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Épisode 2 : Allons-y !

Le mercredi suivant, ma colocataire me réveille aux alentours de sept heures, un café dans la main, un croissant dans l’autre.

— Lève-toi ma belle, tu as rendez-vous à 10 heures.

J’ouvre doucement les yeux et me redresse. J’attrape la tasse de café qu’elle me tend avec bonheur et l’avale d’un trait.

— Merci, ça fait un bien fou ! J’ai fait un terrible cauchemar cette nuit, lui dis-je avant de poursuivre, j’ai cru qu’on m’enfermait dans un château et que je me transformais en dragon.

— C’est nul comme cauchemar, allé ramène tes fesses maintenant.

Je sors de mon lit, enfile mon doux peignoir rose bonbon et vais la rejoindre dans la cuisine.

— Tu as bien dormi ? me demande-t-elle à peine ai-je franchi le seuil.

— Heu, à part le mauvais rêve… Oui et toi ?

— Assez bien oui, prête pour ton grand jour ?

— Oui, j’ai hâte si tu veux savoir.

— Tu ne m’as pas dit dans quoi tu te lancer, dit-elle songeuse.

— Heu… Barmaid, mens-je dans un souffle de voix, dans le nouveau bar du centre-ville.

— Ah, super ! Ça à l’air chouette, tu me feras des cocktails ?

— Si je suis prise, pas de souci, réponds-je dans un sourire plus faux que nature.

***

Vingt-minutes plus tard me voilà devant ma penderie, à choisir mes affaires pour mon entretien assez spécial.

J’ai déjà pris ma douche et sécher mes cheveux. Je les ai lissés afin de les faire paraître plus long. Je me suis appliqué une fine couche d’eye-liner et de mascara, ainsi qu’un peu de rouge sur mes lèvres.

J’attrape la lingerie que je me suis achetée hier et l’enfile, ainsi qu’une paire de bas noir. Pour finir, j’enfile une courte robe noire, qui épouse parfaitement mes courbes généreuses et des escarpins rouges comme mes lèvres.

J’ai l’air sexy, mais pas trop.

Exactement ce que je voulais, Stacy n’y verra que du feu.

***

Il est 9 h 19 lorsque la sonnette de l’interphone retentit. Je prends vite mon sac, embrasse Stacy et sors rejoindre le chauffeur qui m’attend en bas de mon immeuble.

Lorsque j’ouvre la porte du hall d’entrée, un homme aux allures de Rambo m’attend près d’une berline très imposante.

— Bonjour, Alicia ? demande-t-il en me scrutant des pieds à la tête de façon langoureuse.

— C’est moi, bonjour, dis-je en lui tendant la main.

Il répond à mon geste avec une force imposante et avance vers son véhicule luxueux, me faisant signe de le suivre.

Il ouvre la portière et m’aide à m’installer avant de venir prendre place au volant.

Immédiatement, le luxe me frappe de plein fouet. Je n’ai jamais vu de voiture aussi classe et luxueuse que ce soit de l’extérieur comme de l’intérieur. D’ailleurs, je ne sais même pas de quel type de berline il s’agit.

— Quelle voiture imposante, dis-je bluffer.

— Oui Madame, c’est une Cadillac, répond-il comme si je connaissais déjà le genre.

— Elle est très belle.

— Elle est aussi très puissante, elle possède un moteur V8 de 649 chevaux et passe de zéro à cent en 3 secondes, dit-il à fond dans sa description.

Je n’ai presque rien compris mis à part qu’elle roule vite et qu’elle a un gros moteur, mais j’imagine que tout ce luxe doit coûter très cher.

— Super, je dis en faisant mine d’être vraiment intéressé.

***

Nous roulons pendant une vingtaine de minutes avant de passer le panneau du village ou nous allons.

Située au nord de Besançon, le village de Châtillon le Duc est construit autour du fort, datant du douzième siècle. Perché sur un éperon rocheux, culminant à quatre cent quarante mètres d’altitude, il surplombe la colline de l’ognon.

Nous empruntons un chemin de gravier, qui secoue un peu la voiture et arrivons devant deux énormes portes de portail ouvertes. Elles m’apparaissent gigantesques. Le véhicule continue sur le petit chemin rocheux et nous amène devant une somptueuse demeure.

Le manoir a été construit en haut de la colline, presque dans le vide. En tout cas, c’est de cette façon que je l’interprète. En réalité, il surplombe un magnifique parc arboré dominant la vallée. Je dirais qu’il a été construit aux alentours de 1900, grâce à sa forme et à son caractère. Le bâtiment est de forme rectangulaire, la toiture est en ardoise. Ce qui me conforte le plus dans cette idée, ce sont les cheminées. Elles sont ornées de « Boules de Noblesse », une particularité décorative propre au dix-neuvième siècle.

Il arrête la Cadillac à une dizaine de mètres, devant la porte du domaine ou est garé une autre voiture, encore plus magistrale que celle où je me trouve. Mon cœur s’accélère quand mon chauffeur sort de la voiture pour en faire le tour, et vient m’ouvrir la portière arrière pour que je sorte. Me voilà face à une impressionnante demeure. Les fenêtres font deux fois ma taille, sans parler de la gigantesque porte d’entrée. Je commence légèrement à stresser, il faut dire que tout ce luxe est assez impressionnant.

— Bienvenue au Manoir Crowford.

— Il est magnifique ! je m’exclame, hypnotisé par tant de beauté.

***

Il entre et je lui emboîte le pas. J’ai l’impression de pénétrer dans un musée. Rien n’a été épargné pour que le décor se révèle dans toute sa splendeur, sous mes yeux ébahis.

Les imposantes colonnes de marbre, les moulures en or, les grands vases et sculptures décoratives sont superbement bien mis en valeur. Ici, tout respire l’ambiance royale d’un conte de princesse. Le rêve.

Nous passons entre les deux colonnes de marbre qui délimite le hall d’entrée du hall d’escalier. Tout aussi impressionnant avec son plafond en forme de dôme, suspendant un lustre tout aussi imposant.

Puis, nous tournons dans le petit couloir de gauche qui donne sur un gigantesque salon, où se confondent hommes et femme en tenu sexy, assis sur des sofas rouges. Me faisant les yeux doux alors que j’avance encore en suivant mon chauffeur.

— Nous y sommes, tu peux entrer, tu auras le loisir de faire connaissance avec tout ce beau monde ensuite, lance-t-il avec un clin d’œil.

Je lui souris et ouvre la porte. J’atterris dans une pièce en forme de rectangle qui offre un design impressionnant. Les murs de couleur crème apportent un magnifique contraste avec le mobilier gris. Elle dispose d’un bureau et d’une bibliothèque sur la droite, d’un canapé, d’un minibar et d’une télévision à gauche.

J’avance lentement vers le bureau quand la porte s’ouvre brusquement et me fait sursauter.