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Sur un quai de gare

Il sera à la gare à sept heures, son train part une heure plus tard. Ce court laps de temps ne nous laisse qu'un court instant, mais c'est un véritable cadeau. J'ignore quand la chance d'une nouvelle rencontre se représentera. En revanche, ce dont je suis certaine, c'est que cela ne se reproduira pas avant un long moment.

Mon téléphone sonne. Un sms. Je bougonne, ouvre un œil pour regarder l'heure. Il n'est qu'un peu plus de six heures. Qui peut m'envoyer un sms à cette heure-ci ! Je referme les yeux et tâtonne ma table de nuit d'une main pour trouver ce fichu téléphone. J'en ai rien à faire du message, je veux juste le nom de l'imbécile qui ose me réveiller trente minutes avant mon réveil. Il va passer un mauvais quart d'heure. Je suis une véritable marmotte, j'aime mon lit et je ne supporte pas que l'on m'en prive. Les yeux ensommeillés, je regarde mon téléphone, il est hors de question que je remette mes lunettes, ce qui m'oblige à plisser les yeux pour déchiffrer les lettres. Mon humeur se dégrade encore, les minutes passent, l'heure de mon réveil approche et j'ai envie de dormir. Merde ! Il fait chier ! Un A, un M, un R, j'ouvre grand les yeux, me redresse et essaie de chopper rapidement mes lunettes. MARC.

Le sommeil me quitte subitement, mon humeur est tout à coup au beau fixe. Des envies m'envahissent, mais bien plus douces et charnelles. Un chamallow, voilà ce que je suis dès qu'il s'agit de mon très cher. J'ai beau être en colère, avoir des envies de meurtre. Un mot, un regard de Monsieur et je deviens douce, fondante et sucrée telle une guimauve. C'est assez déstabilisant et je dois bien l'avouer énervant. Je suis en désaccord avec lui, je lui en veux, il m'agace ; Un mot, un seul et hop l'ado amoureuse complètement gaga, que je n'ai jamais été, arrive. J'aimerai vraiment, juste une fois être capable de m'engueuler avec lui. Rester fâchée, malgré son sourire, malgré son regard de... chien battu. Inutile, il en a pas besoin, un simple regard suffit à m'adoucir. Ce n'est pas que j'aime le conflit, pas du tout et surtout pas avec lui, juste que j'aimerai avoir la possibilité de me réconcilier et avoir un minimum de volonté, de résistance. J'affiche le message.

"Je serai à la gare des Flandres à sept heures, je t'y attends. Mon train part à 8 heures."

Oh merde ! Je me lève rapidement, il est six heures quinze, je suis nue, les cheveux ébouriffés, pas épilée et aucun vêtement digne de lui sous la main. Il me faut environ trente-cinq à quarante minutes pour rejoindre la gare, Merde ! Merde ! Merde !

Je file sous la douche, me lave rapidement, mouille mes cheveux pour gagner du temps lorsque je tenterai de me coiffer. Une tresse sur le côté, il aime cette coiffure et cela dissimulera l'absence d'un démêlage en règle. Je sors de la douche, regarde l'heure. Six heures vingt, ça va, tout n'est pas encore perdu. J'essuie mes cheveux et enroule la serviette autour de mon corps. Je suis encore trempée, je sens l'eau ruisseler sur mes jambes, tant pis je n'ai pas de temps à perdre. Je passe un coup de brosse dans mes cheveux et les tresses en serrant un maximum ce qui n'est pas sans douleur. Il me revient en mémoire sa main agrippant ma natte. Des frissons me parcourent. Je me disperse, il faut que je me reconcentre, l'instant n'est pas aux moments passées, si délicieux furent-ils, mais au future qui devrait commencer dans trente minutes. Je n'y serai jamais à temps ! J'enroule un petit élastique autour de ma natte et saisis ma trousse de maquillage. Soyons pragmatique ! Je mets juste le rouge à lèvre maintenant, le reste je le ferai dans le métro. Je ne suis pas assez douée avec ce rouge et il est bien trop intense pour risquer un raté.

Je retourne rapidement dans ma chambre pour m'habiller. Toute ma garde-robe atterrit sur le lit. Je veux ma robe noire, il la connaît par cœur, mais c'est la plus habillée, la plus convenable et passe-partout que je possède. Mon rendez-vous passera inaperçu auprès de mes collègues de boulot. Bien que je ne mettes jamais de jupe ni de robe au travail, elle est assez standard pour passer comme un simple effort vestimentaire exceptionnel. En outre, il faut que j'excuse mon retard, ce qui ne va pas être si facile avec mon nouveau genre de fille soigné. Une panne de réveil ? Après tout, pour les matins câlins, c'est bien l'excuse que tout le monde sert. Trouvé ! Je prends le premier soutien-gorge qui me passe sous la main. Le léopard, parfait ! Il l'aime bien celui-là. Une culotte... Non, ne perdons pas de temps pour si peu. Ah mince mes poils ! Hors de question que je m'épile et je ne peux pas sortir ainsi ! Vite, Faustine réfléchit ! Ma dernière acquisition, des collants noirs en laine. Yes ! Non ! Des collants ! Il va me tuer ! Quoi que... S'il s'en aperçoit, j'aurai le droit à une ou deux fessées. Il ne me reste qu'à enfiler ma robe et chausser des escarpins, noirs cela va de soi.

Je me regarde une dernière fois dans le miroir, prends ma trousse à maquillage, attrape mon sac à main dans l'entrée et je pars. Merde mon manteau, il fait moins cinq dehors. Je retourne le chercher tout en me qualifiant de cruche et fonce prendre le métro. Je n'ai pas la moindre idée de l'heure qu'il peut être. Je suis au pas de course, essoufflée et en nage de marcher si vite, avec des talons c'est une première, un exploit. J'ouvre mon manteau avant de me mettre à transpirer, la fraîcheur matinale et hivernale devrait m'aider.

Je dévale les escaliers en priant pour ne pas tomber, il ne manquerait que ça et ce serait tellement moi. Le sous-sol, enfin ! Je me lance dans le second escalier, le métro arrive, j'essaie d'accélérer, mais mes jambes tremblent trop et refusent de m'obéir. Je ne peux pas le louper ! À cette heure, les intervalles entre les métros sont trop importants. Je cours pour franchir les deux mètres qui me séparent de la rame alors que le bip annonciateur de la fermeture des portes retentit comme un couperet. J'ai réussi ! Je m'appuie contre la barre centrale, inspire et expire bruyamment. Tout le monde me regarde comme si j'étais une aberration. Quoi ? Ils n'ont jamais vu une femme prendre un métro comme si sa vie en dépendait ? Je vais m'asseoir et sort la trousse à maquillage de mon sac. Je commence par le crayon noir, il fait ressortir le bleu de mes yeux.

Premier arrêt, une personne monte et se dirige vers moi pour venir s'asseoir. Elle m'aperçoit et fait volte face pour s'installer de l'autre côté. Visiblement une femme qui se maquille dans le métro, c'est dangereux et effrayant. Un peu de fard à paupière brun foncé et du mascara noir. Je regarde le résultat dans mon mini miroir. Un petit ajustement de crayon et c'est parfait. Je range tout et souffle. L'heure ! Je prends mon téléphone. D'ailleurs, il faudrait peut-être que je lui réponde. Six heures cinquante, ça va, je n'aurai que quelques minutes de retard. Je lui envoie un sms

"Je suis à porte d'Arras, j'arrive. Tu m'excuseras je ne suis pas apprêtée comme il le faut.

On se retrouve où ?"

"Il me semble t'avoir déjà dit de te tenir prête à tout moment

Pourquoi tu viens si tu n'est pas présentable pour moi ?

Dans le tunnel qui conduit à la gare

Je n'ai pas de chambre d'hôtel."

"Je suis présentable, moins que si tu m'avais dit cela hier soir, mais ça devrait te convenir.

J'ai même enfilée quelque chose qui devrait pimenter notre entrevu ;p "

"Quoi donc ?"

Aïe, je ne suis pas certaine que les collants vont passer. Il n'a pas l'air d'humeur tendre. Si je lui dis maintenant, il va me les faire ôter avant que j'arrive. Je me souviens encore de la difficulté d'enlever une culotte dans un ascenseur, alors des collants, non merci !

"Tu verras. J'arrive à grand palais, je ne vais plus avoir de réseaux.

A tout de suite mon très cher, j'ai hâte de retrouver le sel de ta peau."

"J'espère pour toi que tu n'as pas fumé.

D'ailleurs si je sens la clope sur toi, je m'en vais !"

Oh bien mince, je ne m'en suis même pas rendu compte. Je n'ai pas fumé et je n'en ai même pas ressenti l'envie. Mon envoûteur et ses pouvoirs...

Gare Lille Flandres, j'y suis. Mon cœur bat plus fort qu'il ne le devrait, j'ai mal au ventre, comme à chaque fois que je pars le rejoindre. Je n'ai aucune crainte, mais c'est toujours la même appréhension, la même impatience qui me vrille le ventre avant chaque rendez-vous. Dès que mes yeux se poseront sur lui, ça disparaîtra pour laisser place à une envie débordante de sentir son corps contre le mien. Je me lance dans les escalators et replace ma tresse convenablement. Plus que quelques mètres et il devrait apparaître dans mon champ de vision. Quelques mètres encore et je suis à lui. J'inspire profondément, essayant de calmer les battements de mon cœur. Le voilà. Je lui souris tandis que mes jambes accélèrent d'elles mêmes.

- Bonjour ma tendre

Je n'ai pas le temps de lui répondre. Il m'enlace et m'embrasse. La chaleur de ses lèvres se propage dans mon corps. Lorsqu'il interrompt notre baiser, il s'écarte un peu pour me regarder de haut en bas.

- J'aime bien tes bas. La jarretière est en dentelle ?

Je le regarde en mordant le coin de ma lèvre inférieure, ne sachant pas quoi lui dire, comme une petite fille honteuse d'avoir fauté prise en flagrant délit. Son regard s'assombrit. Il fronce les sourcils.

- Faustine ! Non ! Tu n'as pas osé ?

Il empoigne mes bras et me pousse contre le mur au beau milieu de ce tunnel. Son regard est noir. Il y a une étincelle à l'intérieur. J'aperçois son côté sombre, sa bête. Celle qu'il refuse de laisser sortir de peur d'aller trop loin, de me faire mal. Cette bête, que j'aimerai rencontrer en tête-à-tête. Son air est grave, inquiétant, mais également excitant. J'ai beau craindre qu'il me jette dans le premier métro qui passe. Je sens mon désir humidifier mon sexe. Il me colle au mur sans ménagement, appuie de tout son poids le haut de son corps contre le mien. L'une de ses jambes vient écarter les miennes et il passe sa main sous ma jupe, la faisant remonter légèrement.

- Espèce de salope ! Tu as osé ! J'espère qu'ils ne t'ont pas coûté cher. Puis je m'en fous !

Il prononce la dernière phrase en décollant son corps. Sans m'en apercevoir, je retenais ma respiration. Il remonte ma jupe et arrache le devant de mes collants avec ses deux mains. Un cri de surprise s'échappe de ma bouche. Je regarde autour de moi, c'est maintenant qu'il me revient en mémoire que nous sommes dans un couloir très fréquenté qui relie le métro à la gare. Heureusement, il n'y a qu'une dizaine de personnes, trop pressées pour se mêler de nos affaires. S'ils ont remarqué la scène, ils ont préféré baisser les yeux et regarder leurs pieds, ce qui m'arrange bien.

Il s'écarte, pose sa main sur ma nuque et resserre ses doigts. Il me dirige d'un pas rapide vers la gare. La dernière fois qu'il m'a prise ainsi, nous étions dans les couloirs du métro parisien. Il m'emmenait dans un sex-shop avec l'idée de m'offrir un œuf vibrant. Aujourd'hui, il n'y aura pas de surprise. Sa poigne est d'ailleurs bien plus forte. Je lui avais pourtant bien dit que j'avais enfilé quelque chose pour pimenter notre rendez-vous imprévu ! Mais ça, je me garde bien de lui dire. En fait, tout de suite, je ne fais pas la maligne. Je ne sais absolument pas quoi lui dire, mise à part un « désolé », mais j'ai bien peur que cela ne suffise pas. Je ne peux pas non plus lui dire la raison qui m'a poussé à mettre ces collants, cela le mettrait hors de lui. Il n'est pas du genre à se donner en spectacle aux yeux de tous. C'est bien la colère qui a dirigé ses actes. Je pense que le coup des collants va venir s'ajouter à la liste des choses qu'il va me faire payer. Voilà, une nouvelle liste. Pas aussi plaisante que les autres ! Bravo, Faustine ! Même si, d'un certain côté, cela laisse présager quelques instants pas si désagréables que cela. Les supplices peuvent très vite devenir des délices sous mon très cher.

On avance rapidement, pas un son ne sort de sa bouche. Mes talons claquent sur le sol, résonnent, donnant un côté assez théâtral à la situation. Ce qui rend le silence encore plus pesant. Je n'ose pas le rompre. Pourtant, il me semble que je devrais, sans toutefois trouver les mots.

C'est toujours comme ça avec moi ! Je ne trouve jamais les mots au bon moment, sur le fait, ou lorsqu'on me les demande. Mais, une fois seule, une fois qu'il sera trop tard, je les aurais, ils viendront à moi victorieux de m'avoir tant manqué. Il faut bien que je tente quelque chose et tant pis, advienne que pourra.

- Marc ?

- Tu sais où nous pourrions aller pour avoir un peu d'intimité ?

- Sur un quai ? Si on va vers la fin du quai, dans l'un des abris d'attente nous serons protégés des regards et nous devrions pouvoir entendre arriver d'éventuel voyageur.

- Pas bête

- Merci.

Il me dirige vers la gare des trains régionaux en se murant de nouveau dans le silence. Le fait-il exprès ? Veut-il que la pression monte en moi ? Que je m'imagine un tas de scénarios sur ce qui pourrait bien m'attendre ou veut-il tout simplement se calmer avant de me demander des explications ? A-t-il senti sa bête gronder et se frayer un chemin en lui ?

Mes pieds commencent à me faire souffrir, je ralentis malgré moi, mais il augmente la pression sur ma nuque en me poussant un peu plus. Il y a un abri à quelques mètres, un peu trop proche pour qu'il lui convienne. Il jette un œil sans ralentir. Je souffle doucement en espérant qu'il ne s'en aperçoive pas. Et s'il n'y en avait pas d'autre ? Les minutes passent. Combien de temps va-t-il nous rester. J'ai envie qu'il me prenne dans ses bras. J'ai besoin de respirer son odeur, de m'imprégner de sa chaleur. Un autre abri est à quelques mètres. J'ai presque envie de devenir pieuse pour prier afin qu'il lui convienne et que l'on s'y arrête. Pourquoi il ne ralentit pas ? Nous sommes assez loin.

- Marc !

- Tais-toi !

Sa main se referme encore plus sur ma nuque, je ressens une faible douleur. Ses doigts vont rester quelque temps sur ma peau. Son autre main vient se poser sur mon cou. Il me fait reculer sous l'abri. Ses lèvres se posent sur les miennes, sa langue vient forcer l'ouverture de ma bouche que je gardais fermée sous l'effet de surprise. Son baiser est intense profond, gourmand. Ma langue s'avance à la rencontre de la sienne. Elles se redécouvrent, se retrouvent. Ses doigts se referment autour de mon cou... Il me fait reculer contre la vitre de l'abri... Appuie son corps contre le mien... Met son genou entre mes jambes... Sous mon intimité... Sa main lâche ma nuque... Soulève le bas de ma robe...Il enfonce un peu plus son genou... Mon sexe est à découvert, exposé aux yeux de tous... Je sens le tissu de son pantalon contre mon clitoris. Il passe sa main dans mon dos... Celle sur mon cou se resserre encore un peu plus. L'air commence à me manquer. J'arrive à respirer, mais non sans mal. Son baiser, sa poigne, la pression de sa cuisse. Les sensations s'accroissent. Un brasier prend forme dans mon ventre. Ses lèvres quittent les miennes. Elles laissent place à ses dents. Il prend ma lèvre inférieure... La mord doucement... Tire... Mord encore un peu plus fort. Je gémis, de plaisir et de douleur mêlés.

- Bouge Faustine. Déhanche-toi sur ma cuisse.

Sa main dans mon dos remonte doucement... Attrape mes cheveux, juste à la base de ma natte. Il referme ses doigts... Tire, intensément. Ma tête, penchait en arrière, au maximum. Je pousse un cri de douleur... Il remonte un peu sa main sur mon cou... Serre plus fort... Me prive d'air. J'ai de plus en plus de mal à bouger sur sa cuisse, mes jambes sont flageolantes. Mon corps devient feu. Le plaisir me submerge un peu plus à chaque mouvement. Ma tête me brûle, je ne distingue plus rien, sauf cette boule qui grossit, grossit et menace d'exploser. Exploser, c'est bien la sensation que j'éprouve à cet instant. C'est, si intense que c'est à la limite du supportable. J'entends sa voix, mais je ne comprends pas ce qu'il me dit. Il suffirait qu'il appuie un peu plus sa cuisse pour que mon supplice prenne fin. Pour que mon plaisir s'écoule sur son pantalon. J'essaie de me baisser un peu... Plus rien. Les sensations me désertent doucement. NON ! Il se recule... Me regarde... Me sourit... Me lâche.

- NON ! Les mots me quittent sans que je le veuille vraiment

- Serais-tu en train de me dire ce que je dois faire ? Pensais-tu vraiment que je te laisserais jouir après avoir mis des collants ?

Je le regarde, incrédule.

- Ferme la bouche Faustine ou mets-toi à genoux.

Je ferme la bouche, secoue la tête légèrement essayant de reprendre mes esprits.

Il s'approche de moi... Me caresse les joues... Saisit mes cheveux de chaque côté de mon visage.

- Je viens de te dire de te mettre à genoux ! Tu le fais exprès ! Que cherches-tu ?

- Rien, je ne cherche rien. Laisse-moi juste reprendre mes esprits, s'il te plaît.

- Je rêve.

Il prononce ces derniers mots en tirant plus fort sur mes cheveux. L'une de ses mains se pose sur mon épaule pour m'obliger à me mettre à genoux tandis qu'il déboutonne son pantalon de l'autre.

- Accroupie !

J'obéis, je n'aurai pas sa tendresse aujourd'hui visiblement ou pas avant de l'avoir débarrassé de sa colère. Ce qui n'est pas pour me déplaire. J'aime sa force, autant que sa tendresse et son courroux autant que ses délicates attentions. Jamais, il ne fera quelque chose pour me déplaire. D'ailleurs, il y a t-il quelque chose qui ne me conviendrait pas sous ses mains ? J'en doute sincèrement.

Jusqu'à aujourd'hui tout ce qu'il a imaginé, toutes ses envies m'ont satisfaite. Après notre rencontre, il nous arrivait parfois de discuter de ce que l'on aurait bien fait sans pour autant oser et généralement, pour ne pas dire à chaque fois, on découvrait que nous en avions tous les deux envie. C'était simplement ce qu'il fallait à ce moment. Une suite logique dans notre relation. Il est vrai que certaines choses pourraient sembler énormes, mais ce ne sont que des évidences. Bien que, si on m'avait dit que je ferai ça un jour, que j'en prendrai du plaisir et que j'en redemanderai encore ; je ne l'aurais jamais cru ! J'aurais même qualifié mon interlocuteur de malade. Peut-être que j'imaginais cela irréaliste, car il était pour moi inconcevable que j'accorde une telle confiance à un homme. Impensable, que je me sente libre et en sécurité pour tout lâcher, pour laisser les barrières tomber. Inconcevable que je sois véritablement moi, sans avoir la peur au ventre de me sentir rabaissée. Impossible d'être assez forte pour vivre tout ça. C'est un peu contradictoire. Je suis la soumise de Marc. Je me plie à ses volontés et pourtant je suis forte, entière, vraiment moi et me sens en sécurité sous son Lui. Je me soumets à lui, à son plaisir, à ses envies, je suis sous son bon vouloir et je suis plus forte, plus libre que jamais. Mais il est vrai, que j'ai de la chance, j'en ai bien conscience. Mon Marc est une perle rare. S'il pouvait se douter de mes réflexions, je passerai à nouveau un mauvais quart d'heure. Certainement qu'il me priverait de mon second plaisir.

Accroupie, mes mains se posent sur ses cuisses,... J'entrouvre les lèvres... marque un arrêt, juste le temps que nos regards s'accrochent... J'ouvre la bouche... Il pose l'une de ses mains sur ma tête... Empoigne sa queue de l'autre... Il me la tend. Le désir se lit dans ses yeux, le désir et l'attente. Mes lèvres se referment autour de son gland... Je pose délicatement ma langue en dessous, la fait tourner. Visiblement, il ne l'entend pas ainsi, il ne compte pas me laisser faire. Il appuie sur ma tête... avance son bassin... Glisse doucement son membre entre mes lèvres... Doucement... Tout doucement sa queue disparaît entièrement dans ma bouche. Le contact de sa peau sur ma langue... Son goût m'envahit... Le feu dans mon bas ventre reprend vie... Je commence mes vas-et-vient... Lentement...Je profite de lui, savoure ce moment... Je fais coulisser sa queue... Un... Deux... Trois. Trois fois avant de me concentrer sur son gland. Du bout de la langue, j'explore le long de son sillon... Monte sur son méat... Je goûte la perle de son désir, preuve de son plaisir naissant... Je gémis... J'aime le caresser ainsi, je pense prendre autant de plaisir que lui. Je me concentre de nouveau sur les mouvements le long de sa tige et joins la main à ma bouche. Je descends en tournant la main vers la gauche... Remonte en tournant vers la droite... Il exerce un appui sur ma tête pour que j'augmente la cadence. Je descends... Ne laisse que mon pouce et mon index entre mes lèvres et la base de son sexe... Je m'y attarde... Une... Deux secondes. Je sens les pulsions de sa queue battre contre ma langue, à la lisière de ma gorge. Il me laisse faire ça une dizaine de fois. Sa main sur ma tête se referme dans mes cheveux... L'autre, enlève ma main qui le branle... Il me dirige, il n'y a plus aucune douceur en lui à cet instant. Il prend son plaisir à ma bouche. Mes lèvres claquent contre son bassin. L'intensité des coups me font quitter son regard... Je ferme les yeux. Mes lèvres me brûlent, presque autant que mon désir qui s'embrase dans mon ventre. J'aime qu'il prenne possession de ma bouche comme s'il me faisait l'amour. Comme s'il me baisait. J'aime lorsque son plaisir fait tomber ses dernières barrières. Plus de tendresse. Juste son envie, son désir. Il me possède. Prend possession de mon corps. En dispose comme bon lui semble et je le possède à mon tour. Ma bouche le possède. Je le tiens entre mes lèvres. Des cris rauques sortent de sa gorge... Il met dans ses coups de reins un peu plus de vigueur... Je souris intérieurement... Il enfonce ma tête contre lui, me privant d'air... Dans un puissant grognement, il laisse son plaisir s'écouler dans ma gorge... Il reste ainsi, attendant que les dernières secousses l'apaisent... Il caresse mes cheveux... Je descends doucement le long de son membre en desserrant les lèvres... sa queue est très sensible... Arrivée sur le gland j'ouvre la bouche... L'abandonne à contre-cœur... Je pose ma langue dessous... Je le lèche... Fais le tour... Descends le long de la hampe... Remonte lentement sur le gland. Ce sera le dernier contact, je laisse les secondes s'égrener, m'offrant ce plaisir comme on savoure la dernière bouchée d'un mets délicieux et coûteux. Très lentement avec le plat de ma langue je passe sur le frein usant de toute la douceur que je puisse lui donner... Je m'y attarde.. Le caresse du bout de la langue... Il sursaute... Émet un petit bruit, presque un geignement, un cri de plaisir flirtant avec la douleur. Je regarde une dernière fois ce membre dont je connais chaque creux, chaque veine et dépose un baiser sur le méat... Je me relève... Il pose sa main derrière ma tête... Attire mes lèvres contre les siennes... Me donne un suave baiser. Nous restons dans les bras l'un de l'autre quelques minutes. Des baisers, des sourires, des caresses d'une main dans le dos. Lui comme moi reprenons notre souffle. Il regarde sa montre. Je redoute ses mots. Je redoute qu'il me dise que le temps de nous quitter est venu. Je voudrais ne pas le lâcher, rester au creux de ses bras, la tête contre son torse et continuer d'entendre son cœur battre. Il pose son bras sur mes épaules et me serre un peu plus fort. Il baisse la tête, met ses lèvres à la hauteur de mon oreille

- Je pourrai rester ainsi jusqu'à ce qu'il soit l'heure de nous dire au-revoir. Tu resterais frustrée, avec l'envie de jouir sous mes doigts, sans pouvoir les avoir durant de longues semaines. Tu serais alors obligée de te caresser et constater que ton corps ne répond qu'à moi. Durant les mois qu'il te faudra attendre notre prochaine rencontre, mes mails, nos discussions réanimeront ce désir. Il restera tapi dans ton ventre. Tu ouvriras des mails destinés à te rendre folle. Le matin à ton réveil, durant ta pause, au boulot. Tu images ? Peut-être que de cette manière, tu comprendras que me désobéir avec tes jolis collants en te foutant de ma gueule, peut te laisser un goût amer. Qu'en penses-tu ?

- Je ne l'ai pas fait pour te désobéir et je m'en excuse. Je t'écrirais un mail ce soir pour t'expliquer la raison qui m'a fait opter pour des collants. Je veux bien que l'on reste ainsi, mais s'il te plaît Marc, ne fait plus grandir ma frustration. Fait le moi payer lorsque l'on aura plus de temps. Fait le moi payer par un autre moyen qu'en me donnant du plaisir et en me le retirant lorsqu'il devient intense. Je saurai me faire pardonner.

- Je sais. Tu le feras et moi je te le ferai payer, mais pas aujourd'hui. Aujourd'hui, j'ai envie de t'entendre gémir à mon oreille. J'ai envie de tirer ta crinière et d'enserrer ton cou quand le plaisir montera en toi. J'ai envie de sentir couler ton plaisir dans ma main et voir dans tes yeux l'étincelle de ton orgasme.

- Votre plaisir a toujours été le mien, mon cher Maître.

Je baisse légèrement la tête, dissimulant contre son torse le sourire qui s'affiche sur mes lèvres. Je suis heureuse et soulagée qu'il ne tienne pas à me punir immédiatement.

Il prend entre ses doigts mon menton... M'embrasse... Nos langues valsent... Sa langue s'enfonce un peu plus dans ma bouche... Le baiser devient fougueux, sauvage. Il passe ses doigts entre mes cheveux sur l'arrière de mon crâne...Les referme... Tire sèchement... J'ouvre la bouche... Crie sous la douleur... Sa langue se mêle toujours à la mienne... J'essaie de le suivre... Je n'y arrive plus. La douleur est trop forte... J'agrippe son manteau. Pose mon autre main sur la sienne, dans mes cheveux... Il n'a que très rarement usé d'autant de force. S'il m'a offert un instant de tendresse, je pressens que ce n'était qu'une parenthèse. Il n'a pas pour objectif de me punir aujourd'hui, toutefois il est en colère et n'a aucunement l'intention d'être doux. Je le regarde. Je sais déjà ce que je vais trouver dans ses yeux : L'étincelle de la bête. Son côté obscure, sa part d'ombre, son moi caché. Décidément, il faut que nous soyons dans un lieu public pour qu'elle surgisse à multiples reprises. Mon esprit part dans des contrées de vices, malgré moi, se mettant à chercher ce qui pourrait le remettre dans un état similaire. Il navigue de souvenir en souvenir, ressort les phrases oubliées pour un prochain rendez-vous clandestin, mais cette fois, en toute intimité.

Il fait claquer sa main sur ma cuisse... Je sors de mes pensées. Il me parlait et je n'ai rien entendu.

- Faustine ! Mes doigts ou ma langue? Choisis ! Vite !

- Tes doigts, tes doigts je veux tes doigts.

- Tu me surprends, je pensais que tu préférais jouir de ma langue et non de mes doigts.

- Oh, je raffole de ta langue, mais là, maintenant je veux jouir de tes doigts tout en sentant ta poigne dans mes cheveux ou sur mon cou. Je veux sentir ton corps contre le mien, m'y accrocher. Si tu le permets, si tu y consens, j'aimerais que tu m'embrasses, que tu étouffes mes cris par tes lèvres.

- Rien que ça ! Mais, ma chère, penses-tu être en mesure de m'en demander autant ?

- Non effectivement. Je veux tes doigts juste tes doigts ou ce que tu voudras.

Sa main tenant fermement mes cheveux m'empêche de baisser la tête. Je veux éviter son regard. Je ferme les yeux... Ses lèvres se posent sur les miennes... Sa main glisse sous ma jupe... Remonte doucement le long de ma cuisse droite... J'écarte les jambes, avide de la sentir un peu plus haut. Mon initiative ne le dérange visiblement pas. Il ne dit rien, continue... Sa main remonte encore... Se pose sur mon sexe... Je soupire... Soulagée. A l'instant où j'ai bougé, le doute m'a envahi. Avais-je raison de bouger ? Comment allait-il le prendre ? Je me pose toujours ce genre de question quand il est en colère. Bien qu'une partie de moi redoute sa colère, une plus grande partie de moi encore trouve cela très excitant. Sa voix : Grave. Profonde. Son regard : Noir. Intense, déterminé. Sa posture : Intimidante. Le voir changer, voir l'homme tendre céder la place au dominant m'excite. Terriblement. Sa main posée à plat sur mon intimité, il arrête notre baiser... Me regarde... Il ne bouge plus... La pression dans mes cheveux diminue. La douleur était devenue intense, comme une brûlure. Un soupir de soulagement m'échappe. Un peu trop fort car, avec un regard grave, ses deux mains se posent sur mes joues.

- Pourquoi ne m'as-tu pas dit que c'était trop fort ? Que tu avais mal à ce point ?

- Parce que ça ne faisait pas si mal que cela et parce que j'aime ça.

Il secoue sa tête en signe de désapprobation et m'embrasse.

- Et ça, tu aimes ?

Sa main droite quitte ma joue... Il passe son index sur la lèvre inférieure... J'entrouvre la bouche... Met ma langue sur le bord de mes lèvres... Lui lèche le doigt... Il continue... Il contourne mes lèvres... Descend sur ma mâchoire... Mon cou... Je ferme les yeux,... Gémis... Il poursuit sa descente... Le haut de ma poitrine... Caresse mon sein gauche... Le prend dans sa main... Le bout de son doigt s'attarde une brève seconde sur mon téton dressé... Mon ventre... Tourne autour du nombril... Remonte jusqu'au-dessous de mes seins... Passe sous mon sein droit, le frôle... Redescend sur ma hanche... L'extérieur de ma cuisse gauche... Mon genou... Son doigt remonte... Au-dessus de ma robe... L'intérieur de ma cuisse droite... Caresse, une caresse à peine perceptible, mon sexe avec sa main... Son regard est toujours accroché au mien... Je me mords les lèvres... Je n'en peux plus. C'est tellement peu et pourtant si fort. Je voudrais qu'il arrache ma robe, me colle contre la paroi de l'abri, qu'il m'étrangle à inscrire ses doigts sur ma peau et me prenne sauvagement, bestialement. Au lieu de ça, l'une de ses mains reste sur ma joue... L'autre repart sur ma cuisse gauche... Mon genou... Il remonte sur l'intérieur... Un courant électrique me traverse... Je souris... C'est comme une victoire, c'est une victoire. La barrière de tissus est franchie. Peau à peau. Chaleur contre chaleur. Sa main continue son ascension... Un frisson glacé me parcourt... J'ai froid... Mon corps a froid. Il en veut plus, j'en veux plus. Je voudrais m'envelopper dans ses bras, me fondre en lui. Je veux le sentir contre moi. Mon corps veut, a besoin de lui, de son corps, de sa chaleur, de son poids.

- Tu as froid ma tendre ?

- Non. J'ai froid de toi, de ton corps. Je voudrais te sentir contre moi, sur moi.

Il pose le haut de son corps contre le mien... Met sa tête dans mon cou... Prenant bien garde à ne pas approcher son bassin, il met sa jambe droite contre ma jambe gauche... Embrasse mon cou... Plusieurs petits baisers... Sa main poursuit son chemin... Tout en haut de ma cuisse, il caresse mes grandes lèvres d'un doigt... Mon clitoris... Redescend... Passe sur ma vulve, en fait le tour... Remonte... Deux doigts... Il écarte son index et son majeur... Les fait passer de chaque côté du clitoris... Redescend... Il plaque sa main contre mon sexe... Il la secoue... De droite à gauche... Doucement. Délicatement... De haut en bas... Lentement. Tendrement... Des cercles... Subtilement. Méticuleusement... De gauche à droite... Plus fort... De bas en haut... Plus vite.... Des cercles... Encore plus fort... Plus vite... Je gémis... De droite à gauche... Des cercles... Il me mord dans le cou... Je crie. De douleur, de surprise, de plaisir, je ne sais plus... Plus fort... Des cercles... Mes jambes flageolent... Le plaisir m'envahit... Je gémis... Sa main s'arrête... Je crie « non » dans un souffle... Il la referme sur mon sexe... Le tire... Remets sa main à plat... Une tape, légère... Des cercles... Moins vite... De gauche à droite... Moins fort... Des cercles... Il accélère... Augmente l'appui de sa main... Je gémis... M'accroche à lui... De haut en bas... Deux doigts en moi... Il pousse... Plie les premières phalanges... Pousse vers le haut... Je crie... Il me mord l'épaule... Il pousse encore un peu plus... Je hurle... Ses doigts ressortent... Des cercles... Plus vite... Plus fort... Sa main... Ses dents... Mon cœur s'emballe. Ma respiration s'affole... Je ne retiens plus mes gémissements. Il mord plus fort... Sa main accélère encore... Je ne sais plus ce qu'il fait, je ne fais que ressentir mon plaisir qui grandit, qui monte jusqu'à m'ensevelir... Sa main sur ma joue vient se plaquer sur ma bouche... Je jouis. Un cri étouffé se laisse entendre traduisant l'ampleur de mon orgasme. Son corps contre le mien se fait plus lourd... Il me retient, me soutient. Mes jambes se dérobent, ne me portent plus. Il reste ainsi, contre moi, la tête nichée dans mon cou jusqu'à ce que je reprenne mes esprits, que mes jambes me répondent à nouveau. Il dépose un baiser sur chacune des morsures qu'il m'a faites. Celle dans mon cou est légère, il n'y a qu'une petite trace rouge, qui disparaîtra rapidement contrairement à celle sur mon épaule. Il la caresse très délicatement, me regarde d'un air grave.

- J'y suis allé trop fort, il y a un peu de sang. Je suis désolé, je me suis laissé emporter.

- Moi, je ne le suis pas et ne le soit pas non plus ! Merci. J'ai adoré que tu le fasses. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'ai pris autant de plaisir. Promets-moi de recommencer.

- Tu vas remettre des collants ?

- Non. En arrivant chez moi, je jette toutes mes paires.

- Toutes tes paires ?! Si tu les jettes, toutes, alors, il se pourrait que je recommence.

Il n'y avait pas de sang, juste une sorte d'éraflure comme une simple griffure sur laquelle on soufflerait en disant « tu n'as rien » à un enfant douillet.

J'aime ce côté attentionné, complètement paniqué, un peu trop parfois, à l'idée de me faire mal. C'est l'une des raisons pour lesquelles, je lui accorde autant de confiance. Il serait d'ailleurs plus juste de dire toute ma confiance. C'est pour ça que je suis certaine qu'il ne me fera jamais aucun mal. Et quand bien même, par inadvertance, il me ferait mal, l'espace d'une seconde, juste avant que je lui demande d'arrêter : Il aurait alors plus mal que moi et s'en voudra. Moi, par contre, je ne lui en voudrais pas un seul instant. Voilà pourquoi j'ose tout, qu'il n'y a rien de tabou ou presque avec lui. Rien que je ne veuille essayer. Quoi qu'il arrive, il n'y a que deux possibilités : Soit et c'est ce qui c'est passé à chaque fois, j'aime ce que nous faisons. Soit, ce sera trop pour moi et il suffira que je lui dise « stop » pour que nous passons à autre chose, naturellement, sans qu'il insiste, râle ni ne me réprimande. Je ne verrais même pas un petit « tu me fais chier » dans ses yeux. On m'a souvent demandé, comment je pouvais accepter de me soumettre avec un passé comme le mien. Une de mes amies, qui a le même passé que moi, me dit à chaque fois que je parle de lui. « Pourquoi tu le laisses faire ? Comment tu peux aimer ça ? Je comprends pas, je ne te comprends pas. » C'est assez difficile à expliquer à quelqu'un qui ne le vit pas, qui ne le conçoit pas. Comment dire qu'il a beau prendre le contrôle, me soumettre, faire de moi ce qu'il souhaite, petite chose entre ses mains. Il me rend forte. Derrière une main rude, il y a dix caresses. Derrière un regard noir, il y a des regards affectueux, attentionnés. Il y a plus de respect dans son regard que dans tous les regards qui se sont un jour posés sur moi. Comment expliquer qu'en me soumettant à lui, il me donne bien plus que ce que je ne lui donne ? Il a fait de moi celle que je suis, celle que je veux être. Une femme, qui a toujours été en moi, sans jamais oser sortir, se dévoiler, être, exister. Une femme, qui ne s'est jamais sentie aimée, digne d'intérêt et encore moins belle. Comment expliquer que lorsque je me regarde dans ses yeux, je suis belle. Dans ses yeux... Je suis ! Il me soumet. Oui ! Je ferai tout ce qu'il me demandera. Son plaisir est le mien. Il me soumet en me donnant des ailes. Il me fait voler, me rend libre et souffle sur mes ailes quand je fatigue. Il me rend forte. J'ai la sensation que rien ne me résiste lorsqu'il est près de moi. J'ai l'impression que je peux tout faire et réaliser. La vie devient rose, belle et généreuse. Il me donne le courage de tout traverser, la force de résister, de poursuivre. Quoi qu'il se passe, s'il est là, ça va. C'est magique. Fou, idiot, absurde, impensable, incroyable. Je sais. Mais pourtant... c'est vrai ! Je lui dis souvent qu'il est l'homme parfait. Il déteste que je dise ça, il refuse que je dise ça. Parce que selon lui, c'est complètement faux car, pour commencer, personne n'est parfait, l'homme parfait n'existe pas ! Ensuite parce qu'il est conscient d'avoir des défauts. C'est vrai, il a raison sur un point, l'homme parfait n'existe pas. L'homme qui sera parfait pour l'une ne conviendra pas à l'autre, aucun homme ne peut être parfait pour toutes les femmes. Marc, lui, il est parfait pour moi, avec ses défauts. Ses défauts qui me font rire, soupirer aussi parfois, mais sourire, ils m'attendrissent. En plus, il ne les cache pas, les avoue ce qui le rend Homme avec un grand H.

Je le regarde et lui souris. Il me rend mon sourire sans se douter de ce qui vient de me passer par la tête. Je suis dans ses bras, j'ai retrouvé sa douceur, je suis bien. J'aimerai qu'il oublie sa montre, que le temps s'arrête. Mais, je sais que d'ici une minute ou deux, il va sentir mes cheveux, déposer un baiser sur mes lèvres et s'éloigner. Je le serre un peu plus dans mes bras. J'essaie de prendre son odeur, m'imprégner de sa chaleur avant qu'il ne s'écarte. Il soupir.

- Ma tendre, il va falloir qu'on remonte

- Je sais.

Il me prend par la main et nous remontons doucement le quai. Je frissonne sous la fraîcheur du vent, et referme le col de mon manteau.

- Tu as froid ?

- Au cou, j'ai oublié de prendre mon écharpe. J'ai dû quitter la maison précipitamment.

- Je ne vois pas pourquoi. Tu étais pressée de voir quelqu'un peut-être.

- Oui, il ma prévenu à la dernière minute. J'étais encore dans mon lit lorsque son message m'a réveillé.

On se regarde en souriant. Il s'arrête, pose son sac à dos et dénoue son écharpe pour la passer autour de mon cou. Mes lèvres s'étirent soudainement, son écharpe, son odeur. Je vais l'emmener, la garder avec moi, sur moi.

- Merci, dis-je avec un sourire que je n'arrive pas à contenir

- Tu me refais ton regard de petite fille devant le Père Noël.

- Mais tu es mon Père Noël ! Et maintenant, j'ai ton odeur avec moi.

Il tire sur son écharpe et m'embrasse. Nous reprenons la route, contrairement à tout à l'heure, le départ du quai me semble très proche.

- Faustine, prends soin de toi. Je t'écris dès que possible.

- Toi, surtout, prend soin de toi. J'ai le droit à un dernier baiser ?

Il tire légèrement sur ma main et m'embrasse rapidement. Nos regards se croisent une dernière fois et il s'éloigne. Je le regarde quelques secondes et retourne à ma vie. Non, ma vie est l'homme que je regarde devenir de plus en plus petit. L'homme qui s'éloigne et s'en va à plusieurs centaines de kilomètres de moi. Mes obligations correspondraient mieux. Je rejoins le métro en nichant mon nez dans son écharpe, qui ne risque pas de me quitter de la journée ni même de la nuit. C'est en quelque sorte un moyen de le garder avec moi, contre moi. Le sentir près de moi même s'il est loin.


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