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Épisode 4 : Tra la sue braccia (trad. Dans ses bras)

Hier soir, nous nous sommes embrassés. J’étais un peu surprise par l’intérêt que je suscitais. La lumière du jour s’amenuisait et les grillons entamaient leur chant du soir. Je me sentais bien en présence de cet homme qui semblait s’ennuyer de son voyage en famille. Il observait mes mains. L’humour servait de paravent aux étincelles de désir que j’apercevais dans le fond de ses yeux. Encore submergée par ma tristesse, le grisement que je devinais en moi me semblait surnaturel. Et c’est un peu en mode automatique que je me suis approchée de lui, guidée par mon envie de goûter ses lèvres. J’ai fermé les yeux et je me suis laissée faire. Ses baisers, d’abord délicats et hésitants, m’ont vite emportée, plaquée contre son corps. Nos vêtements conjuguaient notre envie de l’un pour l’autre. A bout de souffle, il m’a proposé d’aller à Sienne le lendemain. J’ai accepté.

Sienne

Nous nous retrouvons en fin de matinée, à l’entrée de la pensione, dans un baiser timide. Arrivés à Sienne, la rivale historique de Florence, sa douceur de vivre s’impose. Je regarde avec une gratitude encore timide le profil de celui qui m’y a emmenée. Je le trouve beau. Ma main dans son cou, mes lèvres se rapprochent des siennes, délicatement et tendrement. Il émet un léger gémissement de plaisir. Je pourrais l’embrasser pendant des heures. Notre journée va être délicieuse.

Un peu à l’écart du reste du monde, nous avons monté les marches en pierre de la Torre del Mangia. Seules des petites fenêtres font entrer la lumière de l’extérieur. Ce n’est qu’à son sommet, que nous découvrons la Piazza Del Campo dont les neuf parties sont en pente, lui donnant un aspect de coquillage.

La place est grandiose.

Nous surplombons ensemble cette ville organisée autour de ses dix-sept quartiers et traversée par des rues étroites. Elles se protègent du soleil tout en poursuivant le relief des trois collines dont Sienne est l’intersection. Il m’attrappe par la taille et plonge dans mon regard encore pris par la vue qui s’offre à nous.

Ses baisers sont sans aucune retenue. J’en perds presque l’équilibre. Les yeux fermés, je sens ses mains qui maintiennent mon dos. Nous vibrons à l’unisson sur les hauteurs de la Toscane.

C’est le long des façades médiévales à trois ou quatre étages interrompues par des fontaines que nous avons ensuite flâner. Les fanions avec les armoiries des différents contrade claquent au vent parmi les arches traversant les rues et supportant en hauteur des fenêtres de tailles irrégulières parées de tentures.

Nous avons régulièrement marquer des pauses pour profiter de cette ambiance unique et si bien conservée depuis des siècles. Sous des papillonades de baisers parfois plus fougueux. Nous nous découvrons.

Nous avons ensuite visité la Santa Maria della Scala, un des premiers hôpitaux d’Europe.

La grande salle, l’infirmerie, ressemble à un hangar où de nombreux malades devaient être alignés sur des couches miséreuses. Si ce n’est que ses murs sont couverts de fresques magistrales illustrant la vie de l’époque et plus particulièrement la venue des pélerins qui s’y arrêtaient pour se reposer. Ce qui explique les différente chapelles et les souterrains de ce vaste édifice.

Ces derniers sont particulièrement lugubres malgré les différents objets luxueux qui y sont exposés et protégés dans des vitrines. Nous pouvons y deviner une ferveur proche de la folie, dont l’intransigeance se marquait dans l’idolâtrie et les châtiments corporels. J’en frémis. Je me blottis contre lui qui m’entoure de ses bras devinant mon malaise. Je suis contente qu’il soit présent à mes côtés. J’aime qu’il me sente.

Une fois sortis de ce complexe muséal, nous retournons vers la Piazza Del Campo où nous partageons un repas gorgé du soleil toscan.

Ensuite, détendus et main dans la main, nous rejoignons tous ceux qui se sont assis, à la nuit tombante, sur le pavage de briques de la Piazza.

C’est à ce moment que je réalise que je ne connais pas son odeur. Je me penche vers lui, dans son cou à la base du lobe de son oreille où les odeurs sont les plus délicates. Je m’en imprègne. Pas assez longtemps. Car il s’empare des mes lèvres. Goulument. Affamé. De moi. Et de mon corps. Qu’il tente de deviner par des caresses interrompues par la pudeur. Je lui souffle dans l’oreille “J’ai envie de toi” auquel il me répond dans un demi soupir “et moi alors”.

Dans ses bras

Dans la chambre 13 au première étage de la Pensione Michelangelo, nous nous palpons, nos bouches se rencontrent fougueusement. Sa langue s’introduit. La mienne s’aventure. Je frémis comme toujours au toucher d’une peau que je ne fais qu’encore découvrir que par fragments. Je les lis doucement, pour me souvenir, longtemps de ce qui est écrit. Ou de ce qu’ils me disent ce soir à Florence.

Je sors sa chemise de son pantalon et passe mes mains par le bas. Sa peau est parsemée de grains de beauté qui interrompent mes caresses, tout comme ses tétons. Je suis fascinée par la forme de ceux que je découvre à l’instant. Après avoir ouvert les premiers boutons du haut de sa chemise, je m’abaisse à leur hauteur pour, de ma langue, en sentir la texture. Ils réagissent timidement pendant que mes mains descendent le long de son dos et s’accrochent à son fessier.

Mes baisers continuent à découvrir son torse, de plus en plus bas. Arrivée à sa ceinture, je parcours pudiquement de mes mains la peau qui se trouve encore à l’ornière de son pantalon. J’y sens quelques poils qui s’hérissent et me relève pour recevoir des baisers armés de désir.

Ses mains dans mon dos me soutiennent à peine. Et pourtant je sens la force dans ses bras. J’attrappe l’arrière de son cou pour ensuite ouvrir entièrement sa chemise. Mes mains à plat sur sa poitrine l’observe avec curiosité et le pousse doucement vers le lit. Il s’y couche sur le dos et ses lèvres se pincent en coin d’excitation en me voyant arriver à quatre pattes sur lui. Ma poitrine arrive à la hauteur de son visage. Il s’en empare à travers mes vêtements dont il me déleste assez rapidement. Il ne me reste plus que ma culotte, comme une dernière barrière pudique.

Il y passe sa main pour l’enlever et ses doigts découvrent mon sexe humide. Je l’embrasse à pleine bouche et retrouve son odeur, légèrement acidulée. Que j’aime ces moments de découvertes : les corps ne mentent pas. Je me mets à cheval sur lui pour regarder sa poitrine. Mes caresses l’observent pour moi. Je lui enlève sa chemise, défait sa ceinture et arrive sur son sexe en érection, encore contrainte par les vêtements. Je les glisse et les laisse au pied du lit. Il est nu et je le trouve beau. Je caresse l’intérieur de ses jambes, me penche pour que ma poitrine se trouve au-dessus de son pénis. Leur rencontre le fait frémir. Je plaque mes seins l’un contre l’autre avec sa verge entre eux. Son gland rosé et gonflé apparaît et puis disparaît avec les mouvements de va-et-vient. Il gémit.

Je me relève et il approche son buste pour m’embrasser, il m’enlace et me fait tourner sur le dos. Le voilà sur moi entre mes deux jambes. Je sens son pénis contre ma vulve, il se fraye un chemin petit à petit pendant que je reçois des baisers dans le cou et que je me délecte de sa langue dans ma bouche. Nos salives s’entremêlent, tout comme notre désir l’un pour l’autre. Je me cambre de plus en plus à la recherche de son torse et de son entrejambe dans la mienne. Je le sens, sa verge va finir par glisser de mes lèvres à l’entrée de ma cavité. Je la veux en moi : la sentir, sa taille, sa vigueur. J’ai envie que nos corps s’emboîtent. Après quelques tâtonnements, mon vagin se trouve à sa hauteur et son sexe pénètre le mien. Je ne peux pas réprimer une expiration de plaisir dans un basculement de tête vers l’arrière.

Ma tête est encadrée par ses bras qui le soutiennent dans ses mouvements de va-et-vient. Je cherche de mes mains ses mains à lui, caresse son dos, le serre dans mes bras dans un élan d’affection. Décidément, il me plait. Il est doux et ne se complique pas la vie. Il cherche l’inclinaison qui me fera jouir et me regarde. J’ai du mal à soutenir ses yeux clairs car j’ai envie de le sentir en moi, sur moi, autour de moi et rien d’autre.

Il se met sur ses genoux pour me pénétrer plus profondément en tenant mes hanches et je soulève légèrement mon bassin. Les frottements de nos deux sexes font monter mon orgasme qui ne va plus tarder à arriver. Tout comme lui que j’entends respirer de plus en plus vite. Il se penche vers moi et nos langues se tortillent fébrilement l’une avec l’autre d’excitation et de plaisir.

Je jouis au fonds moi, doucement et silencieusement.

Quelques secondes plus tard, c’est à lui de venir en moi alors que je n’étais pas encore sortie de ma propre jouissance. Le sentir en moi s’agiter et se détendre m’apporte un sentiment d’affection pour cet homme que je connais à peine. Nous sommes bien là ensemble à Florence.

(crédit photo : Frida Castelli)

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