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Épisode 10 : La vie de château (2)

- Je voudrais te « terminer » au lit, si ça ne te dérange pas…

Je préférais sortir de la douche, me cacher dans la serviette éponge, me glisser sous la couette et puis qu’ensuite, il me rejoigne… Je pense qu’il le comprit parce qu’il me dit, la voix un peu tremblante que c’était sûrement pour que mon « épatage » soit plus convaincant que je voulais que les choses se passent dans cet ordre.

Je m’enveloppai dans le linge de bain, me séchai vigoureusement, déposai une autre serviette sur le tabouret, histoire qu’il puisse se sécher à son tour et me dépêchai d’aller l’attendre au lit. Quelques minutes plus tard, il sortit de la douche, s’ébroua comme un jeune chiot et commença de s’éponger consciencieusement.

- Oh, j’ai oublié de te demander de ne pas toucher ton…. Rhoo, c’est trop tard, Flûte, alors.

- Pourquoi tu ne voulais pas que je me sèche là ? me dit- il en désignant le bas de son ventre

- Parce que ce j’aurais voulu, c’est que tu sois aussi raide que tout à l’heure et si tu te touches trop, ça va redescendre, non ?

- Mais je peux faire remonter très vite… Regarde.

Sur cette affirmation, il saisit sa jolie queue, la massa lentement, un peu, puis plus rapidement. Je le regardais de tous mes yeux. Peu d’hommes avaient fait ce genre de chose en ma présence et cela m’excita prodigieusement. J’avais envie que mes doigts fassent pareil chez moi : me toucher tendrement. Mais je n’osais pas lui en parler. Je n’avais aucune idée de ce qu’il pensait de la masturbation féminine…

C’est lui qui, toujours sur ce ton railleur me dit que même s’il ne voyait pas mes doigts s’activer, si je voulais moi aussi me caresser, je pouvais le faire sous les draps. Qu’entendre mes soupirs et voir mes yeux se voiler en le matant, ça l’exciterait et qu’il était certain qu’à moi, ça ferait pareil.

C’est ainsi qu’encouragée, entre la couette et le drap immaculés, ma main gauche rejoint mon pubis… Nul besoin d’attendre longtemps. Du bout des doigts, j’écartai mes lèvres pour trouver mon clitoris et toute cette large zone érogène.

- Garde les yeux ouverts, surtout.

Je m’en sentais bien incapable. Toutes ces excitations m’avaient mises dans un fameux état. D’abord, la fellation, ensuite le fait de pouvoir le regarder se masturber avec délices. C’était vraiment très bon. Je respirais plus profondément et plus bruyamment.

- Qu’est- ce qui t’excite le plus ? que je me branle ou que tu… ?

- Je pense que c’est mon imagination…

Depuis des années, je rêvais de lui, de ses doigts SUR lui. J’étais si souvent dans ces songes qu’il m’était parfois difficile de reprendre pied dans la réalité. Il faisait partie de moi, de mon quotidien, de mes jours et de mes nuits. J’étais amoureuse à en crever. Rien d’étonnant, donc, à ce que le simple fait de fantasmer me fasse pratiquement jouir puisque là, il était face à moi, nu, et qu’il se masturbait. Je ne dirais pas qu’il le faisait « pour moi » mais en attendant… Je me sentais perdre complètement pied.

- Je te rejoins ?

Impossible de lui répondre…

- De toute manière, tu m’as l’air si bien partie que…

C’est vrai : j’étais incapable de garder les yeux ouverts, qu’il puisse y lire le désir, le plaisir, même. A quoi cela servirait-il, dès lors, qu’on se tienne éloignés l’un de l’autre. Dans un soupir, je lui dis que oui, je n’avais qu’une envie, qu’il me rejoigne…

Nos mains n’avaient pas quitté nos sexes respectifs. Il saisit un coin de la couette entre ses doigts gauches, me découvrit et me demanda si j’étais d’accord qu’il me regarde.

- Si je peux fermer les yeux et que tu me racontes ensuite ce que ça t’a fait comme effet…

- Sans soucis, me répondit- il, avec un large sourire.

J’étais donc toute offerte à ses yeux. Pendant quelques instants, je tins le coup : je fixais sa main droite obstinément. Il continuait de se branler en me regardant faire pareil. J’avais la main gauche toujours sur le pubis, farfouillant entre mes lèvres. Quant à la droite, elle passait entre mes cuisses par derrière, et un doigt jouait à l’entrée de mon intimité. J’étais trempée. De temps en temps, ce fameux doigt rejoignait ma bouche et je le léchais. À un moment, je lui proposai même de me goûter. Ce qu’il accepta, d’ailleurs, avec des pétillements plein les yeux.

Imperturbablement, il me matait. Je connaissais son self-control mais là, j’étais vraiment épatée. Et puis, je n’y tins plus. Je laissai mes yeux se fermer et un autre de mes doigts droits chercha ma rosette.

- Mais, tu vas jouir sans moi ?

Je haletais à présent, me concentrant sur ma main droite. Un doigt dans mon vagin et l’autre dans mon anus. Je pinçais la fine paroi les séparant. Mes doigts gauches cajolaient toujours mon bouton.

Et puis, j’eus la sensation que tout changeait. J’avais toujours les yeux fermés mais l’air bougeait autour et au-dessus de moi, comme s’il était là, plus proche encore. Je sentis sa bouche entre mes cuisses. Tendrement, elle me faisait savoir que ma main gauche pouvait s’écarter de mon clitoris. Ses mains à lui étaient sur le haut de mes jambes, les écartant, les écartant encore davantage. Ses lèvres grimpaient avec lenteur jusqu’à atteindre mes lèvres inférieures. Il était doux mais très déterminé. Sa langue s’activait. Elle lapait ma liqueur. Sa bouche suçotait alternativement mes nymphes, gauche, puis droite. Il interrompait son petit jeu pour me lécher le clitoris.

Je frissonnais. Le plaisir m’oppressait. J’avais du mal à respirer profondément.

- Détends-toi. Tu es prête à venir. Lâche-toi….

Je dodelinais de la tête. Je me sentais…

Et puis…

- Ouiiiiiiii, encore… Ne t’arrête pas, surtout, ne t’arrête pas…

Ces mots, c’était cet homme qui les avaient prononcés, contrairement à ce que vous pouviez imaginer. Il m’avait sentie me contracter quand il avait introduit les doigts en moi : les parois de mon vagin s’étaient durcies et resserrées autour de son index et de son majeur. À nouveau, il avait cherché la petite place rugueuse à l’intérieur de moi. Vous voyez, toujours en attente que mon plaisir soit multiplié et que j’éprouve à nouveau ce sentiment de plénitude un peu béate.

Il y a un moment, je vous parlais de mes craintes qu’il ne soit pas « à la hauteur ». Et bien, ce monsieur, audacieux, fabuleux, je me dis que j’avais eu tort de me tracasser concernant ses aptitudes et compétences. Je n’étais sans doute pas sa parfaite. Mais lui, et surtout au niveau du sexe, il était vraiment mon parfait…

Mon orgasme ne l’avait pas fait jouir. Il aurait fallu pour cela qu’il soit aussi amoureux que moi je l’étais de lui. La nuit commençait à peine. J’avais envie de le chérir… et qu’il se rende compte que moi, celle qu’il fuyait depuis pratiquement le premier jour, j’avais plus d’un tour dans mon sac. Que j’aurais toujours à cœur de le satisfaire.


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