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Trois

LUI :

Tu as l’air d’apprécier. Tu as les yeux qui brillent, mon ami, lorsque tu regardes son corps. Je le vois. Je vois tout, confortablement installé dans mon vieux fauteuil club. Juste devant moi, le lit, comme une scène de théâtre. Tréteaux moelleux où toi et elle faites l’amour. Il est superbe ce corps, hein ? Tu n’en reviens pas de ta chance. Je suis sûr que tu te dis : “Putain ! Je dois rêver.” Non, tu ne rêves pas. Ses fesses, véritable chef d’oeuvre anatomique que tu contemples en la prenant en levrette, sont tiennes, mon garçon. Profite. Profite bien car elles te seront retirées l’aube venue. Tu es la Cendrillon de la baise, mon petit. Et je suis ta marraine, la bonne fée ce soir.

Alors que ton sexe va et vient dans ce con finement ciselé, ce con de déesse, ne te laisse pas aller à te prendre pour son maître, mon ami. Ce n’est pas parce que tes mains empoignent ses hanches que tu la domines. Je le sais car, moi, je vois ses yeux. Son regard est braqué sur moi. Un regard de conquérante. Elle prend son plaisir, tu ne lui donnes rien, mon camarade présomptueux, tu es baisé, elle te baise. Ses yeux me disent : “Regarde moi jouir, je t’offre cela. Je t’offre le droit de me voir m’abandonner, de me voir, un instant vulnérable. C’est un cadeau précieux que je te fais là.”

Son sexe, son corps est sien, elle en fait ce quelle veut - qui serai-je pour lui en interdire l’usage ? - mais elle me fait l’honneur de me demander mon accord pour le livrer à celui qu’elle élit pour un soir.

Je vais me branler en vous regardant. Elle le sait. Elle sait parfaitement que je vais me caresser en regardant vos corps s’affronter. Elle attend que je jouisse en la regardant bien en face pour laisser les grandes déferlantes de l’orgasme l’envahir. Ce qu’elle t’a laisser entendre n’était que des vaguelettes, mon cher. Tu vas affronter la tempête lorsqu’elle se décidera à vraiment jouir. Si tu arrives à tenir jusque là, tu vas découvrir la majesté, la toute puissance éblouissante et intimidante d’une femme qui jouit. Vraiment, totalement, sans entraves. C’est d’une beauté presque intolérable car inatteignable pour nous, mon acolyte couillu.

Néanmoins elle exige mon plaisir avant de prendre le sien. C’est pour cela que je me masturbe devant vous, une besogne agréable et, finalement, aisée devant une telle représentation.

Tu n’es qu’un instrument mon ami. Un instrument chanceux mais un instrument quand même.

ELLE :

Je l’ai choisi pour la douceur de ses traits. Presque enfantin. Lui m’a donné son accord. Je pourrais m’en passer, je fais ce que je veux de mon cul, personne Homme ou Dieu ne me dira quoi en faire mais je le respecte avant de l’aimer. C’est bien plus important que l’Amour, le respect. Lui demander son avis a toujours été pour moi ma manière de lui montrer.

Et il m’a bien léché, je dois le reconnaître. Ce n’est pas si courant qu’on le croit. Il sait que le clitoris n’est pas l’unique but d’un cunnilingus. Et, ça, c’est appréciable. Je me suis laissée aller à un petit chapelet d’orgasmes lorsqu’il m’a mis quelques doigts. Le secret c’est l’écoute, savoir où s'appesantir, quels mouvements de la langue conserver et quels rythmes maintenir pour augmenter le plaisir. Il est doué le bougre.

Il est un peu gras mais il a un corps bien proportionné, un corps normal et confortable. J’ai refusé de le sucer, je lui ai dit que je n’aimais pas ça. C’est un test. A leur réaction, je sais si mes amants d’un soir, d’une semaine ou d’une année - jamais plus - sont de sombres connards centrés sur leur queue ou des hommes qui aiment les femmes. Il l’a réussi. Il m’a même fait sourire : “je comprends, moi non plus je n’aime pas ça”. Il l’a dit avec un naturel désarmant. Le sens de l’humour est un puissant aphrodisiaque.

Je l’ai chevauché. Un peu. Mais je le sens fragile, il ne va pas tenir beaucoup plus longtemps. J’ai décidé de finir sur une levrette. LUI pourra nous voir, je pourrais le voir se donner le plaisir que j’offre à L’AUTRE. Je suis excitée qu’il me voit faire l’amour et que cela lui permette de bander et de jouir comme si c’était avec moi.

Allez, mon sex-toy, il est temps de bien me prendre et de ne pas faiblir.

L’AUTRE : Elle est faite pour le sexe. Un mélange de corps de Madone et d’âme de salope glorieuse. C’est une forme d’expression pour elle. Elle m’a invité à venir lui faire l’amour sous les yeux de son mari avec un naturel désarmant. Comme si c’était une chose aussi évidente que d’inviter un ami à une soirée spagetthi-bolo. Avoir un spectateur lorsque je fais l’amour n’était pas une évidence. Mais j’ai vite fais abstraction du “public”. Son corps est un maëlstrom qui capture toute l’attention. Et sa chatte… Un vrai appel à la gloutonnerie. J’en avais l’eau à la bouche. J’ai sorti le grand jeu, j’ai fait appel toute la science du cunnilingus que j’aie pu assimiler. C’était mon grand chelem, j’ai tout donné. Faire jouir une femme avec ma bouche et toujours un grand étonnement pour moi. Et un grand éblouissement aussi. Sentir palpiter son ventre, goûter son sexe, entendre son souffle s’épaissir de ses gémissements, percevoir l’arrivée de l’orgasme et prendre de plein fouet son corps se révoltant. Cela me laisse toujours l’impression de participer à un rituel chamamique. Elle a eu l’air d’apprécier.

Mais je ne peux quand même pas m’enlever de l’idée que je suis un pion dans leur petit jeu de “regarde moi baiser avec un/une autre, mon bel amour, ma déchirure”. Je suis peut-être un pion, mais un pion heureux, un pion qui fait l’amour à un des cons les plus superbes, à une des femmes les plus charnelles qu’il n’ait jamais eu l’occasion de baiser.

Tiens, Lui vient d’ouvrir sa braguette… Elle me demande de la prendre en levrette… En levrette, bordel ! Cette femme est un don de Dieu. Oh mon Dieu ! Ce cul… Je suis en train de baiser une héroïne de Manara. Je suis mort et je suis au paradis, il n’y a aucune autre explication possible...

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