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Épisode 1 : Ceci n'est pas une pipe

l’horloge affiche 8h45. Je devrais être parti depuis une demi-heure ! Mais mon esprit encore vaporeux flâne et ne trouve aucune motivation à sortir. Je vous ai laissée vous en aller il y a à peine une heure, et mon corps vous réclame déjà à nouveau. J’erre nu dans mon appartement, pas plus habillé que lorsque je vous ai donné un dernier baiser sur le palier, juste avant que vous ne vous engouffriez dans l’ascenseur. Il me faudrait me doucher, mais je répugne à faire disparaître les effluves qui parent mon corps de brûlant souvenirs.

Elles me rappellent notre soirée, tendrement enlacés puis fébrilement enchevêtrés, que dis-je, imbriqués l’un en l’autre. Votre plaisir débordant qui inonda maintes fois mon bas-ventre. Votre sueur, essence de nos étreintes folles, épongée par mon torse.

Ces parfums mêlés évoquent notre réveil également. Nos corps inséparables, votre jambe enroulée à la mienne. Votre regard pétillant du bonheur de croiser le mien de si bon matin.

Votre main endormie ne tarda pas à reprendre vie sur ma poitrine. Votre index trouva mon téton et l’agaça avec malice. La même malice qui dessinait un large sourire sur votre visage. Mon premier soupir vous amusa. Les suivants réveillèrent la louve. Alors commença la valse des baisers et des morsures. Chaque fois que je sentais le souffle chaud de votre haleine se faire plus précis, je tressautais. Miel ou venin ? Cette cruelle incertitude décuplait mon plaisir et mon corps ne fut plus que frissons, appelant l’un et l’autre des mêmes vœux. Inexorablement, votre bouche descendit mon buste. Vos lèvres se perdirent dans la commissure de mes cuisses. Mon sexe se mit à palpiter de vous savoir si proche et, crânement, il se dressa pour attirer votre attention. Ce furent d’abord vos doigts agiles et délicats qui le flattèrent. Puis votre langue, partant de mes bourses tendrement cajolées, entreprit son ascension. Parvenues au sommet après cette paresseuse montée, vos lèvres gobèrent ma fraise en collation. Ce fut alors un récital de douceurs buccales. Aspirations enveloppantes, frivolité de votre langue joueuse sur le frein, gourmandise de votre gorge qui tentait de m’avaler entièrement. Votre salive coula abondamment le long de mon membre et vint se mélanger à votre liqueur sur mon pubis encore moite de notre nuit. Vos mains ne furent pas plus sages que votre bouche. Griffant l’intérieur de mes cuisses pour me faire lancer mon bassin à votre rencontre, pelotant mes bourses pour faire monter mon plaisir, elles rivalisèrent d’audace avec vos lèvres dans la quête de mon extase. Votre regard, planté dans le mien pour y lire mon désir, se ferma alors religieusement. Votre tête entama un va-et-vient voluptueux. Il devint exquis lorsque le rythme s’endiabla. Mes doigts se perdirent dans votre chevelure de feux. Je grognais quand vous exprimiez votre envie de me faire chavirer dans des gémissements étouffés. Mon ventre se creusa, mes mains se crispèrent. Dans un ultime juron, je me déversai dans votre gorge. Sans arrêter votre course, vous vous appliquâtes à me boire jusqu’à la dernière goutte. Votre bouche quitta mon sexe pour s’emparer de la mienne et nous échangeâmes un baiser enflammé.

Mes lèvres sont encore empruntes de la saveur de ma semence. Le temps qui défile devrait m’envoyer à la douche. Mais il semble s’être arrêté à ce divin baiser.

Non, madame ma Maîtresse, ceci n’était pas une pipe…c’était de l’amour !