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Épisode 5 : Le réveil: retour sur Terre

Le mode «réveil» de mon téléphone se mit en marche à 6 heures 30. La nuit a été belle. Torride mais agréable. J'eus du mal à me réveiller parce que je ne voulais pas quitter le lit. Et surtout, je n'avais pas du tout envie qu'ELLE se lève de mon temple intime. Son réveil sonna en même temps que le mien. Nous nous levâmes en même temps. J'eus un peu honte lorsqu'elle constata que je ne portais qu'un boxer. Elle ne dit rien, mais eut comme un sourire coquin:elle n'en pensait pas moins…

Elle me dit qu'elle avait besoin de faire un arrêt à la salle de bains avant de prendre son petit-déjeuner. Je n'écoutais pas: mes yeux étaient rivés sur sa nuisette et son bas de pyjama. Ah… Si nous étions ensemble… Je m’approprierais toute cette dentelle… Certains de mes fantasmes secrets prendraient vie… Mais, nous n'en sommes pas là. Je montai alors à la cuisine commune. Je vis Thibault, l'un de mes colocataires (une vrai fan de musique électronique) en train de jouer avec son chat. On se serra la main, et nous bavardâmes un peu. Sur un ton taquin, il me demanda comment avait été la nuit. Bien sûr, je savais ce qu'il insinuait, mais je ne lui répondis que par un sourire. Je fis chauffer deux mugs d'eau dans lesquels nous allions chacun faire infuser un sachet de thé. Pour Stéphanie, c'était son éternel «thé vert/menthe», et pour moi, il me fallut quelques instants pour me décider, et je jetai finalement mon dévolu sur un «pêche/cassis».

A peu près vingt minutes plus tard, Stéphanie entra dans la cuisine-où était également maintenant Karim, notre colocataire algérien-. Qu'elle ne fut pas ma surprise quand je vis qu'elle portait l'un de mes tee-shirts… Elle me demanda si cela ne me dérangeait pas. Thibault-toujours apparemment occupé avec son chat-me lança un coup d’œil. Vous savez? L'un de ces clins d’œil qui vaut tous les mots du monde. Je ne pus que constater que ce tee-shirt, de couleur bleu marine; lui allait bien. Cependant, je restai interdit: d'habitude, n'était-ce pas ce que les filles faisaient lorsqu'elles sortaient avec un mec et qu'elles avaient assez d'intimité avec lui? Je rappelle que je suis son ami, juste son ami. Je reconnais qu'elle était belle dedans. Nous prîmes notre petit-déjeuner, et bien sûr, elle n'avait pas oublié ses biscuits aux pépites de chocolat. Elle m'en tendit un sachet avant d'en prendre un pour elle. Elle avait pour habitude de tremper ses biscuits dans son thé. Moi, je buvais mon thé d'un côté, et je mangeais les biscuits de l'autre. Quand nous avons terminé notre petit-déjeuner, je remarquai qu'il y avait quelques particules de miettes de biscuit au niveau de la commissure de ses lèvres. Je décidai de les enlever avec mon doigt. J'eus ainsi l'occasion de la toucher juste un instant. Elle se laissa faire, baissa légèrement les yeux avant de les plonger dans les miens. Elle détourna très rapidement le regard, comme gênée ou prise au dépourvu. Ce petit regard avait beau avoir été éphémère, mais il semblait lourd de sens. Peut-être que nous étions en train d'en apprendre plus sur nous deux…

Étant donné qu'elle s'était déjà faite une toilette de «chat» (pour reprendre l'expression qu'elle avait utilisé quand elle m'avait rejoint et qui m'avait faite rire), elle n'avait plus qu'à s'habiller. Moi, je me fis, à mon tour, une toilette de «chat»: je me passai un coup de gant sur le visage, je me lavai les dents et les oreilles. Enfin, je me déposai un peu de mon parfum sur le corps. Un peu de parfum sur le corps, et un beau sourire aux lèvres: j'étais beau et j'étais prêt à attaquer une nouvelle journée. Quand je revins dans la chambre, Stéphanie était habillée et visiblement prête. Mon tee-shirt était plié sur mon bureau, et elle l'avait troqué contre une robe mauve. Elle portait une paire de collants. Je notai une odeur de parfum. Un parfum extrait d'une fleur exotique, probablement… Une senteur délicate et agréable. Je lui demandai gentiment si elle pouvait sortir cinq minutes de ma chambre, le temps de m'habiller. Elle sortit, et me laissa seul. J'optai pour une élégante chemise noire, et un pull de la même couleur. Je mis la main sur un caleçon propre et un jean slim gris.

Je fis l'effort de refaire mon lit. Je remis les draps et la couette comme il faut. Je replaçai correctement les coussins à leur place respective. Celui de Stéphanie attira mon attention, de par la senteur florale qui en émanait: Stéphanie avait malicieusement ou non déposé un peu de son parfum sur mon coussin. De plus, la chaleur de son corps subsistait. Quant au tee-shirt qu'elle m'avait emprunté, c'était la même chose. J'en humai l'odeur. Et dire que ses petits seins en avait touché le tissu… Je me suis alors promis de ne plus mettre le coussin et le tee-shirt à la machine à laver. Plus jamais de la vie!

Je dus sortir de mes pensées fétichistes et sensuelles quand quelqu'un frappa à ma porte. Ce ne pouvait être que ma ravissante camarade de promotion. Elle entra, et me demanda pour combien de temps j'en avais encore. Je lui répondis que j'étais prêt, et que si elle l'était aussi, nous pouvions nous rendre à la gare. Elle enfila son manteau et ses bottines, puis vissa son béret gris sur son joli chef. Moi, je portais mon manteau bleu foncé et mes Converse All Star.

Il était 7 heures. J'ai proposé à Stéphanie de porter sa valise. Galant comme je suis, je n'ai pu m'en empêcher. Elle accepta, et pris son sac à main. Après un dernier coup d’œil pour vérifier si elle n'avait rien laissé, j'éteignis ma lampe de chevet et fermai la porte de ma chambre à clé. Nous sommes alors partis en direction de la gare.