Souvenirs d'été

Une saga de Thalia_Devreaux - 7 épisode(s)

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Épisode 1 : La découverte des sens 1/2



Je caresse les fesses nues de la personne qui partage mon lit pour cette nuit. Quel moment tendre nous avons passé ensemble. Ce joli derrière me plonge dans la nostalgie du temps passé, celui de l’insouciance et de la découverte. Je repense à mes premiers émois, mes premiers frissons, mes premiers délices que m’a offert cette vie. Ce bel été où j’ai découvert et pris conscience de mon corps.

C’était à l’aube de mes quinze printemps que je vécus l’un des meilleurs moments de ma vie. Je passais deux semaines d’été chez la tante de Zoé, une fille que je considérais à l’époque comme ma meilleure amie. Nous nous entendions à merveille. Rarement nous nous disputions. Lorsque c’était le cas, nos familles et nos camarades disaient que nous le faisions comme deux sœurs. Rien ne pouvait vraiment nous séparer.

Sa tante portait le même prénom que moi : Lucie. Elle habitait une jolie maison fleurie, isolée dans la campagne. Nous pouvions passer plus d’une journée sans rencontrer quiconque. C’était pour cette raison que mon amie voulait que je parte avec elle. Elle l’aimait beaucoup mais elle s’ennuyait en restant seule avec. À deux, elle espérait qu’elle prendrait plus de plaisir et que le temps lui semblerait moins long.

Lucie se montrait charmante et attentionnée. Célibataire mais bonne vivante, elle vivait comme une artiste, au gré de ses inspirations. Elle peignait beaucoup et exposait dans quelques galeries. Sans avoir une grande renommée, elle gagnait suffisamment bien sa vie pour ne pas avoir besoin de faire un travail alimentaire à côté. Elle paraissait heureuse de la vie qu’elle menait, bien moins chaste et plus libertine que nous l’imaginions. Lorsque nous étions adolescentes, nous ne pensions pas qu’elle pouvait vivre si librement sa sexualité.

Nos journées se succédaient sans qu’il y ait une réelle monotonie. Nous profitions du jardin, du soleil et parfois nous allions nous promener dans les bois alentours. À cette époque, peu de gens se souciaient d’Internet ou connaissaient son existence. Nous étions donc heureusement épargnées de la frustration de l’absence d’une connexion. Heureusement pour Zoé, ma présence faisait que le temps lui paraissait moins long. Sa tante s’occupait de nous le plus souvent l’après-midi et en général, qu’en partie.

La nuit nous la passions dans la même chambre, dans le même lit. Une idée de mon amie que j’appréciais beaucoup. Surtout les premiers soirs où je faisais la découverte de cette maison et de sa tante. De toute façon, nous avions déjà l’habitude de passer quelques soirées pendant l’année dans le même lit, chez ses parents ou les miens. Nous ne ressentions aucune gêne et cela nous permettait de pouvoir parler et rire jusqu’à tard dans la nuit. Cela permettait aussi de pouvoir faire quelques confidences nocturnes plus ou moins salaces, comme deux adolescentes qui découvrent un nouveau monde jusque-là réservé aux adultes.

Notre amitié avait commencé depuis la primaire et rapidement, nous sommes devenues de très bonnes amies. Malgré tout, une certaine pudeur existait entre nous avec quelques rares sujets que nous n’évoquions pas. Les règles ainsi que le changement de notre corps et la sexualité faisaient partie de nos tabous. Les vacances permirent logiquement d’évoquer ces sujets et de nous rassurer sur nos menstruations. Zoé, tout comme moi, n’osait pas en parler à ses parents. Nous étions soulagées de pouvoir échanger à ce sujet et nous nous trouvions bêtes de ne pas l’avoir fait beaucoup plus tôt. Idiotie de la puberté…

En revanche, sur la sexualité je me montrais plus prude que mon amie. J’évitais le sujet alors que parler des garçons ne me gênait pas. Elle respectait mon choix et ne cherchait pas à me forcer à discuter alors que je sentais qu’elle aurait aimé pouvoir le faire. Je me trouvais idiote mais je n’étais pas capable de faire autrement. Le regard qu’elle pouvait porter sur moi lorsque je me changeais avant d’aller au lit, me gênait de temps en temps. Je voyais bien qu’elle matait mes seins nus que je libérais de leur cage, sans doute pour les comparer aux siens, plus petits, plus discrets comme elle disait.

Nous dormions toutes deux en débardeur et culotte. Les nuits étaient chaudes et nous n’aurions pas supporté plus de vêtements. J’enviais mon petit frère qui, les soirs d’été, pouvait se balader et dormir torse nu. Je me refusais à le faire et puis de toute façon, je ne dormais pas seule pendant ces deux semaines de vacances.

Je comprenais la curiosité de mon amie pour mes seins lorsque je me surpris moi aussi à vouloir voir les siens pour faire également un comparatif. Sans avoir pu bien remarquer, je m’étais aperçue que ses aréoles me semblaient plus larges. Cela m’intriguait et j’aurais voulu voir de plus près pour m’en assurer. Sauf que je n’osais pas lui demander de me les montrer. Surtout qu’à l’époque, j’étais quelque peu jalouse d’elle. Elle avait un visage plus fin et de belles courbes. Moi avec mes lunettes sur le nez, j’avais l’impression de paraître plus empotée avec mes joues plus rondes. Pourtant, je n’avais ni ventre, ni poignées d’amour.

Un après-midi particulièrement chaud, sa tante avait dû nous laisser seule dans la maison. Elle avait un rendez-vous important pour son travail. Elle nous fit suffisamment confiance pour ne pas nous emmener avec elle. Zoé et moi lisions chacune de notre côté dans le jardin, à l’abri des arbres. Ou du moins, c’était ce que je croyais jusqu’à ce que je reçoive de l’eau sur mes jambes. Mon amie s’amusait avec le tuyau d’arrosage et me demanda de poser le livre plus loin si je ne voulais pas l’abîmer. Comprenant son envie de jouer, je m’exécutai avant de recevoir un nouveau jet rafraîchissant.

À tour de rôle, nous nous amusions à nous piquer le tuyau et à arroser l’autre. Très rapidement, nous nous sommes retrouvées trempées de la tête aux pieds. Une fois notre petit jeu terminé, nous rigolions comme des gamines, satisfaites d’avoir pu jouer avec l’eau, puis nous avions filé rapidement dans la salle de bains pour prendre une douche et nous changer. Nous espérions que la tante ne verrait rien de notre petit jeu et ne remarquerait pas que nous avions changé de vêtements. C’est ainsi que nous nous retrouvâmes toutes les deux dans cette pièce, sans avoir défini qui se laverait en premier.

— Vas-y Zoé, je peux attendre.
— T’es mon invitée, c’est à toi de commencer.
— Non, je vais te laisser.

Elle se mit à rire en me retenant le bras pour m’empêcher de sortir.

— Tu sais, parfois j’ai l’impression que grandir nous rend idiotes. Quand nous étions plus petites, cela arrivait que nous prenions notre douche ensemble.

Je hochai la tête, le sourire plein de nostalgie. À l’époque, cela nous aurait semblé si naturel. À seize ans, l’inverse nous paraissait plus logique. Elle m’invitait implicitement à ce que nous recommencions à le faire. Je me montrais hésitante. À cette époque, mon corps et moi n’étions pas en harmonie. Je m’assumais beaucoup moins, n’appréciant pas tous les changements et craignant le regard de l’autre.

— Moi aussi je ne suis plus aussi à l’aise avec ma nudité. Mais je sais que toi au moins, tu ne me jugeras pas, parce que t’es ma meilleure amie.

J’acquiesçai de nouveau. Elle était ravie, se pressant contre moi pour me prendre dans ses bras que je trouve toujours aussi réconfortants. Un geste sincère qu’elle ne partage pas avec d’autres filles. Une fois l’accolade terminée, nous nous retrouvâmes l’une en face de l’autre sans trop savoir quoi faire. Je ressentais une certaine tension. Je n’étais pas vraiment prête à me dévêtir devant elle mais je compris qu’elle non plus. Elle fit pourtant le premier pas et retira son haut trempé puis descendit sa jupe. Elle me regarda, attendant que je la rejoigne. J’enlevai ma robe et me retrouvai comme elle, en sous-vêtements.

Nous échangeâmes un petit rire nerveux. Ce n’était pas la première fois que nous nous retrouvions ainsi mais en sachant l’étape suivante, cela nous stressait quelque peu. Zoé se montra plus audacieuse que moi et retira son soutien-gorge.

— C’est idiot de ma part d’hésiter alors tu les as déjà vus, même si ce n’était que quelques instants.

Je l’imitais à nouveau. C’était vraiment puéril alors que dans la chambre nous échangions des regards furtifs lorsque l’une de nous le retirait. J’observais sa poitrine, plus petite que la mienne mais dont les aréoles se montraient plus imposantes. Elle aussi faisait comme moi, fixant mes seins. Je trouvais ses courbes jolies, correspondant très bien à sa physionomie.

Même si elle souriait, je voyais de la gêne dans son regard, une certaine hantise de se dévoiler. Je devais être la première personne à la voir ainsi depuis sa puberté. Elle qui semblait plus à l’aise se révélait à ce moment précis aussi fragile que moi. Pourtant, elle descendit sa petite culotte blanche pour me dévoiler sa toison brune. Je la trouvais plus courte que la mienne, mieux entretenue, ce qu’elle me confirma par la suite. En la voyant ainsi, le premier mot qui me venait à l’esprit pour la qualifier était le mot « belle ». La nature l’avait gâtée. Je me trouvais sous le charme, non pas amoureux, mais envieuse de lui ressembler.

Elle ne disait pas un mot. Je me sentais moche à côté d’elle, quelque peu honteuse de ce que je risquais de dévoiler. Son regard se faisait plus fuyant. Elle ne cherchait pas à me forcer, ce que j’appréciais. Ce fut ce qui me poussa à me mettre nue, craignant une critique de sa part mais sachant en même temps qu’elle ne me jugerait pas. Deux réflexions complètements opposées mais nous sommes rarement cohérents lorsqu’il s’agit du regard de l’autre.

Elle posa ses yeux sur mon pubis roux, plus broussailleux. Je résistais à ma tentation de mettre les mains devant pour cacher cet endroit intime. Je ne lus aucune moquerie dans son regard. Elle me semblait reconnaissante que je ne me sois pas dérobée. Elle posa une main sur mon bras.

— Lucie, tu n’as pas à avoir honte. Tu es très belle.

Je devais sourire comme une minette à qui un beau jeune homme faisait un compliment. Je me tortillais quelque peu.

— Merci Zoé. Tu es très belle aussi.

Nous nous fîmes de nouveau un câlin. Ce contact éveilla de nouvelles sensations quelque peu étranges et plaisantes à la fois. Jamais nos corps nus ne s’étaient touchés ainsi. Heureusement, l’échange ne dura pas très longtemps et nous partîmes ensuite sous la douche pour nous laver. Les rires échangés et nos voix gardaient une trace de nervosité mais au fur et à mesure que l’eau coulait, nous nous détendions pour reprendre notre ton habituel.

La tante nous gourmanda quelque peu lorsqu’elle comprit à son retour que nous avions joué avec l’eau. Elle ne se doutait pas que nous avions pris une douche commune. Nous préférions garder cela secret. De toute façon, nous n’avions rien fait de répréhensible. La journée se termina sans que ma copine ou moi ne revenions sur le sujet, jusqu’à ce que nous partions nous coucher dans le lit commun.


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