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Épisode 9 : Classé X (1) : Envoie- moi du lourd

« les deux qui suivent ne sont pas « à mettre entre toutes les oreilles » : elles parlent de… sexe »

Un sourire pour moi, quelques regards gênés.

C’est étrange, tout de même, ce rapport au sexe. J’ai toujours imaginé que ces choses- là, quand on est grand, elles sont plus faciles à aborder, plus simples. Mais non : il y a dans le public, des personnes vraiment coincées. Qui, depuis qu’elles savent que je vais parler de cul, sont devenues rouge écrevisse.

Envoie- moi du lourd

J’ai pas besoin de tes mots doux

Fais- moi mal

Brusque- moi

Me mettre dans ces états

Me trouble, me fait frémir de désir

Tu joues de ta bouche

Tes mots et tes sourires me douchent

Tu joues de tes doigts

Qu’ils m’effleurent malgré toi

Tu me lies à toi

Bien serrée contre ton cœur

Je me sens si fragile

Et tu restes moqueur

Je pense que « celle- ci », pour moi, c’était la plus compliquée à mettre en place. Il y a des accords, à l’accompagnement, qui sont légèrement jazzy et d’habitude, ce n’est pas ce genre de chose que je joue. Moi, ce serait plutôt des arpèges classiques, des petites formules répétées inlassablement, des trucs pianistiques. Ici, c’est un mélange que j’espère plus ou moins réussi mais dans un autre style.

Je l’ai composée en pensant à mon amant virtuel. A nos jeux, à ce qu’il était toujours à me proposer, à tenter avec moi. Le fait qu’il cherche à m’exciter. Le fait qu’il soit toujours partant pour aller plus loin. Mais aussi, en pensant à lui, mon musicien polyvalent, à toutes ces envies.

Bon, me reconcentrer. Il y a encore un passage où je chante un peu n’importe quoi : je m’empêtre dans mes paroles.

Tu me mets à genoux

Mes joues sont roses de plaisir

Tu me mets à bout

Mais quand cela va- t- il finir

Tu me lies à toi

Bien serrée contre ton corps

Je me sens prisonnière

Mais je te dis … « encore »

Hmmmm, cette pratique chérie que j’ai déjà tellement rêvé de lui prodiguer… Et toujours ces espèces de sanglots dans le texte. Si je pouvais les DIRE, ces mots, réellement les dire. Il y aurait des « encore » en crescendo et puis… ils s’éteindraient.

L’état d’esprit dans lequel j’étais, c’était plutôt : « mais pourquoi en virtuel, c’est si facile. Alors qu’en réel, avec ce musicien, c’est si compliqué ? Pourquoi ne se laisse-t-il pas aller ? ». Je ne le saurai sans doute jamais. Combiner les embouchages et les caresses avec la brutalité, la crudité. Y trouver une espèce d’équilibre, d’harmonie… C’était ce que je voulais proposer dans ce texte.

Et là, c’est pratiquement terminé. Les mots sont plus abrupts, les images plus crues.

Envoie- moi du lourd

J’ai tant besoin de tes mots fous

Toi, mon mâle, mon animal,

Brusque- moi, offusque- moi

Je te ferai ramper de désir…

Je serai trempée de désir…

Une cadence plagale typique. On tourne autour des accords pour bien affirmer la tonalité du morceau. Accords de 7è et de 9è de dominante. Je me sens bien : cette fin, elle est jolie, tranquille, sereine. Je souris et je pense que oui, j’ai envie d’un peu de violence contenue, j’ai envie de mots fous. On ne le dirait sans doute pas parce que dans la vraie vie, je refoule mes envies chaudes.

Dans le fond, j’aime les « échauffements » : le public a du s’en rendre compte. Et ce n’est pas fini !

Il a les cheveux collés aux tempes. Il a les joues roses, rouges, presque… Il sourit, le visage complètement épanoui.

« Et bien, tu sais que franchement, tu m’épates ! J’avais pas imaginé que ce serait comme ça avec toi, au pieu. «

Je ne dis rien et le regarde. Oui, je connais son âge. Mais malgré cela, le fait qu’il paraisse aussi étonné, cela me surprend. Il ne m’imaginait tout de même pas une oie blanche. Peut- être pensait- il qu’une femme mariée, ça réagit autrement qu’une de ces mijaurées qu’il a habituellement dans son lit…. Sauf que, dans ce cas, la femme mariée, même si elle n’a jamais été infidèle, elle sait ce qui plait aux hommes, comment ils réagissent, et elle calque ses pratiques là- dessus. Surtout avec lui. Je ne veux pas le décevoir. Je me redis « il faut qu’il garde un souvenir magnifique de cette nuit. Comme ça, si c’est la seule fois où… et bien, quand il pensera à moi, il se rappellera combien c’était bon, nous deux… ». Et là, c’est bien ce qui se passe, non ?

On est aussi chauds l’un que l’autre, aussi excités, aussi débordants de fougue.

Je ne suis pas timide. Celui des deux qui l’est le plus, c’est lui… Et j’aime ça. Mais d’un autre côté, cela me fait un peu peur aussi. « et s’il se sentait moins habile que moi ? Et s’il se décevait ? »

Mais halte aux palabres, aux questions. La nuit n’est pas finie.

« Tiens, au fait, tu connais Dyonisos ? «

Ma question l’interpelle. Il a l’air de se dire « mais qu’est- ce qu’elle a en tête ???? »

« Ouais, bof…. »

En fait, c’était simplement parce que je voulais l’engager, nous engager sur le cunnilingus et que Malzieu, le chanteur et leader du groupe a écrit les paroles d’une chanson qui parle de son hamster qui porte le nom de cette pratique…

Bon, on va s’y prendre autrement…

« tu te souviens des petits papiers que Dom t’avait mis dans….

- Ah ouais, cunni cunni cunni… Quand j’avais ouvert le tiroir, il y en avait plein.

- …

- Et quoi, c’est ça que tu veux à présent… ?

- Hm hm.

- J’ai pas fait gaffe mais, t’es épilée ?

- Juste comme il faut pour que tu ne t’en prennes pas plein la bouche… »

On se regarde en souriant. J’ai déjà essayé l’épilation totale mais non, je n’aime pas. J’ai l’impression d’avoir le pubis d’une petite fille de 8 ans… Donc, maintenant, c’est juste les lèvres et le creux des aines. Lisses, glabres… et un triangle de poils au bas du ventre.

J’ai toujours mon string. Il ne me demande rien mais plonge sous la couette. D’un geste leste et précis, il me retire le sous- vêtement. Il me fait écarter les cuisses et…

Sa langue est douce, agile. Je n’ai pas envie qu’il aille trop vite. Et c’est comme j’en ai rêvé. De haut en bas de ma fente, d’abord, sans écarter les lèvres. Juste des petits baisers. Des petites respirations à l’endroit précis où c’est sensible, si sensible. Je sens son souffle chaud et frais à la fois. Et c’est très agréable.

Puis, du bout des doigts, il écarte mes lèvres. Délicatement, il en caresse la face interne, toujours du bout des doigts. J’ai envie qu’il s’occupe de mon clitoris mais je n’ose pas le lui demander. J’imagine qu’il va le faire durcir encore un peu. Qu’il va faire passer la partie charnue de ses phalanges là et… rien qu’à y penser, je me sens bouillir. Occupe-toi donc de mon sexe comme tu le fais avec ton instrument… Dessine des arabesques, des volutes, sois délicieux.

Et c’est ce qui se passe. Mon bouton durcit. Ma main droite passe entre mes jambes par derrière. Mon périnée est gonflé, très gonflé. Et je suis trempée.

Je ne sais pas s’il aime les femmes qui mouillent autant. J’avais peur que ça n’arrive pas. J’étais si anxieuse d’être très sèche et qu’il soit obligé d’employer du gel lubrifiant ou sa salive. Mais non. C’est tout à fait honorable.

De temps à autre, il émerge de dessous la couette, la bouche barbouillée de moi.

« tu as bon goût… »

Je me souviens qu’avant, quand il était juste « mon savoureux », je pensais à cette histoire de « il a bon goût dans les deux sens du terme ». D’abord, il m’a choisie. Ensuite, il goûte bon. Et moi, je goûte bon ? Oui visiblement.

D’ailleurs, il continue de s’activer. Sa langue un peu dure, insiste à l’endroit adorable où elle a commencé ses incursions. Qu’il continue. Je me liquéfie.

« Je ne suis pas trop mouillée ?

- Ça ne me dérange pas.

- Tu es certain ?

- J’aime ton goût de Pleasure. C’est pas trop fort. Et puis, mélangé au reste, c’est assez agréable, en fait. Tu permets que je continue ? »

Hmmm. Je commence de gémir. De temps en temps, il s’arrête. Il me regarde. Apprécie la dureté de son membre… Visiblement, le fait de me sucer lui fait autant d’effet que celui que j’éprouve quand moi, je l’embouche.

Ballet de doigts, de langue. Ecartements. Frictions délicates. Et puis, doigts introduits à la fois dans mon con et dans mon cul. Il les agite. Il pince. Il continue de lécher et de mordiller mais ses doigts en moi sont divins… C’est du grand art.

Il avait commencé par m’embrasse les lèvres supérieures, me mordillant la langue. C’était délicieux. Et à présent qu’il s’occupe du bas, c’est tout aussi bon.

Et puis, il fait quelque chose qui me plait vraiment… Sans que je m’y attende, il recueille un peu de sa liqueur à lui avec sa main pas occupée et me la fait goûter. Il glisse ses doigts dans ma bouche. Et c’est vraiment ça, de la dégustation… Ce sont sans doute les premières gouttes exprimées par son gland, parce que, vu son excitation…

Je soupire. Combien j’apprécie l’attention… C’est juste sa saveur. Un peu amère. Comme je la rêve depuis des années.

A force de délectations communes, moi, son sperme, lui, ma cyprine, je suis de plus en plus excitée et lui aussi.

Nous en arrivons à haleter au même rythme. Nous ne disons plus rien, juste des inspirations très profondes et des expirations rapides. Et encore, et encore. Mais pas plus de deux ou trois minutes.

« Encore… encore… Je viens, tu sens ? »

Mes orifices se sont serrés autour de ses doigts. Je l’entends perdre son souffle. Ma bouche est sèche, mes lèvres tout autant. Je me déshydrate mais en ce qui concerne mon intimité, c’est tout le contraire.

« Attends- moi, tu veux ?

- Ça ne va pas être fa…. Fa…. Ci… Le…. Rhooo, dépêche- toi. »

Et là, l’explosion. Le deuxième orgasme simultané. Moi, ses doigts dans ma bouche. Lui à me sucer le clitoris et à honorer simultanément mon vagin et mon petit trou.

Nous nous perdons dans le plaisir. Nous nous perdons vraiment.


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