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Épisode 6 : Colin-maillard (2)

Il était sur moi. Ces longs cils battaient. Il me regardait de tous ses yeux, à présent. Il me défonçait avec douceur. Il avait saisi mes poignets et les maintenait plaqués au drap de lit bleu ciel. Son souffle s’accélérait… et moi, je me perdais dans le vert écume de ses prunelles.

J’étais si heureuse que je me sentais telle une poupée de chiffon, incapable de bouger volontairement, juste en attente de ses assauts, de cette manière fougueuse avec laquelle il me pénétrait… Et si vous m’aviez vue : émerveillée, comblée de le sentir en moi…

Je me demandais si cet instant suspendu, tellement délicieux, allait durer longtemps, s’étendre et me satisfaire pleinement. J’étais certaine que le plaisir et le bonheur que je ressentais à ce moment allaient me faire pleurer.

Comme j’étais sur le dos, et lui sur moi, il lui était impossible de détailler mon corps. Il pouvait le sentir mais pas le voir. Cela m’enlevait tout complexe. Il ne pesait pas sur moi. Et les regards qu’il me jetait, c’était juste pour trouver, sur mon visage, les signes du plaisir. Je me mordillais les lèvres, mes yeux étaient remplis de larmes, les ailes de mon nez vibraient. Je m’accrochais à ses bras, musclés comme j’aime, c’est-à-dire, pas beaucoup ! Il était fort, oui, mais pas bodybuildé. Je n’ai jamais aimé les hommes comme ça, trop « à l’écoute de leur corps ». Je préfère ceux qui entretiennent leurs mains, ont des muscles longs et plutôt fins.

Il avait toujours ce Tshirt noir qui moulait ses épaules. Quand il ne s’activait pas à coulisser en moi, il frottait sa joue contre la mienne, comme pour que nous ne perdions pas le contact peau à peau. Je le sentais bien. Je veux dire qu’il semblait calme, paisible, heureux. Et cela me rendait pareille : sereine et tellement joyeuse. Une joie toute contenue : je ne riais pas aux éclats, évidemment. Mais mon cœur était si gonflé de bonheur…

De temps en temps, quand nos joues ne se touchaient pas, il me déposait des baisers tendres dans le cou, juste sous l’oreille ou sur l’épaule et c’était charmant. C’était délicieux. Parce que ce que je ressentais, c’était sa douceur et pas le fait qu’il veuille me faire jouir à tout prix ou celui qu’il veuille, lui, prendre son pied… Je trouvais ça adorable.

Je n’aurais jamais dit qu’il était un « dieu du sexe »… Il estimait peut- être que faire hurler une partenaire, c’était ça, le paroxysme de la jouissance. Peut- être que celles qu’il avait comblées, elles étaient démonstratives… Je n’en sais rien. Par contre, qu’il soit tendre, gentil, patient, qu’il soit respectueux de moi, ça, c’était, pour moi, le top. Pas besoin de quelqu’un qui fasse preuve de techniques particulières, qui soit taillé comme Mister Univers. Juste lui, simplement lui. J’avais envie de ses doigts en moi depuis si longtemps : je les avais déjà tellement regardés. J’avais envie de sa bouche contre ma peau. Je ne pensais pas à un cunni ou un anulingus, non, simplement des petites morsures, des places qu’on léchouille avec application. Pas besoin de choses originales, simplement que lui, je l’aimais depuis des années et que même s’il ne partageait pas mes sentiments, le fait qu’il m’ait proposé de jouer et que là, il s’occupe de moi de cette manière…cela annulait tout ce que je m’étais déjà infligé comme tortures émotionnelles…

Mais, ne nous appesantissons pas sur des choses tristes… Il était temps de me reconcentrer sur ces plaisirs qu’il me donnait. J’étais toujours couchée sur le dos, sa langue farfouillant dans ma bouche, à présent. Cela me faisait frissonner. Je me demandais par quoi il continuerait.

- Tu permets que je me foute à poil ?

Je le regardais. Il avait un sourire franc. Il me faisait du bien.

J’acquiesçai… Je n’aurais jamais pu dire quoi que ce soit tant ma gorge était nouée d’émotion. Je pensais à tous ces fantasmes qu’il m’avait déjà déposé au creux du ventre et du sexe et je me demandais s’il en était conscient.

Je le regardais ôter ses chaussures, ses chaussettes, son jeans déjà ouvert et son TShirt noir. Mon sourire s’élargissait. Qu’il était beau. Je n’osais pas le fixer dans les yeux. Je préférais les laisser traîner sur son buste. Il avait toujours son boxer : un gris anthracite. Son membre raide était visible sous le tissu.

- Pas besoin que t’ailles plus loin, lui dis- je. 

C’est vrai, je trouve ça bien plus excitant. Et de toute manière, je savais qu’on irait certainement jusque là, que je l’emboucherais. Et je préférais voir son sexe tout contre ma joue, le gland appétissant découvert et légèrement humide.

Le petit sac à dos noir m’intriguait. Jusqu’à présent, il était resté par terre, à côté de la porte de la chambre d’amis. Il suivit mon regard…

- T’es curieuse, hein ! me dit- il…

En effet… Que contenait- il ? Des jouets ? Autre chose ?

- Je te mets le bandeau. Tu me laisses quelques minutes, histoire que je sorte tout et puis… on verra, termina-t-il en me faisant un clin d’œil coquin…

Je restai donc couchée entre la couette et le drap bleu ciel, les yeux bandés. Je ne disais rien : j’avais envie de deviner ce qui allait se passer…

- Tu permets ? Je dois aller chercher quelque chose en bas… Je vais peut- être devoir un peu fouiller mais, tu m’attends, hein…

Il y eut des pas dans l’escalier, des portes de meubles qu’on ouvre, qu’on referme : pas très discret, tout cela. Et puis à nouveau, des pas dans l’escalier. Ensuite, un petit tintement, un bruit de tirette, sans doute, celle du sac à dos. Quelque chose qu’on dépose sur un meuble (la petite armoire au pied du lit). Autre chose, en verre aussi. Un petit pop et des glouglous. Et puis, un briquet qu’on bat… C’était étrange et intriguant.

- Ne retire pas encore le bandeau

Dans la pièce, un parfum un peu sucré se répandit. J’essayai de discerner de quoi il s’agissait : de la vanille, non… des fruits rouges, non plus. Je réfléchissais encore.

Je sentis l’air bouger près de moi.

- Tu peux... ouvrir la bouche ?

Un verre contre ma joue, j’écartai les lèvres. Une petite gorgée. Du vin… Du vin divin. Ah, il s’y connaissait… Je pencherais pour du Saint- Julien… Fin connaisseur.

- Tu m’enlèves le bandeau ?

- Si tu veux, oui… Il y une autre surprise…

Et là, oh oui, pour la surprise. Outre la bougie allumée qui dispense un parfum tendre et suave de mangue (il s’agissait bien de fruit), la bouteille de vin et les deux verres, monsieur est nu, totalement nu. Il a dû ôter son boxer juste avant de remonter avec les verres. Je jette un coup d’œil dans la chambre mais je ne le vois pas…

Voilà donc où en sont les choses. On vient de passer un moment délicieux au lit. Une bougie à la mangue brûle et répand une senteur sucrée. Nous sommes l’un en face de l’autre, à siroter un verre de vin et là, j’ai face à moi celui dont je rêve depuis des temps et des temps et il est nu…

- Ne te sens pas obligée de…

Il doit se rappeler nos conversations un peu chaudes.

- Après les plaisirs du nez et de la bouche, tu penses que toi, tu pourrais me donner du bon… avec ta bouche ?

Je vidai mon verre, d’une traite. Et lui dis de faire de même, de s’allonger et de fermer les yeux pour mieux savourer. Je lui proposai même de remettre le bandeau. Il sourit : je replaçai celui- ci.

Il faisait toujours chaud. Il était magnifique : son sourire, son corps, ses doigts qui avaient déjà si bien dansé en moi. Il s’offrait à présent totalement à moi. C’était un cadeau magnifique. Tous ces espoirs qui devenaient réalité.

Je ne disais rien : j’avais peur de rompre le charme. Il était couché, les yeux bandés. Et moi, j’avais le nez contre sa toison. Je soufflais sur ses poils châtains, puis, alternais avec les petits baisers au creux de ses aines. De temps en temps, son souffle s’accélérait. Il ne disait rien non plus. Juste des petits soupirs d’aise. Des ronronnements de chat. Je n’avais pas encore entrepris de chérir sa hampe. Je voulais le faire attendre…

- Tu te décides ?

Rhaaa, ce ton railleur…

Avec tendresse, je pris son sexe entre mes doigts, le décalottai et commençai de lécher son gland. Il eut un frisson, puis un deuxième. Je l’embouchai avec gourmandise… Ah, il attendait que je me décide. Et bien, il allait voir ce qu’il allait voir. Enfin, sentir, goûter, plutôt, puisqu’il avait toujours le bandeau. Je le suçais, lentement, très lentement. Puis, plus rapidement. Mes doigts aidaient à la manœuvre. Je faisais coulisser le prépuce légèrement du bout de ceux- ci pendant que ma langue jouait avec le méat.

- Dis- moi ce que tu préfères : jouir dans ma bouche ou autrement ?

- Pour le moment, continue. On a tout le temps et j’ai envie de savourer… Orgh, que c’est bon…

Je n’osais pas lui faire soulever les fesses. Je repris mes lapages et mes caresses. Il grogna un peu et puis, ses mains prirent ma tête et c’est lui qui imprima les va et vient, leur cadence et leur profondeur, de la pénétration buccale. Il n’allait pas très vite. Il profitait de mes lèvres serrées contre son sexe. Il profitait de ma langue qui tournait autour de son gland ou s’immisçait dans le méat à son extrémité. Il profitait de mon souffle qui devait lui chatouiller la toison. Ma main attrapa ses bourses. Un autre « Orgh ».

- Je vais te regarder : ça doit être fabuleux

Il me lâcha la tête pour ôter le bandeau.

- Qu’est- ce que t’es belle…

Il ne posa pas longtemps les yeux sur moi : il rejeta la tête en arrière en soupirant que « c’était trop bon et que cela allait le faire venir, qu’il ne pourrait plus tenir le coup longtemps ». Il remit les mains sur ma tête. Je repris ma fellation.

Je sentais ses abdos se contracter, il était prêt à jouir. Il baissa les yeux, me regarda pendant que je l’amenai au septième ciel. Quand j’ai senti un premier spasme de plaisir le parcourir, je l’ai sorti de ma bouche et ai fait passer son gland qui éjaculait contre mes lèvres. Le sperme qui giclait était chaud, doux. Je n’aime pas trop avaler. Par contre, sentir son foutre couler entre mes lèvres, contre mes joues, ça, c’était une gourmandise délicieuse.

Je n’avais pas besoin d’être touchée davantage. Je n’avais pas besoin qu’il me pénètre et me fasse jouir… J’étais juste bien, la bouche barbouillée de lui, ses prunelles vert écume dans mes yeux à la couleur incertaine. Son corps délicieux contre le mien bien trop vieux pour lui. Et j’étais heureuse…


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