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Épisode 5 : Pensées diverses et variés sur le chemin des toilettes

Je fais ma propre découverte du club tout en restant à l’affût des toilettes. J’en prends plein les yeux. Vraiment. Je suis en plein rêve, ce n’est pas possible! Que c’est joli, raffiné, classe, ici! Qu’est-ce que je m’y sens bien… Oui. Je suis bien. À ma place.

Ça me donne envie d’oser. Ma belle robe légère de couleur rouge, tout à l’heure… Là, je suis seins nus. Ma parure de lingerie fine, soutien-gorge en dentelle et petite culotte en satin… Je ne porte plus que la culotte. Plus pour très longtemps encore… Le porte-jarretelles attaché à mes bas autofixants… Le piercing que je porte au nombril ET celui que j’ai au clitoris… Mon sexe où je n’ai gardé AU-CUN poil… Oui… Moi aussi, ce soir, je veux vraiment jouer… Oser… C’est d’ailleurs pour ça que nous sommes là. Je ne sais plus où donner de la tête tellement je suis curieuse. L’atmosphère est agréable et ça réchauffe en un rien de temps les cœurs, les âmes… et les corps. Il y a tant de choses qui s’offrent aux yeux d’une personne: l’architecture du lieu, la peinture des murs, le décor à l’intérieur qui est élégant et qui est propice au libertinage. C’est la bonne adresse pour donner… et pour laisser libre cours à ses fantasmes, à ses désirs, à ses envies, qu’elles soient inavouables et/ou débridées. On ne peut que s’y sentir bien… et se laisser aller. Ce qui est mon cas.

Je suis à l’affût de la moindre chose qu’il se passe. C’est ma nature curieuse qui ressort quand je me mets à ouvrir grand les yeux, quand je suis tout ouïe, soudain. C’est comme ça. Au bar, je vois des hommes et des femmes, assis sur des tabourets hauts. Ils se murmurent, se chuchotent des choses qui, à mon avis, sont probablement coquines et/ou osées. Ils rient, ils gloussent. L’un boit trois doigts de scotch, l’une sirote un «Sex on the Beach». Il penche la tête vers elle comme s’il voulait mieux entendre ce qu’elle lui dit. Elle, elle avale une gorgée de son cocktail et elle a des yeux de biche quand elle le regarde et quand elle l’écoute lui parler. Ils ont l’air de passer un bon moment ensemble. C’est tout du moins ce que je vois.

Ma tête se tourne vers une autre direction et, malgré la luminosité tamisée, plus sombre que dans la salle du restaurant, je parviens à distinguer des barres de pole dance. À cet endroit de l’établissement libertin, ce n’est plus de la musique «chill» qui résonne mais, d’après ce que mes oreilles captent, des chansons teintées d’érotisme et de sensualité genre Donna Summer ou Diana Ross. Si ça n’avait tenu qu’à moi, j’aurais bien essayé. Mais… je n’oublie pas que Romain m’attend. Néanmoins… pendant quelques instants, cela ne m’empêche pas d’avoir les yeux rivés sur les barres. Une jeune femme, presque entièrement nue, s’adonne justement à une chorégraphie des plus émoustillantes. Elle est rousse, les cheveux longs, et elle a des petits seins. Elle est juste ma-gni-fi-que à regarder. Vraiment. Je pense soudain à Laura. Elle aussi est rousse. Ce serait tout à fait son genre de s’adonner à un strip-tease et/ou à du pole dance en public. La danseuse ne fait qu’un avec le pilier de métal. J’ose à peine imaginer si… Romain était à mes côtés… Il se rincerait l’œil, le cochon… Ou peut-être qu’il se tiendrait arrimé à moi, qu’il m’enlacerait par-derrière comme il aime tant le faire… Peut-être qu’il m’embrasserait dans le cou et qu’au contact de son souffle tiède, je frissonnerais et mes tétons pointeraient de plus belle… Peut-être qu’il me demanderait au final de danser pour lui… Toutefois, je quitte mes rêveries érotiques et repars à la recherche des toilettes.

Je regarde, j’observe mais il serait peut-être temps que je les trouve… et que j’y aille, dans ces toilettes! Plus le temps passe, et plus je suis excitée. Plus les minutes défilent, plus elles sont torrides. Plus je m’attarde, plus je suis mouillée et plus ma culotte est détrempée. Il faut que je fasse quelque chose parce que sinon… ça va me couler entre les jambes, et même pire… Le problème est que… je n’ai aucune idée d’où elles se trouvent, ces fichues toilettes. Ah une employée! Le destin semble l’avoir placée au bon endroit, au bon moment! Elle est jeune, un peu plus jeune que moi. Je lui donnerais la vingtaine. Elle a les cheveux blonds, longs. Ses yeux sont bleus, en forme d’amande. Qu’est-ce qu’elle est ravissante… La robe qu’elle porte épouse très bien les courbes de son corps. Je ne suis pas bisexuelle. Toutefois… il peut m’arriver qu’une femme me plaise, qu’elle attire mon attention. Je n’ai jamais couché avec une fille mais j’avoue que CE fantasme est dans les premières places de ma liste coquine. Romain le sait. Lui, il m’a dit un jour que soit il ne serait pas là et qu’il nous laisserait seule à seule, ou soit il jouerait les voyeurs et il nous regarderait faire l’amour, caché à l’angle d’un mur. Rien que d’y penser, rien que d’avoir cette jolie blonde aux yeux bleu océan en face de moi… Voilà. Voilà. Mes fantasmes se réveillent, ils redeviennent tout chauds, dans mon corps et dans ma tête. Je ne peux rien y faire. Mon bas-ventre me picote. Elle est ravissante. Et pourtant… Je dois me raisonner. C’est vrai, quoi! Elle travaille ici, elle est en plein service. Quant à moi, il a toujours été convenu avec Romain qu’il fallait qu’il soit au courant, d’abord. De toute façon, j’ai d’autres chats à fouetter pour le moment.

– Excusez-moi! Je cherche les toilettes… C'est la première fois que nous venons ici, mon mari et moi, et…

– Bienvenue au «Secret»! Toute l'équipe et moi-même, nous vous souhaitons la bienvenue! Nous espérons que notre établissement vous plaît et que vous y êtes bien. Je m'appelle Amandine et… si vous avez besoin de quoique ce soit… N'hésitez pas.

Cette jeune femme, en plus d'être belle, est fort gentille et elle est pétillante de vie. Cependant… force est de constater qu'elle n'a pas répondu à ma question!

– Merci à vous, c'est très gentil! Heu… Hmm… Les toilettes, alors?

– Ah oui, c'est vrai!Ex-cu-sez-moi! Vous voyez les barres de pole dance? Vous voyez l'escalier à proximité? Eh bien, vous le descendez et là, vous trouverez les toilettes pour dames sur la droite. Voilà voilà!

En plus d'être belle et fort gentille, elle a un beau sourire et des lèvres bien rouges. J'avoue qu'elle ne me laisse pas indifférente. Ah… dans un autre contexte… Peut-être que… On ne sait jamais…

Je prends congé d'elle et je suis la direction qu'elle vient de m'indiquer. Je descends les marches tout en restant prudente. Je ne peux pas m'empêcher de penser à cette fille et à l'échange que nous venons d'avoir. Sa voix résonne encore en moi. Quand je raconterai ça à Romain… Je me demande quelle va être sa réaction...

Je suis arrivée tout en bas des escaliers et … voilà le fameux croisement, le no man's land qui sépare les toilettes des femmes de celles de ces messieurs. Là encore, tout est classe. Tout est propre. La peinture et les couleurs sont sobres sur les murs. Le sol est poli, on pourrait même y manger dessus tant il n'y a aucune saleté, aucune impureté et qu'il brille. Trêve de plaisanterie, je n'ai pas… je n'ai plus de temps à perdre. Si ça continue comme ça, Romain va se demander ce que je peux être en train de faire. Dans son esprit pervers… par intermittence…, comme s'il était sur courant alternatif, je pourrais avoir succombé aux sirènes du désir et j'aurais profité de cet arrêt temporaire aux toilettes pour me caresser un peu, me faire jouir… avant de revenir comme si de rien n'était ET d'attiser ainsi son propre désir. Qui sait… Après tout, moi aussi, je pourrais verser dans les pensées perverses. Maintenant que cette pensée perverse m'est venue… m'est montée à la tête… Et si… moi? Sarah? Et si je jouais à ce jeu-là, un jour? Et pourquoi pas! Puisque nous aimons… Puisque nous adorons explorer de nouveaux territoires sensuels ET sexuels, le jeu n'en vaudrait-il pas la chandelle?

Néanmoins, mes pensées les plus immédiates, les plus pragmatiques m'amènent à me diriger sur ma droite et à pousser la porte de nos toilettes à nous, mesdames et mesdemoiselles. Là encore, tout est propre, tout semble immaculé. Ça donne envie, raison de plus, d'y faire un passage pour satisfaire un «petit» besoin, pour se refaire une beauté ou tout simplement pour se rafraîchir un peu si l'on a trop chaud. Dans mon cas, c'est… davantage… pour des raisons, disons… coquines et… perverses… Comme toujours lorsque je me rends dans des toilettes publics, je fais attention à ce que les cabines soient bien libres, qu'elles soient verrouillées ou non afin d'éviter toute situation cocasse, toute mauvaise rencontre, par inadvertance. Et là, c'est bon. Ouf…

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