Souvenirs d'été

Une saga de Thalia_Devreaux - 6 épisode(s)

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Épisode 4 : Promenons-nous dans les bois



La tante Lucie ne faillit pas à sa promesse et m'invita chez elle avec mon amie pour deux semaines. Je mourrais d'envie d'y aller mais il restait à résoudre la question du passé. Mes parents ne voyaient aucun inconvénient à ce que j'y aille, bien au contraire. Ils craignaient que je m'ennuie seule à la maison. Avant de me décider, je préférais réfléchir, me demandant s'il serait sage après les événements de l'été dernier, d'y retourner.

Depuis, bien des choses s'étaient produites. J'avais embrassé un garçon pour la première fois avant de m'en séparer quelques semaines plus tard. Quant à Zoé, elle me surpassait dans le domaine, ayant déjà trois ex petits copains à son actif mais elle était restée sage pendant notre année de seconde. Elle s'était montrée aussi chaste que moi car nous continuions à tout nous dire. J'en venais à la conclusion que si ça ne la dérangeait pas d'aller chez sa tante, alors il n'y avait aucun problème. J'acceptais la proposition et j'avais hâte de profiter de la campagne.

La tante de Zoé nous trouva changer lorsqu'elle nous récupéra sur le quai de la gare. Elle nous voyait désormais comme deux belles jeunes femmes. Elle se montrait toujours aussi avenante et nous poussait à la confidence concernant les garçons. Nous étions à l'âge de la découverte de bien des plaisirs comme elle nous le disait mais nous préférions garder ce jardin secret pour nous.

J'observais les bois qui entouraient la maison et je découvris avec surprise que la seule autre bâtisse des environs était occupée. Lucie nous confia qu'elle était habitée depuis plusieurs mois par de nouveaux propriétaires à la retraite venant de la ville, très gentils et très discrets au point que nous ne nous rendrions pas compte de leur présence. Cela ne changeait pas grand-chose finalement, puisque de toute façon le jardin que nous occupions était à l'abri des regards indiscrets.

J'appréciais de me retrouver de nouveau en plein air avec la nature comme voisine envahissante. Sa tante qui porte le même prénom que moi, sourit en me voyant déposer ma valise dans le couloir pour aller profiter aussitôt du jardin. J'appréciais davantage le soleil en campagne que dans ma ville, le trouvant plus relaxant, plus chaud, plus grisant. Je gardais les yeux fermés, la tête levée vers lui, prenant une bolée de ses rayons bienfaiteurs. Je restais ainsi, jouissant de cet enivrement, loin du stress et de l'agitation.

Zoé s'approcha discrètement de moi cherchant à me surprendre. Mes lèvres qui dessinaient déjà un sourire, se contractèrent davantage. Je respirais à pleins poumons l'air parfumé de la nature, ne trouvant rien de plus appréciable dans l'existence. Je retrouvais mon insouciance, oubliant mon adolescence, l'école, l'avenir... Je n'étais qu'un être humain dans son plus simple état. À cette idée, j'en vins à penser que pour apprécier davantage les bienfaits de cet environnement, je devrais me mettre dans mon plus simple appareil, tel que je suis venue au monde.

Je n'eus pas le temps de rougir que mon amie lança un bouh en espérant me faire sursauter. J'ouvris les yeux en la traitant d'idiote avant de lui mettre une tape sur les fesses et de courir. Elle me suivit sans hésiter pour me rendre la pareille. C'était puéril de notre part mais cet endroit avait quelque chose d'emballant, nous poussant à redevenir des enfants, à vivre la vie sans se soucier des qu’en-dira-t-on. Tout cela grâce à sa tante.

Nous nous délections de cette liberté qu'elle nous offrait pendant les vacances. Nous n'avions aucune contrainte, nous pouvions faire ce que nous voulions et elle cherchait toujours à nous faire plaisir. Le soir-même, elle fêta notre arrivée avec une bouteille de listel à la pêche. Je ne connaissais pas le goût de cette boisson pétillante faiblement alcoolisée mais je l'appréciai aussitôt. Mes parents n'en buvaient pas mais ils m'avaient déjà fait goûter le champagne.

Sa nièce et moi n'avions pas le droit d'en boire plus d'un verre mais rien que cette attention nous faisait sentir que nous étions chez nous pendant ces quinze jours. Je ne me souviens plus avec exactitude de cette nuit mais elle reste gravée dans ma mémoire comme un bon souvenir. Je revois surtout des scènes de rire jusqu'à ce que nous allions nous coucher vers les deux heures du matin.

Lasse du voyage et de la nuit, je m'endormis rapidement dans le lit que je partageais avec mon amie sans aucune gêne. Depuis l'été dernier, nous passions régulièrement des nuits ensembles chez les parents de l'une ou de l'autre sans aucune tension, comme avant. Ce qui s'était passé, n'était qu'une parenthèse, une folie passagère et je préférais qu'il en soit ainsi.

Le lendemain, je m'obligeai à ranger mes affaires dans l'armoire qui m'était réservée. Je souris en posant mes robes sur des cintres. Ma mère avait été surprise que je les prenne toutes alors que j'en portais rarement en temps ordinaire. Je n'avais pris qu'un jean, deux débardeurs et un pull avec ainsi que des affaires pour dormir. Je comptais profiter pleinement du grand air pour être plus femme et surtout beaucoup plus libre. Ici je n'avais pas le regard gênant des autres.

— Tu es belle comme une fleur, me glissa Lucie après le petit-déjeuner.

Ce compliment me touchait, surtout venant de sa part car malgré son âge, qui à l'époque me paraissait avancé mais influencé par mes jeunes yeux, je la trouvais ravissante. Pétillante également, elle avait ce je ne sais quoi qui est propre à certaines personnes et qui surpasse l'aspect physique. À cette époque, je ne comprenais pas qu'elle soit célibataire, considérant que les hommes avaient raté une femme magnifique. Ce n'est qu'avec le temps que je réalise que c'était aussi son choix de vie.

Je restais à l'extérieur de la maison autant que possible, lisant sur un transat ou parfois directement sur l'herbe. La tante me confia une couverture sur laquelle m'allonger pour ne pas tâcher mes robes. Zoé venait me rejoindre pour discuter ou lire également à côté de moi. Je me laissais aller, sans me soucier de l'heure, ni de ma tenue. C'était l'avantage d'être chez elle. Ma culotte pouvait être visible sans que je n'en reçoive la remarque ou que l'on me mate.

Au regard de mon hôte, je crus déceler qu'elle avait compris ce besoin de liberté. J'étais à un âge où j'avais besoin de m'affirmer. Tout comme sa nièce, elle n'était pas gênée par mon attitude. Ce n'était pas comme si j'étais sans culotte. Nous étions entre filles, entre femmes. Même elle finit par ne plus se soucier de cette convention.

L'après-midi, la tante travaillait parfois dans son atelier ou elle venait peindre en restant à nos côtés. Je ressentais le besoin de me délasser, de bouger. Zoé avait la même envie, n'appréciant pas de passer plusieurs heures à lire. Je voulais encore plus d'espace, marcher dans les bois et je fus ravie lorsque Lucie nous confia que derrière la maison, il existait un sentier à travers les arbres qu'elle empruntait souvent lorsqu'elle voulait se balader.

Nous partîmes en exploration avec mon amie à la découverte des alentours, ce que nous n'avions pas fait l'année précédente. Cela nous permit de discuter et de parler sans aucune retenue sur les garçons. Le chemin passait à proximité de la maison des nouveaux voisins avant de plonger dans le bois. Nous ne croisions personne, ce qui me plaisait davantage car j'avais l'impression que nous étions seules en pleine nature.

Il faisait plus frais au milieu des arbres, ce qui était appréciable durant les chaudes journées. Je remarquais les regards appuyés de mon amie et je faisais de même. Nous ne le faisions pas pendant l'année scolaire. Il avait fallu un peu moins d'une journée pour retrouver l'intérêt du corps de l'autre et ce désir intact. Elle comme moi, nous feignions d'avoir compris ce qui se passait en nous. Nous nous comportions comme d'habitude alors que je ressentais une tension naissante.

Finalement notre promenade s'arrêta à mon grand soulagement lorsque nous étions revenus à la maison de sa tante. Je préférais m'évader dans un livre pour retrouver un peu de sérénité, m'éloignant un peu de Zoé jusqu'au repas du soir. Parfaitement calme, tout se passa sans que ce sentiment ne revienne. La soirée fut de nouveau agréable jusqu'à ce que nous allions nous coucher. Des regards furtifs scrutaient la nudité de l'autre avant de se détourner puis nous nous couchions chacune à un côté du lit, dos à l'autre.

Deux jours s'écoulèrent de nouveau ainsi mais sans promenade cette fois-ci. Nous n'échangions que des banalités. Je craignais de réveiller les braises que j'espérais pourtant entièrement consumées depuis un an. Le jour suivant, Lucie nous emmena visiter un charmant petit village des environs et nous passâmes un agréable moment, une fois de plus. Cependant, par moments je pensais de nouveau à ce qui avait été réveillé.

Le soir dans la chambre devenait le moment le plus gênant avec celui du réveil, surtout lorsque nous nous aperçûmes que nous étions collées l'une contre l'autre. Nous échangions un pâle sourire dans ces moments avant de se détourner. Pourquoi dans ce lieu cela nous troublait-il alors que chez les parents de l'une ou de l'autre, nous ne ressentions aucun embarras ? Je mettais cela sur le compte de l'adolescence et surtout sur ma solitude. Lorsque j'aurais un copain, la question ne se poserait plus.

Après le déjeuner, Lucie qui dut sentir la tension qu'il y avait entre sa nièce et moi, nous poussa à aller nous promener. Le chemin me parut long, ressentant l'envie de partir en arrière. Nous dépassâmes la maison des voisins et après quelque pas dans le bois, Zoé s'arrêta et me regarda fixement.

— Nous sommes deux idiotes, me dit-elle avec exaspération. Nous sommes sensées tout nous dire.

Je hochai la tête, confuse de réagir ainsi alors qu'elle avait raison. L'an dernier déjà notre silence pesant aurait pu détériorer notre amitié. Elle avait survécu parce que nous avions communiqué et il fallait recommencer aujourd'hui. Je me mis face à elle pour voir ses yeux avec la ferme intention de ne pas détourner les miens. Mes parents me reprochaient souvent de ne pas prendre mes responsabilités et dans cette discussion je voulais prouver que j'en étais capable.

— Tu as raison, nous devons en parler.

Ni elle ni moi voulions commencer cette conversation. Nous échangeâmes un long regard gêné avant de rire. Nous étions ridicules. Avec le recul, j'en viens à la conclusion que nous étions jeunes et parfois la jeunesse nous aveugle et nous détourne de la simplicité. Je tortillais mes mains en décidant de prendre la parole.

— Tu te souviens de ce que nous avions convenu dans le train l'an dernier pendant le voyage de retour ?

Elle me fit oui de la tête et je compris que comme moi, elle devait souvent y repenser. J'appréciai qu'elle me laisse continuer mais peut-être qu'elle préférait tout simplement me laisser parler.

— Ce qui se passe ici, reste ici...

Je ne sais pas pourquoi je ressentais le besoin de rappeler cet accord mais je le fis. Je voyais cela comme un commencement pour ce qui allait suivre. J'avais une certaine logique dans mon raisonnement et le silence de mon amie me permettait de pouvoir continuer mon cheminement.

— Pendant l'année, les souvenirs de l'été dernier n'ont jamais été ravivés. Je pensais qu'ils n'étaient qu'une parenthèse dans nos vies, un moment unique...

Mes yeux fixaient désormais les arbres, j'étais perdue dans mes pensées et il ne fallait surtout pas m'interrompre. Zoé me connaissait suffisamment pour savoir que lorsque je suis ainsi, il valait mieux que je continue sur mon rythme.

— Mais il semblerait que chez ta tante, il y ait une sorte d'attraction qui nous déboussole. Ici je me sens différente et la plupart du temps je me sens bien. Ce qui est étrange, c'est que plus je réfléchis à tout ça et plus je me sens moi-même dans ce lieu.

Je devais rougir, baissant mon regard sur la terre recouverte de quelques brindilles et de pierres. Je craignais sa réaction et pour l'instant elle ne disait rien. Je me forçai à relever la tête pour découvrir sa réaction. Elle rougissait également, paraissant moins à l'aise. Elle attendait probablement que je poursuive.

— Je suis sûre d'une chose : j'aime les garçons. J'ai aimé embrasser Théo et ça m'a fait de l'effet, comme je te l'ai déjà raconté.

Étrangement, parler librement de cette courte relation assez innocente et de l'état dans lequel je me trouvais à chaque baiser, ne me dérangeait pas.

— Mais toi aussi tu me fais de l'effet lorsque nous nous embrassons.

Je venais de lâcher les mots et j'avais peur qu'ils me coûtent une précieuse amitié. Je restais en face d'elle alors que je voulais prendre mes jambes autour du cou et m'enfuir. Elle pouvait mal interpréter mes dires, croire que j'avais des sentiments amoureux pour elle alors que de cela, je n'en étais pas certaine.

— Lucie...

Sa voix trahissait son émoi. Je sentais l'insistance de son regard qui voulait exprimer le fond de sa pensée mais les mots ne sortaient pas. Elle finit par s'avancer, penchant la tête légèrement de côté, approchant ses lèvres mi-closes des miennes. Le silence ne me gêna plus, l'appréciant au contraire, surtout pour goûter de nouveau à sa langue qui glissait doucement vers ma bouche. Un frisson parcourut mon corps. Une impulsion électrique réveilla une réaction dans mon cerveau. Une étincelle voulut rallumer les braises de mon ventre.

Cet instant ne dura que quelques secondes, même pas et pourtant il déclencha de vives sensations qui mirent plusieurs dizaines de minutes avant de s'estomper. C'était comme si ce baiser venait de me réveiller et qu'il en avait été de même pour elle. Il n'y avait plus de gêne entre nous, uniquement un sourire avant de tomber dans les bras de l'autre en se serrant fortement.

Ce plaisir partagé nous avait rassuré et nous permettait de mieux comprendre certaines choses. Beaucoup d'autres restaient floues mais une chose était certaine : aucune autre fille de mon âge, ni même une femme, ne pouvait me faire vivre cela. Notre complicité revêtait un caractère particulier, personnel et intense. Grâce à ce moment, notre parole fut libérée et nous reparlions l'une envers l'autre sans crainte.

Je me sentais plus légère, n'ayant plus d'inquiétude sur ce que je ressentais. Notre amitié survivrait à ce qui pourrait se passer ou non pendant ces vacances. Elle ne me jugerait pas et d'ailleurs ici personne ne me jugerait. Je devais prendre cela comme une nouvelle parenthèse qui n'allait pas troubler le reste de mon existence. Les garçons m'intéressaient toujours et cela n'allait pas changer.

Sa tante montra sa satisfaction de s'apercevoir que tout était revenu à la normale. Elle était bien loin de se douter du motif qui avait créé la tension. Il m'arrive parfois de m'interroger sur son attitude envers nous. À l'époque je pensais qu'elle ignorait tout et aujourd'hui j'en viens à imaginer qu'elle se doutait peut-être de certaines choses. Pas forcément de tout mais je la crois suffisamment intelligente et ouverte d'esprit pour comprendre qu'elle logeait deux adolescentes en pleine découverte de leur sexualité et avec une multitude de doutes.

Ce soir -là, avant de me coucher avec Zoé nous n'éprouvions aucune gêne à nous déshabiller l'une à côté de l'autre, ni même à nous regarder. Cela faisait plusieurs mois que je me sentais en confiance avec elle pour cela. Chez nos parents, nous le faisions sans nous en soucier tandis qu'ici, nous prenions davantage notre temps pour que l'autre puisse nous observer. Mon regard s'attarda sur son pubis. Les poils bruns étaient coupés plus courts que dans mon souvenir.

Nous ressentîmes le besoin de venir se frôler en restant dans notre nudité et d'échanger un court baiser. Cela nous amusait d'agir ainsi et après cela, nous ne nous pressâmes pas davantage pour mettre nos vêtements de nuit.

— Je te retrouve ma tigresse.

Sa remarque déclencha un hoquet de rire. Je me rendis compte que depuis notre arrivée, nous n'utilisions plus nos surnoms.

— Ma louve, dis-je tout simplement en lui caressant les fesses.

Nous en restâmes là pour cette nuit, revêtant nos effet avant de prendre place dans le lit et de nous accorder un petit bisou avant de nous endormir. Nous ne réalisions pas que nous entretenions plus qu'une amitié. Nous savions que nous partagions un lien particulier, spécial et unique mais pour nous, ça n'allait pas plus loin. Nous n'étions que deux très bonnes amies, très complices.

Je me montrais plus frivole le matin, prenant mon petit-déjeuner sur la terrasse en simple débardeur et petite culotte, ce que je ne faisais pas jusque-là. Cela ne dérangeait pas Lucie qui voyait dans mon comportement la preuve que je me sentais bien chez elle. Elle me disait que j'avais bien raison de profiter du calme environnant et de l'absence de voisins proches.

— Je dois confesser que lorsque je suis seule, il m'arrive de me balader nue, surtout après le réveil.

Cette déclaration nous amusa et nous donna confiance en cette femme qui se moquait définitivement des conventions. Je sentais qu'elle revendiquait en permanence ce besoin de liberté. Elle avait un petit havre de paix où elle pouvait l'être. Zoé m'avait confié que sa tante dormait nue le plus souvent. Cependant, elle n'était pas naturiste comme elle nous l'expliqua. Elle appréciait les habits, la lingerie mais il y avait certains matins où elle ressentait l'envie de n'avoir pas d'autre vêtement que sa peau.

Elle nous fascinait. Elle ne cherchait pas à faire évoluer notre façon de voir ou de nous comporter. Elle considérait que chacun devait faire comme il le voulait, du moment que cela lui convenait. Elle ne voulait pas être un modèle, nous affirmant que chaque personne est unique et qu'elle doit tracer son chemin sans se soucier des autres, ni de son entourage. Pour nous adolescentes, cela ressemblait à la liberté mais elle nous expliqua que ce n'était pas le cas, qu'il fallait en mesurer les conséquences.

La première semaine touchait à sa fin et cette idée m'obsédait. Je me souvenais que l'an passé, je considérais ce lieu comme le paradis mais je réalisais qu'il ne pouvait l'être que si c'était temporaire. La nature humaine n'est pas faite pour vivre dans la complaisance et l'oisiveté. Lucie travaillait pour pouvoir entretenir et garder cette maison. Elle avait des obligations et ce que nous prenions pour de la liberté, n'était que le bon côté de cette situation.

Carpe diem ! Il fallait que cela devienne mon leitmotiv pour les jours restants. Les problèmes reviendraient lorsque je franchirais le sol de chez mes parents. Si je voulais avoir cette vie, je devrais travailler pour me la payer mais pour l'instant je pouvais en profiter gratuitement, sans conséquences.

Je marchais dans les bois avec mon amie, flânant par moments pour être en retrait et ainsi mater son derrière. C'était la première fois que j'agissais ainsi alors que je le faisais parfois pour les garçons qui me plaisent. Je remarquais que la forme des bassins étaient différents selon le sexe. Je réfléchissais à ce constat lorsqu'elle se retourna pour me faire face. Elle s'aperçut alors de la direction de mon regard.

— Ne te gêne pas, me dit-elle.

Rien dans sa voix, ni même dans son attitude, n'émettait le moindre agacement par ce que je faisais. Je ne pus m'empêcher de sourire en haussant les épaules. Je n'allais pas mentir alors que je venais d'être prise en flagrant délit. Une phrase me revint en mémoire et qu'elle avait prononcé à son dernier petit copain.

— J'ai des yeux, c'est fait pour voir.

Elle gloussa, comprenant très bien mon allusion et je fis de même. Elle m'attrapa ensuite par la main et m'éloigna du sentier pour m'emmener vers les restes d'une vieille bâtisse de pierre. Il ne restait que les fondations, les murets s'arrêtant à nos genoux et un pan de mur dans les trois mètres de hauteur. Jusqu'à ce jour, nous passions à proximité sans nous y arrêter.

Elle stoppa son exploration dans une partie où l'on ne pouvait pas nous voir depuis le chemin. Je me demandais pourquoi elle m'avait conduite jusqu'à cet endroit et je ne tardai pas à obtenir ma réponse. Elle releva sa robe pour me dévoiler son postérieur. Je ne détachais pas mes yeux de cette vue appréciable qui déclenchait une envie. Je me sentis fébrile, surtout lorsqu'elle baissa la culotte pour que j'apprécie davantage son fessier.

— C'était ce que tu voulais voir, non ?

Je m'approchai pour le caresser et elle se montra docile, les mains retenant sa tunique. Elle bougeait légèrement son bassin. Je me mis en face d'elle pour l'embrasser, la prendre dans mes bras, la serrer contre moi, toucher de nouveau ce qu'elle m'offrait. Elle ne resta pas passive et explora mon corps. Notre baiser s'intensifia, devenant plus passionné, au point qu'elle toucha à mon intimité à travers le tissu de mon sous-vêtement.

Et tout s'arrêta après ça. Ni elle, ni moi n'étions prêtes à aller plus loin alors que nous l'avions déjà fait. Mais il s'agissait d'une nuit d'orage, une nuit où j'étais terrifiée et notre excitation avait fini par m'apaiser. Était-ce un accident ? Un peu comme les gens qui ne couchent qu'une seule fois ensemble avant de s'avouer que c'était une erreur et que c'étaient les circonstances qui les avaient poussées à le faire ?

Après avoir remonté sa culotte, je la pris dans mes bras, ayant besoin de ce câlin car je n'étais pas gênée par son audace. Elle non plus d'ailleurs et tout redevenait normal, sauf au niveau de la tension et de la chaleur que je ressentais dans mon ventre. Cela finirait par s'apaiser et passer, pas comme notre amitié.

Nous n'avions pas besoin de parler de ce qui venait de se dérouler. À quoi cela nous servirait alors que nous savions déjà que ce n'était qu'un dérapage sans importance. Quant au baiser, nous ne pouvions pas le regretter tant nous l'avions apprécier. Ce fut le seul point que nous abordions en riant de bon cœur, sans aucun trouble.

Notre comportement ne changea pas le reste de l'après-midi et nous recommençâmes nos chamailleries pour nous amuser. Elle me piqua mon livre et je dus lui courir après afin de le récupérer. Je finis par l'attraper et la plaquer au sol contre l'herbe fraîche à l'ombre du pommier. Nos robes étaient relevées mais nous nous en moquions. Elle tentait de garder le bouquin entre ses mains que je voulais récupérer.

Ma tigresse devenait de plus en plus taquine par la suite, même une fois dans le lit avant de finir par s'endormir. Je gardais les yeux ouverts, appréciant le bruit de la nuit. Je vivais en tout quiétude, rangeant déjà ces vacances dans les meilleures de ma vie. Je ne regrettais pas ma décision d'accepter de passer deux semaines ici et j'espérais revenir l'année prochaine.

Le lendemain matin, sa tante nous emmena faire quelques courses. Elle voulait nous faire un cadeau, nous laisser un souvenir des moments passés avec elle. À notre grande surprise, elle nous emmena dans un magasin de lingerie, ce qui gêna quelque peu mon amie et moi.

— Vous êtes bientôt des femmes et croyez-moi, il est temps de changer de sous-vêtements.

Nous ne la contredîmes pas mais chacune, nous craignions la réaction de nos parents. Je comprenais qu'elle faisait cela pour notre bien et parce qu'elle nous appréciait. Nous laissions une vendeuse prendre nos mensurations avant de pouvoir choisir un ensemble qui nous plairait. Zoé et moi rougissions de temps à autre et heureusement que Lucie se trouvait avec nous. Elle nous aida à trouver ce qui nous plairait, sans se soucier du prix. Mon amie prit de la dentelle blanche tandis que j'optais pour un ensemble noir avec un voile légèrement transparent au niveau du fessier.

La séance shopping terminée, nous fîmes le reste des achats avant de rentrer pour manger. Je remerciais de nouveau la tante pour ce cadeau, même si j'envisageais de le cacher à mes parents et de ne le porter que bien plus tard. Elle ne cherchait pas à nous dévergonder mais plutôt à assumer notre féminité. Elle avait raison car nous nous habillions parfois comme des jeunes femmes et nous portions des culottes opaques avec parfois des motifs comme les petites filles.

Durant la promenade de l'après-midi nous échangeâmes beaucoup sur ce que nous avions vu dans la boutique. Bon nombre d'articles nous plaisaient et nous étions ravies du présent reçu. Nous imaginions l'effet que ça pourrait avoir sur notre prochain petit copain. Pendant la discussion, à mesure que nous approchions de la vieille bâtisse, une tension augmenta dans mon ventre. Nos rires devinrent plus répétitifs jusqu'à ce que nous passions à proximité.

Le silence s'installa ensuite pendant que nous poursuivions notre route. Nous échangeâmes un regard qui nous fit comprendre que nous avions envie d'y retourner. Nous nous précipitâmes vers ce lieu avant de nous y arrêter et de l'observer. C'était comme si nous cherchions à comprendre ce qui s'était passé la veille.

— Tu me dois un matage de fesses, finit par dire Zoé.

J'approuvai par un hochement de tête. Je relevai ma robe et descendis ensuite ma culotte pour qu'elle puisse voir ce qu'elle désirait. Maintenant nous étions à égalité. C'était à son tour de venir pour caresser mon postérieur avant de m'embrasser. Nos langues entamaient un ballet familier à présent. Nos mains glissaient sous les tenues, les remontant pendant qu'elles parcouraient les hanches. Les yeux clos nous profitions de cet instant, l'une et l'autre évitant de déraper de peur de tout arrêter.

Nous nous frottions l'une contre l'autre, sans retenue, sans tabou. Nous ressentions cette irrésistible attraction et nous prenions notre temps de peur qu'elle ne s'envole. Je sentais les élastiques de ma culotte me serrant les cuisses. J'étais moins libre de mes mouvements. Je pouvais la remettre à sa place mais cet échange ne m'en donnait pas envie. Alors ma main droite la descendit plus et quelques instants plus tard, Zoé m'aida pour l'autre côté.

Sa participation m'excita et m'autorisa à me montrer plus avenante. Je parcourais la sienne de mes doigts pendant que la mienne gisait au sol. Elle profita pleinement de la nudité de mon fessier, le caressant, l'empoignant et le malaxant. J'attrapais ses petits seins, les tenant dans mes mains malgré sa robe et son soutien-gorge. Nos bouches restaient toujours collées.

Elle se baissa légèrement pour descendre sa culotte et je l'assistai à mon tour. Je profitai ensuite de sa nudité partielle pour toucher son postérieur comme je l'avais fait la veille. Nous nous enflammions au moindre contact, à la moindre avancée plutôt osée. Cette fois-ci, lorsque sa main s'aventura sur mon pubis, je la laissai glisser plus bas, la poussant à descendre. Je réclamais sa présence à mon entrecuisse. Elle ne tarda pas à trouver le bouton qu'elle recherchait, celui qui me faisait gémir.

Dans le même temps, elle tira légèrement mes cheveux en arrière. Ma tête pivota vers le ciel et elle tira avantage de sa situation pour embrasser mon cou et parcourir ensuite mon buste de ses baisers jusqu'au petit décolleté que je portais. Nous étions au milieu de la nature et je savourais la solitude qu'elle nous apportait. Nous n'avions jamais croisé personne sur le sentier passant à proximité, je pouvais me laisser aller librement à mes bruits provoqués par le plaisir.

Elle gardait le silence mais ses yeux exprimaient le désir qu'elle avait. Elle me poussa vers le petit muret se trouvant à ma gauche afin que je prenne place dessus. Elle releva ensuite ma robe et se plaça entre mes jambes. Je la défiai du regard, osant à peine croire qu'elle serait capable de le faire ici et également pour la pousser à aller jusqu'au bout. Mes fesses se trouvaient au contact de la pierre encore chaude grâce à la lumière du soleil qui s'était déposée dessus. Je lui laissai l'accès à mon sexe nu et elle ne tarda pas à insérer son index.

Durant l'année scolaire, il m'arrivait parfois de me caresser pour me donner du plaisir et retrouver cette sensation mais rien n'était comparable à sa main. Ni à sa langue lorsqu'elle s'y aventura. Je gémissais librement, ce que je ne pouvais pas faire chez mes parents ou chez sa tante. Elle me menait à l'orgasme. J'imaginais que je pourrais retirer la robe avant mais il était déjà trop tard. L'excitation et l'état de manque me firent jouir rapidement. J'ouvris fugitivement les yeux entre deux soubresauts et j'aperçus à proximité la présence d'un jeune homme.

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