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Sincères salutations

L'angoisse totale. La panique à bord.

20 minutes de bagnole et une heure et quart de train pour ce rencard, mais j'étais carrément sur le point de foutre le camp. Aller respire, tranquille respire... je soufflai un bon coup et toquai fort à la porte. Un peu trop peut-être. La nervosité sans doute. Je n'étais même pas sûre de qui allait m'ouvrir la porte. Si ça se trouve, j'allais me retrouver en face de 5 quarantenaires en manque de chair fraîche, et je ferais la une des journaux à cause d'un fait divers sordide. Aller détends-toi un peu bordel...

Ce fut tout le contraire. Une jeune rouquine, frange droite et anneau noir dans le nez, m'ouvrit la porte tout sourire. Elle correspondait exactement à la photo, pas très grande, plutôt menue, les yeux pétillants en plus. Elle devait avoir dans les 20-21 ans, soit à peu près mon âge. J'étais médusée - elle paraissait tout à fait normale, sympathique, et à vrai dire je la trouvais même très mignonne - mais rassurée. Je m'attendais à tout sauf à ce que ça se passe comme prévu je crois. Restait à voir son mec. Sur les photos qu'elle m'avait envoyé, il avait l'air plutôt beau gosse mais elles étaient un peu sombres. C'était surtout sa carrure qui m'avait impressionnée... et effectivement je ne fus pas déçue en le voyant arriver. Grand barbu d'au moins un mètre quatre-vingts, yeux sombres et le bras droit entièrement tatoué. A peu près l'idée que je m'en faisais, mais je fus tout de même saisie quand il apparut dans l'encadrure de la porte. Ils s'effacèrent pour me laisser entrer, elle très enjouée, lui chaleureux, me tendant la main pour me saluer. Prise d'un élan d'allégresse, je me hissai sur la pointe des pieds pour lui faire la bise. Sa copine m'embrassa chaleureusement à son tour. La nervosité était un peu retombée.

Ils me guidèrent à travers leur appartement en m'expliquant qu'ils avaient été un peu stressés avant que j'arrive, qu'eux non plus n'avaient pas trop su à quoi s'attendre. Enfin ce fut surtout elle, très exubérante qui parla tout le long. Lui restait plus réservé, silencieux. Cela m'intriguait et me flippait un peu en même temps. J'imaginais tout à fait cette force tranquille nous attacher toutes les deux au lit. J'eux un frisson et décidai de rejeter cette idée dans le fond de mon esprit.

Au salon, du thé et des gâteaux nous attendaient sur la table basse, entourée de poufs. C'était très cosy et un peu hippie en même temps, le genre qui met à l'aise mais qui sent fort l'encens. Je laissais la fille, Agnès ou Lucie je n'avais pas retenu son nom, faire la conversation, ou tout du moins poursuivre son monologue. Son mec (lui c'était Mat ça ne m'avait pas échappé), paraissait très amusé de la voir parler autant. Il semblait attendre le moment où les choses sérieuses allaient pouvoir démarrer. Tout en buvant le thé, Agnès/Lucie parla du site sur lequel nous nous étions rencontrés, du fait que pour eux aussi c'était une première expérience, qu'ils étaient très reconnaissants que j'ai fait la route et ravis de me rencontrer. Une fois qu'elle sembla avoir épuisé tous les sujets de conversation possibles, Mat entra calmement dans le vif du sujet, et commença à me questionner sur les choses que j'aimais ou non, que j'avais l'habitude de faire ou pas. Mais une question en particulier me laissa sans voix : "ça te dérange si je vous attache au lit ?"

Je battis des cils plusieurs fois, balbutiai un moment et finis par répondre du bout des lèvres "eh ben... faut voir".

Consciencieusement, Mat lista tout, en prenant le soin de ne rien omettre. Tout y passa, sexe oral, BDSM soft, sodomie, positions diverses et variées... j'étais clairement pas chaude pour tout, mais j'essayai quand même de garder l'esprit ouvert. Agnès/Lucie précisa également qu'ils s'étaient mis d'accord entre eux, qu'il n'y avait pas de problème de jalousie quoiqu'il se passe, et que chacun pouvait choisir de s'arrêter là s'il ne le sentait pas. Elle me demanda sincèrement si ça allait, et si j'étais toujours partante. Rassurée par la tournure de la conversation, je répondis oui du ton le plus convaincant que j'avais en réserve au vu de la situation. Le long silence qui suivit ma réponse fut certainement le plus grand moment de solitude collectif de toute l'histoire des plans à trois. Nous nous regardâmes tous les uns les autres, sans réagir, mais l'air de dire "sinon comment ça se passe, on se fout à poil ou..?"

Mat brisa la gêne en disant qu'il nous laissait entre filles le temps de prendre une douche. Bizarrement j'avais l'impression qu'il s'était déjà lavé mais peu importe...

Agnès/Lucie (je n'avais toujours pas osé redemander son prénom) me prit par la main pour m'emmener vers la chambre. Lorsque j'entrai dans la pièce, l'allusion de son mec quand au fait de nous attacher au lit prit sens dans mon esprit. Leur tête de lit était une réplique parfaite de celle du couple dans Le nombre 23, avec les grands montants de fer forgé et tout ce qui va avec. Je me voyais déjà poignets et chevilles attachés aux quatre coins du lit. Je soufflai et essayai de me concentrer sur ma partenaire. En arrivant dans la chambre, elle s'assit sur le matelas se mit aussitôt en soutien-gorge. OK, là c'était tout de suite moins compliqué de se concentrer sur autre chose. Elle n'avait pas une grosse poitrine, mais une taille fine et elle était vraiment bien foutue. A vous foutre des complexes. Mais j'étais beaucoup trop occupée à la mater pour complexer.

En une seconde je fus sur elle. Je l'allongeai sur le lit et me retrouvai à quatre pattes au-dessus de son corps, fouillant sa bouche de ma langue, baladant mes mains sur ses seins et ses hanches. Furieusement, je fis sauter les agrafes de son soutien-gorge, qui libéra une magnifique poitrine claire, aux tétons très roses. Je descendis ma langue pour goûter chaque centimètre de sa peau. Elle portait un parfum sucré particulièrement enivrant. Subrepticement, je sentis ses mains descendre le long de mes hanches, ce qui m'excita davantage. Je sentais déjà mon entre-cuisses devenir chaud et humide sous le désir. J'avais envie d'elle, de la déshabiller entièrement et de la sentir brûlante et excitée sous mes doigts. Prise de la même énergie avec laquelle j'avais avidement retiré son soutif, je défis son pantalon et le fis tomber jusqu'à ses chevilles. Elle portait une culotte blanche simple, avec juste un peu de dentelle sur les bords, mais déjà une belle tâche de mouille au milieu. Je commençai à l'embrasser et la lécher par-dessus le tissu, lorsque je sentis deux petites billes métalliques juste au dessus du clitoris. En écartant le sous-vêtement, je vis apparaître deux billes de piercings colorées. Je relevai la tête vers elle, les yeux écarquillés de surprise. Elle me répondit par un sourire malicieux et ravageur.

Au même moment, son mec entra dans la pièce, le torse encore humide, une serviette autour de la taille, et une belle érection à peine cachée en-dessous. Il nous regarda tour à tour, puis me fit signe de continuer alors qu'il enlevait sa serviette. Je fus tellement décontenancée que la seule chose que je réussis à penser à ce moment fût que les diktats de la société concernant le rasage du maillot chez les mecs n'étaient décidément pas à mon goût. Mais je suivis ses ordres, et revint à la culotte humide de ma partenaire. Je passai tout d'abord mes doigts en-dessous, m'habituant au piercing qui dominait sa vulve, puis commençai à lécher ses lèvres. Dans chacune de ses respirations je pouvais la sentir détendue mais totalement à ma merci. J'enlevai complètement sa culotte pour la lécher plus ardemment, entièrement. Elle était de plus en plus humide. Je glissai un doigt, puis deux dans son vagin, tout en faisant rouler les petites billes sous ma langue. Je m'habituai pas trop mal à ce piercing finalement, il me plaisait bien, et ça semblait l'exciter. J'allais et venais entre celui-ci et son clito, tout en caressant son point G bien gonflé, quand je sentis son mec m'enserrait par derrière pour accéder à ma ceinture. Il la défit brutalement, puis me débarassa de mon pantalon de la même façon. Alors que j'étais à genoux en train de lécher sa nana, je me retrouvai cul à l'air.

Doucement mais fermement, à genoux derrière moi, il se mit à me caresser et prendre mes seins dans ses mains, sans ménagement, puis descendit directement une main jusqu'à ma chatte qu'il agrippa vigoureusement. La bouche sur le clito de sa copine, je retins en cri. Tout en m'embrassant dans le cou, il commença à faire jouer ses doigts entre mes cuisses avec plus de douceur. Son index allait et venait entre mon vagin et le reste de ma vulve, me lubrifiant partout. Prise entre les gémissements de la jolie rouquine et les caresses énergiques de Mat, je sus que je n'allais pas durer longtemps comme ça. J'étais tellement excitée que je pouvais sentir la cyprine me couler entre les jambes. Sous sa main, mon clito gonflait rapidement. Je sentais des vagues de chaud naître dans mon bas ventre. Me sentant venir il accéléra ses caresses, puis se glissa à nouveau dans mon vagin, avec deux doigts cette fois-ci. Sous l'euphorie, j'augmentai moi aussi la cadence des coups de langue. Ma partenaire commençait à se tendre sur le lit, s'accrochant aux draps qu'elle tordait. Mat alternait toujours ses caresses, entre mon clito et mon vagin. Je commençai à gémir, lentement. L'orgasme arrivait. Du liquide glissait encore le long de mes cuisses. N'y tenant plus j'écartai encore un peu les jambes, laissant la place à sa main de me caresser aussi fort qu'il le voulait. Je sentais son érection dans dos. Encore ses doigts sur mon point G humide et gonflé... et j'explosai littéralement. Ma voix que je ne contrôlais plus partît dans les aigus, et je me laissai prendre par un orgasme puissant, tout en m'affalant en arrière contre mon partenaire.

Je le sentis me prendre sous les bras et les jambes pour me soulever. Doucement, il me déposa sur le lit avant de se tourner vers sa propre copine. A bout de souffle et à travers mes yeux humides, je le vis lui écarter les jambes sans ménagement tout en l'embrassant langoureusement. Sans préliminaires, il s'enfonça aussitôt dans son sexe dégoulinant. En quelques secondes à peine, leurs cris se mêlèrent. Lui en râles puissants à chaque coup de bassin, elle plus constante, mains au-dessus de la tête accrochée au bord du lit. Pilonnée ainsi elle ne mit pas longtemps à jouir, se contractant, criant comme elle pouvait, épuisée. L'orgasme fut rapide, mais ravageur. Il jouit bruyamment en elle, puis se retira pour la laisser se tourner vers moi. Allongée sur le côté, elle appuya sa tête sur ma poitrine tandis que son mec lui embrassait le dos. Je ne sais pas combien de temps nous restâmes ainsi, prostrée les uns contre les autres. A cet instant je perdis la notion du temps et de l'espace. Plus rien ne comptait si ce n'était le plaisir et les personnes avec qui je le partageais. A un moment j'ouvris les yeux pour découvrir que Mat n'était plus derrière Agnès/Lucie, mais il s'était glissé derrière moi. A force de caresses, il finit par me faire mouiller et me prit comme ça, toujours allongée sur le côté alors que la jolie rouquine me caressait sexe et seins, en m'embrassant de toute sa langue. L'après-midi s'écoula au travers de tout ce désir partagé, de jouissance, parfois d'orgasmes, dans différentes positions et de différentes façons.

Peu de temps avant que je reprenne mon train, ils me laissèrent la salle de bain, et je profitai d'une douche brûlante pour reprendre mes esprits. Nous nous quittâmes, échangeant du bout des lèvres la promesse de nous revoir. Je les pris tous deux chaleureusement dans mes bras, et rejoignis la gare.

L'heure et quart de train passa comme dans un rêve. Je planais à quinze mille, encore sonnée par ce qu'il s'était passé, mais surtout éreintée de fatigue. Avant de reprendre la voiture, je consultai machinalement mes mails. Ce court texte m'y attendait :

"Merci pour tout,

Au plaisir de te revoir, notre appartement t'es grand ouvert même juste pour un thé, même si...

Prends soin de toi

Sincères salutations

Mathieu & Lucie

PS : les menottes sont restées dans la table de chevet, mais si tu reviens c'est à tes risques et périls."

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