Un parfum d'interdits

Une saga de Rêve de Gala - 3 épisode(s)

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Épisode 3 : Aux pieds de mon arbre - La révélation

Assis l'un en face de l'autre. Les jambes pliées et entremêlées, on aurait pu dire de loin un couple d'amoureux romantique.

C'est ne pas prendre en compte ce rideau végétal qui les coupait de l'extérieur. C'est ne pas prendre en compte cette main assurée de ce nouvel amant qui la découvrait hardiment. Contournant l'élastique, glissant sous le tissu, elle toucha au centre de son intimité et trouva sans peine ce point si sensible et délicat, ce complice solitaire qui s'éveilla alors sous la pression de ces doigts impeccablement soignés qu'elle admirait encore il y a quelques minutes.

Tel un appel qu'on ne peut refuser, la jolie déformation du tissu de toile beige, si apparente, si tentante, enhardit aussi sa main qui plongea inexorablement.

L'émoi de sentir la puissance de son désir à lui exacerba sa tension interne. La caresse délicate se fit plus précise et impérieuse, elle empoignait maintenant le plus fermement possible cette verge qu'elle désirait follement.

Sans retenue, sans plus aucune notion de lieu ni de temps, juste portée par cet instinct primaire.

L'espace d'un instant, elle fut privée de ses enivrantes caresses. Oh juste assez pour en éprouver le manque impérieux, juste assez pour qu'il offrît à ses yeux la vue d'un membre magnifique sur lequel perlait déjà une goutte de plaisir.

Leurs yeux se redécouvrirent ensuite et ne se quittèrent plus pendant une éternité si relative, pendant laquelle une main féminine délicate et déterminée, une main masculine puissante et habile, retrouvèrent le chemin de la volupté.

La main de Mirabelle s'animait sur le sexe nu avec précision et gourmandise. Caresse affolante, du bout des doigts, sur les bourses serrées. Puis remontée lascive tout au long de la hampe, appelant, du simple frôlement de deux ongles rouges et pointus sur cette ligne précise, d'incessants afflux de sang dans le membre pourtant déjà turgescent. Puis, fortement, la fine main enserra pleinement l’objet de son désir et apprécia avec délice le résultat de son œuvre diabolique.

Folie de ce moment public et pourtant hors de portée des passants. Serge, enivré, flottant dans la brume du plaisir intense, abandonna toute raison.

Sa main droite, abaissant la culotte, s’enfonça profondément entre les cuisses grandes ouvertes de sa Mirabelle, fouraillant au passage avec délectation dans la toison soignée, merveilleusement rescapée des dernières modes épilatoires. La paume recourbée épousant entièrement le tendre mont de Vénus, ses doigts s’avançaient savamment au creux de la faille charnue, parcourant entièrement l’étroite vallée inondée, du doux piton frissonnant de plaisir à l’embouchure profonde, attirante et pourtant si intimidante de la grotte féconde.

Mirabelle, à présent allongée, cuisses dénudées, accueillant l’invasion de son amant enfiévré, eût offert à qui eût voulu voir, un spectacle d’une absolue beauté et d’une indécence fatale.

Serge, dont le membre exalté menaçait d’exploser, échappa à l’étreinte en se penchant enfin sur le sein brûlant qui n’attendait que lui. Ses lèvres entrouvertes se posèrent, précisément, au sommet tendu de la blanche colline. Au même instant, son majeur droit osa enfin pénétrer la chambre chaude et humide du sanctuaire par lui encore inviolé.

Emportée par l'ivresse de la surprise, elle laissa échapper un cri non équivoque sur le plaisir que la simultanéité de ces gestes faisait grandir en elle.

Une lueur infime de lucidité, une œillade complice, il déposa délicatement une main sur sa bouche tout en continuant de l'autre à la faire chavirer.

Trop imposant, trop important, elle ne tiendrait plus longtemps à ce rythme. Elle voulut prendre le temps, s’occuper un peu de lui. Et prendre du plaisir à lui en donner car quoi de plus grisant que d’avoir le privilège de voir chanceler son amant sous ses soins.

Elle bloqua sa main dans la sienne plongea son regard dans ses jolis yeux couleur de mer et le fit s’installer confortablement contre le tronc puissant. Elle pouvait enfin ouvrir ce gilet et défaire un à un chaque bouton de chemise. Admirer ce torse, plonger les mains dans cette légère et douce toison qu’elle avait osé espérer. Prendre le temps aussi, résister à ce vît qui battait sous la tension et qui l’appelait si irrésistiblement. Descendre la pente vertigineuse, contourner la merveille, l’effleurer de son souffle avant de pouvoir enfin succomber. Oui enfin, mais avec lenteur, savourer chaque instant, le parcourir les lèvres fermées, le flatter du bout des doigts, sans oublier la source du trésor. Agrandir l’expérience avec le sens du goût, savourer la texture du bout de la langue et avec gourmandise, ne pas s’arrêter, en vouloir toujours plus. Toujours plus, plus de soupirs et de preuves de plaisirs, plus de gémissements, plus de respirations saccadées. Commencer l’apprentissage de son corps, être à lui autrement mais pleinement.

Devenue de moins en moins contrôlable, la respiration de Serge trahissait l’imminence de sa jouissance. Il prit la tête de Mirabelle entre ses mains et l’attira vers lui pour un baiser empli à la fois de fougue et de tendresse.

Et pendant qu’elle savourait un autre baiser, elle sentit de nouveau avec ravissement ses doigts fins qui la fouillaient encore et encore. L'autre main retrouvait sa bouche, prête à étouffer des sons interdits en ce lieu.

L'habilité de cet homme, le spectacle de ses feuilles tremblantes sous cette succulente brise estivale, les caresses du vent sur sa peau, l'odeur enivrante de l'herbe fraîchement coupée, un majeur au centre de son être, l'autre dans sa bouche, dans sa paume, la joue rugueuse masculine, les sens saturés de délices, le plaisir montait inexorablement.

Atteignant le point de non-retour, Mirabelle vacilla, enfonça ses doigts et ses ongles dans la chair tendre du cou qu'elle serrait de plus en plus, en accord parfait avec ce plaisir qui irradiait de son bassin vers la plus infime cellule de son corps.

Une main qui provoquait ses cris, l'autre qui les camouflait. Mirabelle s’effondra dans la nuque de celui qui à cet instant précis devenait officiellement son amant.

Dans un effort sublime de reprise de contrôle, de partage et de don, sa main se reposa sur le membre de Serge toujours au bord de l’extase. Fébrilement, fortement, frénétiquement, elle le porta, en quelques instants, au sommet du plaisir. Précautionneusement, elle en recueillit la précieuse semence au cœur de sa paume.

La tête déposée sur son épaule si frêle et si rassurante à la fois, ils observaient avec émerveillement ce souffle qui s'apaise. Ils se mangeaient des yeux, un sourire interdit sur les lèvres.

L'interdit de cet endroit, l'interdit de leur vie, ils savaient déjà qu'ils allaient tout braver car tout devenait plus coloré, une autre palette se créait sous leurs yeux incrédules, un monde parallèle à composer.

La conscience refaisait surface, il était déjà l'heure de sortir de cette exquise cachette, reprendre une tenue irréprochable, placer ce coin de verdure dans leur jardin secret et se promettre de cultiver avec passion cette étincelle de vie.

Serge saisit son chapeau et écarta les pans de ce rideau en fleurs, tel un comédien qui rentrait en scène, il avança dans la lumière suivi de très près d'une femme rayonnante à peine décoiffée.

Soudain une main l'agrippa et le tira violemment vers l'arrière, Mirabelle le replongea sous l'arbre en une fraction de seconde, un doigt sur les lèvres. Elle s'empara de sa bouche et lui offrit un baiser surprenant, long et passionné.

Elle lui chuchota ensuite à l'oreille " Ne bouge pas, je viens de croiser ma voisine qui promène son chien, une vraie pipelette celle-là. Laisse-moi partir d'abord, je t'écris ce soir. Je file mon bel amant. Heureuse de vous avoir rencontré"

Et la voilà qui s’évapora en une fraction de secondes. Serge s'adossa sur le tronc robuste. Le voilà rassuré, visiblement il lui plaisait.

 Vivement ce soir.

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