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Épisode 2 : Moins innocente


Une nouvelle rencontre programmée

Cette fois-ci, pas d’imprévu ! Une sortie, une vraie de vraie ! Il m’avait proposé rapidement de le revoir , tout en me laissant le choix de refuser et qu’il ne me le redemanderait pas. Sauf que j’en avais très envie. Un garçon qui s’intéresse à moi et qui sait aligner plus de deux phrases sans parler de cul ou de foot, forcément je n’allais pas m’en priver ! Je m’imaginais déjà que cette nouvelle relation puisse aller plus loin qu’une simple amitié et me targuer d’être avec une personne mature.

Il me proposa d’aller sur un territoire connu : le centre commercial. Évidemment, je n’allais pas refuser et je remarquais bien qu’il cherchait à me mettre en confiance alors que je pensais être capable d’aller n’importe où avec lui. Et comme toute fille, le jour venu j’ai hésité sur la tenue à mettre. J’aime bien être coquette et j’avais envie de plaire. J’enfilai des bottes en cuir sur mon jean, un haut que je trouvais plutôt joli et une veste. Bien entendu, je n’avais pas oublié de me maquiller et une fois prête, je pris la direction du rendez-vous.

J’arrivai en retard et il me gronda avec le sourire, me menaçant d’une fessée si cela se reproduisait à l’avenir. Je pensais qu’il plaisantait et je ris de bon cœur avec lui. Nous marchions dans les allées tout en discutant. Je le trouvais de plus en plus charmant et je ressentais l’envie qu’il me montre plus d’affection. Il m’invita à boire un café dans un starbuck et choisit une table à l’écart. J’appréciais de me retrouver avec plus d’intimité, j’espérais tellement de choses… mais pas ce qui se passa !

La discussion suivait son cours mais prit un tournant. Il m’avoua sa surprise que je vienne le voir si rapidement alors que j’ignorais pas mal de choses sur lui. Je lui répondis que j’en savais beaucoup grâce à son blog mais il me contredit. "Sur un blog, on ne met que ce que l’on veut bien mettre." Il avait raison sur ce point et pourtant, je me sentais toujours en sécurité avec lui. Je m’attendais à ce qu’il me fasse un sermon sur mon insouciance mais il s’en abstint. Il apprécia la tenue que je portais et me confia qu’il me trouvait très séduisante. Autant dire que j’étais sous le charme ! Je faisais mes yeux de biche, espérant qu’il aille plus loin mais sa question interrompit ce rêve "Jusqu’où tu serais prête à aller pour moi ?"

Je ne savais pas quoi répondre, ni quoi penser. Je ne comprenais pas sa question et je l’oubliais totalement lorsqu’il posa sa main sur la mienne, comme pour me rassurer. 

— Oublie, je crois que je me fais trop de souci pour toi alors que t’es une grande fille responsable.

J’appréciais cette remarque pertinente, surtout qu’à la maison, bien souvent j’étais considérée comme une petite fille, parfois traitée d’immature. Je ne suis plus une fille mais une femme ! lançais-je comme une adolescente dans sa crise.

Il se mit à rire en s’excusant de m’avoir offensé. Je souris et m’excusai à mon tour pour m’être légèrement emportée. Ensuite, nous reprîmes notre habitude de parler de tout et de rien, et moi de me plaindre de l’école, ainsi que de mes parents que je trouvais castrateurs. Je voulais plus de libertés, qu’on me voie comme une adulte. Il m’écouta attentivement, en allant de temps en temps dans mon sens, mais jamais dans celui inverse avant de consentir.

— Ils ont tort, ils ne voient pas que tu es une femme. Pas comme moi. 

Ses mots me faisaient plaisir, surtout venant d’un adulte que j’appréciais beaucoup. Depuis, je comprends mieux le sens de ce compliment. Lui ne voyait pas une adulte mais une femme qui allait se découvrir sexuellement. Il entrapercevait le potentiel qui se dégageait de moi et il imaginait sûrement déjà ce qu’il pouvait faire de moi. Cette fois-ci, il me proposa de me ramener en voiture, la dernière fois il ne l’avait pas prise. J’acceptai, n’ayant pas très envie de prendre les transports en commun.

Je le suivis jusqu’au parking et je montai dans la voiture sans inquiétude, heureuse de passer encore du temps avec lui. Lui aussi semblait l’être mais il n’en dit pas un mot. Il me ramena jusqu’à chez moi et avant de descendre, il me lança un "t’es vraiment en confiance avec moi ?" Je répondis par l’affirmative avant de rentrer.


Devant mon premier choix

Depuis le rendez-vous précédent, j’attendais le suivant. Nous discutions chaque jour soir sur skype mais il ne me faisait aucune proposition. Je finis par lui demander s’il y avait quelque chose qui lui avait déplu la dernière fois mais il me rassura en me disant que non. Il souhaitait aussi me revoir mais quelque chose l’empêchait.

Je ne comprenais pas cette situation et en véritable fille, je réclamais plus d’explications. Il finit par m’avouer qu’il craignait de s’attacher plus à moi alors que nous ne pouvions pas nous le permettre. Je tentais de le rassurer en lui déclarant que j’allais bientôt atteindre ma majorité. Sauf que ce n’était pas ce qui le dérangeait. Je souhaitais le revoir, passer du temps avec lui et je finis un soir, après avoir eu un dîner prise de tête avec mes parents, par lui demander ce que je pourrais faire pour que l’on se revoie.

« Tu serais prête à faire quoi ? » Toujours confiante, je répondis machinalement tout sans me douter ce que cela pourrait impliquer. Il mit du temps avant de m’envoyer un nouveau message : « Vraiment ? Tu serais prête à me montrer tes seins à la webcam ? »

Je ne savais pas quoi penser. Je me demandais s’il plaisantait ou s’il me provoquait pour me montrer jusqu’à quel point une relation du net pourrait aller. Je finis par lui dire d’arrêter d’essayer de me faire peur et ensuite la discussion reprit son cours comme si de rien n’était.

Les jours passaient et aucune autre sortie n’était prévue. Je finis par insister pour le revoir et il m’annonça qu’il le ferait le jour où il verrait mes seins en webcam. Il m’expliqua qu’il avait beaucoup de désirs pour moi, qu’il craignait de me revoir, de s’attacher trop à moi et d’avoir envie d’être avec moi. Même si je ne comprenais pas le rapport entre cette inquiétude et sa demande, je ne pouvais qu’être charmée qu’il puisse s’intéresser plus à moi que comme une amie. Ce jour là non plus, je n’étais pas allée plus loin.

La nuit je ressassais cette discussion, m’interrogeant sur la conduite à suivre. Je n’imaginais même pas arrêter de lui parler. Après tout, il ne me harcelait pas, c’était moi qui cherchais à le revoir et maintenant je me trouvais face à un choix clair. Si je lui montrais ma poitrine, nous allions nous revoir. Sinon, nous resterions des connaissances du net. Inutile de dire que cette question m’empêchait de dormir. Je finis par lui envoyer un SMS pour voir s’il était couché.

Je réfléchissais à ma réticence de ne pas lui dévoiler ma poitrine. La puberté avait apporté son lot de tabou, cachée mon torse par un bout de tissu alors qu’avant son développement, j’aimais me balader sans rien l’été. Depuis je la cachais la plupart du temps, sauf l’été dernier avec les copines. On s’était lancés des défis et allez savoir pourquoi, je me suis retrouvée avec celui d’enlever le haut de mon maillot. Après quelques réticences, je l’ai fait et j’ai retrouvé cette douce sensation de liberté, comme autrefois. Mélanie et Virginie avaient fait de même et elles me donnaient l’impression qu’elles avaient attendues cette occasion pour le faire. À partir de ce moment- là, je n’avais plus ressenti de gêne.

Il me voyait comme une femme et je ne pouvais pas le décevoir en me révélant plus gamine qu’il ne le pensait. Il était plus âgé que moi et il pouvait voir autant de poitrines qu’il le voulait. Une femme de son âge lui montrerait sa poitrine s’il lui demandait. Je devais me montrer adulte, plus mature que je ne l’étais...

Sans faire de bruit, je me mis debout, allumant la lumière de ma chambre et l’ordinateur. Je rejoignis avec joie Thibaud sur skype. Après quelques minutes de discussion où je ressentais une certaine pression, je finis par lui dire que je voulais le revoir. Je mis la webcam en route et lui fis la surprise en étant seins nus lorsque l’image apparut. Je vis son visage souriant qui appréciait la situation. « Merci. T’es vraiment bandante. Je l’ai pensé depuis la première fois qu’on s’est vus. » Ce message me plut mais je n’étais pas encore très à l’aise. Il me rassura en me proposant de le voir dès le week-end prochain et en coupant la vidéo.

Peut-être me trouverez-vous folle en ayant fait ce choix et/ou en acceptant le nouveau rendez-vous après ça mais je m’en fiche et puis sans cela, je ne serais pas devenue une bonne chienne.


Retrouvez la version illustrée sur le blog "Le journal d'une chienne" : https://journalchienne.blogspot.fr/

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