Textes savoureux

Une saga de Bleue - 19 épisode(s)

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Épisode 19 : La passion

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    Durée : 15:00 min

    Bleue, artiste vocale, vous fait des confidences. Fantasmes ? Réalité ? La passion... Quelle passion ? Celle pour les jeux de sexe ?

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La passion, petite sœur, elle me ronge : il n’est pas d’autres mots.

Entre jouissance et douleur, elle est contagieuse… 

Pierre D.


S’agissait-il de ça ? Nos étreintes étaient-elles uniquement empreintes d’attirance physique ?

J’ai déjà évoqué la chose, au risque de me répéter. Je savais que lui, cet homme dont le corps était si accessible à présent, ne nourrissait aucun sentiment pour moi. Jusque quand cela me suffirait-il ? Jusque quand laisserais-je mon cœur et mon esprit se satisfaire de lui et de cette manière dont il me considérait ? C’était maigre, oui, mais si vital pour moi, qu’il me manifeste des signes d’intérêt juste comme ça.

Depuis que nous avions franchi le pas du premier baiser, l’abribus, les jeux de colin-maillard et plus proches de nous, ce moment au bois, ceux dans la chambre d’ami, de plus en plus intenses et puis les autres, à l’hôtel notamment, j’avais, nous avions goûté à tout cela. Je ne pouvais me résoudre à penser que c’était juste « pour s’amuser » (je parlais de lui, évidemment, pas de moi…).

Alors, un jour, j’ai osé. Il y avait trop de temps que je me rongeais avec cette histoire. Oui, j’avais déjà pris du bon temps, comme on dit, et lui aussi. Mais ce dont j’étais certaine, c’est que lui, il n’avait sans doute jamais souffert autant que moi. Moi, je me morfondais d’amour pour lui. Quant à lui…

— On peut se retrouver demain ? lui envoyai-je en texto.

— Des projets précis ? me répondit-il quelques instants plus tard.

— Non, pas vraiment.

Je préférais rester évasive : j’avais peur qu’il se sauve.

***

— Entre.

Trois petits coups frappés au heurtoir et pas vraiment l’envie de le faire attendre.

14 h. Il avait pu se libérer. Et moi, comme on était jeudi, j’étais à la maison toute la journée.

Mi-août. On était en plein été, mais le temps était venteux et pluvieux. Aujourd’hui, miraculeusement, il faisait sec et il n’y avait pratiquement pas de vent.

Encore… Son sourire lumineux, le baiser qu’il me dépose sous l’oreille, son air un peu gêné que j’aime tellement.

— Hep… Alors, c’était urgent qu’on se voie ?

— Je voulais te parler. J’avais pas envie de te mettre la pression.

— Et pourtant…

— Pourtant ? Tu l’as ?

— Un peu, ouais… D’habitude, t’es pas aussi vindicative. Je me suis dit que c’était urgent, ou préoccupant pour toi, ou… ch'sais pas, mais…

— ça t’a intrigué ?

— C’est ça. J’avais des raisons de l’être, non…

Je le regardais. Oui, il était clair qu’il se sentait sur la sellette. Alors, je me suis mise à flipper, d’un coup, comme ça. Je me suis dit que ce n’était pas sympa de ma part de lui faire peur de cette façon.

— D’abord, je voudrais que tu écoutes quelque chose. Ensuite, on parlera un peu, tu veux ?

— OK, me dit-il d’un air un peu contrit.

Il avait vraiment l’air mal à l’aise.

On était là, dans le canapé. J’avais choisi « la passion », cette chanson dont j’avais aimé les mots avant d’en connaître la musique. L’écouteur gauche de mon iPod dans son oreille gauche, le droit dans mon oreille droite. On allait faire une écoute commune… Bien sûr qu’il connaissait la chanson. Peut-être pas par cœur pour les paroles, mais pour le reste… Et moi, justement, c’était ce qu’elle racontait qui m’interpellait et que j’avais envie qu’il entende. Il battait la pulsation avec le bout du pied et son corps semblait en décalage.

La musique s’éteignit. Il tourna son joli visage vers le mien.

— Tu m’expliques ?

— T’as pas une petite idée ?

— Chuis pas très fin pour les trucs à double sens, tu sais.

— Il n’y avait pas de double sens. Enfin, pas au sens où je pense que tu l’entends.

— Dis-moi, alors…

— Je me demande si… la chanson dit vrai.

— Comment ça ?

— Si la passion est contagieuse…

Il me regardait intensément. Il devait se demander comment se sortir de là, de cet imbroglio. Et puis, sans un mot, il prit mon menton entre ses doigts et tendrement, très tendrement, il m’embrassa. Je me rendais bien compte que je le mettais au pied du mur. Il y avait eu tant et tant de fois où il avait dû se sentir piégé dans mes questions, mes yeux interrogateurs et tout et tout. Et là, ça recommençait.

— Tu veux… le vrai du vrai ? murmura-t-il en approchant ses lèvres de mon oreille.

— Oui, répondis-je dans un souffle.

— On en parle ici ou… ?

— Tu veux qu’on monte dans la chambre d’amis ?

— Oui…

— Mais on ne se déshabillera pas. Tu promets ?

— Ah ça, non, me dit-il en clignant de l’œil.

— Au moins, on attendra d’avoir discuté, alors ?

Il hocha la tête. Je ne voulais pas qu’il m’embobine. Je voulais qu’il se livre. Et je savais très bien que si on se retrouvait nus, je n’obtiendrais rien tant je craquais quand j’apercevais un tant soit peu de son corps…

On gravit donc les marches de cet escalier en bois. J’ouvris la porte framboise de la chambre d’amis, m’assis sur le lit et l’invitai à me rejoindre.

— Il y a une chose que je voudrais mettre au point tout de suite…

— Dis-moi.

J’étais anxieuse, à présent : je me demandais si j’avais vraiment eu une bonne idée en le faisant venir et en imaginant une mise au point.

— Je te respecte et si je te blesse, ce n’est pas par plaisir. Je voudrais que tu en sois bien consciente…

Je m’attendais au pire, je vous l’avoue.

— Mais au-delà de cela, je vais essayer d’être sincère. Alors non, mes sentiments n’ont pas changé. Ils ne changeront sans doute jamais. Par contre toi, tu es quelqu’un qui me fascine. Ta passion pour moi – parce que c’est bien de ça qu’il est question non ? – elle est… extraordinaire. Dans le sens extra-ordinaire, tu vois. Pas commune, phénoménale. Je pense que jamais ça ne changera, ça. Si ?

— Non, tu as raison.

— Alors non, moi, je ne suis pas passionné par toi de cette manière et ça, tu le sais. Mais…

— Continue…

— Ce qui nous lie, c’est différent, simplement différent. Tu n’es pas mon jouet. D’ailleurs, si c’était le cas, je pense que tu le saurais. T’es pas sotte. Et j’ai dans l’idée que si tu te sentais traitée de cette manière, ça ne te conviendrait pas et que tu m’enverrais promener…

— Oui, c’est vrai. Mais…

— Attends, je n’ai pas fini. Tu te souviens de ce fichier qui terminait par « Sex » ? Celui que j’avais bidouillé et qui nous avait excités tellement l’un et l’autre ?

— Oui, bien sûr.

— Je te disais que tu m’obsédais.

— Oui…

— Et bien, c’était le cas. Et ça l’est toujours. J’aime le sexe avec toi, j’aime ta compagnie, j’aime tes yeux amoureux parce qu’ils ne me font plus peur, j’aime tout ce que tu me donnes parce que je sais que même si je suis moins généreux que toi, tu ne m’en veux pas, que tu es d’accord d’être moins gourmande…

Bon Dieu, comme je l’aimais. Je n’étais pas déçue de ce qu’il m’expliquait. Je le savais sincère, je savais qu’il n’en rajoutait pas. Le fait qu’il soit surpris ne l’avait pas vraiment déstabilisé. Il avait été pris de court, oui, mais il restait honnête et c’était la seule chose à retenir, dans le fond.

Alors, je le regardai en souriant.

— Tu n’es pas trop déçue ? me demanda-t-il un peu soucieux.

— Non… Tu ne pourrais jamais me décevoir. D’abord, tu n’as pas essayé de me culpabiliser ou de me montrer que j’étais « anormale ». Ensuite, oui, c’est vrai, le sexe entre nous, c’est magique. Alors non, je te répète que je ne suis pas déçue. Ce que tu m’as dit, c’est ce que je pensais, tout au fond de moi, c’est ce que je ressentais de toi. Et puis, c’est de mieux en mieux, non ?

— Nous deux ?

— Oui… Tu ne trouves pas ?

Il me regardait avec son petit sourire un peu railleur. Il pensait sans doute que, comme il me l’avait dit un jour, il était un dieu du sexe et que cela nous plaisait à tous les deux : lui, pour son ego, moi, pour ces orgasmes fabuleux qu’il me donnait.

— Comme on est dans l’endroit idéal, on peut peut-être…

— Faire ce qu’on préfère faire ensemble. Je suppose que tu vois…

— De quoi je parle… oui, évidemment.

On resta habillés, enfin, presque. Il avait juste retiré sa veste et ses chaussures. Quant à moi, mis à part le grand gilet que je portais quand il était arrivé, je n’avais rien ôté.

Je le basculai sur le lit, me collai à lui. Il avait enfoui son joli visage dans mes cheveux mi-longs.

— Tu sens bon, toujours bon…

— Hmmm…

— C’est moi qui devrais dire « hmmmm »…

J’aimais sentir son érection au travers de son jeans. J’aimais le fait que chaque fois que je touchais un peu cette place-là, il commençait par inspirer fort et rapidement, et ensuite, il me gratifiait d’un « coquine ». Ma main s’approchait de l’endroit. Je commençai par effleurer la place, très, très subtilement. Il continuait de passer son nez dans mes cheveux et ses doigts dans mon cou. J’écoutais ses soupirs. Je promenais les doigts contre son sexe. Il était déjà si gonflé qu’il n’était plus contre son bas-ventre. Il était de travers, pas le long de la tirette du jeans. C’était, à mon sens, la seule manière qui lui permettait d’être contenu dans le boxer. Il me massait la nuque en me demandant de continuer de le toucher de cette manière.

Et puis, il y eut davantage de précipitation.

— Désape-moi, tu veux…

Sa voix sourde avait résonné, un peu étranglée par l’excitation. Il ne fallait pas faire traîner les choses.

— Je peux te goûter ?

— Tout ce que tu voudras, grommela-t-il. Je me remets entre tes mains…

J’ouvris son pantalon, fis descendre ce dernier et son boxer, lui retirai ses chaussures et ses chaussettes, lui fis lever les bras pour ôter son sweat. Dessous, il portait un T-Shirt noir. Je passai mes mains dessous…

— Tu me laisses… Hmmmm, j’ai trop envie de faire durer…

— Oui, mais pas trop. Tu parlais de me goûter si je me souviens bien.

Un doigt contre le méat du gland qui perle. Ce même doigt que je ramène à ma bouche, que je lèche gentiment. Il est mouillé de lui, de sa liqueur au parfum un peu prégnant, au goût un rien amer.

— Tu veux que… ?

Alors, pour la première fois, je me déshabillai librement devant lui. Je gardai tout ce qui me couvrait le bas, mais mon buste était nu. C’était étrange parce que… rare. Je n’avais jamais fait ça de cette manière. Il me regarda, très étonné.

— On… change de notre habitude ? me demanda-t-il, en écarquillant les yeux.

— J’espère que ça te plait…

Il était couché de tout son long, à ma droite, nu comme un ver. Moi, j’avais envoyé promener gilet, blouse et soutien-gorge noirs et j’avais le visage contre son ventre. Lentement, je jouais avec son prépuce du bout des doigts.

— Laisse-moi faire, tu veux ?

Il empoigna son membre beaucoup plus vigoureusement que moi. Il le masturba avec vigueur contre mes seins et puis, ne pouvant plus tenir, il se laissa aller à jouir sur eux en me disant que j’étais « foutrement bandante »…

— T’es tout de même une bonne salope, ajouta-t-il…

On avait les yeux brillants. Je n’avais pas joui, mais j’étais heureuse et comblée de son plaisir à lui. Il le savait. Il savait aussi que l’orgasme pour moi, c’était bien différent de lui. Que pour moi, ça se passe dans la tête et dans le cœur. Que mon corps, c’est juste un catalyseur. Un déclencheur d’émotions et de sensations. Avec lui, cet homme, avant qu’on entame cette relation fougueuse et essentiellement sexuelle, c’était déjà comme ça. Il n’y avait pas nos contacts physiques, mais rien qu’en le regardant, le plaisir était déjà très intense. Il n’en savait rien. Cela valait mieux. Il m’aurait vraiment prise pour une détraquée…         

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