Souvenirs d'été

Une saga de Thalia_Devreaux - 7 épisode(s)

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Épisode 5 : Même si le loup y est déjà


Lorsque je me remis de mes émotions, j'observai dans la même direction mais il n'y avait rien. J'avais rabattu machinalement ma robe pour cacher mon intimité. Zoé m'interrogea du regard, ne comprenant pas mon changement d'attitude.

— Je crois que quelqu'un nous a vu, lui soufflai-je d'une voix lasse.

Elle se tourna pour voir à son tour mais elle ne vit rien.

— Je crois que je te fais avoir des hallucinations, lança mon amie en s'essuyant la bouche avec un mouchoir.

Je ris à mon tour mais j'étais perturbée. J'attendis de retrouver mon souffle pour me lever et aller voir à l'endroit où mes yeux m'avaient montré quelqu'un. Zoé me rejoignit, me tendant ma culotte que j'avais oublié de récupérer lors de mon passage. J'étais obnubilée par ma vision que j'en oubliais que je ne portais plus ce sous-vêtement. Je la récupérai mais sans la mettre pour le moment. Je cherchais une trace qui prouvait que je n'avais pas rêvé.

— Regarde !

Elle me montra près du muret une gomme et un taille-crayon posés l'un à côté de l'autre. Elle les prit dans sa main pour mieux les examiner. Ils étaient récents et j'en déduisis qu'ils appartenaient au jeune homme qui s'était éloigné. De ce côté, nous remarquions la trace d'un passage et une fois ma culotte remise, nous l'empruntâmes pour découvrir son débouché sur le sentier par lequel nous étions venus.

Sur le chemin du retour, nous regardions autour de nous pour voir si nous ne le trouverions pas. Nous avions décidé de garder ses affaires et cela nous amusait beaucoup. On espérait qu'il vienne les réclamer. Nous ne ressentions pas vraiment de gêne pour ce qui s'était passé. Il n'avait pas pu voir grand-chose et c'était ce qui nous rassurait. Et puis nous avions peu de chances de le recroiser à l'avenir. J'avouais à mon amie qu'avant ça, j'avais ressenti l'envie d'enlever ma robe et j'étais contente de ne pas l'avoir fait.

— T'es une vraie tigresse, me dit-elle sur le ton de la plaisanterie. L'avantage c'est qu'il est parti sans avoir cherché à nous parler.

J'acquiesçai parce que même si j'étais un peu gênée d'avoir été vue ainsi, ç'aurait été pire de tomber sur quelqu'un qui aurait eu des idées derrière la tête nous concernant. Je considérais que nous avions eu de la chance. J'évoquais l'éventualité que nos prochaines promenades devraient rester chastes à l'avenir ou alors que nous devrions tout simplement les interrompre.

La tante nous laissa seules le lendemain. Elle partait la journée pour son travail, elle exposait certaines de ses œuvres. Elle le faisait régulièrement mais pendant les vacances, grâce aux touristes elle pouvait le faire plus souvent. Elle nous avait préparé le repas du midi que nous n'avions plus qu'à réchauffer. Pour se faire pardonner, alors que nous ne lui reprochions pas de s'absenter, elle nous annonça qu'elle nous invitait à manger au restaurant pour le soir même. Nous l'accompagnâmes jusqu'à sa voiture et nous la regardâmes ensuite partir.

Je ne changeai pas mes habitudes pour la matinée. Je me retrouvai rapidement sur un transat avec un livre entre les mains, ma robe légèrement relevée puisque je bougeais fréquemment. Le soleil me baignait de ses rayons et je fis une pause dans ma lecture pour en prendre un bain, les yeux clos.

— Tu devrais faire ce que tu m'as confié l'autre jour.

Je savais de quoi elle me parlait, je le sentais à sa voix qui différait lorsqu'elle s'exprimait sur ce genre de choses. Je ne bougeai pas pour le moment.

— Ce sera peut-être la seule occasion que t'as d'essayer.

Elle avait probablement raison et une partie de moi voulait céder à cette tentation. L'autre, bien plus pudique, se montrait plus réticente. J'observais à présent Zoé pour chercher à voir pourquoi elle me proposait de le faire. Elle n'avait pas besoin de cette occasion pour me voir nue puisque chaque soir nous prenions notre temps pour nous changer. Elle fit non en prenant un air exaspéré.

— Tu te prends la tête pour rien. Je disais ça pour toi.

Je ne pouvais pas envisager qu'elle ne trouve pas son intérêt à ce que je le fasse. Elle me tourna le dos pendant quelques instants avant de se remettre de face.

— Je vois, t'as encore besoin d'encouragements.

Elle glissa sa robe par-dessus sa tête et retira ensuite ses sous-vêtements. Je la regardai faire, ressentant l'envie de faire pareil mais je m'en gardais bien pour le moment. Elle s'assit ensuite et se mit à bouquiner sans se soucier de moi. Je décidai de ne pas bouger et de reprendre ma lecture sauf que je ne pensais qu'à suivre son exemple. Depuis mon arrivée ici je rêvais de cet instant. Nous étions à l'abri des regards indiscrets et ce serait idiot de ma part de me priver alors qu'elle avait l'habitude de me voir nue.

Je retirai mes affaires avant de reprendre ma place sur le transat. Ce n'était pas comme lorsque nous étions à la plage. Je ressentais une certaine tension d'être ainsi dévêtue mais elle finit par s'estomper à la reprise de ma lecture. Le soleil caressait ma peau et je trouvais cela très agréable, ressentant une certaine liberté. Je n'oubliais pas que je ne portais plus aucun vêtement mais j'étais apaisée avec le temps défilant. Seule la faim me ramena à la réalité et je la remerciai intérieurement car j'évitai aux parties blanches de ma peau de rester trop longtemps au soleil.

Il ne s'était écoulé qu'une vingtaine de minutes mais elles m'avaient semblé plus longues. C'était étrange que le temps paraissait défiler plus lentement lorsque j'étais nue. Je remis mes vêtements tout comme mon amie avant d'aller à la cuisine. Nous n'évoquâmes pas ce sujet, nous contentant de parler de tout ce qui nous passait par la tête. Nous n'avions prévu aucun projet particulier pour l'après-midi et nous attendîmes le dessert pour nous décider quoi faire.

— J'aimerais bien terminer mon bouquin, dis-je en mentant sur la raison pour laquelle je souhaitais rester.

— T'as envie de lire de nouveau toute nue, ma tigresse !

Elle se mit à rire et je ne la contredis pas. Je préférais la laisser dans son idée et apparemment, elle voulait aussi continuer comme ce matin.

— Sauf que cette fois-ci ma louve, nous mettrons de la crème.

Elle partit chercher le tube de lait solaire et je compris pourquoi elle avait accepté si rapidement. D'habitude elle voulait éviter d'en mettre mais elle voulait m'aider à la poser sur mes seins alors que je pouvais le faire pour cette partie du corps. Je ne refusai pas, trouvant agréable le contact de ses mains et cela me permettait à moi aussi de toucher sa poitrine sans que ce moment soit sexuel.

Elle ne se priva pas de palper la mienne, me provoquant un certain effet. Je masquai mon émotion avant de prendre le relais. Je finis de m'en mettre sur le reste de mon corps avant de m'occuper du sien. J'appréciai de toucher ses petits seins pointant plus ou moins innocemment. Une fois terminé, nous nous installâmes ensuite en déplaçant nos transats sous l'ombrage des arbres. À cette heure de la journée, il valait mieux éviter de se mettre sous le soleil de plomb.

Par moments, je jetais de petits coups d’œil vers Zoé pour admirer sa nudité. Je la soupçonnais d'en faire autant. Je découvrais le plaisir d'être dans mon plus simple appareil en toute quiétude. Je voulais en profiter pleinement. Je déposai le livre sur le sol et je fermai les yeux pour me laisser aller dans une sieste bienfaitrice. J'étais bercée par le bruit apaisé de la nature et tant pis si le sommeil ne venait pas. Je savourais cet instant.

— Et si on allait se promener ?

Mon amie devait s'ennuyer, elle avait toujours été moins dévoreuse de livres que moi. Je me sentais si bien dans ce lieu, avec ma nudité, que je ne souhaitais pas le quitter.

— Pourquoi faire ?

— Il y sera peut-être.

Je me redressai aussitôt pour faire face à mon amie en position assise. Elle me lançait un grand sourire pour m'encourager à abonder dans son sens. À voir sa tête, elle avait une idée derrière, j'en étais certaine. Elle voulait jouer, sauf que j'espérais au contraire que nous nous montrerions plus sages dorénavant.

— Il faut lui rendre ses affaires.

Sa remarque me fit sourire et elle me connaissait bien. Parfois je montrais audacieuse, étant capable de faire une chose pour voir la réaction des gens. J'aimais assez la perspective de lui remettre en mains propres ses objets et découvrir son comportement. Je l'imaginais probablement mal à l'aise. Cela ne pouvait être qu'ainsi, sinon la veille il n'aurait pas fui aussi vite. Elle se rapprocha de moi, se mettant à genoux.

— Ça pourrait être amusant.

Je poussai un soupir faussement exaspéré par son attitude et pourtant cette situation m'intriguait. Je tentai de réfléchir mais cela devenait compliqué avec Zoé caressant mes cuisses. Je repoussai sa main mais elle la glissa doucement vers mon entrejambe avant de s'arrêter. Je lui lançai un regard noir et elle me fit de nouveau un grand sourire. Elle avait gagné et elle le savait. Nous nous rhabillâmes en vitesse.

Finalement, nous partions pour notre balade à l'heure habituelle mais pas d'un pas aussi léger. Je ne pouvais pas faire abstraction de la légère tension présente dans mon ventre. Je n'identifiai pas encore s'il s'agissait d'appréhension ou d'excitation. Mon amie n'était pas plus sereine que moi puisque nos conversations se révélaient moins intéressantes que d'habitude. Nous discutions pour éviter de laisser un silence gêné entre nous.

À proximité de la vieille bâtisse, nous devenions plus discrètes, voulant à notre tour le surprendre. Mais comme d'habitude, l'endroit semblait désert. Je m'interrogeai sur quoi faire mais je n'en eus pas le temps. Zoé se colla contre moi et m'embrassa. Je reculai ma tête pour la regarder avec un air intrigué. Elle était amusée par la situation.

— Laisse-toi aller, dit-elle tout bas. Il est peut-être dans les parages et il a besoin qu'on l'aide à se rapprocher.

Je me demandais si elle croyait sincèrement à sa théorie ou si elle voulait en profiter. Elle colla de nouveau ses lèvres contre les miennes et je me surpris à entrer dans son jeu. Je me trouvais dos à l'endroit où je l'avais vu et je doutais de sa présence. Je commençais quelque peu à m'en moquer. Le baiser réveillait mes sens, mes envies et j'adorais le contact de nos langues. Si seulement les garçons savaient embrasser comme elle...

Elle me donnait l'impression d'oublier ce pourquoi nous étions venues. À moins qu'elle ne cherche à vouloir que je la lèche au milieu des bois. Cela ne me surprendrait pas de sa part, elle a moins d'inhibitions que moi concernant le sexe. Elle baissa ma culotte, relevant ma robe pour dévoiler mes fesses. Je fis de même avec elle, caressant son postérieur et collant mon bassin contre le sien. Prise d'une envie, je décidai de frotter son pubis dénudé contre le mien. Ce contact me fit frémir, m'excita davantage, je ressentis le besoin de plus.

Mon sous-vêtement me gêna dans mes mouvements et je le fis aller au sol, comme pour celui de Zoé. Je glissai ma cuisse entre ses deux jambes, contre son intimité, pour la frotter. Je ne tenais plus que sur une jambe. Elle déposa des baisers dans le cou, sur mon oreille avant d'y susurrer.

— Il est là.

Cela me coupa l'envie et j'arrêtai tout ce que j'avais commencé. Je tournai la tête dans sa direction pour le voir et il se baissa aussitôt derrière le muret. Je me sentis mal d'être ainsi espionnée. Je pensais qu'il ne reviendrait plus sur ce lieu ou qu'il n'oserait plus le faire à cette heure-ci. Je n'aurais pas dû recommencer, avec mon amie, nous n'aurions pas dû prendre ce risque. Pourtant je la sentis moins fébrile que moi. Elle se détacha de mon étreinte et marcha dans sa direction sans penser à récupérer sa culotte, s'arrêtant tout près du pan de mur encore debout.

— Ça sert à rien de te cacher !

Je restais à ma place, tétanisée par cette intrusion, plus que je ne l'étais la veille où je voulais prouver que mon imagination ne m'avait pas joué un tour. Je n'assumais pas d'avoir pris consciemment le danger d'être vue en me laissant aller avec mon amie. À cette époque-là, je considérais encore que tout ce qui concernait la sexualité devait rester cacher. Sans Zoé, j'aurais peut-être fait partie des femmes n'imaginant pas d'autres endroits qu'un lit et une chambre pour coucher avec son partenaire.

— Nous avons les affaires que tu as perdues hier.

Je crus que notre voyeur avait pu filer discrètement et qu'elle perdait son temps à s'adresser à un muret, je me trompais. Il finit par se redresser lentement avant de reculer d'un pas. Le jeune homme était en réalité un adolescent avec quelques boutons au visage. Il portait un t-shirt et un short légèrement déformé à l'entrejambe. Il tenait de quoi dessiner dans sa main gauche. Je le sentais prêt à partir en courant mais il ne le fit pas, tendant une main timide.

— Rendez-les moi et je m'en irai.

Il semblait apeuré, n'osant pas s'avancer, ce qui amusa Zoé.

— Approche, nous n'allons rien te faire.

Il hésita, nous regardant à tour de rôle avant de finir par bouger dans notre direction, franchissant le muret. Il s'arrêta ensuite, laissant une petite distance entre lui et mon amie. Celle-ci vint vers moi et lui fit un signe de la main pour nous rejoindre. Encore une fois, il préféra ne être trop près. Il tendit de nouveau sa main mais sans rien dire cette fois-ci. Il donnait l'impression d'avoir perdu sa langue. Cette idée m'amusa et je m'aperçus que l'instant de surprise venait de passer et que je ne ressentais plus la moindre inquiétude.

— Nous allons te les donner mais pour l'instant, tu vas nous tourner le dos.

Elle récupéra nos culottes gisant encore au sol et il finit par comprendre pourquoi il devait obéir. Nous attendîmes d'être certaines qu'il ne bougerait pas avant de remettre rapidement nos sous-vêtements. Je commençais à trouver cette situation cocasse, n'ayant plus aucune gêne qu'il ait pu voir mes fesses ou ce qui s'était passé la veille. Je le considérais désormais comme une marionnette et j'espérais m'amuser un peu.

Il récupéra son taille-crayon et sa gomme. Il paraissait ravi de les avoir de nouveau en sa possession et il nous remercia avec un franc sourire. Il s'apprêtait à partir sans demander son reste mais Zoé l'attrapa par le bras.

— Tu penses t'en tirer comme ça ? Ce n'est pas bien d'espionner !

Elle faisait les gros yeux mais elle se forçait à le faire car elle ne ressentait aucune colère contre lui. Visiblement, il prit cela au premier degré et demanda pardon. Il tenta de se justifier en nous assurant qu'il ne nous suivait pas et qu'il venait ici pour dessiner. Les feuilles dans sa main le prouvaient et elle aurait pu en rester là mais la situation lui apportait une certaine félicité dont elle ne voulait pas se priver en l'interrogeant.

L'adolescent s'appelait Victor, il allait entrer en seconde et il était en vacances chez ses grands-parents. Je rougis quelque peu en découvrant qu'il avait un an de moins que nous. Cela faisait trois jours qu'il venait pour dessiner la vieille bâtisse avec les arbres autour. Il s'entraînait car plus tard il espérait devenir dessinateur. À la rentrée, il intégrait un lycée avec une section spéciale dans les arts. Nous découvrîmes qu'il nous avait déjà vu deux jours auparavant. Les souvenirs devaient défiler dans sa tête, une bosse déformait une nouvelle fois son short.

Je finis par le relâcher, ne voulant plus de sa présence, même si je ne le trouvais pas si désagréable. Je préférais rester seule avec mon amie pour discuter de tout ça. Comme moi elle avait compris où il passait ses vacances, chez les proches voisins de la tante Lucie. Lui ne savait pas où nous étions et je trouvais cela rassurant. Il ignorait d'ailleurs beaucoup de choses à notre sujet, nous ne lui avions pas donné nos prénoms, ni notre âge.

De retour chez tante Lucie, nous discutions jusqu'à son retour du garçon. Zoé voulait s'amuser avec lui, lui faire rendre la monnaie de sa pièce et à notre tour le surprendre nu. Cette idée attisait ma curiosité, réveillant une chaleur qu'elle savait me provoquer. Le seul problème résidait que cette éventualité semblait irréalisable. Elle me confia qu'elle chercherait un moyen pour parvenir à ses fins avant d'arrêter la conversation.

Chose promise, chose due, la tante nous emmena au restaurant et elle nous permit de prendre en apéritif un cocktail maison. L'alcool me fit tourner la tête mais l'effet s'estompa au fil de la soirée en mangeant. Je ne me souviens plus des conversations échangées ce soir là, mais je ne revois que des images où nous rions et où nous nous amusions beaucoup. Était-ce la fatigue ou encore l'alcool qui agissait dans la chambre où Zoé et moi nous nous endormîmes l'une contre l'autre, les seins nus ?

Nous ne ressentîmes aucune gêne au réveil, bien au contraire ! Sa tête posée contre ma poitrine, elle ne put s'empêcher de lécher mon téton. Des matins comme ça, ce fut le premier de ma vie et je m'en rappellerai jusqu'à la fin de mes jours. Nous oubliâmes où nous nous trouvions, profitant de ce petit moment calme avec comme seul fond sonore le bruit des oiseaux. Rapidement nous nous retrouvâmes nues, caressant le corps de l'autre avec les doigts et avec la langue. J'appréciais de sentir ses petits seins dans les mains tandis qu'elle préférait poser les siennes sur mes fesses. Nous prenions notre temps.

Malheureusement sa tante toqua à notre porte. Nous nous recouvrîmes rapidement du drap avant qu'elle n'entre. Elle voulait que nous fassions rapidement notre toilette après le petit-déjeuner pour partir ensuite faire quelques courses. Zoé lui lança qu'elle pourrait la prendre avec moi pour gagner du temps. Lucie se mit à rire et répondit « comme vous voulez » sans se douter que nous ne serions pas sages. Elle nous voyait encore comme deux petites filles innocentes et ne pouvait pas imaginer ce qui se passait réellement.

Nous nous dépêchâmes de manger pour aller ensuite dans la salle de bains et se dévêtir de nouveau. Aussitôt, nous fondîmes l'une sur l'autre afin de s'embrasser avant de se mettre à rire parce que nous avions eu la même idée. Il fallait rester discrètes dans la baignoire et être rapide, il nous fallait rester assez sage. Cela n'empêcha pas que chacune lava l'autre et que nous passions surtout du temps sur nos zones érogènes. Cette séance créa une tension entre nous pour le reste de la journée.

Cette fois-là, nous n'étions pas allées nous promener. Impossible, nous avions trop envie et je ne souhaitais pas la présence du petit garçon voyeur. Il fallut attendre la nuit pour que nous puissions laisser éclater notre désir. J'ose à peine avouer le plaisir que j'ai ressenti, l'un des orgasmes les plus violents de mon existence. Mon clitoris était hypersensible et ses doigts dans mon sexe n'avaient rien arrangé. J'avais dû mordre l'oreiller pour étouffer les bruits.

Elle aussi en eut un violent, je n'avais pas besoin de la titiller beaucoup pour qu'elle atteigne la jouissance. Pourtant je me montrais plus audacieuse que d'habitude. Finalement, repues, nous finîmes par trouver le sommeil en restant dans notre plus simple appareil. Je me réveillai quelques heures plus tard, appréciant la douce brise qui traversait la fenêtre. Je me levai pour m'en approcher et regarder la nuit étoilée. C'était si magnifique, si envoûtant que j'en oubliais que j'étais encore nue.

Le lendemain, Zoé voulut recommencer notre promenade et sa tante me poussa à reprendre cette habitude sans se douter de rien. La nièce fut ravie de me ramener à ce qui allait devenir notre lieu de rencontre avec Victor. Le garçon se cacha de notre présence jusqu'à ce que mon amie l'appelle. Elle lui annonça qu'elle voulait parler et il ne tarda pas à pointer le bout de son nez. Je me demandais quelle idée elle pouvait avoir en tête mais finalement, nous ne fîmes que discuter.

Je ne trouvais pas la conversation très intéressante, surtout qu'il se montrait assez égocentrique. Il parlait de sa crainte d'intégrer un lycée où il ne connaissait que quelques personnes qui n'étaient pas réellement des amis. Je l'écoutais d'une oreille distraite jusqu'à ce que je pousse Zoé à repartir. Malheureusement, il nous suivit et ne nous lâcha pas jusqu'à la maison de ses grands-parents. Je le trouvais plutôt saoulant mais dans le regard de mon amie, je compris que ça tournait dans sa tête.

Le soir venu je l'interrogeais sur ses intentions et elle m'affirma qu'elle ne pensait à rien de particulier. J'avais un gros doute à ce sujet mais je la connaissais suffisamment pour savoir qu'elle ne me dirait rien. Elle pouvait se montrer bornée dans ce genre de situation. De toute façon, j'allais finir par découvrir le plan qu'elle échafaudait dans sa petite tête. J'hésitais à la contrarier en refusant de me promener de nouveau mais ma curiosité l'emporta.

Cette fois-ci Victor nous attendait, assis sur le petit muret, un grand sourire aux lèvres comme si nous étions ses amies. Il commença rapidement à raconter sa journée avant que Zoé ne prenne la parole au bout de quelques minutes. Je vis dans son regard une lueur espiègle.

— Tu aimerais me voir nue ?

La questions scotcha le garçon qui resta bouchée bée. Il ne bougeait plus, comme paralysé. Il ouvrit la bouche pour s'exprimer mais il la referma aussitôt. Il finit par simplement hocher la tête, les yeux grands ouverts. Je baissai le regard sur son short et je vis une bosse naissante à l'entrejambe. Mon amie me surprit également de s'exprimer aussi ouvertement. Je me demandais où elle voulait en venir.

— Pour ça Victor, il va falloir que tu mettes du tien.

Je ne pus m'empêcher de sourire en comprenant à présent son intention. Elle ne faisait pas que jouer avec lui, elle voulait se montrer aussi voyeuse que lui l'avait été. Il se montra réticent, n'osant pas faire non de la tête, ne bougeant toujours pas. Seul son sexe remuait sous son bermuda. Il regarda les alentours, comme craignant d'être surpris alors que depuis plusieurs jours, nous étions les trois seules personnes à venir ici.

— Tu n'es pas intéressé alors...

Zoé s'exprimait avec nonchalance. Elle haussa les épaules et fit mine de s'en aller.

— Si, répondit aussitôt le garçon.

Il craignait notre départ mais à son expression suivante, nous comprîmes sa gêne. Je me revoyais un an plus tôt devant ma meilleure amie, n'osant pas me dévêtir, sauf que lui n'était pas notre ami. Nous n'étions que des connaissances, c'était sans doute encore plus difficile de se dévoiler. Zoé trouvait cela plus facile car pour elle, la personne ne nous verrait plus ensuite et donc ça n'avait pas d'importance. Son point de vue était intéressant, appréciable, surtout après avoir été surprise avec elle. Elle avait raison, tout ceci ne porterait pas à conséquences.

— Tu veux peut-être un peu d'aide ? Demanda Zoé en se dandinant.

Il acquiesça immédiatement et nous regarda à tour de rôle. Je ne me sentais pas aussi à l'aise qu'elle dans cette situation et je ne souhaitais pas me dévêtir. Elle devait s'en douter et elle prit les devants, relevant la robe pour dévoiler sa culotte. Victor s'empourpra à cette vision et devant l'audace de mon amie. Il se montra hésitant, me regardant pour voir si je faisais de même mais je ne bronchais pas. Il m'avait suffisamment maté comme ça.

— Baisse ton short et je te montrerai mes seins, lâcha Zoé.

Elle le laissa faire, ne voulant pas le brusquer de peur qu'il détale. Il bougea nerveusement ses mains, le visage légèrement crispé, réfléchissant à s'il devait continuer ce jeu commencé.

— Allons Victor, tu ne risques rien.

Elle laissait son sous-vêtement apparent pour l'encourager. Je le vis fébrile, les yeux ayant du mal à se détacher du dessous de la taille de mon amie. Je ne l'intéressais plus désormais et cela m'arrangeait. En revanche, lui retenait mon attention. J'espérais voir ce qui se cache en dessous, découvrir en vrai le sexe d'un garçon, surtout en érection. J'avais déjà vu des petits zizis d'enfant mais pas une verge fièrement dressée.

Elle descendit légèrement le volant de sa robe pour le décider à agir. La réaction ne tarda pas, sa curiosité l'emportant sur la gêne qu'il pouvait ressentir. Il baissa le bermuda et celui-ci tomba jusqu'à ses chevilles. Une belle bosse déformait son slip. Je ne restai pas indifférente à la vue de ce spectacle, une chaleur envahit peu à peu mon corps, mon esprit réclamant plus. J'avais envie de pousser Zoé à continuer mais je n'avais pas besoin de le faire. Elle aussi voulait continuer.

À ma grande surprise, elle retira sa robe et me la confia. Décidément, elle était vraiment bien plus à l'aise avec son corps que moi. Je l'enviais, surtout en cet instant où je n'osais pas me dévoiler devant le garçon. Pourtant, j'en ressentis une légère envie mais pas suffisante pour le faire. En cet instant, je ne savais pas lequel des deux me donnait le plus chaud. Elle dévoila ensuite sa poitrine avant de récupérer sa tunique et de me laisser son soutien-gorge tout chaud.

Mon regard se posait sur l'entrejambe de Victor. J'attendais le moment où il dévoilerait son sexe. Celui-ci semblait bouger pendant qu'il regardait la brune, se focalisant surtout sur sa petite poitrine. Je me demandais comment elle arrivait à rester stoïque alors qu'à sa place je me sentirais gênée. Elle tenait sa robe entre ses mains, masquant tout ce qui se trouvait sous son nombril.

Le temps me parut durer une éternité, la chaleur devenait étouffante alors que les températures n'étaient pas si élevée. Le garçon semblait attendre d'en voir davantage mais elle n'avait rien promis de tel. Elle lui laissa le temps de le réaliser et j'étais certaine qu'elle savourait d'avoir l'emprise sur lui. Comme toute personne de son âge, la curiosité finirait tôt ou tard par l'emporter. Voir une paire de seins ne le rassasierait pas alors qu'il pouvait contempler une jeune femme complètement nue à moins d'un mètre de lui.

Le moment tant attendu arriva. Il baissa le slip pour dévoiler sa verge raide, le bout humide. Je me délectai de ce spectacle. Cette vision me fit monter la température, me donnant l'impression de ressentir les effets d'une canicule. J'avais envie de m'approcher davantage, fascinée par ce sexe d'homme sur le corps d'un garçon. Plus de doute, c'était lui qui me donnait le plus chaud à présent. Je ressentais l'étrange sensation d'être humide.

Zoé ne dit pas un mot, me tendant sa robe avant de tourner dos à Victor et de retirer ensuite sa culotte. Elle lui dévoilait ses fesses en premier et cela ne le laissa pas indifférent. Il posa machinalement une main sur sa verge et il ne se doutait pas à quel point il pouvait m'exciter. Une envie me poussait à faire comme ma meilleure amie mais je me retins. J'observais la scène, je préférais agir ainsi plutôt que de regretter ensuite mon action.

Elle se remit face à lui, son intimité cachée par ses mains. Elle fit un grand sourire en découvrant la posture dans laquelle il se trouvait. À son regard, je sui qu'elle avait une autre idée en tête désormais.

— Vas-y branle-toi et je te montre.

Cette fois-ci, il ne lui fallut pas plus d'encouragements ou de temps pour s'exécuter. Il commença activement la masturbation, ce qui me mit dans tous mes états. Je ressentais l'envie de me toucher également et mon amie ne tarda pas à dévoiler son pubis, les jambes serrées. Cette vision activa davantage le mouvement du garçon. Il ne tarda pas à rougir avant de se tourner et déverser son sperme sur le sol, essayant de retenir le jet avec sa main.

Un rire nerveux s'empara de Zoé et de moi. Même si ce fut rapide, nous avions apprécié cette conclusion. Néanmoins je trouvais étrange l'effet qu'elle me produisit. Elle m'excita davantage mais cela retomba rapidement quand je vis Victor se rhabiller en vitesse, prêt à déguerpir. Il était gêné et je dus le retenir par le bras pour lui parler.

— Ne t'en fais pas, ça restera entre nous, lui dis-je pour le rassurer.

Mon amie récupéra sa robe, l'enfila rapidement et se mit en face du garçon qui avait les yeux baissés. Elle ne prit pas la peine de fermer les attaches, ni de remettre ses sous-vêtements pour le moment.

— Tu n'as pas à avoir honte de ce qui vient de se passer. J'ai apprécié ce moment et j'espère que toi aussi.

Il releva la tête, cherchant le regard de la brune et un pâle sourire se dessina sur son visage. Il hocha la tête et il finit par se détendre. Il ne dit pas un mot les minutes suivantes avant de nous annoncer son envie de rentrer chez ses grands-parents. Il nous promit de garder le secret sur tout ce qui s'était passé avant de s'en aller.

Désormais seules, il suffit d'un simple regard pour nous enflammer et se jeter l'une sur l'autre. Nos mains se montrèrent si actives que sans retirer nos vêtements, nous atteignîmes l'orgasme rapidement. Nos culottes se trouvaient souillées et nous repartîmes ensuite avec nos jambes flageolantes. Pendant le trajet, nous n'échangeâmes pas un mot, toutes deux perdues dans nos pensées. L'image du sexe de Victor m'obsédait, réveillant la tension dans mon ventre.

Cette image ne me quitta pas de l'après-midi, ni de la nuit alors que pourtant, tante Lucie prépara une soirée crêpes qui nous fit passer un agréable moment. J'arrivais à en profiter mais cette vision restait gravée dans mon esprit, surtout lorsque je gardais les yeux fermés. J'eus du mal à m'endormir avec toutes ces émotions accumulées dans la journée et je sus le lendemain qu'il en fut de même pour Zoé.

Nos vacances touchaient à leur fin et Victor ne se montra pas le lendemain. Cela nous permit de pouvoir discuter librement sans la crainte que la tante de mon amie nous entende. Nous parlâmes longuement de ce phallus, de notre ressenti, sans aucune gêne et sans tabou. Même si je rougis en évoquant mon envie d'avoir souhaité être dévêtue devant lui quand j'ai vu sa verge. Zoé me comprit. Elle ne me fit aucun reproche.

— Il faut toujours agir selon nos envies.

Elle me confia son souhait de revoir le garçon une nouvelle fois dans cette situation pour toucher son sexe. Elle ressentait cette curiosité et moi également. La veille, elle n'avait pas osé et surtout, elle n'en avait pas eu le temps. Je la savais capable de le faire s'il devait y avoir une prochaine fois. Nous revîmes Victor le lendemain, le croisant au village voisin où la tante nous avait emmené. Il nous dit bonjour en même temps que ses grands-parents et il paraissait peu à l'aise en leur présence.

À son regard, nous comprenions qu'il ne ressentait pas de gêne nous concernant. Lucie remarqua ce détail et elle se montra curieuse de savoir comment nous pouvions le connaître. Elle resta ensuite discrète, comme si elle comprenait que nous n'en dirions pas plus. À l'époque, je pensais qu'elle se doutait de quelque-chose mais j'appris l'année suivante qu'elle pensait que sa nièce ou moi étions amoureuse de ce garçon, ce qui expliquait notre silence à son sujet.

Malheureusement, toutes les bonnes ont une fin et nous dûmes reprendre le chemin de la maison. La tante Lucie nous proposa de revenir l'an prochain si possible et nous acceptâmes avec plaisir cette idée. J'appréciais sa maison, le calme environnant et cette proximité avec ma louve. Ces vacances gravaient des souvenirs indélébiles, me faisant apprécier davantage cette période de l'adolescence que je détestais lorsque j'étais chez mes parents. Les récents événements confirmaient mon intérêt pour les garçons et me faisaient comprendre qu'avec Zoé nous avions un lien rare et qu'il fallait surtout ne pas perdre.

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