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Épisode 2 : Le charme

« Le charme d’une personne, qu’il émane de sa façon de bouger, de parler, de sa discrétion ou de son exubérance, etc., tient au fait qu’il n’appartient qu’à elle et la rend unique » Jean- Pierre Winter

Parfois, on m’a demandé : il est « spécialement brillant » ? Il a du charisme, ? Il a beaucoup d’humour et c’est ça qui te séduit ?

Mais j’’avais envie de crier : NON, c’est simplement lui. Il a du charme, rien d’autre que du charme. Le sentiment d’être à trente centimètres du sol quand il me parle. Ses yeux de velours. Sa voix un peu sourde, envoûtante. Il n’en joue pas, vous savez. Il n’en fait pas des tonnes. Il est juste « naturel ».

Le charme, SON charme, c’est tout cela : le goût qu’il donne à nos échanges, cette retenue, ces regards parfois appuyés et tendres. C’est une sensation qui effleure la peau et puis le cœur, qui vous retourne le ventre, qui vous le chamboule. Et quand vient le moment de se séparer, c’est toujours pareil : on n’a qu’une envie, celle de conserver le plus longtemps possible ces impressions douces et exaltantes à la fois au creux de soi.

J’avais beau me dire « Quand j’ouvrirai la porte, je le regarderai bien et je le trouverai quelconque, banal et je penserai : mais pourquoi je l’aime tellement ? ». Et bien, évidemment, c’était différent. Il frappait discrètement avec le heurtoir, je ravalais ma salive, je prenais une grande inspiration. Dans moins de cinq secondes, il serait face à moi. Parfois, le soleil m’aveuglait et j’étais incapable d’apercevoir son visage : souriait- il ? Était- il plutôt renfrogné ?

Et quand il me quittait, un peu plus tard, je me retrouvais bête : les bras ballants, un sourire complètement béat et une terrible envie de pleurer… de bonheur…

« et si j’avais osé … »

Si j’avais osé ? Et bien, je n’aurais certainement pas fait traîner les choses. On serait montés tous les deux dans cette chambre d’amis que vous commencez à connaître, mes chers lecteurs. Je n’aurais fait ni une ni deux et je l’aurais déshabillé. J’aurais passé mes doigts agiles sur son beau long corps. J’aurais guetté ses frissons. Je n’aurais sans doute pas joué avec son sexe tout de suite, préférant les coups de langue et les morsures dans son cou. Il aurait peut-être un peu tremblé, comme surpris de mon audace, mes audaces, devrais-je dire. D’abord, celle de l’avoir pris par la main et de l’avoir emmené là-haut, ensuite, celle de l’avoir dénudé prestement alors que je le sais si pudique…Donc, j’aurais choisi la petite place sous l’oreille, celle qui, quand elle est léchée, titille le bas du ventre.

J’aurais observé si son sexe était réactif à ce genre de chose. Juste un petit mouvement involontaire.

« Chut, ne dis rien. » lui aurais-je dit pour l’obliger à retenir ses émotions et ses mises en garde genre « Ne va pas trop loin. Etre à poil devant toi, rien que pour toi, c’est déjà pas mal, non ? ».

Et de mon côté, j’aurais continué…Tant pis si, dans son esprit : « il n’allait pas se laisser faire : il était pas du genre à …. ». Et bien, si, mon ami : t’es bien du genre à …

A m’exciter depuis des lustres, à jouer au mijauré (je me rends compte que c’est un mot qui n’existe qu’au féminin – et pourtant, à ce petit jeu, tu t’y connais comme pas deux). A me regarder amoureusement et puis, à m’ignorer comme si j’étais transparente.

Tu m’as déstabilisée et là, c’est moi qui m’y colle. Je suis certaine que tu n’as jamais imaginé que je tenterais le coup. Mais tu vas être servi, je te le promets.

Bon, continuons….Je le regarderais, un peu, beaucoup, passionnément. Son joli visage, d’abord : « Ferme les yeux ». Ses paupières choses, ses longs cils, l’arrête de son nez, ses lèvres délicatement ourlées…un vrai régal pour les yeux, tout cela. Et quand on imagine que c’est « rien que pour soi », l’effet est décuplé.

Et puis, suivre le menton, descendre le long du cou, toucher l’épaule, imperceptiblement. Il ne doit pas s’apercevoir que mes doigts, de temps en temps, sont aimantés par les ombres de son corps. La clavicule, à présent, puis, les pectoraux – si, si, il en a, juste ce qui me plait. Mon nez voudrait le respirer, se rapprocher de son sternum et effleurer ce petit creux dans lequel il y a un peu de poils châtains.

« Ne bouge pas, reste de marbre »….Au début, quand je connaissais mon mari, on jouait parfois à cela. Je faisais « la petite pierre ». Ne pas réagir à ses caresses ou ses baisers, même s’ils étaient délicieux. Ne pas sourire ou soupirer. Ne rien dire. Juste pour qu’il imagine autre chose comme douceur… Et cela fonctionnait très bien.

On n’en est plus là mais je veux juste que cet homme, il goûte et savoure mes doigts et ma bouche avec son imagination, qu’il les sente sur lui, même si je ne le touche pas. Le pouvoir de l’esprit…

En attendant, je suis là, sur le flanc droit et je guette toujours ses infimes réactions. Il a battu des cils. Il a commencé de respirer plus fort, plus rapidement. Trois fois, déjà, il a voulu me prendre la main pour l’empêcher d’aller à des endroits où il n’aurait pas pu résister… Mais comme il avait les yeux fermés, il ne savait pas si c’était le mouvement de cette dernière qui faisait bouger l’air ou si c’était mon souffle qui le frôlait.

Donc, j’en étais à son buste. Je vous passe les émotions concernant ce que moi, je lui faisais en pensée ! Mon nez descendait plus bas, à présent. J’étais pratiquement assise et regardais son sexe… Ce membre adorable. Pas très grand ni très gros : des proportions tout à fait standard mais c’est ce qui me plait, en fait. Lisse, rose. Pas énormément nervuré. Un gland rose plus foncé, humide déjà. L’envie démesurée de le prendre en main, en bouche, aussi. Mais qu’est-ce qui me retient ? Il ne serait pas le premier que je gobe. Et en plus, les hommes me trouvent douée pour ça…

Je préfère faire l’impasse pour le moment. Il y a tout de même encore les aines, les cuisses. S’il pouvait les écarter un peu, je me ferais une joie de …

J’ai chaud, soudain, très chaud. C’est venu d’un coup. Et dieu que c’est bon. Je ne vais plus pouvoir patienter longtemps. Il y a tout ce feu dont je voudrais le faire profiter. Et s’il se montre un peu hésitant, il y aura bien moyen que je le fasse changer d’avis…

« Tu me laisses passer les doigts et la langue aux endroits où tu les as rêvés ? » m’entends- je lui dire. Et lui de me répondre en souriant discrètement que le désir que j’ai fait naître chez lui a bien besoin de…s’extérioriser.

« Quoi ? Toi, t’extérioriser ?

- Juste « le désir ».Tu sais bien que moi et les mots…

- Je commence par où ?

- Par mon visage….

- Le front, par exemple ?

- Oui, c’est parfait… »

Et là, sans que les choses aient été précisées au préalable, je déposerais les lèvres sur son front, d’abord, descendrais ensuite sur sa tempe droite. Le battement de la petite veine de celle-ci me troublerait. Ma bouche glisserait dans son cou, rejoindrait le centre de sa poitrine puis le creux de son nombril. Elle descendrait encore un peu. Le gland rose tendre serait déjà décalotté.

Je suppose qu’il n’y a aucune utilité à ce que je poursuive la description…Vous avez certainement compris que l’embouchage ne traînerait pas et que la fellation prodiguée le mènerait au septième ciel.

Pensez-vous que, la prochaine fois qu’il me rendra visite, il se laissera à nouveau emmener dans la chambre d’amis ? qu’il choisira de s’en tenir au canapé (même s’il n’a aucune idée de ce qui s’y passe quand un autre me rejoint…) ? Ou qu’il préférera le hall et me collera au mur sous des assauts on-ne-peut plus fougueux ?


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