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Épisode 10 : Classé X (2) - Vos cadeaux les plus beaux

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    Durée : 11:23 min

    Cela parle de cadeaux mais pas n'importe lesquels. Et puis, cette douche que prend mon audacieux devant moi et qui me fait… perdre la tête...

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Ça commence… tendrement, gentiment, naïvement, même. Un petit air que tout le monde reconnait. Enfin, non, pas vraiment, pour la reconnaissance. Ça viendra à la fin de la chanson.

C’est un petit truc qui ne manque pas d’aplomb.

Je voulais une mélodie enfantine, comme celle de la chanson dont elle s’inspire. Et c’est vrai : quand je la chante a capella, c’est vraiment cela que ça donne. Quelque chose de léger, de simple.

Vos cadeaux les plus beaux

Sont ceux où il n’y a pas de mots

Juste vos souffles, vos soupirs

Je vous montre ma lune

Et vous ouvre ma porte

Ma chandelle je ne l’allume

Et le diable m’emporte

Le texte, à nouveau inspiré par cet amant virtuel. Ces cadeaux, des audios, c’était des soupirs, des chuchotements, des… oh non, rien qu’à y penser, je perds ma concentration. Il m’a montré tant de lui et pourtant, jamais son visage, mis à part ses yeux, dont je parle dans le deuxième couplet.

Vos cadeaux les plus chauds

Sont ceux où vous n’en faites pas trop

Juste vos yeux, vos yeux tout bleus

Je voudrais davantage

Que tous ces badinages

Vous pousser à l’extrême

L’extrémité de vous

Moi, j’aurais aimé une vraie rencontre. Sentir son corps chaud, gourmand. Mais non. « trop loin, trop difficile pour moi… ». Je l’aurai accueilli les bras ouverts et pas que les bras, non, plus bas aussi.

Mes cadeaux les plus doux

Sont ceux- là même qui nous rendent fous

Un peu de souffre, cela nous engouffre

Vous voudriez plus encore

Que mes morceaux de corps

Explorer le passage

Je ne serai pas sage

Je ne serai plus sage

Et au clair de la lune

Je vais refermer ma porte

Aucun besoin de plume

Dans ma chambre je suis

Morte d’envie encore et toujours

Il y a eu beaucoup de fantasmes avec quelques espoirs de retrouvailles un peu brutales, d’étreintes animales, du genre de celles de la chanson précédente. « au clair de la lune » a été …exploité de manière harmonique, mélodique et à un moment, je la jouais souvent cette compo pleine de sous- entendus : ce n’était que la logique des choses quand je pensais à ce correspondant comme amant réel. Au final, les choses se sont éteintes d’elle-même. C’est un peu tristounet mais dans la vie, à quoi bon s’attarder, s’appesantir sur le passé. Aller de l’avant, ne pas se décourager, surtout.

Des sauts d’octaves. Le public, médusé de ce qu’il a compris ou cru comprendre, me regarde avec des yeux très interrogateurs : où donc se niche son inspiration ? Dans le réel, dans le virtuel, dans ses rêves ? Personne, sans doute, ne le saura jamais. Et même moi, le sais- je ?

« T’as pas chaud, toi ? »

Il me regarde en souriant, ses yeux écume ont l’air de vouloir me transpercer.

« ça te dérange si j’ouvre un peu la fenêtre ? »

Oui, on n’est qu’en avril mais c’est vrai que la température est particulièrement douce. Et oui, c’est sans doute aussi en partie parce que nous sommes aussi troublés par nos désirs et le plaisir que nous prenons.

Avait- il imaginé que ce serait comme ça ? Non, certainement pas. C’est un mélange de tendresse et de fougue.

Ma tendresse pour ce corps que je trouve parfait, que je veux gâter dans les moindres recoins.

Sa fougue à jouir de mes caresses. Parce que oui, il a vraiment l’air d’apprécier.

Ce n’est pas du picorage, non, ni des petites étreintes fleur bleue, ni des baisers d’ados amoureux.

Non, c’est de la baise magnifique. Quelque chose de brut, sans masque ni traficotage.

Et puis, pour moi, du bonheur, comme des morceaux de paradis découpés du ciel et plongés en eaux troubles. Oui, il me trouble, toujours. Peut- être même davantage à avant. Sans doute parce que j’aime sa façon un peu déjantée de me parler de sexe de manière franche et directe, sans ronds de jambes,

« si on allait prendre une douche ?

- Tu penses qu’il y a place pour deux ?

- On peut se débrouiller…. »

Et c’est donc main dans la main que nous rejoignons la petite cabine. Mais non, c’est bien ce qu’il me semblait : trop plus d’espace pour que deux adultes, même serrés intimement l’un contre l’autre, puissent se laver réellement.

« alors, qui passe en premier ?

- Laisse- moi y aller, tu veux, comme ça, je règlerai l’eau à la bonne température. Avec le chauffe- eau qui fait parfois des fantaisies… »

De bonne grâce, je le laisse entrer dans la douche, refermer la porte. Je vois, par la vitre transparente, son joli corps. Il ouvre le robinet, joue un peu : gauche – droite, chaud - froid, jet doux, puis plus fort. L’eau doit être bonne à présent. Sous le pommeau, il rejette la tête en arrière et laisse couler l’eau sur ses cheveux. Celle- ci descend ensuite sur ses épaules, dans son dos et contre son ventre… Hmm… Je me dis que moi, j’aimerais être comme l’eau, à le parcourir, à me glisser le long de ses côtes, dans le creux de ses reins, entre ses fesses, faire coïncider ma poitrine et mon ventre avec chaque centimètre- carré de son dos. Hmmmmm…. Cela me donne de ces envies. Il ne traîne pas : gel douche qu’il fait mousser dans son cou, sur son torse, ses flancs, ses aines, entre ses cuisses. Il remonte et se savonne le pubis, s’occupe de son sexe, à présent, le décalotte, nettoie soigneusement son gland, passe les doigts près de ses bourses et de son petit trou. Il est clair qu’il ne cherche pas à m’exciter ou à s’exciter lui- même. Juste se rafraîchir et se sentir propre.

« Voilà, c’est à ton tour. Alors, tu t’es bien rincé l’œil ? »

Toujours cet air un peu railleur. Il doit bien se douter, pourtant, que le mater de cette manière alors qu’il ne fait rien de spécial pour me chauffer, ça m’a tout de même mise dans tous mes états. Je sens mon cœur battre dans ma bouche et dans le bas de mon ventre. Je ne vais pas pouvoir laisser mes doigts tranquilles sous l’eau chaude. Et lui, qu’en pensera- t- il ?

« Va m’attendre au lit, tu veux ?

- Tu ne traînes pas, hein. J’ai encore faim… »

Je le regarde en souriant. Mais moi aussi, j’ai faim de lui, tellement. Il a laissé l’eau couler. Elle est à température idéale, juste un peu chaude mais c’est comme ça que je la préfère. Il y a des gens que cela fait mollir mais pas moi… Je me dépêche de me savonner moi aussi. Je préfère qu’il ne me regarde pas. Il faut dire que même si ses yeux sont très respectueux, je me trouve tout de même bien mal faite par rapport à lui… Donc, je me hâte sous la douche. Inutile de penser à me caresser : être contre lui, toute offerte et ruisselante de désir, cela devrait être mieux pour l’un comme pour l’autre, non ?

Il m’attend, la couette relevée jusque sous le menton. Je n’ai aucune idée de s’il est nu ou pas. Il a peut- être remis un boxer… ou autre chose… ? Il a les yeux clos. Ses longs cils, je ne vois que cela, ont quelque chose d’enfantin… Il a de toutes petites rides autour de yeux. Il sourit aux anges comme un enfant repu… Sa bouche est délicieuse. On aurait envie de la mordiller, de suçoter ses lèvres. Et puis, de la dévorer de baisers…

Je m’approche, enveloppée dans une serviette éponge propre qu’il avait préparée pour moi sur une chaise, juste à côté de la cabine de douche. Délicate attention.

Sans toucher à la couette ni à l’oreiller, j’approche ma bouche de son cou.

« Garde les yeux fermés. Laisse- moi m’occuper de toi… »

Il n’a pas fait le moindre geste, le plus petit signe qu’il m’a entendue ou sentie plus proche de lui. Son visage est pratiquement impassible. Non, je mens : sa bouche s’est étirée… Et sourdement :

« Envie de quelque chose pour te remettre les idées en place, coquine ? »

Là, c’est à mon tour de sourire…

« Ce que tu préfères… Je vais pas te secouer mais si tu t’occupes de moi la tête en bas… »

Une grande bouffée de plaisir. Et puis, en vrac, des souvenirs, encore des souvenirs. Une image envoyée il y a longtemps, un dessin « en couleurs » bleues, d’ailleurs. Deux corps qui s’étreignent tête- bêche…