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Un bain

Je ne sais pas pourquoi je rêve toujours d’une grande salle de bains avec une baignoire ancienne au milieu. Et dans cette baignoire, remplie de mousse et émanante de vapeurs de chaleur se trouve une belle créature dénudée à la peau claire et à la chevelure foncée.

J’entre dans la salle de bains sans un bruit. Elle est concentrée sur sa toilette. Elle passe ses mains le long de ses courbes, tout en y répartissant plus ou moins équitablement la mousse blanche sur les parties de son corps à découvert. Ça sent bon, il fait bon… et cette atmosphère délicate est propice au laisser-aller après une bonne journée de travail.

Je me débarrasse petit à petit de mes vêtements, toujours en silence. La sirène de baignoire n’a pas encore détecté ma présence ou alors elle joue le jeu. En tout cas, lorsqu’arrivé à son niveau, je pose ma main sur son épaule. Elle feint la surprise avant de sourire et de m’inviter à la rejoindre dans son royaume aquatique éphémère.

Je fais le tour de la baignoire, et un pied après l’autre, j’entre petit à petit dans l’eau frémissante. Doucement, car c’est tout de même une eau très chaude, mais aussi, car j’apprécie de capter les petits regards intéressés de la jeune femme vers mon bas ventre. Ses yeux suivent lentement la descente de mon corps dans l’eau avant de reprendre une trajectoire vers mon visage lorsque je suis totalement immergé.

En face d’elle, je commence à allonger mes jambes et rentre inévitablement au contact des siennes. La baignoire est grande, mais pas assez pour respecter une distance de sécurité réglementaire. Mais cela n’est pas bien grave en soi. Je dirais même plus que cela m’arrange.

Maintenant installé, le moment est propice à la discussion. La jeune fille me parle de sa journée, me demande comment s’est passée la mienne et d’autres sujets du moment. As-tu pensé à racheter du café ? Tu ne voudrais pas qu’on aille se balader en forêt ce week-end ? Tandis que la chaleur du bain réchauffe nos corps et nos âmes, je ne peux m’empêcher de zieuter quelques fois sur sa poitrine qu’elle ne cache absolument pas. Même si ces derniers tentent une immersion rapide de temps en temps suivant les mouvements de leur propriétaire, ils sont tout de même très visibles. Et ils ne me laissent pas indifférent.

À force des regards indiscrets, la jeune fille comprend qu’il est peut être temps de mettre un terme aux mondanités conjugal pour peut être lentement mais sûrement glisser vers un jeu peut être plus intime. Alors que je suis encore en train de rectifier la trajectoire de mes yeux et qu’elle a arrêté de parler depuis approximativement 11 secondes et demie sans que je m’en rende compte, je sens quelque chose fendre le calme du fond de la baignoire pour venir à la rencontre de mon entre-jambes. Ce prédateur marin non identifié commence alors par caresser lentement et avec prudence mes attributs. Prenant conscience de ce qui se passe en bas, mon regard remonte du bas de son corps, parcoure les formes délicates de son ventre pour parvenir à ses yeux perçants et joueurs. Elle sait que je sais et je sais qu’elle sait ce qu’il va arriver dans les prochaines minutes.

Alors que son pied continuait lentement son travail d’éclaireur, je pris l’initiative non sans risque d’avancer vers la prédatrice qui se trouve en face de moi. La distance entre nos deux îlots qui nous servent de corps s’amenuise de seconde en seconde. Si certaines parties se frottent sans vergogne, le choc frontal entre le gros des deux masses voluptueuses n’est pas loin. L’air se fait tout de suite plus chaud et humide tandis que mes lèvres rencontrent les siennes et que nos corps finissent de se percuter dans un choc bruyamment silencieux et intensément doux.

Tandis qu’on s'affaire en haut, les, mais se font baladeuse, que ce soit sous l’eau ou en surface. Si l’on pouvait mettre un thermomètre dans l’eau, je suis sûr que la température dû à la friction ou je ne sais quoi a brutalement augmenté. Ou c’est juste moi qui ai très très chaud. Je ne sais pas, en tout cas tandis que je continue à l’embrasser, je ne sais guère ce que fait ma main qui à l’air d’avoir pris ses doigts à son cou et continue d’explorer les tréfonds d’une grotte sous-marine tandis que mon navire prend peu à peu la forme d’un fameux trois mats dressés et affrontant un monstre marin à 5 tentacules.

C’en est trop, la tension dans cet affrontement maritime de haute voltige est un poil forte pour cette pauvre petite baignoire. D’un commun accord, les parties belligérantes décident de se replier sur un autre front de bataille. Alors que ma partie commence son immersion et à mettre pied à terre, madame me rattrape le bras.

« Attends tu t’en sortiras pas comme ça »

Et c’est sur ces mots que je vis mon plus fidèle compagnon disparaître dans la bouche de la sirène.

Remis du choc de cette disparition soudaine, mais pas si désagréable, la surprise fit vite place à un plaisir incommensurable. Il faut dire que vous êtes plutôt efficace dans la pratique de cet art linguistique. J’ai dit vous ? Oh ma langue a sûrement fourché. Un peu comme la vôtre.

Les secondes deviennent des minutes, il me semble. Le temps passe différemment il faut dire quand on est …conquis ? Arrivé à un moment où la jeune femme encore toute brûlante lâcha prise et m’entraîna dans la chambre heureusement adjacente à la salle de bains dans ce paradis onirique. À peine arrivé dans la suite nuptiale, il est temps pour m’occuper du cas de la sirène. Il n’y a pas de raisons qu’il n’y ait qu’elle qui distille son venin de plaisir aux autres. Elle subira mon courroux comme à chaque fois. Je la devance et m’allonge nu sur le lit, avant de lui intimer l’ordre de s’asseoir sur mon visage. Sa surprise laisse place à un regard complice tandis qu’elle enjambe mon corps avant de prendre place dans le meilleur des trônes, sans me vanter. Ma dernière vision avant de fermer les yeux pour me concentrer vu ces fesses rougies qui descendent lentement vers mon visage. Je retiens un petit rire quand ces dernières cachent subitement la lumière. « C’est sûrement la plus belle éclipse que j’ai vu de ma vie » ait-je envie de dire avant de perdre l’usage de la parole pour des raisons techniques.

Il est toujours difficile de raconter ce que l’on ressent dans ces moments-là. Je dirais donc avec peut être un peu de malice dans les yeux, mais de manière très imagée, de dire que c’est comme si je dégustais le meilleur de fruits. Imaginez une pêche toute rouge, laissée au soleil quelque temps ce qui lui donne une fine pellicule à la fois rougie et brûlante. Après quelques coups de bouche bien précis, on arrive à coeur du fruit, et on commence à goûter doucement à la sève qu’il produit. Et on continue. Un coup de langue par ci, une prise en tenaille des lèvres par là.

Mmmh.

Est…ce mon imagination où le fruit vient de gémir ?

Tandis que je continue ma basse besogne, je sens mon entre-jambes continue sa longue montée vers les sommets. Suivi d’une sensation de chaleur et…qu’elle est cette diablerie ?

J’ouvre les yeux et quitte mon agonie fruitière pour reprendre mes esprits et me rendre compte que tu, la sirène, a profité de l’alignement de nos corps pour t’affaisser vers la partie inférieure de mon corps et de reprendre part à la compétition. Et …Diantre. C’est efficace. Mais je ne perdrai pas. Je m’affaire à mon affaire de fruits et je décide de redoubler d’efforts et de technicité, quitte à perdre quelques doigts dans l’affaire.

Doucement, mais inexorablement. Le plaisir monte. Et ce ne sont pas les gémissements et les petits tremblements des deux côtés qui diront le contraire. Le rythme s’accélère comme les coups de langue, les va-et-vient, les petits coups traîtres sur les parties les plus sensibles. On use de nos bottes secrètes, bien décidé à gagner la partie. Puisque oui, c’est un jeu. Et sûrement le meilleur. Celui qu’on adore jouer en solo, mais qui est quand même bien meilleur en multijoueur et surtout à deux. Ce n’est pas pour rien que jouer et jouir sont si proche. Une lettre échangée et tout est accentué.

C’est peut-être notre meilleure partie jamais entamée, car de chaque côté, on sent que le point de rupture n’est pas loin. Ce n’est pas vraiment un Game Over en soit, mais c’est un tout cas un sacré gros morceau. Je sens que mon corps informe mon cerveau que votre attaque soudaine de fellation a eu raison de mes défenses et qu’il est bientôt temps de perdre pied. De mon côté mon cerveau voit bien que mes coups de langue ont aussi percé vos défenses. Les signes ne trompent pas. Nos précédentes joutes m’ont permis de connaître votre corps aussi délicieux soit-il et ses habitudes. Et ces petits tremblements, ces doux râles de plaisir brouillé par la présence d’un objet pas si étranger dans votre bouche et un certain sixième sens me disent que vous aussi, vous allez perdre. Enfin gagner. Enfin bref.

J’ai à peine le temps de te prévenir tant bien que mal avec le peu d’air qu’il me reste, de ce qui va bientôt arriver que tout d’un coup, elle arrive. Comme une vague inexorable qui parcourt nos corps. On a perdu. Tous les deux. On perdu pied et on se laisse envahir par une jouissance sans pareil. Tremblements, cris, respiration coupée, chaleur, shoot d’hormones et fluides. Tout ça en même instant, comme un feu d’artifice corporel. Je ferme les yeux.

Pour quelques secondes, je perds la notion de réalité. Et lorsque je reprends mes esprits, nos corps n’ont pas bougé. Mais ils sont apaisés et reposés. Tu te relèves plus ou moins, et te retournes en rigolant et on constate les dégâts disséminés sur notre couette. Tant pis, heureusement demain c’est dimanche, on aura bien le temps de tout laver. Comme nos corps déjà transpirants après une douche, il y a parfois de bonnes raisons de « se salir ». Pour le moment, les taches ménagères sont bien loin de mes soucis. Je te prends doucement dans mes bras et on essaye tant bien que mal de reprendre notre souffle. Vivement la prochaine partie.

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