4 minutes de lecture

Épisode 12 : Les intimes (2) - File et...

Une dont S. me dit qu’elle pourrait être juste « une compo pour le piano » , que cela se suffit à soi – même… Cela m’a touché qu’il la qualifie comme ça. Et moi qui avais mis tant de soin au choix des idées et des mots. Parler de ces pièges, de ces stratégies, stratagèmes pour … Etre captivante, captatrice, capteuse…

Te prendre dans mes rêts

Etoile, et toiles d’araignée

Faire preuve de désintérêt

Et mon engouement nier

Te prendre dans mes filets

Et comme une anglaise filer

Te suivre

Parcourir tes abîmes

Des espoirs, ton cœur, abiment

Papillon, piège misérable

Filet au bout d’une perche

Animal sauvage et désirable

Éphémère, superche..

Rie

Tu triches mais tu ris

Tu m’échappes mais tu ris

Risque du trop toujours

Rixe de mes amours

Toujours cette idée de le capturer. Pas d’en faire un jouet, un objet, juste un complice. Une mélodie chantée très mélancolique. Un piano qui mélange les notes répétées en decrescendo et les arpèges. Et puis ma voix, un peu plaintive. J’ai voulu jouer avec les mots, leurs sonorités. Je ne sais pas si c’est réussi mais j’ai vraiment tâché de soigner le texte.

Te prendre sans appâts

Le leurre n’existe pas

Blanche colombe en cage

Dorée sans prix, ni gage

Te prendre à ton piège

Proprement, profondément

Est aveugle, sacrilège

Ou bien sourd et dément

Papillon, ailes irisées

Filet au bout d’une perche

Futile, je deviens la risée

Éphémère, superche..

Rie

Tu triches mais tu ris

Tu m’échappes mais tu ris

Risque du trop encore

Rixe puis frictions des corps

Le public est plutôt réservé au sujet de celle- ci. Il est vrai que même si elle parle de quelque chose de commun, elle n’est pas facile à comprendre. Je suis certaine qu’avec une deuxième écoute, elle serait plus claire. Mais peu importe. Parfois, je me sens mal avec mes désirs pour lui, tout ce qu’ils impliquent

Coups de langue, baisers, tendres morsures… de lui sur moi.

Sa jolie langue, qui part du sommet de ma fente. Elle n’effleure pas mon pubis. Non, elle pointe tout de suite contre mon bouton. Elle est juste… douce. Pas agitée genre « tu vas voir comme je lèche bien ». Des petits lapements. Des succions délicieuses de mes lèvres. Il a dégagé mon clitoris du bout de ses doigts mais à présent, seule sa bouche est en action.

Je retrouve cette manière toute particulière qu’il a eue de m’embrasser les lèvres un peu plus tôt dans la soirée. Comme un baiser d’ado un peu maladroit et étonné que je lui laisse me faire. Pas un roulage de pelle dans les règles. Plutôt : je me délecte de toi, de ta bouche, de tes lèvres, je les mordille, je joue un peu avec ta langue. Tu es délicieuse. Je prends possession de toi de cette manière mais je te respecte.

Et bien, sa bouche sur mon intimité, c’est ça aussi. Doux, mais exigeant et prometteur de tellement de choses.

Donc…

Il y a des bruits mouillés, à présent. Ma cyprine coule entre mes jambes, sur mes cuisses. Mais lui, il n’a pas l’air d’être dérangé. Il a coincé ses pouces dans mes aines et sa langue me taraude, me gobe, me soulève et me transporte.

« aspire- moi….

- Comme ça ? »

La succion est plus forte. Comme s’il avait décidé de me vider de toute cette liqueur. J’aime ça. Je mets mes mains sur sa tête et lui attrape les cheveux.

« Vas- y… oui… ouiiiiiiiiiiiiiiii…. »

Je me sens me liquéfier, me répandre… Il a à nouveau un doigt dans mon vagin, à présent, et un autre dans mon petit trou. Et là, plus aucune précaution : il les agite, les fait se rejoindre, les écarte très fort pour que je m’élargisse davantage. Je halète, je suffoque presque.

« ouiiiiiiiiiiiiii. Continue. Je viens… »

Je me tortille comme je peux. Mon bassin fait de petits mouvements simulant le rapport intime. Se rendant compte de mon trouble, il fait bouger ses doigts plus lentement mais encore plus sûrement. Je sens qu’il a envie de faire durer les choses davantage. Sa langue, quant à elle, titillant toujours mon clitoris est de plus en plus rapide.

On dit parfois des orgasmes féminins qu’ils sont différents de ceux de ces messieurs. Les miens ressemblent pourtant à ces derniers… Une véritable délivrance. Virtuellement, c’est tellement différent, aussi. Avec lui, mon A(udacieux), c’est magnifique : une longue montée, une tempête et puis un feu d’artifices… Quelque chose de fabuleux, de prodigieux.

Je n’ose anticiper le plaisir que j’aurais quand je le sentirai en moi autrement qu’avec sa langue ou ses doigts…

Il s’est remis dans le même sens que moi. Sa bouche rejoint la mienne. Il me partage un mélange de cyprine et de salive. Un peu amer.

« Ce pleasure, tout de même… ça en fait faire, des folies… » me glisse- t- il à l’oreille.

Je suis aux anges. J’avais peur de ne pas pouvoir réagir comme il l’espérait. J’avais peur qu’il ne se sente pas assez viril. Il n’a fait preuve d’aucune brutalité et pourtant, ce plaisir était tellement animal. Le sentir, la tête entre mes cuisses, bon dieu, quel pied.

Oui, je sais que c’est moi qui l’ai comblé en premier lieu, que c’est grâce à mes coups de langue, mes va- et- vient sur son sexe avec ma bouche qu’il a franchi un point de non- retour niveau excitation.

Le truc, c’est qu’il n’a même pas pris le temps de jouir, lui. Au départ, je trouvais ça étrange qu’il ne soit pas davantage préoccupé par son plaisir alors que je l’embouchais généreusement.

Non, il a préféré s’occuper de moi. Gentiment, avec beaucoup d’attentions. Il faut dire qu’il avait déjà été servi auparavant mais bon, il y a des hommes gourmands et pas très respectueux du plaisir de leur partenaire, ce qui n’est visiblement pas son cas. Et c’est tant mieux.

Appuyez sur "Entrée" pour effectuer votre recherche