3 minutes de lecture

Tu veux que l’on se rencontre ?

Ils se sont écrit. Chacun souhaitait faire le premier pas, proposer une rencontre, mais aucun n’osait.

Alors, pendant 5 mois, ils se sont écrit. Parfois un mail par jour, parfois dix. Et au fur et à mesure de leurs échanges épistolaires, il se dévoilaient l’un à l’autre et se connaissaient presque par coeur.

Après 150 jours d’échanges, à chaque notification de réception d’un message, le son de notification avait l’effet d’une secousse sismique. Et le coeur de chacun battait, comme une réplique à cette première secousse.

A chaque message, chacun espérait que l’autre se soit enfin décidé et chacun avait envie de lire :

« Tu veux que l’on se rencontre ? »

Mais le message n’arrivait jamais. Pourtant la réponse de chacun était prête.

« Je n’attendais que ça depuis des mois »

Mais cette réponse non plus n’arrivait donc jamais.

Un vendredi soir, alors qu’elle était passablement énervée par un souci lié à son travail, elle lui envoya un message beaucoup plus direct.

Contrairement à tous les autres messages qu’elle avait l’habitude de lui envoyer, elle ne prit pas le temps de relire. Elle ne passa pas 5 minutes à hésiter avant de cliquer sur « Envoyer ». Elle ne reprit pas le fil de la conversation pour voir si elle semblait désespérée, pressée, ou trop entreprenante. Elle voulait envoyer ce message avant d’hésiter pour finalement, se dire que c’était une mauvaise idée, et y renoncer.

Le message était simple, sans ambiguïté.

« Demain, je serai à 12h30 au restaurant « La Bonté », rue des Demoiselles. Viens me rejoindre, assieds-toi en face de moi, et embrasse-moi. Comme si nous nous connaissions depuis des années. Comme si tout cela était normal. Et raconte moi ta matinée, raconte moi des histoires sur tes collègues qui te font marrer, sur ta mère qui ne te lâche pas.

Tu ne sais pas à quoi je ressemble, comme je ne t’ai jamais vu non plus. Mais tu me reconnaîtras forcément. Tu me connais tellement bien. Je t’attends »

Quand il lu ce message, il resta figé pendant 15 minutes.

Il relu le message 5 fois, 10 fois. Il n’en croyait pas ses yeux.

Elle veut que l’on se voit. Elle veut que je l’embrasse.

Mais comment est-ce que je vais la reconnaitre ?

Il tournait en rond dans son bureau, il était à la fois excité et mort de peur.

« Et si je me trompe et que j’embrasse une autre ? C’est évident, avec la chance que j’ai, je vais me planter… Je vais me prendre une baffe, ou un coup de pied dans le tibia, peut-être les deux. »

Dans tous les cas, si je me plante, je serai obligé de me barrer en courant, et tout sera foutu. Si je me plante, elle aura tout vu, et tout sera fini avant même d’avoir commencé.

Alors il s’installa dans son fauteuil préféré, devant sa cheminée, et tourna tout doucement la tête vers le fauteuil d’à coté. Elle était là, assise, comme lui, à regarder le feu. Il scruta son visage. Ses cheveux étaient coiffés en arrières, quelques mèches sortait du rang et retombaient sur son visage. Sa bouche était pulpeuse, ses joues légèrement rosées par la chaleur du feu étaient sublimes.

Ses épaules semblaient douces, il crevait d’envie de venir l’embrasser dans le coup.

Sous son haut léger et transparent, il voyait ses beaux seins.

« Ils sont 100% authentiques »

Elle insistait bien à chaque fois qu’elle parlait d’eux.

Et en effet, quelle paire de seins ! Bombés, proéminents, qui ne laisseraient aucun homme, ni sans doute aucune femme de marbre. Impossible de résister. Il bandait rien qu’en pensant à ses seins. Il connaissait ses seins par coeur, la courbe qu’ils formaient, la dextérité qu’ils exigeaient pour être pris à pleines mains, la droiture et proéminence qu’ils conservaient quand elle les libérait de son soutien-gorge, La fierté qu’ils lui apportaient quand elle se dévoilait ainsi à celui, ou celle qui les regardait.

Mais il ne les avait jamais vu. Dans leurs correspondances, elle les avait si bien décrit qu’il les connaissait par coeur. Et cette fois-ci, il allait enfin pouvoir, peut-être, les toucher.

Alors, il secoua la tête. Le fauteuil était vide, elle n’était évidemment pas là. Mais elle attendait sans doute une réponse.

Lui aussi, refusa de se laisser emporter par le doute et la peur, et ne perdit plus une seconde de plus.

« C’est d’accord, je serai là, à demain »

Il regarda le bouton « Envoyer », expira légèrement… Ferma les yeux, les rouvrit très rapidement :

« Allez, on n’a qu’une seule vie » Il cliqua sur « Envoyer ».

C’était entendu. Demain, elle et lui se verraient donc pour la première fois.

Il était excité. Il l’imaginait recevoir le message.

Elle lu le message. Son coeur se mit à battre, si fort qu’elle en eu mal à la tête.

« Je suis dingue… et si on s’étaient plantés ? »

Ils ne pouvaient plus reculer.

Dans 17h, ils se verraient enfin, après 5 mois d’échanges sans aucune photo, sans lien vers une page Facebook, avec comme seul indice l’image que chacun se faisait de l’autre en se rappelant tous les détails disséminés dans les centaines de messages échangés. Des messages simples, puis érotiques, puis très vite plus sexuels, ou chacun exprimait ses envies, ses attentes, et décrivait son plaisir...   

Mais demain était loin. Après une nuit de sommeil, seront-ils prêts, l'un et l'autre, pour cette découverte périlleuse ?

A suivre…

Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche