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SM / Erotisme

CHAPITRE : « Souvenirs : aux sources du BDSM »

A Paris, j'avais pris la liberté d'aller me faire masser dans un salon Thaï de la rue de Trévise, non loin des Folies Bergères et du siège national, rue Cadet, du Grand Orient de France : « Linda », une ravissante Asiate, m'avait accueilli, avant de confier le massage Thaï intégral d'une demi-heure à Méï, euh...un peu plus mature !...Mais qui m'avait bien détendu, et elle avait amplement mérité les dix euros de pourboire que je lui avais laissé.

Pour un « autre délire », le rendez-vous est fixé un Mardi d'hiver à Paris, en fin d'après-midi, grâce à quelques minutes de connexion sur le web, et à de brefs échanges téléphoniques sur téléphones cellulaires : le protocole sera respecté à la lettre, j'envoie un SMS au moment de mon départ en métro pour le quartier des Buttes Chaumont, où m'attend une superbe Dominatrice asiatique, Maîtresse Caroline (une occasionnelle du BDSM), puis un autre SMS une fois arrivé à la terrasse d'un café parisien qu'elle m'a indiqué, un quart d'heure avant 18h00, heure précise du rendez-vous : il est convenu que son « Secrétaire soumis », qui possède ma photo expédiée à Maîtresse Caroline via e-mail, se fera reconnaître, et m'emmènera dans sa voiture, une Renault Megane, au Donjon qui n'est qu'à quinze minutes du fameux café. Je bois un café « déca », en demandant au patron l'heure précise, puis j'envoie le SMS en indiquant que je suis ponctuel et à l'endroit voulu : par SMS, Maîtresse Caroline me prévient qu'elle m'envoie son Secrétaire, qui arrive peu après, et il se fait reconnaître : nous voici bientôt en voiture, il se gare devant l'immeuble haussmannien : je descends le premier, il arrive, et nous montons par l'ascenseur jusqu'au cinquième étage : sur le pallier de cet immeuble de charme, la porte de Maîtresse Caroline est entrouverte, et il me fait signe d'entrer en premier : il disparaît dans le grand appartement, un duplex comme je n'en avais encore vu que dans les annonces immobilières de grands magazines, comme « Le Figaro »...

Maîtresse Caroline, une Asiate parisienne à la peau de miel, d'environ

quarante ans, et très soignée, me demande de venir m'asseoir sur un confortable siège en cuir écarlate en face d'elle : elle s'assoit également sur un fauteuil en cuir rouge, juste en face de moi, dans son salon, avec un beau plafond à la française, où dans cet appartement, beaucoup d'éléments de la décoration rappellent l'Extrême Orient. Immédiatement, je lui donne « l'offrande », soit deux cents euros, en quatre billets de cinquante euros...elle me remercie pour ça. Elle est assez menue, et à côté d'elle, sur un bureau style Louis XV, trône une cravache au manche noir et doré ; cet objet semble lourd, redoutable et de bonne qualité !

Son visage superbe me fait penser à cette chanteuse indonésienne, arrivée en France de Jakarta, ANGGUN, et peut-être aussi un peu à la hardeuse française, d'origine vietnamienne, KATSUNI.

Sa silhouette est belle, avantagée par sa tenue moulante, et uniformément noire : elle porte une robe, sans manches, et courte, en cuir de couleur noir profond, comme teint à l'encre de Chine, et luisante, avec un décolleté intéressant, permis par des lacets rouge vif à moitié défaits, et qui descendent jusqu'à son nombril, quasiment, et elle exhibe le haut de ses cuisses fuselées, car elle porte des cuissardes en vinyle, avec des talons très fins et assez longs ; ses cheveux de jais et raides lui donnent une « crinière » longue et libre, et ses yeux sont très pétillants. Elle me déclare : « je suis une vraie domina, je ne fais pas semblant ! C'est un jeu, et il faut en définir les règles : vous allez prendre un papier et un crayon, sur le bureau à côté de moi, et vous allez faire deux colonnes : ce que vous aimez pratiquer, et ce que vous n'aimez pas : au fur et à mesure, vous me direz ça à haute voix : j'insiste, il vous faut être parfaitement honnête avec moi ! ».

Je la rassure sur ce point, et je commence : alors, le premier stylo à billes rend l'âme tout de suite ( ! ), alors je me lève pour en prendre un deuxième : même sort ! Je suis très tendu, et elle le voit.

Elle me demande de me détendre, et la belle domina souhaite avec humour qu'on va éviter la nécessité d'une séance de sophrologie préliminaire ! Je prends alors un autre critérium : mine trop courte ! Je prends, encore, un autre critérium, et là (mais péniblement), j'arrive enfin à faire mon listing !

Elle me dit tout de suite qu'elle ne pratique pas les aiguilles, ni rien en rapport avec le sang : moi non plus ! Alors, au bout d'un moment, elle me questionne, pour avoir plus de précisions, et à chaque fois, je dois le coucher par écrit. Je lui précise très vite mon aversion pour l'algolagnie : « Justement, l'algolagnie, comment la définiriez-vous ? Eh bien, comme un mélange recherché entre le plaisir sexuel et la souffrance physique » : elle est d'accord, et j'insiste pour ma part bien là-dessus, avant tout (allez, à quelques coquetteries près, on ne se refait pas !), je recherche de la mise en scène, et quasiment que de l'humiliation psychologique, infligées par une belle Femme ; je rejoins pour ça, et totalement, l'écrivain Leopold von Sacher-Masoch !

Je lui réponds par la négative, quand elle me demande si j'apprécie de recevoir le fouet, ce qu'a en revanche confessé positivement, dans une interview publiée sur Internet et en anglais, la sublime chanteuse Rihanna, se disant soumise, mais qui reconnaît qu'elle « pourrait » être dominatrice : « chains and whips excite me » (les chaînes et les fouets m'excitent), paroles lyriques ( ?! ) de sa chanson : « S & M » : aïe, aïe, aïe ! Mais bientôt, l'intimidante mais captivante Maîtresse Caroline me dit alors : « je vois que vous avez des idées très arrêtées, sur ce que vous voulez, et sur ce que vous ne voulez pas, mais vous me décrivez des scènes sans lien » : elle me raconte alors, avec un air inspiré, et impossible à feindre, qu'elle a quelqu'un qui vient de temps en temps la voir, et qui lui demande de lui lire une histoire (il n'y a que des livres sur place, c'est facile, me déclare-t-elle), et au fur et à mesure, il se masturbe discrètement, puis elle le remarque, et alors, elle le punit pour ça : c'est alors le début de la séance SM.

« Ah ! Oui, vous voulez un fil conducteur ! »

lui dis-je, ce à quoi elle répond par l'affirmative. Je lui confie alors, en toute honnêteté, que malgré mes apparences viriles, et j'insiste bien là-dessus, en lui disant que je ne suis pas quelqu'un de très efféminé, eh ! Bien, euh...j'aime montrer mes côtés féminins, et finalement, comme je le lui explique : « en moi il se cache une femme lubrique, et pendant les séances SM, j'aime être appelé Daphné » : immédiatement, la déclaration fait son effet, et elle me fait comprendre qu'elle tient enfin son fil conducteur ! A sa demande, je pose le papier et le nécessaire pour écrire sur le bureau, debout devant Maîtresse Caroline, et alors qu'elle reste assise et imperturbable, comme une statue : à ce moment-là, sans me laisser le temps de m'asseoir, elle me dit avec une autorité naturelle dans sa douce voix : « à poil ! » : je m'exécute, et je lui fais un (très maladroit !) strip-tease, pendant qu'elle me regarde bien de la tête aux pieds, puis elle me fait signe de la main de me tourner : je lui tourne alors le dos debout, puis elle me demande de lui faire de nouveau face : « à genoux ! », me dit-elle, avec autant de maîtrise et un plaisir (un peu pervers) évident : je me mets alors à genoux sur le parquet ciré, nu devant elle : elle me demande de baisser la tête, et je suis là avec elle pour obéir, après tout. Elle se lève de son fauteuil rouge sang, et elle va prendre quelque chose dans l'appartement (je n'ai pas le droit de relever la tête) : tout de suite revenue à côté de moi, elle se penche vers mon oreille, en me disant très doucement : « Daphné, tu vas être une chienne, et comme toutes les chiennes, tu auras un collier !... ».

- « Oui, Maîtresse ! »

ce sera ma réponse standard, pendant la séance, à tous ses caprices ! En effet, elle me passe autour du cou un collier noir en cuir assez épais, elle me met ensuite une laisse, et elle me demande alors de ramper à quatre pattes derrière elle, tandis qu'elle marche dans l'appartement en faisant exprès de faire retentir fort le bruit de chacun de ses pas, ce qui m'excite encore plus, et elle le sait : ce n'est pas une débutante ! Elle se fait plus autoritaire, en exigeant que je continue, les coudes au sol : je le fais avec enthousiasme !

Un moment fort de la séance avec elle : c'est quand elle nous met tous les deux devant un grand miroir vertical, où elle me demande de nous contempler, unis que nous sommes, par notre scénario mis en scène par cette belle pratiquante, le genre de mises en scène justement que valorisait aussi dans ses écrits le Marquis de Sade : à ce moment précis, je la complimente sur sa beauté, et j'ai l'impression d'être « entré » dans le film « Maîtresse » de Barbet SCHROEDER, qui décrit dans les années 1975 à Paris, et avec une précision entomologique, ce type d'univers !

De mon aveu ce jour-là à Maîtresse Caroline, c'est après avoir vu ce film, des années auparavant, où Gérard Depardieu interprète un jeune Provincial, Olivier, qui devient l'amant d'une dominatrice professionnelle parisienne (campée par Bulle Ogier, et inspirée par la Parisienne Maîtresse Alexandra), que j'ai décidé de passer à l'acte ce qui étaient somme toute de vieux fantasmes chez moi ! Des dizaines de minutes de jeux sexuels après, « sévices compris », on arrive à une heure quinze de rencontre : je suis « lessivé », et la tête en sueur (une sensation d'avoir la « tête à l'envers ! »), mais je suis content d'avoir réalisé ce fantasme ! Elle est moins fatiguée que moi, mais visiblement satisfaite, très souriante, et nous bavardons un peu avant mon départ : je lui cite quelques références culturelles, et alors nous constatons elle et moi, que nous sommes dans le SM des électrons libres, « hors milieu ».

Elle me confie connaître une seule Dominatrice à part elle-même, Maîtresse Diane, déjà assez âgée selon elle, et Maîtresse Caroline dit être comme ça depuis l'enfance, depuis l'âge de dix ans, ce à quoi je lui réponds que c'est aussi mon cas (je lui dis que ce n'est pas à quarante ou cinquante ans que l'on se découvre un penchant pour ça !), et elle aime, comme moi, la « petite » Histoire, et en particulier, pour sa part, elle manifeste depuis longtemps un intérêt pour l'histoire des latrines !

Il est temps pour moi de lui faire une bise, et quelle belle femme ! Son Secrétaire soumis me raccompagne à la station de métro la plus proche...

Voilà que je découvre quelques semaines plus tard, sur le web, les propositions (terrifiantes pour le néophyte ou le candide) de la « Déesse Camelia », qui exerce à Oxford, en Angleterre : elle présente une grande originalité, et c'est tentant : elle propose à ses soumis « contractuels » d'être accueillis à l'aéroport, ou en gare ferroviaire à Londres, par son chauffeur « bcbg », et en limousine « stretch limo » s'il vous plaît ( ! ), pour être acheminés à son donjon du centre-ville d'Oxford !

Couverture de mon livre : « Tout-à-fait, Thierry ! » (cela ne nous regarde pas !) », écrit et publié sous le nom de plume : Hervé G.

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