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Stranger behind the|Door

   Le nuit était glaciale et sombre. Cependant, la pleine lune persistait à projeter des rayons bleutés sur les feuilles des arbres. Le vent faisait frémir les fines branches. Il pleuvait des trombes d'eau dehors. Des creux se formaient dans la boue, récoltant l'eau ruisselante. L'air frais de la nuit glissait contre la fenêtre et pénétrait dans le salon. Un frisson me parvient et mes bras s'hérissèrent. Je posai mon livre sur la table basse et m'approchai pour fermer la fenêtre. Des perles d'eau glissaient contre la vitre.

Mes parents étaient invités à l'anniversaire d'un ami, ils avaient jugé bon de me laisser seule à la maison. On sait tous ce que signifient les soirées entre amis de nos parents : blagues salaces, débats sur la politique et pour peu qu'un invité ait trop bu, ça finit toujours mal. Mes parents étaient inquiets de me laisser seule. Je les avais rassurés en leur affirmant que du haut de mes dix-sept ans je pouvais passer une soirée seule (et faire chauffer un plat tout prêt). Mais je n'étais pas pour autant rassurée.

   Je m'installai confortablement dans le canapé en attrapant au passage mon livre et je replongeai dans ma lecture. L'air frais avait disparu. Une ambiance douce et chaleureuse s'était installée. 

Soudain j'entendis un bruit métallique provenant de la pièce d'à côté, la cuisine. Je sursautai et m'avançai avec précautions vers cette pièce. J'empoignai une lourde bouteille de vin vide, un bibelot de décoration que je tins fermement des deux mains. La tension augmentait à chaque pas. Je me croyais dans un film d'horreur. Ce n'est que lorsque j'allumai la lumière que je vis Simon, mon chat, assis devant sa gamelle. Il me regardait de ses grands yeux affamés. Rassurée, je lui servis donc des croquettes. C'est alors que des bruits de pas, lents, retentirent derrière la porte d'entrée, suivis d'un gémissement d'effort. Je paniquai. En essayant de faire le moins de bruit possible j'appuyai sur l'interrupteur pour éteindre la lumière. L'obscurité envahit la pièce. Les rayons de la lune étaient filtrée par la partie vitrée de la porte, me laissant une légère visibilité. Je fixais cette porte, la bouteille de vin serrée contre ma poitrine. Quelqu'un toqua, trois fois. Ma respiration s'accéléra. Je ne savais pas quoi faire. Puis je me rendis compte que la personne qui était derrière la porte avait dû apercevoir la lumière à travers la porte. Il pleuvait des cordes, cette pauvre personne devait vraiment avoir besoin d'aide. La situation était très étrange. La curiosité et l'altruisme l'emportèrent sur la méfiance et la raison. Lentement, je traversai le couloir sombre. Lentement, je poussai la poignée de la porte vers le bas. Le cliquetis du verrous sortant de sa gâche envoya un électrochoc dans tout mon corps. J'entrouvris la porte.

-Oui ? demandai-je timidement. Je n'arrivais pas à discerner le visage de la personne qui était à quelques centimètres de moi.

-Bonsoir, pourriez-vous me laisser entrer s'il vous plaît ? me répondit une voix tremblotante de froid. Une voix d'homme.

Que voulait-il ? Et s'il était dangereux ?

-Eh bien, heu... bredouillais-je

-Si cela peut vous rassurer, je ne suis ni un psychopathe ni un serial killer. plaisanta la voix rauque. Je ne suis pas fier de ce que je vous demande, mais je peux tout vous expliquer.

La voix était quelque peu rassurante. Après mûre réflexion je décidai de laisser l'inconnu rentrer, alors je m'écartai, tout en gardant la bouteille de vin dans mon dos.

-Vous avez une panne d'électricité ? demanda l'inconnu.

-Oh non ! C'est juste que je... j'ai, enfin... voilà. bafouillais-je en cherchant à tâton un interrupteur sur le mur.

La lumière tamisée embauma le couloir d'une lueur orangée. Je découvris l'étranger, de dos. Il avait les cheveux bruns, en bataille. Je pouvais observer malgré son gilet qu'il avait de larges épaules. Il était trempé et ses vêtements gouttaient sur le sol. Il se retourna, un léger sourire au coin de la bouche. Je le reconnu. Lui aussi me reconnut. Monsieur Wilson, mon ancien professeur de sport. 

-Oh mais tu es...  Liza ?

-Oui, c'est moi... Mais qu'est-ce que vous... 

-Laisse moi t'expliquer...

J'amenai M. Wilson dans la cuisine et lui apportai une serviette afin qu'il se sèche. Il m'expliqua qu'il venait d'être mis à la porte de sa propre maison. Ses parents ne voulaient plus de lui et estimaient qu'à vingt-sept ans, il devait trouver un logement et un travail. M. Wilson avait donc passé une nuit dehors, à essayer de trouver un hôtel, pas trop cher, pour pouvoir y rester au moins une semaine. Tous les hôtels l'ont refusé à cause de son manque d'argent.                                                                                                     Lorsque j'étais au collège, il était le remplaçant du professeur d'escalade et ne gagnait donc pas beaucoup d'argent. Il venait également de rompre avec une femme qui ne l'avait jamais aimé. Une rupture compliquée pour lui.

Nous avons passé beaucoup de temps à parler de nos vies, comme si l'on avait été amis depuis toujours. A se raconter des petites anecdotes, à rire, à se morfondre. Il était beau quand il riait. Ses yeux noirs se plissaient, ses lèvres fines entourées d'un barbe drue laissaient apparaître des dents biens alignées.      Nous étions dans un univers parallèle, où rien ne pouvait nous déranger. Au fur et à mesure de la conversation nous nous mîmes à nous tutoyer, tout naturellement. J'aimais cette sensation de bien-être que je ressentais. C'est la magie de la nuit, où tous les sens sont éveillés. Et particulièrement ceux du désir.

-Dis, est-ce que ça te dérange si je passe la nuit ici ? demanda Nathan.

-Eh bien, c'est que mes parents vont revenir, et je ne pense pas qu'ils soient d'accord pour qu'un inconnu vienne dormir chez eux...

-Ah je vois... C'est pas grave, je me débrouillerai.

Après réflexion je lui ai proposé de dormir dans le mini salon, une pièce assez isolée où personne ne rentre. Il y avait un clic-clac où il pourrait dormir. Il était ravi mais quelque peu angoissé à l'idée de se retrouver face à l'un de mes parents.

Nous descendîmes dans le mini salon et Nathan étendit ses affaires sur un radiateur. Il était épuisé et s'allongea sur le clic-clac en soupirant. Pendant ce temps, je partis chercher des vêtements secs.

-Est-ce que je pourrais te demander un petit service ? 

-Oui, bien sûr.

-Eh bien je me suis entaillé les doigts il y a quelques mois alors que j'escaladais une falaise. A cause de la pluie toutes mes plaies sont à vif et j'ai beaucoup de mal à tenir des objets ou à m'habiller... Ça te gênerait de... m'aider ? demanda t-il, embarrassé, son regard fuyant le mien.

-Oh ! Oui bien sûr ! Enfin non, ça ne me dérange pas... répondis-je. Intérieurement je fondais, c'était une situation vraiment très étrange, mais ça m'excitait beaucoup. Un bel homme, me demandait de le déshabiller. Et en plus de ça, c'était mon ancien professeur de sport ! J'avais le béguin pour lui au collège. A l'époque j'étais très timide et personne ne me remarquait vraiment, ce qui est toujours le cas.

Je m'assis à côté de lui et attrapai délicatement le col de sa chemise. J'avais du mal à dégrafer le premier bouton. Il rit légèrement en me voyant m'énerver face à ce bouton. Il me regardait, je relevai les yeux timidement et vis un léger sourire malicieux sur ses lèvres. Une chaleur m'envahie. J'avais envie de l'embrasser.

La pièce était très étroite et je devais être face à lui pour déboutonner sa chemise, autrement, je n'y arriverai pas. Un élan de désir s'empara de moi. Je me sentais complètement différente. Il fallait que quelque-chose se produise. Je décidai de l'enjamber. Mes genoux vinrent de poser de part et d'autre des hanches de Nathan. Toujours allongé, il fronça légèrement les sourcils, sans rien dire. J'étais désormais penchée au dessus de lui. Je ne le touchais pas, mais il était entre mes cuisses. Je souriais intérieurement. Mes doigts déboutonnèrent un second bouton, puis un troisième, laissant apparaître un torse légèrement velu. Il n'y avait aucun bruit autour de nous excepté le bruit de froissement de sa chemise qui s'ouvrait peu à peu. La lumière qui sortait d'une vieille lampe éclairait faiblement la pièce. Soudain je sentis un main se poser sur ma cuisse. Surprise, je regardai Nathan. Il se releva lentement, sa chemise se tassant, laissant apparaître des abdominaux sculptés et posa une main sur ma mâchoire tout en observant longuement mes yeux verts et mes lèvres pleines. Son pouce caressait ma joue et son visage n'était qu'à quelques centimètres du mien. Je m'approchai et l'embrassai fougueusement. Ses étreintes se resserrèrent. Alors que nos lèvres fusaient en harmonie, il prit fermement mes hanches entre ses mains. Je m'assis sur lui à califourchon, une main dans ses cheveux et l'autre posée sur son torse à moitié nu. Nos sexes se touchaient à travers les couches de jean, nos souffles s'intensifièrent et je m'enivrais de son parfum légèrement fruité. Corps s'entremêlés, il passa une main sous mon t-shirt, le souleva et l'envoya plus loin. Alors que j'étais en soutien-gorge, Nathan entreprit de m'embrasser le cou. Je connaissais les conséquences de cet acte : les suçons. C'était une première pour moi. Tout était une première mais cela m'excitait d'avantage d'avoir les traces de ce cette soirée marquées temporairement sur ma peau. Ses baisers me faisaient l'effet d'électrochocs, j'en avais des frissons, j'en voulais plus. Ses lèvres chaudes et douces embrassaient les miennes. Ses bras si forts m'enlaçaient à la fois si fortement et tendrement. Nos corps se mouvaient dans une danse du désir charnel. Nos peaux chaudes se frottaient. Nos yeux se croisaient entre deux baisers. Nos mains se baladaient librement. J'en voulais toujours plus.

La porte d'entrée s'ouvrit.

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