5 minutes de lecture

Épisode 11 : Les intimes (1) - Toujours envie de toi

« Les 4 suivantes sont comme des… messages intimes ou pas… »

J’aurai toujours envie de toi… Une de celles que j’ai composées au moment de « talentueuse en série ».

Je voulais dissocier cet amant virtuel et lui, mon musicien chéri. Oui, parfois, il m’arrive de faire le point, de me dire : mais où je me perds ? Dans quoi je vais me lancer de cette manière ? Alors, je m’endors en serrant mes carnets noirs, j’écoute Consonne ou notre version de Black Acres, je pense aux inventaires que j’ai déjà faits de lui : son visage, son corps…

Et là, justement, je parle de ses doigts, de sa bouche, de ses yeux …

J’aurai toujours envie de toi

Et de la trace de tes doigts

Sur ma joue

Dans mon cou

Il y aurait eu tellement de craintes

Que tu ne laisses que tes empreintes

Dans le creux de mon dos

Sur ma peau

Une petite ritournelle pour couper un peu l’effet que ces mots me font. Une fois, deux fois. Le temps de faire redescendre la pression, la tension qui nait au creux de mon ventre.

J’aurais toujours envie de toi

De ta bouche qui sourit parfois

Pour des riens

Mine de rien

Il y aurait eu tellement de fièvre

Dans la morsure de nos lèvres

Que j’en aurais gardé le goût

Jusqu’au bout

Au bout de la nuit

Au bout de la vie…

Et quand je pense à ses lèvres, surtout l’inférieure, qu’il mordille quand il est troublé, je décolle. Quand je pense à cette petite fossette qui se dessine sur sa joue droite, près de son menton, je fonds. Quand je pense au bec de son sax, qu’il embouche et pince, et que je me dis « non, tu ne le verras plus en live, entortiller les notes, les gammes et les tournures funky », je suis si triste…

J’aurais toujours envie de toi

De tes yeux dans lesquels je noie

Mes envies

Mes folies

Il y aurait eu tant de soupirs

Intimement mêlés au désir

Que tu m’accordes de te chérir

Je sais que malgré ses ignorances, le seul qui me rende heureuse avec « juste un regard », avec juste une réponse de 4 mots à mes mails kilométriques, c’est lui. Mais trêve de fantasmes ou de nostalgie. Lui, il suffirait qu’il me donne l’autorisation de l’aimer et je serais au paradis.

La mélodie s’envole de plus en plus haut, de plus en plus loin. Je voudrais juste qu’il m’accorde la permission de le chérir, de le gâter.

Et tout me revient. Mes hésitations, mes regrets, mes « j’aurais pas dû me laisser aller à me déclarer de cette manière » ou plutôt : j’aurais dû le détromper quand il m’a dit « si on avait le même âge, je penserais que t’es amoureuse ». Il ne se souvient certainement pas de ma réponse, contrairement à moi, mais sa réflexion, c’était « en tous cas, tu me fais rire ». Et maintenant, maintenant que je vais avoir la bouche en face de son sexe et lui pareil en face du mien, je me demande s’il rit toujours !

Je me demande s’il aimera l’odeur du gel douche mélangée à celle de mes sécrétions. S’il sera sensible aux petits frissonnements du bas de mon ventre. S’il sera attendri par ce qui coule entre mes cuisses…simplement parce qu’il s’imagine que je pourrais à nouveau m’occuper de son membre avec mes lèvres…

Il prend les devants.

« Alors, je te promets que si tu me… suces, ça va te remettre la tête à l’endroit… ou pas….en fait. »

Je voudrais le regarder, plonger mes yeux dans les siens de cette couleur écume, que je chéris depuis tant d’années. Je voudrais le regarder en entier : sa poitrine, son ventre, et ses fesses aussi, même si je sais bien qu’il est impossible de voir en même temps l’avant et l’arrière. J’ai envie de lui…

« Tu penses au 22 avril ?

- Heuuuuu… Tu me rappelles de quoi il est question ? T’as prévu un truc pour nous ? »

Il ne se souvient pas de ses jeux, de ce mail qu’il m’avait envoyé. Et moi, je n’ai en tête que ça… Le 22 avril, le jour « sex and pipe », le pendant masculin de la Saint- Valentin. Ça tilte, là ?

Je pourrais lui dire que oui, j’ai prévu un truc pour nous du style… un concert, une expo. Juste nous deux. Pas avec ses potes. Pas avec sa petite jeunette ni mon mari. Non, juste nous deux.

Tiens, au fait, elle a disparu, sa jeunette. Elle était là, pourtant, au concert. Et puis, elle nous a vu nous parler lui et moi et s’est évaporée. Et visiblement, ni lui ni elle n’a essayé d’entrer en contact. Serais- je sa seule préoccupation ce soir, cette nuit ?

« A quoi tu penses ? »

Il a ouvert les yeux et a remarqué mon air songeur. Je pense que cette fois, j’ai la priorité sur TOUTES les autres et cela me donne un coup au cœur. Ça booste la libido, quand l’objet de tous vos fantasmes vous fait vous sentir unique, essentielle. Cela me rend heureuse.

D’un geste de la main imaginaire, je balaie mes réflexions.

« Je peux ? »

Il me regarde, étonné, interrogateur.

« Tu me dis ou… je me fais un film ?

- Ne me regarde pas…

- Ah ?

- J’ai encore faim de toi… »

Ses paupières sont closes, à présent. Il est attendrissant. Son visage est serein. Il respire, profondément. Ses lèvres sont serrées.

A force de le regarder, cela prend du temps, au final, parce que je le trouve si beau, il… rouvre les yeux…

« Tu fais l’inventaire ? »

Je n’ose pas lui dire combien il me plait. Il le sait, de toute manière.

En guise de réponse, je saisis la couette sous laquelle il est couché.

Il ne fait aucun geste pour m’empêcher de le découvrir. D’ôter ce qui le couvre et puis, de le regarder, nu, le sexe en semi- érection.

« Tu ne m’as pas attendue ? »

Il a les yeux pétillants. J’ai envie de le goûter encore, j’ai envie de le dévorer. Et mes yeux brillent, eux aussi, de gourmandise.

Adieu la douceur, adieu la mesure. Ce self- control qui était le sien depuis toujours est en train de se barrer. Cette façon de toujours retenir ses mots, ses envies, a fait place à de la fougue.

J’en suis tellement étonnée que je ne sais pas trop comment réagir. J’ai des idées, encore, pour lui donner du plaisir mais c’est moi qui, à présent, suis moins franche. Je voudrais l’emboucher. Je voudrais loger ma langue entre ses fesses…

Alors, lentement, mais de manière très décidée, je me couche à côté de lui, la tête près de son ventre et les genoux à la hauteur de sa jolie frimousse. Je prends son sexe délicieux dans ma bouche.

« T’en as jamais assez, on dirait ?

- ….

- C’est flatteur pour moi, ça… »

Et c’est vrai, je ne m’imagine pas être comme ça avec quelqu’un d’autre que lui.

Donc, son membre entre mes lèvres. Ma main qui englobe ses bourses. Un de mes doigts qui titille son petit trou. Et surtout, surtout, cette position que j’aime tellement.

Coups de langue, baisers, tendres morsures de son sexe. Bruits mouillés. Sécrétions mélangées… et plaisirs conjoints.

Je suis bien, mon A(udacieux), si bien…