Souvenirs d'été

Une saga de Thalia_Devreaux - 7 épisode(s)

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Épisode 3 : L'orage



Mes vacances chez la tante de Zoé touchaient à sa fin. Depuis la fameuse nuit où nous avions explorés nos sens, une gêne s'était installée entre nous. En fait, j'en étais en partie responsable, ne me sentant pas prête à franchir le pas pour aller plus loin, ni même en parler. Mon amie se comportait plus ou moins comme d'habitude. Elle ne me poussait pas à le faire, sans doute me laissait-elle le temps d'être dévorée par la curiosité. Lorsque venait le moment de dormir, je faisais semblant d'être plongée rapidement dans le sommeil pour éviter toute discussion avec elle. Pourtant, j'imaginais ce qui pourrait se passer entre nous si j'osais la toucher.

Dans la journée, tante Lucie se montrait plus présente, souhaitant passer davantage de temps avec nous. Deux jours avant mon départ, je regrettais déjà de retourner chez mes parents, sachant que je ne pourrais jamais oublier ce si bel été. Le temps se mettait en accord avec mes pensées, affichant un ciel nuageux à la place du bleu habituel. Cela ne nous empêchait pas de profiter encore de l'après-midi dans le jardin, un livre à la main.

Je sentais que par moments Zoé me regardait. Je portais la même robe que le jour où nous avions joué avec l'eau. Je baissais mon livre pour échanger un regard complice avant de remarquer qu'elle cherchait à voir ma culotte. Emportée dans l'aventure de mon bouquin et me sentant en sécurité, je n'avais pas fait attention à ma façon de me tenir sur le transat. J'aimais bien lire avec une jambe allongée et l'autre non. Ainsi, je me doutais du spectacle que je lui offrais. Je changeais aussitôt ma position avant de m'apercevoir que Lucie nous regardait également.

De sa chaise longue, elle ne pouvait rien voir. Je me sentis tout de même gênée et dans l'expression de son visage lorsqu'elle nous observait, je me demandais si elle ne soupçonnait pas quelque-chose. Plus tard j'en vins à la conclusion qu'elle se doutait que la relation à notre corps et à celui de l'autre nous travaillait. Elle ne voyait là qu'une curiosité normale d'adolescentes et elle n'en dit jamais un mot.

Lorsque vint le soir et qu'il fut l'heure de se coucher, je remarquais que mon amie attendait, un petit sourire en coin. Je compris que je ne pourrais pas échapper à une conversation. Je laissais la lumière allumée et je m'assis en face d'elle, un oreiller contre moi.

— Je crois qu'à partir d'aujourd'hui, dès que tu mettras cette robe, je ne pourrais que penser à ce que nous avons fait.

Je me retenais de lui avouer que de mon côté je n'avais pas besoin de ça pour m'en rappeler.

— Tu n'as toujours pas envie d'en parler ?

Je fuyais son regard, gênée d'être confrontée frontalement sur ce sujet. Je craignais que nous en venions à parler de la suite et de me sentir obligée un jour de lui rendre la pareille. Je pensais avoir vaincu les tabous avec elle mais je me rendais compte qu'il me faudrait du temps pour franchir cet obstacle.

— C'est plus fort que moi, dis-je dans un murmure.

De sa main, elle ramena mon visage vers elle pour pouvoir me fixer dans les yeux. Elle me donnait l'impression de lire dans mes pensées, surtout lorsque je vis son expression narquoise.

— T'as peur que je te demande de reproduire ce que je t'ai fait. Avoue !

Je devais être rouge, ce qui me trahit et lui donna la réponse. Elle me prit dans ses bras et me serra fort contre elle. Je l'enlaçais à mon tour, me sentant mieux depuis cet échange.

— Ne t'en fais pas, il n'y a pas d'obligation. Et tout ce qui s'est passé cet été restera entre nous.

Je lui faisais confiance. Depuis que nous nous connaissions, jamais nous ne dévoilions les secrets, considérant notre amitié plus forte que tout. Après ce câlin, sans dire un mot, nous prîmes place dans le lit, nous éteignîmes la lumière et nous partîmes au pays des songes.

La journée du lendemain se révéla plus monotone, surtout parce que nous savions que c'était notre dernier jour. Le ciel virait au gris et la chaleur laissait place à une sensation de lourdeur. Il ne manquait plus que la pluie pour nous démoraliser davantage. Sa tante nous prépara une super soirée avec du cidre, des crêpes et du nutella. Autant l'avouer, nous étions aux anges et je considérais cet endroit comme le paradis. Malgré l'humeur maussade de la journée, nous avions décidé de faire la fête en mettant de la musique pour danser.

Et vint l'heure d'aller se coucher, nous ramenant à la triste réalité que le lendemain en fin de matinée, nous allions quitter ce lieu et nous donnant l'impression d'une fin de vacances alors qu'il nous restait encore trois semaines avant de reprendre l'école. Zoé et moi étions plutôt moroses, nous préférions garder le silence plutôt que d'évoquer notre regret. Je ne jouais plus à faire semblant. Elle me laissait tranquille de mon côté, probablement aussi peinée jusqu'à ce que nous trouvions le sommeil.

Je me réveillais en sursaut en plein milieu de la nuit, le cœur battant, mes sens en alerte sans comprendre ce qui se passait. Mon amie se redressa également. La pluie tombait drue. L'éclair illumina rapidement la pièce et une poignée de secondes plus tard, le tonnerre retentit. Aussitôt, je me recroquevillai sur moi, incapable de me contrôler. Depuis toute petite, je craignais les orages et je trouvais celui-ci particulièrement effrayant. Nouvel éclair suivi d'un coup de tonnerre plus rapproché. Tétanisée, je n'osais plus bouger.

— Tu as peur ?

Pas besoin de hocher la tête pour le confirmer, mon attitude prostrée répondait à ma place. Zoé se blottit contre moi, m'enlaçant de ses bras chauds et commença à doucement me bercer. J'admirais son courage en cet instant. J'appréciais le réconfort qu'elle essayait de m'apporter. Elle tentait de me calmer en me chuchotant des mots rassurants. L'orage tonna plus près encore de la maison. Je me croyais à l'aube de l'apocalypse, restant toujours repliée sur moi-même. J'attendais avec impatience l'éloignement de cet élément déchaîné de la nature.

Finalement, cette tourmente s'éloigna peu à peu. Le bruit diminuait mais restait encore impressionnant. Néanmoins, je me calmais et mon amie n'était pas étrangère à mon apaisement. Sans m'en rendre compte, j'étais à présent allongée, ma tête posée contre sa poitrine et mes bras entourant Zoé. Je me sentais en sécurité, retrouvant un peu de sérénité. Ma respiration retrouvait un rythme normal.

Les éclairs illuminaient encore la chambre mais l'orage se trouvait plus loin, même si je considérais qu'il était encore trop près. Sauf que quelque-chose était différent. Je commençais à prendre conscience du corps qui vibrait sous ma tête, de cette proximité inhabituelle. Je restais pourtant ainsi, appréciant d'être blottie contre elle, ne voulant plus en partir. Je respirais le doux parfum qu'elle exhalait, appréciant la chaleur de ses petits seins, ressentant l'envie de les caresser avec ma main plutôt qu'avec ma tête.

Je me montrais moins farouche, glissant mes doigts sous son haut et remontant vers cette petite colline se trouvant près de ma bouche. Je perçus le changement dans sa respiration, même si elle ne disait rien pour le moment. Elle me laissait faire, me gardant fermement contre elle tandis que je continuais mon exploration. L'index contourna le téton, effleurant l'étrange texture de son aréole et qui me fascinait tant. Je sentis son téton se raffermir, pointer sous mes yeux.

Je me montrais fascinée, voulant découvrir davantage. Je relevais son vêtement pour voir ce mamelon fièrement dressé. Je plongeais ma bouche, léchant d'abord avant de l'avoir entre mes lèvres. Elle gémit de surprise puis elle se mit à me caresser les cheveux.

— T'es plus coquine que je ne l'aurais cru.

Elle me laissa faire et moi je suivais mes désirs, ne me souciant plus du tonnerre qui grondait au loin. Je pressais le deuxième sein, tout en gardant le téton dans ma bouche. Mon amie retira son haut qui commençait à me gêner. Pour l'instant, elle restait passive et cela me convenait tout à fait, m'excitant davantage de la sentir soumise à ma volonté. Je changeais de mamelon, appréciant ses petits bruits exprimant le plaisir.

Je devenais plus aventurière, envoyant mes mains chercher de nouvelles terres de sensations. J'osais descendre entre ses cuisses, me promenant sur sa culotte, sentant une légère humidité à l'endroit où ses lèvres devaient se trouver. Je m'électrisais à ce contact, brûlante de découvrir ce qui se cachait en dessous. Sans hésitation, surtout pas après ce qu'elle m'avait donnée, je franchis le pas, écartant le tissu pour atteindre mon objectif. Je relevais la tête vers elle pour observer sa réaction. Un éclair me permit de mieux la voir.

— Retire-la...

Sa voix n'était qu'un murmure. Je continuais à découvrir son intimité, recherchant son petit mont de vénus, centre de bien des plaisirs. Un gémissement étouffé me fit comprendre que je venais de l'atteindre. Je me redressais pour la regarder mais elle en profita pour fondre sur moi et m'embrasser pendant que je continuais de jouer avec son bouton. Sa langue se faisait intrusive, se déchaînant comme un volcan dans ma bouche. Elle me prouvait à quel point elle était excitée par mes attentions.

Mon index osait descendre plus bras, s'insérant entre ses lèvres avant de s'enfoncer en elle. Sa réaction fut immédiate, elle arrêta le baiser échangé pour haleter. L'orage avait beau continuer dans d'autres contrées, les éclairs se trouvaient désormais dans ses yeux. J'allais subir sa foudre si je continuais ainsi mais cette fois-ci, je n'aurais pas peur. Je reproduisais les mouvements pour lui donner le même plaisir qu'elle m'avait procuré.

Je finis par subir sa tempête, me retirant les vêtements avec fougue avant de me plaquer sur le lit. Elle m'embrassa dans le cou avant de descendre lécher mes seins, glissant ensuite sa langue entre, parcourant mon ventre, mon pubis et cherchant à présent mon clitoris. J'appréciais ce contact, oubliant les préjugés que j'aurais pu avoir pour cet acte entre filles. Mon plaisir était trop intense et je ne voulais pas qu'il s'arrête avant d'être assouvi.

Elle fouillait délicatement, s'éloignant parfois pour lécher mes lèvres avant de reprendre son exploration. Elle ne tarda pas à découvrir le triangle magique. Je me mordis la lèvre pour ne pas faire trop de bruit, découvrant une volupté insoupçonnée dans une action qui paraît si simple. Je n'avais jamais imaginé qu'une personne du même sexe pourrait un jour me faire cette gâterie, surtout qu'elle comme moi, nous étions surtout attirées par les garçons. Cela me donnait envie d'essayer à mon tour, de lui offrir cette même délectation. Sauf que pour le moment, j'appréciais trop cette caresse buccale.

Je me forçai à reprendre le contrôle. Je m'éloignai de sa bouche et je vis dans son regard qu'elle se posait des questions. Elle craignait peut-être d'avoir mal fait. Je lui fis un sourire pour la rassurer. Je m'approchais avec la souplesse d'un félin, la poussant un peu pour la chevaucher et l'embrasser ensuite. Ses mains se posèrent sur mes fesses. Mon bassin se mit à bouger en rythme, frottant mon entrecuisse contre elle.

Je me pris un doigt, fouillant mon vagin, ce qui me poussait à rester davantage dans cette position. Elle me mettait dans tous mes états. Je me redressai, lui offrant ma poitrine devant ses yeux. Elle fondit sur mon sein droit, jouant déjà avec le téton. Je dus faire un effort pour la repousser et passer à la suite de mon envie. Je l'obligeais à s'allonger sur le dos et je me mis entre ses cuisses. Elle redressa sa tête pour me parler. Je posai mon index sur sa bouche pour l'inciter à se taire, de peur qu'elle ne gâche ce moment et ce désir.

Sans aucune hésitation, je plongeai ma tête afin de goûter l’élixir qui s'échappait d'entre ses lèvres avant de remonter et découvrir son clitoris. Il me fallait un peu de temps pour trouver mes marques et ma façon de faire. J'appréciais de la sentir défaillir, de refermer ses jambes suivant l'intensité que j'y mettais. Je me laissais guider par ses gémissements et aussi par ses mains qui orientaient ma tête pour lui faire atteindre plus de plaisir. Je l'emmenais doucement vers un orgasme qu'elle étouffa dans un oreiller.

Lorsqu'elle reprit ses esprits, je lui faisais un grand sourire, fière de l'avoir faite jouir ainsi. Elle ne tarda pas à me rendre la pareille, recommençant ce que j'avais interrompu pour m'occuper d'elle. Sans doute était-ce l'excitation extrême que je vivais mais je ne tardai pas à atteindre à mon tour le septième ciel. Zoé vint ensuite se blottir contre moi et sans nous en rendre compte, nous finîmes par nous assoupir.

Au petit matin, nous nous réveillâmes, toujours collées, échangeant un sourire complice et à la fois gêné avant de partir chacune dans un coin du lit. Nous nous habillâmes rapidement, sans oser vraiment jeter un regard sur le corps de l'autre puis elle partit dans la salle de bains pour se rafraîchir et je fis de même une fois qu'elle eut terminée.

Sa tante ne se doutait de rien. Elle nous demanda si nous avions bien dormi malgré l'orage que j'avais fini par oublier. Nous n'échangions ensuite aucun mot durant le reste de la matinée. Je préparais mes affaires, me concentrant uniquement dessus alors que la veille, tout était déjà presque bouclé. Je remarquais que mon amie faisait exactement la même chose.

Arriva ensuite l'heure tant redoutée les deux jours précédents. Elle nous amena en voiture jusqu'à la gare de la grande ville la plus proche. Sur le quai, sa tante me prit dans ses bras et avant de la quitter, elle me confia qu'elle espérait me revoir l'année prochaine avec sa nièce. Je ressentais déjà l'envie de revenir malgré certains de mes doutes. J'appréciais beaucoup l'endroit où elle vivait, cette maison et presque tout ce qui avait bien pu s'y passer. Aujourd'hui je rentrais chez moi en compagnie de Zoé, moins innocente qu'à mon départ et très déçue de ne pas pouvoir rester plus longtemps.

À bord du train, nous trouvâmes un compartiment vide dans lequel nous nous installions. Même après le départ, nous continuions à garder le silence, évitant même de se regarder, se montrant toutes deux gênées. Un trouble nous emparait. Durant cette nuit, quelque-chose s'était produit et qui nous dépassait, sans comprendre ce que c'était. Je regardais le paysage défiler à travers la vitre, mal à l'aise. Je me trouvais folle d'avoir fait toutes ces choses, le regrettant quelque peu.

— C'est bête de ne plus se parler alors qu'on est amies.

Zoé brisait ce silence et j'en ressentais le besoin moi aussi. Elle avait raison, nous agissions bêtement.

— De très bonnes amies, dis-je en me forçant. Mais ce que nous avons fait hier soir...

Je n'arrivais pas à terminer ma phrase. Cependant je savais qu'il fallait aborder rapidement ce sujet car il était à l'origine de cette gêne entre nous. Je me tournais vers elle, espérant qu'elle prenne la parole et qu'elle continuerait à se montrer moins pudique que moi. Elle hochait la tête et je compris que ça la travaillait au moins autant que moi. Elle semblait perdue dans ses pensées.

— Je crois que ce qui s'est passé chez ma tante doit y rester. De toute façon, nous allons retrouver notre quotidien.

Contre toute attente, sa réaction me dérangeait. Je pensais que je serais la première contente à cette idée mais un détail me perturbait. Nous étions très complices, au point d'être capable de tout se dire et nous en venions à l'idée de garder certaines choses secrètes. Ça ne me plaisait pas, me faisant craindre que cet événement avait cassé quelque-chose entre nous alors que nous avions partagé nos intimités. Je craignais pour la suite si j'acceptais.

— Nous devrions en parler avant.

Elle me regardait désormais dans les yeux. Je lisais de la crainte, des doutes. Je m'attendis alors qu'elle rejette ma remarque mais elle acquiesça. Je compris que je devais faire le premier pas.

— Tu sais, ce serait stupide de s'en vouloir pour cette nuit. Cela ne change rien à notre amitié et je pense même que ça la renforce... En quelque sorte...

Je parlais lentement, hésitant et butant presque à chaque mot. Je baissais les yeux, ne sachant plus où me mettre.

— Tu penses ? Je craignais le contraire.

— Pourquoi ? lui demandai-je avec inquiétude.

— Parce que nous sommes allées très loin et que normalement, on ne fait pas ça entre filles.

Je me mis à rire. De nervosité. Je ne m'attendais pas à ce genre de réaction de sa part. Ce devrait être moi à de le dire. Elle m'imita, mais continuait de paraître gênée. Peut-être que la fin des vacances chez sa tante, nous rappelait à une certaine réalité et que depuis la découverte de nos sens, nous vivions dans une bulle. Je prenais conscience que je l'aimais beaucoup, plus qu'une simple amie mais pas comme je pourrais aimer un garçon. Cette évidence me rassura.

— Je crois que notre amitié est spéciale. Mais ne t'en fais pas, je craque toujours pour les garçons.

— Moi aussi !

Nous partîmes dans un fou rire qui s'avérait nécessaire pour se retrouver et mettre fin à notre trouble. Nous avions besoin de se dire les choses, de nous rassurer. Nous savions que ceci serait notre secret mais cela nous empêcha pas de nous trouver des petits surnoms en rapport avec cette histoire commune. Je devenais sa tigresse tandis qu'elle était ma louve. Personne ne comprendrait et c'était ce qui nous rendait unique. Tout comme notre amitié.

Et ce qui s'était passé chez tante Lucie, devait ne plus être évoqué et rester chez elle.

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