2 minutes de lecture

Tu n'es pas seule

Tu te lèves de ce fauteuil où tu as passé une bonne partie de ta journée. Tu as pesté contre ce logiciel, il a mis ta patience à rude épreuve. Tu as fait des pauses, lu un peu, répondu à des messages, au téléphone... eu des idées. Pour les autres. Tu aimes aider les autres. C'est un des traits de caractères que j'aime chez toi. J'apprends à te découvrir peu à peu, lentement, tentant de respecter ton ryhtme. Je ne veux pas te brusquer, brûler les étapes. Te perdre tout simplement. J'apprends à freiner alors, à réfreiner, à t'écouter, à te laisser vivre.

Tu t'étires. Je trouve ça gracieux. Chaque geste de toi est gracieux. C'est comme si tu composais une dans avec chacun de tes mouvements, involontairement peut être, mais le tout est magnifique. Je ne me lasse pas de te regarder. Et parfois tu croises mon regard et tu me souris. A ce moment là j'ai envie de pleurer. Tu es belle. Le sais tu seulement ?

Vêtue de ton seul pull, tu semble flotter dans la pièce. Tu entres dans la salle de bains, en ressort deux minutes plus tard, haleine fraîche et nuisette, ta tenue de combat pour la nuit. Le terrain de bataille... la chambre. Tu t'allonges, te glisses sous la couette, ou plutôt elle te livre passage, s'écarte devant ton corps pour lui permettre de trouver refuge. Une main entre ta tête et ton oreiller, l'autre posée sur ta hanche, tu es prête. Tu lèves les yeux vers moi, je suis resté appuyé au chambranle de la porte, je te regarde. Un message silencieux que me jette ton regard. Un invitation, une supplique... un mélange des deux peut être.

Je m'approche, contourne le lit et vient m'allonger derrière toi. J'épouse la forme de ton corps, lui appose mon contact rassurant, tu n'es pas seule. Ma tête vient se reposer contre la tienne, le nez dans tes cheveux, je respire ton parfum. Je viens recouvrir ta main pour te rassurer, tu n'es pas seule. De l'autre, je caresse ta chevelure qui sera éparse à ton réveil. D'une voix douce, posée, je murmure à ton oreille, te vantant ta beauté, ta grâce, ta douceur, toutes tes qualités qui font ce que tu es, ce que je trouve que tu es. Une femme à part. Une femme que j'ai la chance de croiser, qui m'a remarqué et m'a invité à la découvrir. Une femme bien. Je continue à faire ton éloge, tu souris, d'un mouvement du corps tu te plaques encore un peu plus contre moi, ma main quitte la tienne et vient t'entourer, protectrice, tu n'es pas seule. De l'autre, mes doigts tressent des mèches dans tes cheveux, mes mots te bercent, tes yeux se ferment, ta respiration ralentie, ta poitrine soulève ma main à un rythme régulier. Mes lèvres dépose un doux baiser sur ta nuque.Tu dors, confiante, tu n'es pas seule.

Le moment fatidique approche. Je le sens. Comme en cette fin d'après-midi, je vais devoir m'effacer. Une once d'humidité pointe au coin de mon oeil. Il y a des moments où la maîtrise de mes sentiments m'échappe. Heureusement tu ne le vois pas. Une larme roule jusqu'à ton oreiller, preuve éphémère de ma présence. A ton réveil elle n'existera plus, je ne serais plus là.

Ma peine, ma condamnation, ne pas pouvoir rester auprès de toi. Ne pas rester.... je m'efface petit à petit, je disparaît... je meurs... et quelque part à côté de toi, je veille

Tu n'es plus seule.

Écrire à Terremer
Tags

Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche