi et puis…

— Nous ferons l’amour sauvagement, c’est ça ?

— Oui, on fera ça.

Ils ne disaient plus rien, à présent. Ils étaient trop dans le plaisir de l’autre. Elle sentait le gland de Joachim qui butait contre les parois de son vagin. Lui, il était enserré en elle et les frictions étaient délicieuses. Cela dura longtemps. Alternance de fougue et de douceur. C’était rempli de désir mais tout à fait contrôlé. Ils en profitèrent amplement. Blanche avait les cuisses pliées et relevées contre son ventre, à présent. Et Joachim avait les mains posées les genoux de sa partenaire… C’était « leur » angle, cette inclinaison magique qui fait que les sensations sont décuplées.

— Baise-moi, oui, comme ça. Encore, plus fort… Ouiiiii….

L’homme avait éjaculé en elle… Et elle, un peu perdue, pleurait comme chaque fois qu’elle jouissait.

Ils s’étreignirent un moment, juste pour que Blanche reprenne un peu pied.

— Je n’avais pas imaginé que vous vous lâcheriez comme ça, dit Joachim sans rouvrir les yeux.

— J’avais trop faim de sexe et je vous avoue qu’avec Antoine, c’était très bon mais trop soft pour mes envies. Et là…

— Vous êtes repue ?

— Autant que vous, il me semble.

Blanche le regardait en souriant. Il n’était pas son amant aimant, juste son ami-amant. Et si c’était cela qu’elle cherchait, dans le fond ?

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