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Tiraillée ou entre eux deux

- En ce qui concerne un nouveau rendez-vous, j'exige qu'il se déroule dans un lieu calme et serein...

- Ne vous en faites pas. Je le comprends tout à fait.

- ... un coin avec de la verdure, sans trop de monde autour. Apaisant surtout.

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Après deux longues heures passées ensemble, nous nous attablons pour prendre un verre sur la terrasse d'un hôtel-restaurant. L'endroit est petit. Le lieu, perdu. Un isolement mémoriel.

- Vous m'avez l'air pensive.

J'aimerais répondre, le regarde puis soupire.

Il prend tout son temps, m'a prise par la main pour me le dire :

- Réservons une chambre, le voulez-vous ?

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La plus éloignée de tout.

- Comment vous sentez-vous ? Mieux ?

- Écoutez... enfin... Nous ne pouvons pas. Ni vous... ni moi.

Mon ventre se creuse de plus en plus. Je sens ma faim de ses mains.

- Vous ne serez jamais à moi et qu'adviendra-t-il si je me voulais tout à vous...?

- Je reviendrai vous voir. Le plus souvent possible. Je ne vous l'aurais pas suggéré si je n'étais pas si sûr de vous désirer. Longtemps... Et tout à moi.

Ma respiration...

- Il me fait confiance... Il ne suffit pas qu'il soit plus loin de moi pour que je trahisse mes sentiments pour lui... En réalité, je les sens naître en moi mais...il est encore jeune. Alors que vous...

- J'ai horreur de vous mettre mal à l'aise. Je ne vous oblige à rien en vous menant ici. Vous ne me décevrez en rien... quoi qu'il arrive... Enfin, je suis heureux de vous revoir prendre des couleurs... Si jamais...

Il voit de lui-même qu'il doit s'arrêter pour me laisser parler. Sa perspicacité m'étonne au sens le plus fort... Peu d'hommes seraient capable de me porter cette attention. De le faire à sa manière.

Je fonds

- J'aimerais jouir.  Pouvoir jouir dans vos bras. J'ai envie de vous, malgré tout, depuis un moment déjà et même si nous n'en avons pas le droit.

Se trouble-t-il ?

- Beaucoup de femmes vous plaisent, sur un simple regard. J'ai besoin de savoir si vous l'avez déjà fait, si vous l'avez osé, pour m'avoir emmenée là.

Il secoue doucement la tête, si lentement que je ne sais que croire. Je le questionne du regard et il m'assure que non. Mon cœur s'emballe. Ma voix lui dit qu'il ne le faudrait pas... Puis, au moment de m'engager, je perds pied. Je lui expose mon combat et lui remets, à lui seul, le choix. Ne sachant plus que faire entre ma raison et mon désir inattaquable.

Quelle que soit sa décision, elle sera bonne. Je pose pour unique condition qu'il continue à prendre soin de moi, quoi qu'il advienne. Qu'il ne m'oublie ni ne me délaisse.

Tremblante, presque suppliante, j'attends qu'il prenne, pour la dernière fois, sa décision.

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Enfin, je sens ses mains à travers mes vêtements !

Sa voix, virile et chaude, nous a redonné vie. Sa langue vient, ses lèvres me caressent. Ses mains exquises savent prendre place sur moi, sous mes seins, tendus entre ses longs doigts.

Je me sens gémir déjà, enfin, lorsqu'il m'attire plus à lui, au creux de ses bras mûrs. Je cherche sa peau dans son dos, sur ses épaules, sous sa chemise. Je l'entends soupirer aussi même s'il m'alimente davantage. Moi.


Ravie sur lui, encore habillés, je lui demande d'être tout à moi. J'étouffe ma culpabilité dans l'instant en sachant qu'il le voit. Tendrement, il vient me renverser sur l'oreiller, me déshabiller avant lui, son visage, sa langue, presque sur ma peau.

Rouge d'envie, mes cheveux dénoués, il me retourne et nous excite. Fondue et formée, par ses doigts, paumes puis mains, mon coeur s'agite de plus en plus fort. Il le savait. Nous en avions à peine parlé... de tendres caresses au creux de mon dos, depuis les épaules jusqu'à l'orée de mes fesses dont je sens la transpiration monter d'un cran.

L'arrondi de mes lunes qu'il savoure aussi, tout aussi lent, long, tout aussi sensuel dans son plaisir charnel. Je pousse des soupirs bien plus sonores.

Je le revois sur moi, même au travers de mes larmes d'extase. Il me sourit, m'enlace de sa langue. Et nous y sommes.

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Je me sens m'ouvrir, je me sens m'écarquiller pour toi, sous tes mains. Tes mains expertes, tes mains savantes et qui m'explorent en profondeur.

Je gémis déjà. Mon ventre est sensible, le creux de mes genoux... le bas de mon dos aussi... mes aines.

Ah ! Viens, viens !

Je perds la tête. Je me sens toute pour toi, sous tes doigts.

Les premiers cris de la jouissance, longs et savoureux en moi. De ma jouissance tremblante, spasmodique, délicieuse qui se presse contre ta pulpe. Je n'en reviens pas.

Je sens un nuage d'ivresse me suspendre vers toi. Je me sens couler et basculer sous toi qui remontes mes seins, enroules mes mamelons, un à un, pour mon plus beau soupir. Je ne me savais pas si sensible d'ici. Je te supplie d'aller vers mon autre pointe, trempée. Je te supplie de la bien traiter, d'une semblable manière. 

Je te sens venir, me caresser. Je me sens gémir sous la pression, tendre et chaude de tes doigts.

Mon souffle n'est plus que halètements criés, qu'écartement crispé de mes cuisses, largement déployées. Je ne me demande même pas pour qui tu dois me prendre à me comporter ainsi. Je n'ai pas ces interrogations là avec toi.

Je veux que tu me fasses découvrir mes plaisirs.

De là, tu vois toute ma beauté, ma beauté intérieure, ignorée de mes yeux, malaxée de mes doigts. Ah... conquise par les tiens qui... ah ! Qui me trouvent et m'attirent à eux !

A ce moment-là, je prends pleinement conscience de mon ultime désir, d'amour. Malgré mes sentiments pour lui, je voulais ardemment que ce soit toi, là, à me charmer d'une telle manière.

Je voulais absolument que tu obtiennes ce qu'aucun autre n'aura de moi, par pur plaisir, par envie de jouir dans tes bras qui ne seront jamais, officiellement, à moi. Par cet acte consenti, nous ne nous oublierons pas. Tu seras mon unique, tu le sais, à défaut d'être mon tout premier. Mon premier qui n'a pas su avoir tant de richesses en lui pour moi, pour mon plaisir, notre plaisir à présent, à deux.

Je crois rêver lorsque tu reviens vers mes seins, tes doigts trempés de ma cyprine. Tu en mouilles, en caresses mes mamelons, comme je le fais moi-même au cours de mes masturbations. Je n'en reviens pas que tu l'aies fait sans en rien savoir. Je chamade trop fort, si rouge et trempée de bonheur surpris. C'est alors que tu te penches pour m'enrober de ta langue, puis te ravises sincèrement, toujours dans l'attente. Nous avons failli et j'en ai gémis, presque de douleur.


Ah ! Oui... mes côtes, mes courbes sensibles sous tes doigts, comme ma nuque, de frissons pleine. Effleure-les du bout des doigts, mais que je te sente quand même. Continue de masser mes zones sensibles, mes érogènes aux multiples ailes... Alors que ta langue sera en moi, je voudrai que tu me touches ainsi. Ta langue qui pourrait me caresser aussi, remonter de mes jambes, de mes orteils jusqu'à mes épaules.

Si tu me demandais un baiser, je te le rendrais. Mais mon bonheur déborde sous ta caresse, pleine, précise et entière. Et dire que je t'ai à peine touché, moi, transie de désir, de mes mains tendues vers toi.

Oh, j'en ai envie ! De te sentir là tout contre moi. Je t'en prie, tu le sens et viens entre mes cuisses, t'appuyer contre ma source. Contre mon corps qui t'enserre en un tendre et grand frisson.

Nous gémissons, nous embrassons à en perdre haleine. Mes doigts qui te caressent jusque entre tes fesses. Je l'ai fait dans un élan qui semble te plaire tandis que je m'appuie contre ton membre, pressé contre tes bourses. Ton sexe entre mes doigts, coulissants doucement...  Tes gémissements, graves sous ma langue, me font frémir et me redressent. J'ai envie de toi, surtout de ta langue, pour mon corps excité. 


Si lente dans mon cou et vers ma nuque, je me nourris de l'extase profonde. Tu m'entends, au cœur de moi. Je m'assieds pour toi, pour ta caresse linguale et de tes doigts joueurs-connaisseurs. Oui, tu me saisis, presque toute à présent. Mieux que moi-même, tu me l'apprends. Sans cesse, car je te réclame encore. Plus bas.

Mes jambes autour des tiennes, je me sens inonder directement le lit. Je veux encore ta dureté, sentir ton désir au diapason du mien, comme j'en rêvais après t'avoir connu.

Face à face, tes yeux me communiquent ton plein désir. Je les vois brûler et m'y raccroche, à cette flamme, pour mieux y croire. Elle me pénètre, tu me pénètres entre mes seins. Tu y respires mon doux parfum, ma sueur répandue sous mes cris et ta langue qui maintenant, en gémissant, m'illumine, me comble comme jamais.

Tu te fais patient, languissant, m'allongeant comme je le souhaite pour mieux me faire sentir toute mon envie de t'avoir, de me découvrir, de t'explorer aussi, toujours par petits bouts.

Jamais mes mots ne pourront dire ou traduire ce que ton être me fait. Tu descends et je me sais enfin plus à toi qu'à moi. Tu goûtes à la légèreté de mes poils pubiens. Mes doigts se crispent contre le draps car je n'y tiens plus. Je sais que tu viendras, que tu viens, progressif, au plus profond de moi. J'ai hâte de m'éprendre de cette première fois-là. Je m'en languis à cause de toi, tendre et cher et qui m'appelles, toujours de tes doigts.

Je te prie, t'implore même, d'enfin m'accomplir.

Je suis au bord des larmes lorsque tu me prends, me sondes dans ta bouche.

Je m'emporte, gémis et crie pour mon bouton tout entier choyé, tout entier en toi et sur ta langue qui le masse avec brio. Je le dirais presque... avec amour...

Je me sens belle, je me sens femme, je me sens importante par toi. Mon extase m'emmène et me porte confiance. Je me sens invincible et maîtresse de ton plaisir, aussi, dans tes cheveux électriques.

Bientôt, tu me taquines, me caresses encore et m'intimes le véritable centre de mon être. Jamais il ne m'aura animée ainsi. Je voudrais te saisir, délicatement, t'y coller, tendrement, mais assez fermement pour que tu me respires au mieux. Que tu t'imprègnes de moi sans t'en lasser, sans en être étouffé. J'ai envie d'un plaisir plus grand. D'un ineffable caressant, pour toi en moi.

Je te crie encore, au bord de l'orgasme, de venir enfin. A l'instant propice.

Tu gémis fort au-dessus de moi, m'embrasses les lèvres, puis les seins, comme si tu craignais de me faire bientôt du mal.

Encore, je te redemande, m'agenouille, oui, contre ton ventre dur.

Hésitant à peine, tu te fais très doux, à l'entrée de mon antre. Je m'écarte et sens, avec une pointe de plaisir, une légère douleur pour toi. Elle s'amplifie à peine que tu me brises aussitôt. Crispée contre toi, tes mains enserrant le traversin, tu essuies ma larme de ta langue. L'air de la chambre s'emplit de sel alors que tu t'avances à peine. Je te sens durcir à l'extrême, serré entre mes aines, par mes spirales étroites. A mon écoute, tu dessines ta place sans y graver ta marque.

Mes doigts autour de toi ne palpent plus le contour de ton membre.

Réunis enfin, presque en un corps, tu te meus lentement, avec contenance. Je t'admire pendant que tu m'apprivoises. Vient enfin le temps où je n'ai plus mal, où je crie avec toi, mon plaisir agréable.

Vient un temps où nous accélérons la cadence, toi à mon rythme que tu m'imprimes. Je ne me lasses pas de découvrir, sur ce tempo toujours parfait, les ondes de mon corps.

Rester lents pour le plaisir devient impossible. Enfin, le lit craque, fort, et je risque de perdre ma voix. Je sens le flot de mon ventre remonter par tout mon corps et, comme si ce n'était pas assez, deux doigts, en une caresse, replongent en mon milieu.

J'exulte enfin mes plus grands spasmes et tous mes soupirs contenus jusqu'à ce jour, même inaperçus, pour toi.

Je hurle de désir avant que tu n'aies pu jouir.

Rapidement, un éclair lucide. Et je te prends sur un regard qui te réclame, qui avance et se recule par rapport au tien. Bien vite, tu pousses un long cri rauque avant de jouir sur ma langue, à longs traits.

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Allongée sur le lit, la main contre ton torse, j'observe tes mamelons.

Quelques minutes se passent. Les larmes me prennent durant ta sieste, après notre câlin.

Joie ou désespoir ?




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