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Épisode 6 : Le goût du péché



L'année écoulée depuis le dernier été fut mouvementée et l'amitié avec Zoé fut mise à rude épreuve. Mes résultats scolaires jouaient les montagnes russes et mes parents viraient plus au rouge de colère qu'au vert de peur. Je travaillais peu, la tête dans les étoiles ou plutôt les pensées pleines de garçons. Ma sexualité me travaillait davantage, mes premiers émois arrivèrent également. Je me trouvais peu à peu amoureuse à l'idée de le devenir plus que de l'être véritablement. Je craquais pour le moindre garçon que je trouvais mignon sans être réellement entiché de lui. Seule la maturité me le fera comprendre en vieillissant.

Pendant l'année, ma meilleure amie et moi avions des vues sur le même jeune homme et notre entente tourna à l'orage. Nous le désirions toutes deux et plutôt que de se mettre d'accord, nous le draguions et nous nous disputions ensuite pour savoir qui le méritait le plus. Finalement, comme bien souvent dans ce genre de situation, aucune de nous deux ne l'eut et nous finîmes par nous réconcilier quelques semaines plus tard.

Il fallut un peu de temps avant de retrouver une solide amitié et de s'avouer chacune stupide d'avoir agi ainsi. Nous nous fîmes la promesse de ne plus jamais nous déchirer pour un garçon. La suite le confirma, elle en fréquenta un qui ne m'intéressait absolument pas et je jetai mon dévolu sur un autre qui la laissait indifférente.

Ma relation avec le dénommé Jean-Baptiste s'avérait être une impasse. Je découvrais peu à peu en avançant dans cette amourette que je n'avais pas de sentiments pour lui. Je le gardais pour ne pas être seule avant de le quitter lorsque je finis par comprendre qu'il désirait plus que de simples baisers. Je ne souhaitais pas lui en donner davantage et je dus mettre un terme à notre histoire, avec un grand soulagement.

L'invitation de la tante de Zoé pour les vacances d'été avait été une bouée de sauvetage pour le dernier trimestre. Le temps allait suspendre son vol et la pression parentale s'arrêterait durant deux semaines. Je rêvais de farniente et d'instants privilégiés avec ma meilleure amie qui se faisaient plus rares depuis la fin du premier trimestre. Mon père me privait de sorties tant que mes notes ne remontaient pas. Zoé n'avait eu le droit de dormir à la maison qu'à deux reprises.

— Lucie, que l'on soit bien sur la même longueur d'ondes...

Mon vieux était fasciné par la physique, il avait poursuivi ses études dans cette matière après son baccalauréat avant de partir dans une école pour finir ingénieur agroalimentaire. En tant qu'adolescente, je ne concevais pas ce revirement dans son choix de vie.

— Pour l'instant c'est un accord de principe mais si le bulletin du troisième trimestre n'est pas meilleur, tu resteras ici.

Je trouvais la motivation pour me mettre au travail et j'améliorais ma moyenne pour pouvoir partir en vacances chez la tante de ma meilleure amie. Toutes les deux nous avions hâte d'y être, de nous retrouver également pour être plus compliques que jamais. Les semaines qui précédèrent notre départ, elle les passa en voyage avec ses parents. Sans elle, le temps me parut plus long jusqu'à ce que nous nous retrouvions à la gare, prêtes à partir.

Depuis deux jours déjà, les températures dépassaient les moyennes de saison comme le disaient toutes les présentatrices de la télévision. Des foutaises selon mon père qui s'insurgeait au moindre « norme » ou « moyenne » en rappelant la définition de chacun d'eux. À cet instant je m'en moquais, montant dans le train qui me permettait de m'échapper de l'enfer parental. Fini les révisions et place à la complicité.

Durant tout le trajet, Zoé et moi échangions sur les différents garçons du lycée. Il n'y en avait qu'un seul dont on préféra toutes deux ne pas parler : Sébastien, le point de la discorde quelques mois plus tôt. Certes, notre relation allait mieux depuis mais nous savions que ce serait mieux de l'oublier encore un certain temps avant de discuter ce sujet fâcheux.

Par mots couverts, nous parlions aussi de sexe mais en regardant aux alentours, je me demandais si malgré nos précautions, tout ce que nous disions n'était pas compréhensible pour d'autres. Ma meilleure amie s'en moquait éperdument, me racontant brièvement qu'elle avait failli passer à l'acte pendant les vacances avec ses parents. Ça ne s'était joué à pas grand-chose, un mauvais départ du jeune homme qui l'avait vu se faire recaler aussitôt par mon amie, le jugeant « bien trop rapide » pour ne pas dire précoce.

Toutes ces discussions réveillèrent mon envie de découvrir le corps de la jeune femme assise à côté de moi. Et dire que pendant l'année, nous nous montrions sages l'une et l'autre quand nous dormions ensembles mais ce soir je savais que nous reprendrions nos vieilles habitudes. Elle me le confirma avec son fameux « ma tigresse » dit avec une flamme d'envie dans les yeux.

La tante Lucie nous attendait sur le quai de la gare à notre arrivée, comme à chaque fois. C'était un plaisir que de la revoir et en guise de salutation, nous tombions dans ses bras. Elle nous appréciait beaucoup et elle faisait tout pour que nous nous sentions à l'aise. Elle achetait les ingrédients pour faire nos plats préférés et elle ne ménageait pas les petites attentions. Comme l'an passé, le premier soir chez elle fut l'occasion de faire la fête.

— Vous n'avez plus l'âge de boire du cidre pour ce genre d'occasions.

Elle posa sur la table une bouteille de Vouvray après avoir amené des verrines de saumon et une grande quantité de gâteaux de soirée. Nous préférions toutes trois manger sucrée plutôt que salée. Le vin pétillant coulait à flot dans nos verres, me faisant tourner la tête par cette chaleur mais c'était bien plus appréciable que du cidre.

La soirée s'éternisa dans la bonne humeur, parsemée d'éclats de rire à « presque se pisser dessus » comme le disait si bien la tante. Elle partit avec le reste de la deuxième bouteille dans sa chambre tandis que de notre côté, nous rejoignîmes la notre.

Bien que je n'avais pas les idées claires, la porte une fois refermée derrière-moi, je me retrouvais plaquée contre le lit par Zoé. Nos regards se plongèrent l'un dans l'autre pendant plus d'une minute, avec le petit sourire plein d'envie avant de s'embrasser furieusement. Nos mains parcouraient le corps de notre partenaire, retrouvant des courbes qui nous avaient tant manquées. Ma meilleure amie se redressa légèrement.

— Retire ta robe. Sinon je vais te la déchirer.

Une vraie furie, elle m'excitait d'autant plus. Je me déshabillai rapidement, jetant la robe par terre avant de me retrouver les jambes relevées, nos bassins se frottant l'un contre l'autre avec nos culottes comme dernier rempart. Nous ne portions plus que nos sous-vêtements. Elle me grimpa de nouveau dessus pour venir m'embrasser et je ne fis rien pour la repousser.

Sans retenue, nos mains touchaient les zones érogènes de l'autre, profitant du plaisir de donner et de recevoir. Nous nous retrouvâmes complètement nues, nos doigts jouant avec le sexe de sa partenaire pour s'amener à l'orgasme dans un geste rapide. Car ce soir-là, il n'y avait ni douceur, ni réserve. Nous étions comme un couple qui se retrouve après une longue absence, faisant l'amour à la va-vite par pur désir de posséder l'autre avant de retrouver plus de tempérance pour les galipettes suivantes.

Au moment de l'orgasme, Lucie qui avait vu venir le mien, me plaqua un oreiller contre la bouche pour éviter que toute la maison et le voisinage n'entendent mes cris. Elle se força à mordre dedans également lorsque vint sa jouissance. Repue, collée l'une à l'autre malgré la chaleur de la nuit, nous nous endormîmes, rassasiées pour le moment.

Au réveil, Zoé m'avait proposé de reprendre nos promenades dans l'après-midi et je n'allais pas refuser, la balade nous ayant procuré surprises et plaisirs l'été dernier. La tante se réveilla avec un léger mal de crâne. La matinée se passa en silence, chacune vaquant à son occupation favorite. Je m'adonnais à la lecture dans le jardin, un passe-temps que j'affectionnais et que je n'avais pas l'intention de mettre de côté.

Un rituel changea néanmoins dans notre journée. Tante Lucie voulait qu'on aille acheter le pain à la boulangerie du village qui avait ouvert depuis quelques mois. Ce n'était qu'à dix minutes à pieds, en empruntant tout d'abord le sentier bien connu avant de bifurquer au croisement du chemin qui descendait derrière l'église.

Sur la place, nous fîmes la connaissance de Paolo, un jeune italien en vacances dans la région. Il logeait dans un gîte tout près avec ses parents. Il n'était là que pour quelques jours mais Zoé avait une idée derrière la tête. Elle le trouvait « beau comme un dieu » mais je crois que ses penchants pour le garçon étaient surtout dictés par le bel accent et les origine du jeune homme, plus que par son physique quelconque. Elle espérait le revoir le lendemain, à la même heure.

Pendant tout le trajet, elle me parla de son bellâtre de rital, chantonnant du Toto Cutugno et du Eros Ramazzotti à tue-tête. Je la trouvais amusante à voir dans cet état et je me moquais légèrement d'elle. Elle en aurait fait tout autant si nos rôles avaient été inversés.

Peu après le repas, nous partions dans notre promenade devenue rituel. La tante nous félicita de profiter de la nature mais nous conseilla de prendre une bouteille d'eau par cette chaleur. Nous l'écoutâmes sans lui expliquer ce qui nous poussait à y retourner. Peut-être verrions-nous de nouveau Victor. Il avait su pimenter quelque peu nos après-midis par le passé, plutôt à ses dépends et nous comptions encore nous amuser avec lui. Après tout, nous avions un an de plus que lui, il devait écouter ses aînés.

S'il n'était pas présent, tant pis nous trouverions bien le moyen de ne pas nous ennuyer à deux. Des choses, il avait commencé à s'en passé l'été précédent avant que ne survienne l'adolescent. Si les ruines pouvaient parler, je pense qu'elles en diraient beaucoup et qu'elle ne raconterait pas que ce que nous avons fait car j'imaginais que l'endroit devait être utilisé par d'autres avant et après nous.

— Je ne t'ai pas tout dit dans le train, confessa Zoé.

Seules au milieu de la nature, elle entreprit de me raconter tous les détails concernant le fameux garçon avec lequel elle aurait dû perdre sa virginité. Autant l'avouer, à mesure que son récit avançait, je me retrouvais dans un état où ma culotte ne devait plus être décente à montrer. Elle m'émoustillait avec certains mots, comme si elle les prononçait exprès et lorsqu'elle parla de fellation, je me sentis toute fébrile.

— Je commence par masturber son sexe déjà bien raide. C'est étrange de la sentir dans sa main.

Nous n'étions pas prudes mais elle se retenait de dire le mot plus vulgaire pour désigner la virilité de ce jeune homme. Peut-être craignait-elle de tout casser ? À son regard, je compris qu'elle faisait tout pour m'enflammer.

— Avant de me mettre à genoux. La tête tout proche, ma langue à porter...

Elle susurrait à présent. Quelle coquine cette Zoé ! Elle voulait me rendre toute pantelante et elle y arrivait très bien. Ce que je ne savais pas à ce moment-là, c'était que l'histoire touchait à sa fin. La fellation ne fut que de courte durer, le temps de quelques mouvements dans la bouche avant qu'elle ne se retire lorsqu'il la prévint qu'il allait jouir. Elle se recula, à son grand regret, et il éjacula sur le sol.

— Il espérait gicler dans ma bouche ou sur mon visage !

Elle était furieuse en se rappelant ce moment. Je la comprenais car moi non plus je n'aurais pas apprécié cela. Du moins, c'était ce que j'imaginais.

— Je ne l'ai eu que quelques secondes dans ma main et dans ma bouche.

Elle exprimait désormais de la déception avant de le traiter de « mauvais coucheur ». Ce n'était pas ses espérances qui avaient condamnés le jeune homme mais ce fut surtout sa triste performance du moment. Ma meilleure amie voulait un amant pour sa première fois avec lequel ça durerait plus que quelques secondes.

— Dommage que tu ne sois pas un garçon, soupira-t-elle.

Je me mis à rire, tout en me sentant flattée par sa réflexion. Je pouvais également exprimer cette même frustration, cela aurait tellement été plus pratique qu'elle ait un sexe masculin. Dans ces moments-là, nous savions que malgré notre grande complicité et avec tout ce que nous pouvions faire, il nous manquait le sexe opposé pour être totalement comblées...

Nous approchions des ruines et nos espérances furent assouvies puisque Victor nous attendait. L'adolescent avait grandi, nous dépassant désormais de quelques centimètres. Il devait utiliser de la crème ou des produits puisque désormais son acné était beaucoup moins importante. Il commençait à ressembler à quelque-chose au final. Mais même s'il avait pris un an depuis notre dernière rencontre, il allait devoir garder le statut de jeune bien docile pour avoir le droit de rester avec nous.

— Je savais par votre tante que vous seriez là. J'espérais vous revoir.

Il n'était pas au courant que Lucie était la tante uniquement de Zoé mais nous n'allions pas l'informer du moindre détail. Il se montra tout d'abord si enthousiaste, n'arrêtant pas de parler avant de nous prévenir que désormais, il avait une copine en plus d'être en section scientifique l'année prochaine. Ses paroles semblaient à la fois être une mise en garde avec un sentiment de triomphe. Cependant, nous le sentions encore totalement puceau, surtout en apprenant que sa copine vivait dans la ville à côté de chez lui, qu'il ne la voyait qu'à certains week-ends et qu'elle avait un an de moins que lui. En fait, elle était la fille des très bons amis à ses parents.

— Donc tu ne l'as pas vu toute nue ? Demanda Zoé à brûle-pourpoint.

Il rougit aussitôt, n'ayant plus besoin de répondre pour exprimer une vérité que nous savions déjà. Je sentais mon amie devenir joueuse, prête pour un nouveau défi : faire oublier cette fille appelée Stéphanie à Victor le temps d'un été. Malgré ses « je l'aime », nous en venions même à découvrir qu'ils ne s'étaient même pas réellement embrassés. Ils n'allaient pas plus loin que des bisous sur la bouche.

— Alors vous n'êtes pas vraiment en couple, répliqua la brune.

— Mais si... C'est juste qu'elle n'ose pas le faire à cause de son appareil dentaire, répondit-il maladroitement.

Nous étions prises d'un fou rire difficile à réprimer. Chacune de nous se représentait la scène de ce petit couple débutant. Nous finîmes par nous excuser de l'avoir vexé avant de reprendre la conversation, habilement menée par Zoé.

— Donc dans ces cas-là, si on recommençait ce qui s'était passé l'an dernier, ce ne serait pas gênant.

Il rougit aussitôt avant de reculer d'un pas. La raison lui dictait sa conduite mais son entrejambe ne mentait pas, l'idée lui plaisait suffisamment pour provoquer bien plus qu'une petite érection. Il portait un short qui ne pouvait la masquer que très sommairement.

— Je ne veux pas. Ce serait la tromper...

Le « Je ne veux pas » semblait plus forcé que sincère. Une faille dans laquelle mon amie s'engouffra, lui expliquant qu'au stade de leur relation, ils en étaient plus à se dire « bonjour » qu'à être un véritable couple.

— T'as bien le droit de t'amuser sans que ce soit de la tromperie, dit-elle en défaisant machinalement la ceinture à sa jupe.

Elle l'hypnotisa par ce geste. Il ne bougeait plus, regardant le moindre de ses mouvements tandis qu'elle dévoilait sa petite culotte. Je l'admirais pour cette capacité à mener ce genre de situation et nul doute que son dernier petit copain avait dû être mené de la même manière. Quand elle avait une idée derrière la tête, elle ne la lâchait pas jusqu'à son aboutissement.

La bosse de son entrejambe grossissait à vue d’œil. Il soupira sous l'effet de la chaleur ressentie mais il ne se détourna pas du spectacle de voir la brune ne portant plus que ses sous-vêtements. Elle se réfugia derrière-moi, comme pour se cacher.

— Tu sais ce qu'il te reste à faire si tu veux en voir plus.

Les ruines nous permettaient de nous cacher du chemin que le jeune homme tenta de voir à travers les pierres avant de me fixer à mon tour. Je lus dans ses yeux de l'hésitation. Ses sentiments pour Stéphanie devaient le retenir mais la nudité partielle de ma copine avec sa proposition le tentait également. Les paroles de cette dernière devaient aussi faire leur chemin pour le convaincre. Elle ne le brusqua pas outre mesure, lui rappelant que ce qui se passerait maintenant, ne serait pas de la tromperie.

Elle m'encouragea à abonder dans son sens mais je savais qu'elle attendait plus de moi. Pas uniquement des paroles ou mon soutien. Nous étions deux pour pouvoir le faire céder. Je me prenais à ce jeu, comme l'an dernier. Je ne risquais rien de sa part, je trouvais cela à la fois amusant et excitant.

— Je pourrais me mettre nue si tu en fais autant, lui lançai-je avec un regard coquin.

La possibilité de voir à nouveau deux jeunes femmes nues sous ses yeux l'encouragea à être moins introverti. Il baissa son short pour révéler un slip peu excitant mais ce n'était pas ça l'important. Il entrait à son tour dans cette farandole de folie qui nous enivrait dans ce lieu. Il ne portait plus que ça avant de s'arrêter, me regardant comme pour me dire qu'il attendait que j'en fasse autant.

J'enlevais ma robe, gardant mes dessous pour le moment car je n'avais pas promis que je les enlèverais avant lui. La situation m'excitait au plus haut point. Quant à Zoé, cachée de nouveau derrière-moi, elle les retira, tout en se gardant bien de lui montrer sa nudité. Le sexe du jeune homme sembla se dresser d'autant plus par ce spectacle. Il lui fallut au moins une minute supplémentaire, sans un mot de notre part, avant qu'il ne retire le dernier de ses vêtements.

Je me mis dos à lui, dégrafant ensuite mon soutien-gorge avant d'enlever ma culotte. Je me trouvais face à Zoé, chacune nue face à l'autre, collée en cet instant. Je ne voyais pas exactement ce qui se passait dans mon dos, ce qui m'excitait d'autant plus.

— Victor, il n'y a pas de mal à se faire du bien, lui dit Zoé comme un rappel à une règle simple.

Elle malaxa ensuite mes fesses et en tournant ma tête, je découvris l'adolescent en train de se masturber. Machinalement, ma main glissa à mon entrejambe. Je ne pouvais pas me retourner pour mieux profiter de ce spectacle, Zoé me tenait fermement contre elle tout en massant mes fesses. De ma main libre, je caressais le sexe de la brune, lui provoquant des gémissements qui me semblait amplifiée dans cet endroit. J'entendais distinctement les râles de Victor qui tentaient de faire prolonger ce moment malgré l'excitation.

Il ne tarda pas à gicler sur le sol, ce qui déclencha mon orgasme et peu après celui de Zoé. Serrées l'une contre l'autre, nous poussâmes le dernier soupir de satisfaction tout en reprenant quelques forces. Le garçon recula jusqu'à au muret où il posa ses fesses contre, oubliant la gêne d'être nu devant nous. Il en était de même pour nous à cet instant, lui révélant la fine pilosité de nos sexes une fois notre étreinte relâchée.

Puis nous redevenions des adolescents complexés, chacun se rhabillant rapidement en se tournant le dos. Après cela, pendant quelques minutes nous échangeâmes des rires gênés. Reprendre une conversation normale devenait plus difficile et nous prîmes la décision de nous quitter en se fixant un rendez-vous pour le lendemain. Avant de partir, avec ma meilleure amie nous retournions à l'endroit où il avait éjaculé. Il avait versé une quantité impressionnante de sperme, ce qui nous fit rougir de satisfaction.

Le reste de l'après-midi se passa plus calmement, le soir aussi. Le seul moment plus intense fut le coucher où avec Zoé, nous nous racontions l'après-midi à voix basses, déclenchant une nouvelle envie irrépressible mais cette fois-ci, nous nous donnâmes du plaisir avec plus de délicatesse.

En allant acheter le pain le lendemain, Zoé s'arrangea un rendez-vous l'après-midi avec Paolo. Le jeune italien de bientôt vingt ans la faisait craquer plus que de raison. Je lui en tenais rigueur car elle allait me laisser seule avec Victor jusqu'à ce qu'elle vienne me rejoindre aux ruines. Je ne lui en voulais pas davantage parce qu'à sa place, elle aurait accepté que je fasse pareil qu'elle. Elle voulait passer du temps avec son rital et j'acceptais finalement l'idée.

Je ressentais une certaine gêne de me trouver seule avec Victor. Cela se calma peu à peu à mesure que l'après-midi se passa. Nous ne parlions pas de la veille, ni de sexe. Les sujets de discussion ne m'intéressaient pas forcément mais ils permettaient de passer le temps. Au final, le garçon était agréable mais il parlait un peu trop de sa Stéphanie et de leur relation qui ressemble davantage à une amourette d'école primaire.

Avant de le quitter, il m'informa que les deux prochains jours il ne viendrait pas. Ses grands-parents l'amenaient avec eux pour visiter des sites historiques de la région. Je dus prendre un livre pendant deux jours puisque Zoé prolongea ses rencontres avec Paolo. Sauf que cela ne se passait pas comme elle l'espérait, le jeune homme ne se montra pas entreprenant.

Chez la tante tout se passait merveilleusement bien mais celle-ci nous informa à regret que l'année prochaine nous ne pourrions pas venir. La maison allait être le lieu d'un tournage pendant tout l'été.

— Je suis désolée mes chéries. Mais promis, si vous êtes toujours d'accord dans deux ans, je vous inviterai à la maison.

Nous n'allions pas lui en vouloir alors qu'elle nous accueillait toujours aimablement. Elle nous expliqua pourquoi elle avait accepté ce tournage pour l'an prochain. Elle avait besoin d'argent pour faire des réparations dans la maison et le dédommagement proposé par la production se révélait conséquent. Le réalisateur était un ami de longue date, c'était pourquoi il avait choisi ce lieu pour son tournage, lui permettant de l'aider financièrement.

Zoé continua d'aller voir secrètement son italien tandis que moi j'espérais le retour de Victor. Au final le garçon commençait à me manquer. Certes mes lectures étaient intéressantes mais je n'appréciais que modérément de lire dans des ruines en attendant ma meilleure amie. Heureusement, il se trouvait déjà sur place, débordant d'enthousiasme. Apparemment je lui avais manqué. Néanmoins aujourd'hui je n'appréciais que très peu ses conversations du jour.

En fait, je saturais d'entendre les autres parler de leurs vies. Zoé racontait ses espoirs et désespoirs avec Paolo et Victor revenait sur ces week-ends avec Stéphanie. Sans compter que ma louve me délaissait ces derniers jours et que j'avais une envie inassouvie depuis trois jours...

— Tu crois que tu pourrais te remettre nu ? Demandai-je sans détour.

Il me regarda avec stupéfaction, reculant légèrement alors que nous étions assis sur le muret côte à côte.

— J'ai envie de revoir ton sexe.

Sa bosse exprimait son désir. Quant à moi, je me mettais à prendre les choses en mains. Je le voyais comme une marionnette que je pouvais utiliser à ma guise. Il était gentil ce garçon, sans réelle prise d'initiative. Il allait faire ce que je lui demande et de toute façon, il n'avait pas le choix. Je ressentais le besoin d'assouvir la tension ressentie dans mon ventre depuis trois jours.

Je me levais pour me mettre face à lui, débouclant sa ceinture sous ses yeux hagards. Il ne comprenait pas encore ce qu'il lui arrivait mais il ne m'empêchait pas d'agir. Je descendis la fermeture éclair après avoir déboutonné le short, glissa une main dans le slip pour faire sortir son sexe tandis que de l'autre je baissais le sous-vêtement pour pouvoir l'exhiber sans avoir besoin de le tenir.

— Moi aussi j'aimerais te voir nue, geignit-il en tentant de masquer son érection avec ses mains.

— Si ce n'est que ça...

Je retirais rapidement tous mes vêtements, me retrouvant en tenue d'Ève devant lui avant de repousser ses mains et de l'inciter à faire de même. Je ressentais une légère gène d'être ainsi dévêtue devant lui mais mon excitation prenait le pas. Il se mit debout à son tour, révélant un angle droit des plus intéressant et il finit par ne plus rien porter sur lui.

Rapidement j'avais touché sa verge, je l'avais serré et je désirais le refaire. Sans lui demander la permission je recommençai, regardant tour à tour son membre et sa figure ébahie. Il ne bougeait pas, je le tenais dans ma paume, à mon désir. C'était étrange cette sensation, grisante. J'appréciai la chaleur émanant de sa virilité.

— Profites-en pour découvrir le corps féminin, lui susurrai-je à l'oreille.

Il n'osa pas au début mais il prit peu à peu confiance, posant sa main sur mon sein, le malaxant légèrement, caressant ensuite mon téton pointant dans sa direction. Il continua son exploration plus bas, vers mon entrejambe tandis que je pressais son sexe. Je le masturbais doucement, ce qui le faisait frémir. Je le sentais tout à moi en cet instant, imaginant toutes les choses que je pouvais faire avec lui, les idées les plus folles se succédant dans ma tête...

Pour le moment, je le laissais me caresser mes lèvres inférieures. Il cherchait l'entrée, le passage entre les deux pour atteindre les profondeurs. Sa maladresse m'excita et m'amusa à la fois. Je ne devais pas forcément être plus douée avec son membre dans ma main. Je n'y pensais pas, je me laissais aller.

— Tu veux voir mon sexe de plus près ? Osai-je lui demander.

Il se contenta d'un hochement de tête. Je relâchai mon étreinte pour attraper ma robe et la poser ensuite sur le sol. Je m'allongeai dessus, évitant de me retrouver dos et cheveux contre la terre. Je relevais les jambes et l'invitais à s'asseoir en face. Il s'exécuta sans rechigner, bien trop heureux de ce qu'il allait découvrir. En cet instant, il oubliait sa Stéphanie et j'en étais fière !

J'écartais les cuisses pour lui dévoiler mon intimité, les doigts parcourant mes lèvres pour les ouvrir délicatement, juste un peu. Je me trouvais folle d'agir ainsi mais en même temps, je m'en moquais. J'agissais sous le coup de mes désirs les plus fous, lui proposant de reprendre ses caresses et il ne se fit pas prier. Tout semblait être possible avec lui... Vraiment tout ? Tenterais-je la demande qui m'intrigue secrètement depuis plusieurs mois ? Qu'est-ce que je risquais à le faire, mis à part un refus ? Tout était permis cet après-midi, je le sentais.

— Lèche-moi...

Cette supplique me fit rougir, à la fois de désir et à la fois de honte. Maintenant c'était fait, je ne pouvais plus reculer. Je le regardais dans les yeux, attendant sa réaction. Il avait l'air hébété, comme s'il me disait « Comment ça ? Je ne comprends pas... ».

— Avec ta langue, insistais-je.

Soit je me ridiculisais, soit j'allais être exhaussée. Il semblait sur la retenue mais il avait saisi ma demande. Était-il dégoûté par ce que je lui demandais ? Ou alors était-ce trop tôt pour formuler cette requête ? Dans ma position, sa tête entre mes jambes, si près de mes cuisses, je n'attendais plus qu'une chose. Ou alors il devait rapidement déguerpir...

— Et après je ferais pareil avec toi.

Il me donnait l'impression d'avoir négocié en silence pour obtenir cette compensation. En fait, je m'enflammais toute seule tandis que lui ne savait plus trop quoi faire pour le moment. Pourtant, cette possibilité le réveilla et il fit de nouveau un hochement de tête. Il s'approcha plus près de mon intimité avec son visage avant de glisser délicatement sa langue sur mes lèvres.

Quelle chaleur il me procura ! Et quelles sensations ! Rien que ce contact qui m'électrisa d'autant plus, me fit apprécier ce nouveau délice. Il continua, prenant plus d'assurance à mesure du temps qui s’égrenait. J'en venais même à poser une main sur ses cheveux frisés. J'en oubliais le lieu où je me trouvais, gardant les yeux fermés pendant qu'il découvrait avec moi les joies du cunnilingus. Il ne se montra pas très doué, normal pour une première fois mais suffisamment pour me déclencher quand même un orgasme.

Il me fallut quelques minutes pour me remettre de mes émotions. Malgré tout, ce fut intense. Je le regardais par moments, son sexe à moitié débandé, un mouchoir à la main imprégnée de mes sécrétions qu'il venait de retirer de son visage.

Si le feu qui brûlait dans mon bas ventre s'était calmé, mon corps exhalait une chaleur plus étouffante que la température à l'abri des arbres. Il n'y avait pas le moindre petit courant d'air pour me rafraîchir. Je fixais attentivement ce sexe qui se dressait à nouveau sous mes yeux. Je provoquais cette érection et j'avais envie à mon tour d'explorer ce plaisir buccal. Je rejoignis mon compagnon de jeu, attrapant sa verge et la pressant avant de me mettre à genoux.

Il se montrait satisfait, s'abstenant de tout commentaire, craignant sans doute qu'un mot de sa part ne mette un terme à notre accord. Il m'avait procuré du plaisir, il avait rempli sa part du marché. À mon tour de faire de même, mon visage près de ce sexe tendu vers ma bouche. Je commençais par sortir ma langue pour le goûter, toucher ce gland tout humide d'excitation.

Je trouvais ça étrange, un parfum indéfinissable mais je ne m'arrêtais pas à ça. Je continuais l'exploration de ce membre viril, toujours avec ma langue avant de prendre le bout entre mes lèvres. Je lui procurais des sensations, je le sentais et je le voyais également. Son corps ne mentait pas, il ressentait du plaisir, ce qui me poussait à continuer. Je me laissais aller le long de cette verge, glissant dessus, ma langue léchant le tour, tenant fermement la garde de son épée de ma main droite pour ne pas m'enfoncer trop loin.

Je suçais ce fruit défendu, découvrant un certain plaisir dans cette pratique., le goût du péché sans doute. Je ne saurais dire combien de temps dura cette fellation mais cela ne me sembla pas court. Je l'amenais peu à peu vers l'orgasme. Il se crispait, hésitant entre se laisser aller et décharger ou se retenir encore un peu. Je prenais du plaisir à le percevoir au bord de ce précipice, m'appliquant à le rendre fou. Sauf que je ne vis pas le point de non retour et il se mit à jouir dans ma bouche.

Je me retirais rapidement, avec maladresse puisque je me pris un peu de sperme sur le visage. Je rejetais le reste de sa semence de ma bouche sur le sol. Ce n'était pas très glamour mais je n'avais pas le cœur assez accroché pour avaler cette substance gluante. Je crachais beaucoup pour retirer la moindre petite goutte qui pouvait rester dans ma cavité buccale. Il me donna un mouchoir, pour me permettre de m'essuyer le visage, affichant un sourire ravi.

Je ne lui en voulais pas de s'être déchargé dans ma bouche. J'aurais dû m'arrêter avant. Certes, il aurait pu me prévenir mais il se trouvait pris dans son plaisir. Je me mis à rire peu de temps après m'être essuyée, cette conclusion m'amusait. Il m'imita également, avec nervosité car même s'il était satisfait, il devait probablement craindre ma réaction pour ce final peu reluisant.

Je regardais ce garçon véritablement pour la première fois. Il n'était pas si mal tout nu, beaucoup mieux que l'an dernier. Il avait gagné à vieillir et à prendre soin de sa peau. Je le sentis gêné d'être ainsi observé. Il s'approcha de ses affaires pour se rhabiller.

— Après ce qu'on vient de faire, tu te montres pudique ?

Je le trouvais mignon dans son attitude. Je ne devenais pas amoureuse de lui, loin de là car je ne ressentais aucun sentiment pour lui. Néanmoins, je considérais qu'entre nous il y avait désormais une certaine complicité. Il pouvait rester nu en ma présence, comme moi je le faisais avec la sienne, sans gêne mais certes pas sans envie. Je frétillais de nouveau pour des plaisirs interdits mais Victor se montrait plus harassé par notre dernier échanges.

Finalement, je me revêtis de mes habits après avoir épousseter ma robe. La terre l'avait sali mais je ne doutais pas que la tante de Zoé m'arrange cela. Elle se montrait très douée dans le nettoyage des vêtements. Je semblais à peu près présentable, quoique ma robe un peu froissée. En revanche, j'avais l'impression de sentir le sperme. Je me nettoyais le visage avec un peu d'eau de ma bouteille avant d'en proposer à mon compagnon de jeu. L'odeur était atténuée mais j'avais l'impression de ne respirer que la senteur de son membre viril.

Le temps se révéla plus long ensuite. Nous attendîmes le retour de Zoé en silence. Nous ne parlions plus, échangeant quelques rires nerveux de temps en temps. L'après-midi aurait pu être ennuyeuse s'il n'y avait pas eu ce grand moment de découverte. J'appréciais le cunnilingus, espérant en recevoir de nouveau prochainement et la fellation, ce n'était pas si mal que ça. Sauf que la prochaine fois, je me retirerai avant de tout recevoir dans la bouche. Une leçon âpre que je venais d'apprendre à mes dépends.