6 minutes de lecture

Épisode 7 : Amour vécu… amour perdu

  • Vibrez pour la version audio de cette histoire

    Durée : 09:59 min

    De "ne pas m'arrêter" à "Si tendrement", il y eut nos frissons. Et cette exclamation qu'il eut pour finir me donna l'idée de plusieurs autres récits.

    Écoutez l'extrait érotique

    Inscrivez-vous gratuitement pour écouter la version complète !

Un amour non vécu n'est pas un amour perdu. C'est un amour qui vous perd, qui vous possède plus que vous n'en êtes dépossédé. Frédéric Lenoir

Il y avait longtemps que je l’aimais. C’était comme dans la chanson de la claire fontaine. Et jamais je ne l’oublierais, ça, c’était certain. On avait déjà fait des petits bouts de chemin ensemble. Rien d’amoureux, juste des jeux de sexe.

Un premier baiser, presque … arraché. Une étreinte dans un abris-bus. Un colin-maillard. Jusqu’à présent, c’était des choses que lui avait proposées. J’étais tellement dans les doutes que je n’aurais jamais osé me lancer à son cou ou à son joli corps. Il savait qu’il me charmait, qu’il me troublait. Jusqu’à présent, il n’avait pas joué avec mes sentiments. Il avait juste joué avec mon corps, mais comme j’étais d’accord…

Je pense que si j’avais pu être totalement honnête avec lui, je lui aurais demandé qu’on s’en tienne à des ébats et qu’il n’y ait aucun sentiment là-dedans. Mais j’étais toujours dans la retenue. Et puis, j’avais peur de le perdre… Je voulais vraiment être « rien qu’à lui », qu’il n’ait pas de raison d’être distant ou tracassé parce que j’aurais voulu plus. Juste s’aimer quand et comme il le voudrait. le laisser venir à moi, gentiment.

Ce jour-là, on était un jeudi et il était onze heures, je dirais, je reçus un appel. Sa voix sourde et tranquille me glissait dans l’oreille un « Ch’suis dans le coin. T’es chez toi ? ». C’est vrai. Je lui avais dit que si jamais il venait voir ses parents qui habitent pas loin de chez moi, il me le dise. Qu’on passerait un moment ensemble. Je pensais qu’on se verrait juste un petit quart d’heure…

Dix minutes suffisent pour faire le trajet entre la grande maison de ses parents et mon petit logement… J’étais tellement surprise qu’il m’offre de passer me voir que, quand il a frappé au heurtoir de la porte d’entrée, je n’étais toujours pas remise de son coup de fil. Je lui ouvris. Il était, comme à son habitude, rayonnant, à tomber. Pas de petit sac à dos à l’épaule, cette fois. Il avait les mains dans les poches de sa veste de cuir. Il me regardait en souriant.

- Tu me fais entrer ou…. T’as décidé que je resterais devant la porte ?

Il me sourit en plantant ses yeux écume dans les miens. Je me sentais fragile, complètement démunie.

- Euh… oui, entre.

Ce qu’il fit… Je me mis sur la pointe des pieds pour recevoir son baiser sur ma joue rosie de plaisir.

- Tu m’avais pas dit que … tu avais des choses pour moi ?

Alors là, je trouvai qu’il exagérait… Oui, j’avais des choses pour lui. Et c’est vrai, aussi, que je lui avais rabâché les oreilles de nombreuses fois pour qu’il vienne récupérer ce sac. J’y avais entassé les bouquins et les CD que j’avais achetés pour lui, il y a un bail. Moi, ce que j’aurais voulu, c’était qu’il vienne POUR MOI, pas pour ces cadeaux- là. Bien sûr que c’était dans mes intentions de les lui donner mais il y avait tout de même eu ce fameux colin-maillard qui avait été si délicieux et il ne m’avait pas parlé de mes achats. Donc, je pensais qu’il avait oublié et qu’il venait pour..., enfin, vous comprenez…

On était fin avril. Il y avait du soleil mais il ne faisait pas encore très chaud. En vitesse, j’étais montée dans ma chambre pour me choisir une robe. Quand j’avais reçu son appel, j’étais dans une tenue confortable mais pas vraiment… sexy : un survet de sport et un foulard dans les cheveux. J’avais dans l’idée de faire un grand nettoyage mais « évidemment », sa venue était bien plus intéressante que torchonner…

Il était en train de regarder mes mains en souriant. Et moi, toute à mes réflexions, je ne m’étais pas rendu compte qu’elles étaient moites et humides : j’avais retiré mes gants en caoutchouc à la hâte et… le spectacle n’était, je l’avoue, pas fameux…

- Tu mets rien sur tes mains ? Tu devrais les soigner… Tes doigts, c’est tout de même ton outil de travail, non ? me lança-t-il, railleur…

Je ne répondis rien. J’étais bien trop gênée.

- Au fait, tu as pensé à ces choses pour moi ?

Mais, il ne lâchait rien… Dans un soupir, j’esquissai un mouvement vers l’escalier.

- Le piano, il est pas en bas ?

Là, je n’y comprenais plus rien. Que voulait- il dire ?

- Je pensais que t’avais préparé une chanson pour moi… une ou plusieurs, d’ailleurs.

Alors, c’était ça, les choses auxquelles il pensait !

Très sûre de moi, je lui dis qu’il y avait un clavier en haut, dans la pièce juste à côté de la chambre d’amis. Que, limite, je préférais me servir de cet instrument- là parce qu’entendre ma voix pendant que je chantais, c’était plus aisé avec un micro et que… blablabla. Je vous avoue que je me perdais un peu dans mes explications. Au plus je m’embrouillais, au plus, le sourire de mon savoureux s’élargissait. Ce n’était pas la première fois que je remarquais qu’il aimait me tourner en bourrique et que son plaisir à le faire l’amusait énormément.

- Et puis, continua-t-il, il y a ce lit, juste à côté. Et le cadeau que tu pourrais m’offrir après tes chansons, c’est tout de même mieux dans un lit, non ?

Là, devait- il penser, je l’ai bien cassée… D’ailleurs, je devais lui donner l’impression d’être un pauvre petit oiseau en cage, qui cherche désespérément à s’échapper par la porte ouverte mais qui est tellement nerveux qu’il ne la voit même pas…

Bon, me dis- je, on va tâcher de retrouver son calme, choisir deux chansons… et puis, on quittera la petite pièce bleue et… C’est donc très dignement que nous sommes montés. Je lui chantai « Ne pas m’arrêter », vous savez, celle qui parle de déshabillages et ensuite, celle qui vient juste après, dans mon set : « Si tendrement » dans laquelle j’explique que j’ai envie de le dénuder lentement, de le faire jouir et puis… On verrait ce que ça lui inspirerait.

J’étais assise devant mon clavier, la bouche pratiquement collée au micro. Lui, il était assis dans le Po-Ang au coussin écru. Il avait les yeux fermés en m’écoutant. Du moins, entre les deux chansons. Les miens étaient clos aussi mais je les avais ouverts un court moment et c’est de cette façon que je m’étais aperçue de son état.

Ah, mon savoureux… Vous vous souvenez des symptômes de son trouble quand il écoutait la voix de Marine dans les Frissons Nocturnes ? Et bien, c’était pareil. Il avait les jambes légèrement écartées et ses mains serraient ses cuisses, juste au- dessus des genoux. Son souffle s’accélérait tout en devenant plus profond. Il était sous extase. Etaient- ce les mots, ce que je jouais ou moi, tout simplement.

Quand « Si tendrement » fut terminée, je repris mes esprits, ouvris les yeux et vis que les siens étaient toujours fermés. Un petit sourire se dessina sur sa jolie bouche.

- C’est ce que t’imagines me faire ? me demanda-t-il. T’as prévu du vin, comme dans la chanson ?

- J’en ai toujours… Et oui, pourquoi pas, pour ce que j’ai envie qu’il se passe.

- On va à côté, alors, si j’ai bien compris ?

Vous allez sûrement trouver que mon histoire n’a rien d’érotique, que ce sont juste les réflexions et les rêves d’une ado attardée. Et pourtant, je vous promets que tout ce que j’anticipais, c’était en passe d’arriver. Que ces plaisirs dont j’avais déjà rêvé tellement, ils se réalisaient vraiment.

Je lui ai dit qu’il devait ôter sa veste et aller m’attendre dans la chambre. La veste, rien que la veste. Et que je le rejoindrais dans quelques minutes. Je voulais, comme dans la chanson, le déshabiller lentement, le découvrir petit à petit. Découvrir : pouvoir le regarder. Découvrir : lui ôter ce qu’il portait comme habits.

Et c’est ce que je fis : le découvrir. Retrouver ses bras pas trop musclés, son torse presque imberbe, son ventre adorable, ses cuisses et son entrejambe déjà très prometteur.

Il n’eut aucun besoin de me demander quoi que ce soit. Ma bouche avait déjà rejoint son sexe adorable et raide. J’avais envie de le goûter, tout savoureux qu’il était. De le lécher, de le sucer. Mes doigts jouèrent quelques instants avec ses bourses et cette fois, je vous promets que je l’ai avalé. Avec gourmandise. Avec délectation. Comme pour me prouver à moi- même qu’il était vraiment savoureux comme je l’aimais : un peu amer mais doux, chaud et liquide.

Il grogna, me dit que je l’embouchais bien, qu’il appréciait ce que je lui faisais et quand il rouvrit les yeux enfin, il me gratifia d’un « Fellacitation ! ». Je savais qu’il était comblé et nous éclatâmes de rire tous les deux. Nous étions heureux et insouciants….

Je n’avais pas l’impression que cet amour à sens unique me fasse perdre quoi que ce soit. Non seulement, il (cet amour) me rendait heureuse même si parfois, je pleurais de ne pas être aimée en retour. Mais il… m’épanouissait, m’inspirait jour après jour. Il y avait eu ces frissons (nocturnes) puis cette chanson douce et à présent, tous ces textes savoureux.


Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche