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Épisode 18 : Fluides

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    Durée : 16:12 min

    Bleue, artiste vocale, vous fait des confidences. Fantasmes ? Réalité ? "Nous n’étions pas coutumier de ces échanges : salive mais aussi sperme et cyprine… Oui, j’aimais le goûter, le goûter encore. "

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On peut être maître de ce que l’on pense, jamais de ce que l’on ressent.

L'élixir d'amour de Eric-Emmanuel Schmitt

Nous n’étions pas coutumier de ces échanges : salive mais aussi sperme et cyprine… Oui, j’aimais le goûter, le goûter encore. En ce qui le concernait, je ne savais pas trop ce qu’il pensait de me lécher. De temps en temps, il avait laissé échappé qu’il aimait que sa bouche soit entre mes cuisses mais les rares fois où cela s’était passé, il était dans un état d’excitation pas possible et je ne me faisais pas d’illusion : c’était sans doute dans ces circonstances que ses mots avaient été prononcés.

J’avais, avec le temps, acquis la certitude que je ne serais jamais la « femme de sa vie » : jouer lui suffisait, passer du temps contre moi ou en moi aussi. Je m’étais résignée : je savais que je devais profiter de chaque petit moment qu’il m’était donné de vivre en sa compagnie. Je l’aimais, je l’aimais tellement. Je n’avais pas envie de soigner cet espèce de cancer qui me rongeait de l’intérieur. Je le cultivais, je le soignais avec précaution. Je n’avais pas envie qu’il quitte quoi que ce soit de mon cœur, de mon corps et de ma tête. Je l’aimais, simplement. C’était devenu doux, à force. Je le regardais toujours avec tendresse. Il pouvait être distant et distant encore, cela ne me faisait plus pleurer comme quelques temps auparavant. Je savais que s’il avait… « faim », je serais celle vers qui il se tournerait pour être rassasié, repu. Et cela me suffisait. Je savais aussi que même s’il n’éprouvait pas ces sentiments fous pour moi, de ceux que moi, je cachais au fond de mon cœur pour lui, il était à présent tolérant et acceptait qu’il ne puisse rien y changer… au même titre que moi, je n’essayais plus et n’essayerais plus non plus de vouloir à tout prix qu’il soit amoureux de moi.

Je me contentais d’être là pour lui, avec ma tendresse, mon respect et tout cet attachement que j’éprouvais et que les gens qui me connaissaient trouvaient ridicule et inutile.

Ce jour-là, nous avions convenu de nous voir dans un endroit que j’appréciais pas mal. Les soirs de fin de semaine, c’était ouvert aux couples polyamoureux ou candaulistes. Parfois y étaient organisés des karaokés. Les après-midis, par contre, des célibataires en bandes mais aussi des amoureux, jeunes ou vieux, s’y retrouvaient. Il y faisait assez sombre. Des tables entourées de fauteuils étaient séparées par de grands rideaux dans des camaïeus de rouge allant du bordeaux au carmin. Une musique douce, lounge, passait en fond : elle était présente juste ce qu’il fallait. On s’entendait chuchoter et même respirer…

C’est donc là qu’Adam avait choisi de m’inviter. Il était 16h30. On était en été. La clim fonctionnait à plein rendement. Dehors, il n’y avait pas moins de 30°C. Je portais une petite robe toute simple, bleue marine, les sandales bleues pastel que j’avais enfilée pour notre escapade au Château de la Belle au Bois Dormant et une besace noire. J’avais noué mes cheveux qui avaient bien poussé, en une petite queue de cheval haute. Je me sentais légère et jeune, agréable à regarder. Ça n’arrivait pas souvent que je sois aussi sûre de moi. Lui, il était déjà là quand j’arrivai. Il m’attendait à une table un peu reculée. Il avait déjà commandé un Schweppes agrumes pour moi et une eau pour lui. Il me connaissait… Il portait un bermuda crème, un TShirt blanc sous une chemise bleu marine à courtes manches. Aux pieds, des chaussures en toile bleue aussi. Il avait chaud : la sueur perlait sur son front. Il était assis dans un fauteuil un peu large.

Je ne savais pas pourquoi il voulait que nous nous retrouvions là. Il ne m’en avait pas parlé. Avait-il vraiment des projets ? Il ne m’avait rien dit. Peut-être était-ce simplement parce qu’il savait que le lieu me plaisait ? Ce n’était pas clair…

—Hep, chuis là !

—Oh, fis-je d’un air un peu surpris : je ne t’avais pas vu.

—Dis tout de suite que je suis transparent, lâcha-t-il, agacé.

—Mais non… C’est simplement que, comme il ne fait pas trop clair…

Je le regardais en souriant en pensant qu’il avait tellement fait tout ce qu’il fallait « avant » pour qu’on ne le remarque pas que, cette fois, l’effet escompté était totalement atteint. Je ne le lui fis pas remarquer : j’avais parfois la sotte habitude de lui dire platement le genre de chose qu’il n’aimait pas entendre, simplement pour lui montrer que de temps en temps, il avait clairement « tout faux ».

Je m’assis face à lui. Il était dans ce fauteuil bas placé contre un mur et moi, sur une chaise un peu plus haute dont l’assise et le dos étaient recouvert de velours grenat juste de l’autre côté de la table. Il faisait si chaud qu’à peine assise, je relevai ma robe plus haut sur mes cuisses. Celles-ci luisaient de transpiration. Je pris une lingette dans ma besace et lui dis en m’excusant qu’il fallait absolument que je me rafraîchisse un peu. Il me regarda faire avec un petit sourire malicieux.

—Prends ton temps, surtout me dit-il en se déplaçant légèrement, histoire de voir mes cuisses nues sur lesquelles je faisais passer et repasser la lingette au parfum framboise.

—J’ai vraiment trop chaud. Impossible de rester dans cet état-là. Je suis désolée…

—Pas de soucis pour moi : le spectacle en vaut la peine !

Mes jambes étaient hâlées. J’étais partie en Italie au début des vacances d’été. Lui, il devait être resté à Bruxelles : il n’avait pas beaucoup de couleurs… J’avais profité du soleil. J’avais pas mal marché en short et top et le joli petit bronzage que j’arborais devait mettre l’eau à la bouche de certains…

Il me regardait faire, encore et encore. Il ouvrit les derniers boutons qui fermaient sa chemise et me dit qu’il avait chaud lui aussi mais sans doute pas pour les même raisons que moi… Qu’en savait-il, au fond ?

—Viens près de moi, tu veux ?

—Je doute que cela me rafraichisse, tu sais, dis-je, contrariée.

Je n’aimais pas me sentir poisseuse, mais qu’il en rajoute en me proposant de me coller à lui, c’était un peu too much, non ?

—Allez, supplia-t-il, t’as plus envie qu’on soit plus.. proches ?

Un peu à contrecoeur, je le rejoignis. Le fauteuil dans lequel il était assis n’était pas aussi étroit que ce que je le pensais. On savait sans peine s’y loger à deux. Quand je fus installée, il prit mon verre de Schweps et le fit passer dans mon cou et puis contre ma gorge, s’en servant comme d’un glaçon. Un Hmmm m’échappa.

—Tu vois, me dit-il. Ça fait plus de bien que ce que tu imaginais, non ?

J’avais les yeux fermés. Je ne rêvais plus à présent que de ses lèvres aux endroits où le verre avait été en contact avec ma peau trop chaude. Tant pis si elles étaient brûlantes…

—Embrasse-moi, tu veux ?

Il me regardait, les yeux fiévreux. Je voyais bien qu’il avait envie qu’on se mange l’un l’autre. Il avait déposé mon verre et pris mon visage entre ses mains. Il avait planté ses yeux écume dans les miens et scrutait ma figure comme pour y déceler un encouragement, quelque chose pouvant le rassurer, je ne sais pas. Il y avait dans ses prunelles une petite lueur d’envie.

—Termine ton verre, tu veux ? On bouge.

—Pour aller où ? T’as pas trop chaud, toi ?

—Si, justement. On va aller s’enfermer dans un endroit frais…

—A part un frigo…

—Dépêche-toi : c’est pas loin. On n’aura pas le temps d’avoir trop chaud. Quelques centaines de mètres et…

Chacun de nous but son verre jusqu’à la dernière goutte. Il avait déjà réglé nos consommations quand on était venu les lui amener. Il me prit la main, m’embrassa distraitement sous l’oreille et me dit que d’ici moins de cinq minutes, on y serait…

***

La chambre était blanche… Enfin, je devrais dire la literie et une partie des murs. Et ouf, il y avait la clim. Quand Adam eut refermé la porte, il s’empressa de la régler au maximum.

Le frais, l’air qui circule… C’était tout à fait agréable.

—On se déshabille ?

—Pressé ?

—J’ai faim, répliqua-t-il sans me regarder.

Je savais qu’il ne le ferait pas, me regarder, qu’il aurait envie de moi comme un instrument de « son » plaisir. Cela me convenait, même si, je me l’avouais, une relation moins basée sur le sexe et davantage sur la tête m’aurait davantage plu…

Il avait déjà retiré tout ce qu’il portait, même son boxer bleu marine, et s’était couché en travers du lit. Pour ma part, j’étais moins décidée. J’ôtai juste mon string et le rejoignit.

—ça ne suffira pas, tu sais…

—Pourquoi, ça ?

—Je veux te lécher, partout, et si tu es toujours habillée…

—Pour le moment, ça me convient, répondis-je sur un ton qui n’acceptait aucune réplique…

Olala, devait-il se dire, elle est mal lunée aujourd’hui… Pourtant, d’habitude, c’était le contraire : c’était moi qui étais toujours en demande de lui…

Il me fit une place près de lui, à sa gauche, puis, il prit mes doigts entre les siens. J’avais envie, une envie démesurée, de le regarder à présent. Je voulais me faire du bien mais qu’il soit conscient que cette fois, ce serait « pour moi » et que j’engagerais tout ce qui était en mon pouvoir pour me servir la première. Comme ça n’avait pas l’air de le déranger, je lui demandai de fermer les yeux et très tranquillement, je parsemai son joli visage de petits baisers très doux. Sa peau était chaude et un peu moite mais il ne transpirait plus. Après m’être occupée de ses joues, de sa bouche et de son cou, je descendis sur sa gorge, son sternum, ses tétons. Son souffle s’accélérait. Mes lèvres descendaient toujours : j’atteignis son ventre qui se soulevait un peu à chacune de ses inspirations. Et puis son sexe, déjà raide. Je découvris le gland du prépuce avec deux doigts et lapai les premières perles de sa liqueur qui sourdaient du méat. Il frissonnait et m’encourageait par des « Putain, continue » chuchotés. J’y mis tout mon cœur, vraiment. Je gardais les yeux fermés. J’étais concentrée à ma tâche, je guettais ses souffles, les petites contractions de son ventre, ses mots murmurés et remplis de désir. J’imaginais qu’ensuite, sans retirer ni ma robe, ni mon soutien-gorge, je lui présenterais mon intimité. Peu importait qu’il l’observe ou pas : ce dont j’avais envie, c’était qu’il me lèche à son tour, qu’il se gave de mes sécrétions. Je me sentais mollir, le bas du ventre en feu, liquide et palpitant. Forcément, à rêver à cela, mes lapages avaient changé…

—Tu penses à autre chose, on dirait ? me dit-il déçu.

—Oui et non…

—Dis-moi : il y a peut-être moyen…

—Qu’on arrange ça ?

Ses yeux étaient bien ouverts, à présent. Et les miens aussi.

—Si tu me permets de changer de position, proposais-je en esquissant une moue coquine, ce serait arrangé, c’est certain !

—Continue…

—Je vais me mettre par-dessus toi…

Il semblait étonné.

Je me mis à genoux, chacun d’eux à côté de ses oreilles et lui présentai ma chatte. Elle était mouillée mais pas trempée encore. La petite place luisait de cyprine.

—Quand tu auras tout… léché, dis-je prudemment, je changerai à nouveau de position et…

—On pourra s’occuper chacun l’un de l’autre…. Hmmmm, ça me fait bander plus encore, ça.

Il saisit mes fesses. Mes mains étaient appuyées contre le mur. J’avais peur de perdre l’équilibre. J’avais peur de ce plaisir que j’entrevoyais et qui me semblait si… déstabilisant. Mes fesses étaient donc dans ses mains. Il les écartait tout en me léchant. Ses doigts droits frôlaient pratiquement ma rosette. Lui, il s’appliquait et s’appliquait encore. A nouveau, je me liquéfiais. Je ne pouvais retenir des petits soupirs : la surprise mais aussi le plaisir doux. Au plus je gémissais, au plus Adam s’activait tendrement, très tendrement. Aucune brusquerie. Juste du très doux…

Et puis, n’y tenant plus, il me bascula à côté de lui. C’est moi qui changeai de place : nous nous retrouvâmes tête-bêche. J’avais son sexe face à ma bouche et lui la tête pratiquement entre mes jambes. Il atteignit mes nymphes et commença de les suçoter. Moi, je l’avais embouché et mes doigts aidaient aux coulissements. Nos jeux de bouche et dégustations diverses s’enchaînèrent. Nous n’avions plus vraiment chaud. La clim avait refroidi l’air et il faisait à présent tout à fait confortable dans la chambre.

—Comme tu es bonne, lâcha-t-il tout à coup.

—Continue, je vais jouir…

—Moi pareil…

Je n’avais plus son sexe en bouche et lui non plus me concernant. Il aurait été difficile de continuer à nous occuper chacun des sécrétions de l’autre alors que les mots qui fusaient à présent étaient si… torrides…

Je vous laisse imaginer qui disait quoi… Les « j’adore ton cul » alternaient avec les « bouffe-moi la chatte »…

Passe tes doigts, là… Suce-moi… Ta langue est vraiment sex… J’adore baiser comme ça, et toi ?

Ce n’était pas de la grande littérature mais c’était si excitant, ces débordements. Et puis, il y eut l’orgasme, les cris, les ouiiiiiiiiii qui n’en finissent plus, les mouvements plus déchaînés.

A nouveau, je lui demandai de ne jamais raconter ce que nous nous disions dans ces moments débridés. J’aurais eu honte que quelqu’un d’autre sache la teneur de nos propos. Vous savez, souvent, les gens qui me lisent parlent de mon langage châtié et … élégant. Ici, impossible de retenir les mots crus.

Et au final, tant pis. C’était si bon.

J’avais gardé ma robe bleu marine, et mon soutien-gorge. Il ne s’était pas occupé de mes seins. Le plaisir avait été intense. Nous nous regardâmes en riant. J’étais décoiffée, j’avais les joues rouges. Lui, il était dans le même état : ses petits cheveux étaient ébouriffés et son visage luisait de sueur. On étouffait mais on était heureux.

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