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Épisode 3 : Cliché estival (3)

Simon déposa un baiser sur les lèvres d’Elise. Elle sortait de la douche vêtue d’un peignoir de bain.

Sa tenue de jogger contrastait avec la sensualité et la douce odeur du lait hydratant qui se dégageait de son épouse. Il ne pu s’empêcher de l’enlacer témoignant de sa frustration de n’avoir pu l’honorée au retour de leur soirée. Le rosé provençale l’avait trop rapidement plongé dans les bras de Morphée.

Il devra contenir son érection du moment car l’esprit d’Elise était déjà fixé sur le désir de retrouver Vincent. Elle lui rendit un baiser dans le cou en lui prodiguant des encouragements pour son footing.

« N’oublie pas tes clefs, je ne sais pas à quelle heure je serais de retour »

« Ne tarde pas trop non plus nous allons à la plage cet après-midi », lui rappela Simon.

« Oui, au retour de mes tribulations photographiques je ferais quelques courses pour le déjeuner, c’est jour de marché » répondit Elise.

Simon quitta la maison en branchant ses écouteurs et en activant son application qui enregistrera ses performances sportives.

Un sentiment de liberté envahit Elise. Elle choisit une robe de plage froissée aux motifs colorés. Elle décida de ne pas mettre de dessous.

En partant, elle saisit un sac de plage dans lequel elle avait rassemblée quelques articles pour son escapade matinale.

Charlotte était encore endormit. Vincent se dégagea discrètement du lit conjugal. Comme chaque matin Il gagna la cuisine pour préparer un café et consulta son smartphone.

Après le départ de Simon, Elise, lui avait envoyé un SMS évocateur – Tellement hâte de te voir –

Un sourire de contentement se dessina sur son visage. Il écrivit un message à la craie blanche sur l’ardoise murale accrochée au dessus du plan de travail.

- Je suis sorti au marché des pécheurs, à tout à l’heure. Je t’aime –

Afin d’évacuer un léger sentiment de culpabilité il ne pu s’empêcher de vérifier si Charlotte dormait toujours. Visiblement, leurs libations de la veille remplaçaient utilement le meilleur des somnifères.

Il enfila son short en jean et un tee-shirt blanc qu’il avait consciencieusement et négligemment laissé trainé dans un recoin du hall d’entrée. Il jugea superfétatoire de s’embarrasser d’un caleçon.

Après avoir traversé les ruelles du centre ancien de cette charmante petite ville balnéaire, Il gagna avec empressement le sentier du littoral qui le mènera au Bungalow abandonné.

Cet itinéraire était connu de peu de gens, ceci était un élément supplémentaire pour conférer à Vincent le statut honorifique de guide touristique. En réponse du premier SMS d’Elise il lui avait adressé toutes les indications pour éviter qu’elle se perde.

Arrivé bas du sentier, la plage offrait une vue imprenable sur un golfe jalonné de plusieurs plages au sable fin. A cette heure l’eau était cristalline. Vincent se débarrassa de ses espadrilles pour tremper ses pieds dans cette mer d’huile annonciatrice de tempêtes futures. Son regard porté sur l’horizon fixa un bateau de pécheurs qui rentrait au port. Plus tard, il lui proposera, très certainement, quelques sardines pour le repas de midi. Du moins l’espérait-il.

Elise arriva discrètement. Joueuse elle plaqua ses mains sur les yeux de Vincent collant sa poitrine contre son dos. Surpris, il émit un borborygme. Il s’imprégna de l’odeur du parfum de celle qui le détourne, depuis hier, du déroulé prévisionnel de ses vacances.

Elle l’embrassa dans le cou, il se retourna furtivement et balaya de son regard le paysage environnant pour s’assurer que personne ne viendra troubler ces retrouvailles.

Elle lui sourit.

« Chuut, tout va bien mon cœur, il n’y personne à cette heure, c’est toi même qui me l’a dis hier »

Le bungalow abandonné était niché dans une forêt de pins parasol, si typique de la Côte d’Azur, en surplomb de ce bout de plage qu’ils foulaient allègrement. Leurs corps serré exprimaient une envie non contenu d’investir le plus rapidement possible l’Alcôve de leurs désirs.

Elise dénoua un foulard qui ceinturait sa robe la maintenant jusqu’à la lisière de ses genoux. Un voile de tissu banda les yeux de Vincent. Surpris il tenta de résister mais Elise le rassura « Laisses toi guider, je te conduis dans notre palais secret ».

Elle lui prit la main pour l’entrainer dans l’antre de leurs premiers ébats.

Ils entrèrent.

Depuis hier le décor avait changé.

Tenant toujours la main de Vincent, quelque peu angoissé par ce scénario qu’il n’avait pas imaginé, elle se voulu rassurante en lui chuchotant à l’oreille : « Regarde ! »

Arrivée en avance, Elise avait transité par le bungalow avant de rejoindre Vincent sur la plage.

Elle dénoua le bandeau.

Il retrouva ses facultés visuelles pour découvrir l’intérieur du bungalow agrémenté des quelques articles qu’Elise avait transporté dans son sac de plage.

Un amplificateur acoustique en bambou qui trônait sur une étagère, un paréo népalais qui recouvrait la table en bois, seul meuble référencé, et un flacon d’huiles essentielles parfumé au jasmin déposé sur un plateau de bistrot vintage laissé à l’abandon.

Elise glissa son mobile dans la fente de l’objet voué à amplifier le son d’une playlist concoctée par ses soins et adaptée aux circonstances.

Au delà de la surprise, Vincent pris la mesure de la personnalité de cette femme qui, de manière accélérée, bouleverse les équilibres rassurant d’une vie vouée à son cabinet d’architecte et à sa femme, en charge de la communication d’un grand groupe industriel.

Pour fuir les turpitudes de la vie parisienne ils ont réussi à s’octroyer quinze jours de vacances sur la Riviera, dans le sud de la France, pour se retrouver et projeter de fonder une véritable famille.

Elise, médecin à Lyon, a rejoins, avant hier son mari, informaticien, dans leur résidence secondaire. Elle n’est toujours pas prête à avoir d’enfants. Consciemment ou inconsciemment elle retarde une décision dont le choix sera entériné d’ici quelques années par son horloge biologique.

Vincent, s’arracha de toutes ses considérations sur lesquelles ils avaient longuement digressées lors de leur apéro-rencontre.

La porte du bungalow c’est refermé. Elise a pris la précaution de le verrouiller avec un cadenas. Malgré Charlotte et Simon, et au delà de leurs interrogations existentielles ils privatisent un lieu qui paraît de plus de plus être hors du temps et de l’espace.

Elise était allongée à plat ventre sur le paréo qui nappe la table en bois. Ses seins frottent le tissu indou parsemé de motifs aux couleurs chatoyantes. Irrésistiblement Vincent relève sa robe. Le tissu se troque en jeu de mains.

Avant cela, elle avait savourée sans modération son extrémité dressée. Débarrassé de son short en jean, sa bouche enveloppante a rallumée la braise de leur attente.

Agenouillée au pied de la table, elle s’est délectée de ses deux bigarots qui ont roulés entre ses lèvres.

Addictive gourmandise qu’elle a suçoté sans ambages.

Sa bouche suave a aiguisée la pointe avancée de Vincent l’imprégnant de sa salive sur toute sa longueur. Elle a savouré cette verge audacieuse.

Passé ce préliminaire, le flacon d’huiles essentielles se déverse sur le dos d’Elise, Vincent répand le liquide sur toute la surface d’une peau luisante et brunit par le soleil. Ses mains entament un vas et viens entre les épaules et le creux des reins de ce corps impudique électrisé par ses caresses.

Désormais cambrée sa croupe se soulève. Elle ouvre ses fentes. Telle une jument en quête d'espace elle réclame son cavalier. A cet instant elle rêve d’une impétueuse chevauchée. Elle accueille bruyamment sa longueur lubrifiée par ses empreintes buccales. Vincent saisi les lignes infinies de ses cuisses. Sa pointe coulisse entre les équerres d’Elise.

Une déferlante musicale inonde la pièce. L’amplificateur acoustique égraine sa playlist et le son d’un orgasme illumine le début de cette matinée. Le soleil est déjà chaud et les oracles clament leurs verbatim.

Une musique langoureuse se mêle aux gémissements d’Elise.

De manière soudaine et imprévue leur extase est interrompue par la sonnerie du mobile d’Elise suivi d’un message de Simon qui résonna au milieu d’un morceau de James Blunt, « Beautiful ». Se substituant à cette plage musicale, le niveau sonore de l’appel fut amplifié par la corne de bambou acoustique. « Ma chérie, je n’arrive pas à te joindre. Je viens de terminer mon footing, j’espère que tu as prise de beaux clichés. Je pensais faire une surprise à Vincent et Charlotte en leur apportant des croissants pour organiser notre sortie de cet après-midi. Je suis à deux pas de leur location. Rejoins moi. Tu me tiens au courant. Je t’embrasse ».

Ses paroles eurent l’effet d’une météorite. Non seulement le temps leur échappait mais il s’accélérait. La bulle dans laquelle ils étaient confinés éclata. La réalité se rappelait à leur bon souvenir. Le marché aux pêcheurs, les photos pour l’album de vacances…Ils vont devoir en un temps record reconstituer toutes les pièces du puzzle qui ont permis leur ivresse matinale. 

Donner une nouvelle lisibilité à leur cliché estival...

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