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Épisode 2 : Stéphanie...Stéphanie et moi...

Elle, elle s'appelle Stéphanie. Nous sommes camarades de promotion, à l'université, en Licence Professionnelle Guide-Conférencier. Nous avons eu un coup de foudre amical l'un pour l'autre, dès le début de l'année. Nous passons pas mal de temps ensemble: à travailler, à parler, à nous promener en ville, à rire, à nous confier l'un à l'autre etc.

J'ai vingt-cinq ans. Stéphanie les aura dans quelques mois. J'ai un faible pour elle depuis le début de l'année. Mais, ça… Elle ne le sait pas. Elle n'est peut-être pas la plus belle femme du monde, ni la plus sexy. Mais, c'est elle que j'aime, et pas une autre. Stéphanie a les cheveux bruns, qui lui arrivent au niveau des épaules. Elle a les yeux marrons/verts, et elle porte des lunettes. Son visage est riche en émotions: il est triste quand elle pleure, il est heureux quand elle sourit, il est hilare quand elle rigole. Et ses lèvres… Sa bouche… Cette calanque rose que je meurs d'envie d'embrasser… Je n'ai jamais embrassé Stéphanie, et pourtant… Dans mes rêves, l'un de mes fantasmes est d'effleurer ces lèvres, de les toucher, de les mouler sur les miennes, de les picorer. Dans mes rêves, j'ai une idée des différentes textures de nos baisers. Et sa langue… J'imagine une petite langue, capable de me faire frémir et de me procurer des frissons, capable même de me faire bander.

Stéphanie n'est pas très grande. Du moins, elle est un tout petit peu plus petite que moi. Elle est plutôt mince, même si elle n'arrête pas de dire qu'elle a quelques kilos en trop (pour ma part, je la trouve jolie comme elle est). Elle aime porter des robes pour aller en cours ou bien en ville. Il peut lui arriver de se vêtir d'un chemisier ou d'un débardeur, sous un pull chaud; et d'une jupe ou d'un jean. Quand elle sort, elle porte toujours son fameux manteau bleu, et, surtout, son béret gris qui lui confère, j'ai envie de dire, un petit charme.

Elle et moi, nous avons fait vraiment connaissance deux semaines après la rentrée. C'était autour d'un café gourmand (son péché mignon!), dans un café du centre-ville. C'était elle qui avait fait le premier pas. Elle avait envie que l'on fasse «plus ample connaissance», pour reprendre les mots qu'elle avait prononcés la première fois où nous nous sommes adressés la parole. Nous avions donc fait «plus ample connaissance»: nous nous sommes parlés de nos vies respectives. Je lui avais parlé de ma famille, de mes hobbies et de mes centres d'intérêt. Je lui avais parlé de mes blessures intimes: cette atrophie testiculaire à l'âge de quinze ans qui m'avait pris l'un de mes deux testicules… cette embolie pulmonaire qui avait bien failli me coûter la vie quand j'avais vingt-et-un ans. Stéphanie n'hésite alors pas à se mettre à nu à son tour. Elle m'avoua qu'elle avait perdu sa mère quelques années plus tôt, qu'elle avait découvert depuis peu de temps qu'elle ne pourrait jamais avoir un enfant à cause d'un problème génital grave, qu'elle avait perdu toute confiance en les hommes depuis que son dernier petit ami en date l'avait trompée avec l'une de ses amies.

Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts entre nous. Nous nous sommes apprivoisés pas à pas. Nous avons appris à nous faire confiance l'un à l'autre. Il nous est arrivés de nous inviter dans nos chez-nous respectifs. Elle habite un petit studio alors que j'occupe une chambre au sein d'une colocation de jeunes. Stéphanie m'a même plusieurs fois inviter à dîner chez elle. Je lui ai renvoyé l’ascenseur.

Depuis plusieurs mois, je marche sur des œufs pour ne pas faire peur à Stéphanie. J'aimerais lui avouer qu'elle me plaît et qu'elle ne me laisse pas indifférent. Même si une amitié est née entre nous, j'ignore ce qu'elle peut bien ressentir au fond de son cœur à l'heure actuelle. Elle ne le sait pas, mais il m'est arrivé plusieurs fois de rêver d'elle la nuit: de m'imaginer son corps dénudé, de la toucher et de la caresser, de l'embrasser, de danser avec elle, de la prendre dans mes bras, de la lécher, de la pénétrer, de la prendre tout court, de lui donner du plaisir, de la faire jouir.

Je veux prendre mon temps. A vrai dire, je m'efforce de lui créer tout un contexte, un climat de confiance dans lequel elle se sente bien et en sécurité. Je veux être son Pygmalion. Elle est la femme que j'ai envie de protéger et je me vois bien me réveiller à ses côtés chaque matin. Comme ce matin… Au moment propice, je chanterai ma sérénade à Stéphanie: je lui déclarerai mon amour.