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Épisode 9 : La vie de château

- Plusieurs fois, quand on était en train de grimper, je me suis pris à imaginer ce qui allait se passer quand on arriverait.

- Parce que tu te demandais si on passerait la nuit ici ?

- Oui, entre autre… Et puis, je me disais qu’avec un aussi petit sac banane à la taille..

- Impossible de mettre des vêtements de rechange…

- Ni tous ces trucs de fille genre maquillage

- Donc, là, tu es… épaté ?

J’étais curieuse de l’entendre. Il y avait des petites étincelles dans ses yeux écume. Il avait les lèvres entrouvertes. Sa jolie langue passait entre elles. Tout à l’heure, quand nous avions le nez plongé dans les bacs de fleurs et plantes odorantes, à plusieurs reprises, nos cheveux s’étaient frôlés. Nos joues, aussi. Nos doigts, qui touchaient délicatement les roses parfumées pour les amener à nos narines. J’adore les rosiers anglais et je m’étais régalée. Mon ami m’avait demandé de temps en temps d’en tenir l’un ou l’autre pour qu’il puisse mieux le photographier. Il avait même sollicité la permission de cueillir une de ces fleurs bleues dont j’ai oublié le nom à quelqu’un qui surveillait les jardins. Il voulait me la mettre dans les cheveux. Elle y était restée durant tout le souper mais à présent, elle avait perdu de sa tenue et il valait mieux que je la retire.

Il avait l’air heureux, détendu. J’étais contente que ma réservation ait fait mouche. Il n’était pas facile à contenter, je le savais. Surtout si cela venait de moi… Donc, il ouvrit la porte de « notre » chambre avec la carte électronique et me fit entrer.

Elle n’était pas très grande. Une large fenêtre dont les rideaux étaient ouverts. Je jetai un coup d’œil sur l’extérieur. Mon souhait d’être près de la roseraie avait été exaucé. Le lit semblait nous tendre les bras… Sur une petite coiffeuse, deux bougies et une machine à expresso…

- Tu aimes le café ? j’ai oublié…

- Non, pas trop. Et toi ?

- Moi non plus… On peut regarder dans le mini- bar : il y a peut- être quelque chose qui nous plaira…

- Mais pas trop fort : j’ai envie de garder TOU-TE MA CONS-CIENCE, dit- il en me faisant un clin d’œil.

- Tu comptes sur quoi ?

- Le grand frisson ! me répondit-il.

J’étais bien avancée avec « son grand frisson ». Mais comme je savais qu’il ne dirait rien de plus, je ne lui posai plus de questions.

Il était presque vingt-et-une heures, à présent. Le ciel commençait de s’obscurcir mais il faisait toujours chaud.

- On va prendre une douche ?

- Ok… mais… ensemble ?

- Ben oui ! Pourquoi cette question ?

Rhooo, il était vraiment trop taquin. Trop taquin et surtout trop coquin. Je ne lui répondis pas. D’un coup, mes complexes et mes idées stressantes avaient repointé le nez. Vous savez, quand vous êtes avec un homme bien mieux fichu que vous et que vous réalisez que vous allez devoir vous déshabiller devant lui, ce n’est pas très rassurant. Mes jambes n’étaient pas mal : c’est pour cela que je portais des jupes courtes ou des shorts. Mais le reste… Le temps avait déjà fait son travail. Et de toute manière, quelle est la femme qui est totalement satisfaite de son physique ? On trouve toujours quelque chose qui nous déplait, non ?

La seule solution, c’était de faire couler l’eau très chaude : la vapeur me dissimulerait un peu et puis, j’userais de mes doigts pour qu’il « oublie de me regarder ».

- Je peux y aller la première ?

- Mais oui… Déshabille- toi et quand t’es sous l’eau, je te rejoins. Ok ?

D’un coup d’œil, je m’assurai qu’il ne me regardait pas vraiment. Il avait à présent son appareil photo en main et je supposai qu’il vérifiait le nombre de photos qu’il avait prises. Il y avait un petit tabouret juste à côté de la porte de douche. J’y préparai une grande serviette éponge de l’hôtel, me dévêtis, entrai et me mis sous le pommeau en ouvrant le robinet. Je fis couler l’eau sur moi, une eau chaude, presque bouillante. La vapeur commençait de monter.

- J’arrive…

Il m’apparut, nu, complètement nu. Il ouvrit la porte de la douche sans me regarder et les yeux clos, profitant de l’eau bouillante, se rapprocha de moi. Il me faisait face… Je préférais largement que, pour le moment, il me tourne le dos. Je voulais me plaquer contre lui et vérifier si l’une ou l’autre partie de lui était excitée. D’abord les tétons. Ensuite le sexe. Ce n’était pas vraiment le cas… J’allais remédier à cela.

Après quelques caresses dans le creux de ses coudes et quelques attouchements de son pubis, je le fis se retourner. Il avait toujours les yeux fermés.

- Je peux ? lui demandai-je, en caressant la place entre son nombril et le haut de ses cuisses.

- Je t’ai demandé de m’épater…

- Ça signifie que je peux faire ce que je veux ?

- Oui, tant que ça m’épate, je te l’ai dit…

Je le regardais de tous mes yeux. Je n’avais pas l’habitude de pouvoir contempler un homme aussi beau. Il n’y avait pas que son visage qui était harmonieux. Tout son corps l’était autant. Des épaules larges, une taille aux proportions parfaites. De jolies cuisses un peu musclées. Des bras et des mains longs, qui paraissaient d’une légèreté incroyable. Et le ventre… depuis combien de temps rêvais-je de ce ventre… Une rivière de poils châtains qui descendait sous le nombril. Pfiou. J’étais certaine de pouvoir profiter de ce dernier un peu plus tard. Mon inventaire n’était pas aisé : la vapeur me cachait pas mal mais… le cachait aussi. La seule solution, c’était d’être assez près de lui. De toute manière, il ne pouvait me voir. Je disais qu’il était taquin mais le fait qu’il garde obstinément les yeux fermés me montrait qu’il était attentif. Je n’étais peut- être pas la première de mon âge qu’il « se faisait » et cela aidait.

Il voulait que je sois parfaite ? Et bien, j’allais continuer par… son sexe. J’en ai déjà parlé dans mes textes « colin-maillard ». Je le trouvais parfait. Joli, pas imposant. Je le fis se retourner et me mis à genoux face à ce bijou.

- Je commence par là, si tu n’y vois pas d’inconvénient…

- Fais, seulement.

Il avait rejeté la tête en arrière. Un petit sourire aux lèvres. Savait- il que faire ça, m’occuper de son « joli » sexe, cela me donnait autant de plaisir qu’à lui ? Je n’avais aucune idée du fait qu’il en était conscient ou pas.

Mes doigts coulissaient légèrement, découvrant et recouvrant le gland. Il frissonnait. Je n’allais pas trop vite. Ce serait pour dans quelques minutes. Je voulais d’abord qu’il durcisse vraiment, juste cela. Je n’attendais pas la première goutte de sperme. Je tirais de plus en plus fort sur le prépuce mais même si j’avais une envie folle d’accélérer la cadence, je me retenais. Après les frissons, il y eut les halètements. Il était raide, à présent. Du bout des phalanges, j’allais plus vite. Son souffle adoptait le tempo de mes mouvements. Court, précipité : il donnait l’impression de perdre le contrôle. J’alternais à présent : rapide puis plus langoureux, le bout puis … « le tout ».

- Je continue comment ?

- Tout ce que tu veux : bon dieu, ce que c’est bon.

Ma bouche. J’allais me servir de ma bouche. Je savais qu’il apprécierait. Il avait toujours les yeux fermés. Je voulais d’abord me coller à lui, sentir ses épaules protectrices, ma bouche à la hauteur de ses tétons, son ventre pratiquement contre mes seins et nos jambes en contact… Quand je vous disais qu’il était grand... Il me serra dans ses bras en m’embrassant les cheveux. Ce fut à mon tour de frissonner…

- Laisse-moi continuer…

Je quittai son étreinte Je n’avais aucun besoin d’utiliser mes yeux. Ma bouche atteignit son membre. Pas de choses délicates, ou tendres. Juste un embouchage. Jusqu’à la base de la hampe. Sa toison humide me chatouillait le nez et les joues. Elle était très douce et je laissai mes doigts se perdre dans celle-ci. Je l’avalais. En même temps, mes mains se plaquèrent sur ses fesses. Je les serrais, imprimant à son bassin le juste mouvement pour que ma fellation soit profonde, très profonde.

L’eau coulait toujours sur nous. La vapeur me cachait toujours un peu. De toute manière, je compris qu’il profitait davantage de ce que je faisais en gardant les yeux fermés. Les miens aussi l’étaient. Je m’appliquais. L’index et le majeur de chaque main étaient à présent sous ses fesses, dans le petit creux. Vous voyez ? Je continuais de l’engloutir. Une main, maintenant, dans le bas de son dos, l’autre descendant en suivant la raie jusqu’à la rosette.

- Mais… qu’est-ce que tu comptes faire ? entendis-je dans un souffle.

- Tu n’as pas une petite idée ? lui répondis- je en laissant sortir son membre de ma bouche.

- On ne m’a jamais fait ça de cette manière- là.

- Ça te fait peur ? ça te dégoute ?

- Non. Je suis curieux. Mais je me doute que toi, c’est pas la première fois que…

Je ne dis rien.

- Alors, en avant pour la découverte…

Il avait ouvert les yeux pour me regarder, essayant de sonder mon cerveau. Je devais faire figure d’une femme sachant donner du plaisir. S’il avait deviné que depuis longtemps, je n’attendais que lui. Oui, j’avais eu des aventures. Mais comme il était vraiment celui que j’attendais, je récoltais chez chacun de mes amants le petit plus, le grain de folie ou la chose magique qu’il m’offrait ou que je pouvais expérimenter avec lui. Là, je me sentais proche du but. J’allais lui montrer, à mon savoureux, comment moi, amoureuse dingue de lui, j’avais passé le temps en l’attendant.


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