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Souviens toi

"Je peux t'embrasser?"

Petite phrase fantasmée depuis des années, et dix ans plus tard ce souvenir n'a pas pris une ride.

Au coeur de l'automne quand les jours rafraichissent et parsèment les pelouses de givre. 

Souviens toi

Novembre 2008, ta confession de la veille a fortement perturbé mon sommeil si bien que j'ai l'impression de confondre rêve et réalité. J'espère ne pas t'avoir dérangé cette nuit avec mes rêves agités, tes parents m'ont installé dans l'ancienne chambre de ta soeur, juste à côté de la tienne.

Ai-je réussi à perturber les tiens également? 

Tu me rejoins dans mon lit avant que le réveil sonne comme lorsque nous étions enfants, mais quelque chose a changé, tout a changé depuis hier.

Mon ventre se serre, je n'arrive pas à mettre des mots sur ce que je ressens, un mélange de peur et d'excitation, s'y mêle la culpabilité de mes pensées loin d'être innocentes.

Tu me fais face, tes yeux bleus plongent dans les miens avec une intensité nouvelle. Mon instinct m'ordonne de fuir.

"Je peux t'embrasser? " 

Tes quatre petits mots réduisent à néant mes tentatives d être raisonnable.

Je suis fascinée par tes lèvres qui me sourient et qui s'approchent dangereusement des miennes. Cet instant  je l'ai rêvé depuis des années, pourtant un combat intérieur se déchaîne en moi.

Peur ou excitation?  Fuir ou assouvir

Peur.

Excitation. Je sens les battements de ton coeur contre ma poitrine, ta respiration sur mes lèvres. 

Peur! Je tourne la tête, me lève et quitte en vitesse la pièce.

Peur et regret. Peur que tu n'oses plus réitérer ta demande, regret de ne pas t'avoir embrassé. Des années que j'en rêve.

...

Ma journée de cours a été longue, j'ai repassé en boucle la scène de ce matin et j'ai imaginé toute sorte de scénarios afin de me retrouver de nouveau dans un lit avec toi.

Mon souhait se réalisera ce soir, après le dîner. Tu n'as pas osé me refuser une séance cinéma devant tes parents et je me plais à croire que tu en as autant envie que moi. 

...

Tu m'attends dans ta chambre, me voilà devant le miroir, short et debardeur de dentelle. La tentation pour le malin n'a jamais ete aussi forte. J'entre dans ta chambre d'un pas léger et tente d'avoir l'air aussi naturelle que possible, tu es déjà dans ton lit, avec un regard un peu fou, le froid de novembre m'offre une parfaite excuse pour me glisser sous tes couvertures. 

Je t'avoue ne plus trop me souvenir du film mais je me souviens très bien de ma vaine tentative d'être discrète lorsque je me suis blottie contre toi et de cette envie dévorante de commettre une faute irréversible.

Je me souviens de ta main dans mes cheveux, de tes lèvres sur ma nuque et des dix secondes qui ont précédé notre fusion. 

Du regard pétillant que tu m'as lancé tel un défi et du gout exquis des larmes de notre premier baiser et de tout ce qui a suivi. 






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