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Épisode 6 : Couleurs (1) : Carnet noir

« Curieusement, en faisant ma set- list, je me suis rendue compte que les 3 chansons suivantes avaient comme titre les couleurs du drapeau belge… Et pourtant, je ne suis absolument pas royaliste… Pour commencer Carnet Noir »

A nouveau, pas d’intro, juste le « début de la formule mélodique » et j’enchaîne directement. Arabesques pianistiques un peu volubiles. J’aime cette compo. Elle pourrait être « juste » un morceau de piano.

Les paroles de celles- ci, elles ont été inspirées par quelque chose que, fleur bleue, je garde précieusement sous mon oreiller. Des images de lui, encore et encore. Il y en a deux, en fait. Un avec des photos d’il y a longtemps, très longtemps. Un autre avec des clichés plus récents dont certains ont été pris par d’autres que « mon photographe habituel ». Quand j’ai le cafard, une des seules choses qui me consolent, c’est en effleurer la couverture et les spirales de la reliure. Cela me calme, me rassure un peu. Oui, je sais, c’est débile, mais on ne me changera plus. Si ?

Le bras sous l’oreiller

Les doigts caressant gentiment les spirales

De sa reliure

Le cuir de sa couverture

Et mon esprit vagabonde….

Tu es entre chaque page

Tantôt c’est l’obscur, tantôt, c’est la lumière

Tu es entre chaque rêve

Soit, beaucoup trop doux, soit, tendrement fou

Tu es dans ma nuit noire

Tantôt de lune, tantôt de plume

Tu es dans mes soupirs,

Presque silencieux, ou m’arrachant des cris

Oh oui…

Cela s’échappe de mes doigts et de ma gorge sans aucune retenue. Si tous ces auditeurs savaient que tout est vrai, que ces carnets sont bien là, que parfois, je les serre contre moi, entre les larmes et les sourires. Que parfois aussi, après avoir pris du plaisir avec un autre, je pleure et sanglote comme une petite fille, me tourne vers l’oreiller, l’empoigne et ce qu’il y a dessous aussi et je laisse épancher mes regrets, ce bonheur raté, cette expérience la plus difficile de ma vie : être amoureuse sans retour.

Le bras sous l’oreiller

Les doigts caressant gentiment les spirales

De sa reliure

Le cuir de sa couverture

Je te rêve et tout s’emballe….

Je te rêve, déshabille- moi

Et fais de moi ta chose

Je te rêve, regarde- moi

Serre- moi si tu l’oses

Je te rêve, ne t’en va pas

Nos mains se mêleront encore

Je te rêve, ne t’échappe pas

Nos ventres se joindraient de plaisir…

C’est pas vraiment érotique, tout ça, ou alors, juste un peu. Au moment où j’ai écrit le texte, je trouvais ça excitant. Depuis, j’emploie des mots plus corsés. Certains préfèrent. D’autres ont l’habitude de choses moins crues. Ce que j’essaie de donner comme impression, c’est la légèreté du ton, de la musique, alors que ce que je raconte, c’est… grave. Les ignorances de l’être aimé, les fantasmes, les déceptions dans l’attente. Et surtout, toute cette patience dont je fais preuve et qui n’a aucun résultat tangible.

Mais toi, tu n’es pas là

Tu seras toujours mon étranger

Tes yeux ne voient que ça

Mes folies, mes désirs légers..

Une note mélancolique pour terminer. Je me sens bien quand je parle de choses tristes. J’ai le sentiment que mes auditeurs seraient prêts à me consoler. C’est réconfortant. Et puis, je me suis rendu compte que cela ramène les gens à leurs chagrins d’amour, que nous sommes reliés et complices dans la tristesse.

Au creux des draps, il ne m’a pas regardée me déshabiller. Moi, j’ai fait pareil. Je ne trouvais pas très honnête le fait de le mater, au risque de le gêner, alors que moi, je suis bien trop pudique pour accepter que ses yeux fassent l’inventaire de toutes ces années qui nous séparent. D’habitude, il se « fait » des nymphettes qui n’ont pas beaucoup de formes… Et moi… je ne suis plus comme ça et d’ailleurs, je ne l’ai jamais été vraiment. A 16 ans, j’affichais un bonnet E bien rempli. Ma taille n’a jamais été fort marquée. Et même si j’étais plutôt mince, je ne donnais pas une impression de fragilité ou de translucidité.

Cette chanson qui parle de mes Carnets Noirs est vraiment évocatrice de mes songes, de mes fantasmes. Le soir, au coucher, je plonge mes bras sous mon oreiller. Je retrouve mes deux carnets et cela me raccroche à lui, me plongeant dans « ma bulle de rêve entre ses bras ».

Et là, c’était enfin la réalité. J’étais contre lui. Dans une bulle. Mais ce n’était pas un rêve. Il était doux, très tendre. Même s’il savait combien j’avais envie de lui, il n’en jouait pas. J’appréciais son attitude remplie de respect. J’étais bien…

Donc, il avait ôté mon collier aux grosses perles vertes. J’étais « à peu près » nue. Lui aussi. Il avait gardé son boxer et moi, juste un string. Cela me semblait étrange d’avoir la poitrine dévêtue. Mais je voulais lui montrer combien ses caresses avaient été efficaces.

Nous étions enlacés. Je ne savais pas trop comment les choses allaient continuer. Allait- on se parler ? Se lancer dans l’histoire sans un mot ? Y aller au feeling ? Puiser dans nos souvenirs ce que…

« Je propose, tu … disposes ?

- Tu penses à quoi ?

- Ce dont tu rêves…

- …

- Ne me dis pas que ça a changé.. »

Je prends mon air le plus innocent du monde et le regarde. Il poursuit, surpris :

« ça a changé ? Et bien, fellacitations … » me lance- t- il d’un air enjoué.

Je quitte ses bras. Alors, avec un maximum de douceur, je descends sous la couette. Je me retrouve à la hauteur de son ventre. Je lui retire le boxer prestement et l’envoie valdinguer hors du lit.

« plus envie que ça traîne, et toi ? » m’entends- je dire.

J’embouche son sexe. Je le suce, bon dieu, comme si notre vie en dépendait. Il est loin dans ma gorge, profond. Ça n’a rien d’une petite « pipe » de rien du tout…

C’est quelque chose de très gourmand. De passionné, de fougueux.

Et puis, des coups de langue. Je lèche sa hampe sur toute sa longueur. De la base à l’extrémité.

Je le sens frissonner, trembler de plaisir.

Il a pris ma tête entre ses mains. Il la guide, la faisant aller et venir. Loin, puis, moins enfoncé. Lentement. On dirait qu’il savoure chacune de ces intromissions. Parfois, il accélère le rythme, puis, il le ralentit.

« Wahou… mais tu gères, dis…. »

Mais que s’imaginait- il ? Que j’étais une novice ? Bien sûr, je n’ai jamais pris « grand monde en bouche » mais question fellation, je sais que je me débrouille plutôt bien. Alors, heureuse qu’il en profite autant, je redouble d’application.

Ma bouche se serre autour de son membre, comme si je collais l’intérieur de mes joues à sa verge. Cela semble l’exciter davantage…

« Tu me laisses faire ?...

- Oui, je te lâche la tête, c’est ça ? »

Je laisse ressortir son sexe totalement, le décalotte et passe ma langue très lentement sur son gland.

« Outch….

- Tu n’aimes pas ?

- C’est simplement que d’habitude… elles ne font pas comme toi. Mais si, continue. C’est dément, ce truc… »

Je titille le frein.

« Tu vas me faire venir…. »

Je ne dis rien. Mais oui, j’espère bien qu’il va venir…

Ma langue passe et repasse, contourne, suce, mais à peine. Je le sens frissonner. Je l’entends grogner. Ça me donne du plaisir entre les jambes, au creux du ventre. Ça remonte même jusqu’à mon cœur, endroit ultime où j’aime que le désir se niche. Là, je sais que… je suis dans le bon, que mon partenaire va prendre son pied et que moi, même s’il ne me touche pas énormément, je vais jouir aussi.

Je continue de jouer avec le frein, le prépuce. Je suçote, je mouille de ma salive, fais passer son gland nu contre mes lèvres.²

« Rhooo, je n’imaginais pas que tu étais aussi..

- Cochonne ???

- Non…

- ….

- Experte, plutôt. »

Ça, dans sa bouche, c’est un compliment. Cela me rappelle un jour où il avait goûté à la maison et où il m’avait dit que j’étais douée pour quelque chose que j’avais préparé…

Sans doute n’a- t- il jamais eu affaire à quelqu’une de très amoureuse. Sans doute n’a- t- il jamais eu affaire à quelqu’une de mon âge : ça a du bon, parfois, l’âge, en fait…

« Je sens que je viens… Je peux ?... »

Mais mon ami, moi aussi, je sens que tu viens. Je sens ton ventre se contracter, ton bassin onduler de plus en plus langoureusement. Parfois, il accompagne complètement mes succions, parfois, il s’immobilise et je sais que c’est parce que tu savoures… Je suis certaine que je pourrais te donner encore un peu plus mais comme j’ai envie de faire durer le plaisir, je n’en parlerai pas tout de suite…

Mes lèvres quittent son sexe.

« Avec plaisir… »

Hmmmm : sentir son sperme qui coule en longs jets dans ma bouche comme si cela n’allait jamais s’arrêter.


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