Venus in furs

Une saga de Popins - 5 épisode(s)

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Épisode 1 : Lettre à Sacha

"Shiny, shiny, shiny boots of leather
Whiplash girl child in the dark
Comes in bells, your servant, don't forsake him
Strike, dear mistress, and cure his heart"


Tout a commencé sur un réseau social. “ Votre masochisme vous perdra”. J’étais loin de me douter que ce commentaire ironique m’amènerait à orchestrer bel et bien la perte d’un homme. Qu’il allait renier, par moment, tout respect de son être, toute pudeur, toute humanité.

Je suis une femme sauvage, une amazone qui préfère marcher pieds nus plutôt que de se soumettre aux diktats actuels qui imposent des hauts talons et autres froufrous aux femmes. Dans la société patriarcale, on tente depuis la nuit des temps de faire croire aux femmes qu’elles sont inférieures. Mais ce n’est qu’une vile stratégie des mâles, bien conscients de notre pouvoir sur eux, de notre emprise même, pour nous garder sous contrôle. Ils se pensent ainsi supérieurs et hors de danger. Tout cela n’a aucune prise sur moi. J’ai conscience de ma puissance, de ma force tout autant que de ma sensibilité. Et ce savant mélange entre des caractéristiques que l’on qualifie de masculines et de féminines fait de moi un être complet et épanoui. Je me suis bien prêtée à des jeux de soumission avec certains amants, juste pour le plaisir de m’abandonner. Il m’est aussi arrivé d’en sodomiser quelqu’uns, à leur demande. Mais je n’avais jusqu’alors jamais laissé pleinement s’exprimer la dominatrice qui vit en moi, n’ayant jamais croisé le chemin de celui qui me donnerait l’envie de le remettre à sa place.

Mon commentaire a fait réagir un homme bien conscient de son masochisme, quelqu’un qui prend son pied à se faire dominer par les femmes. J’ai d’abord eu de la compassion pour lui mais j’ai vite compris le plaisir qu’il y prend et cela m’a excitée. C’est presque suppliant qu’il m’a demandé de devenir sa Maîtresse et j’ai accepté de prendre ce rôle auprès de lui. Il m’a fallu néanmoins m’assurer de son plein accord, je suis une femme respectueuse et ne peut humilier un être que s’il est demandeur et consentant. Les remerciements qu’il m’a alors adressés ont levé toutes mes inhibitions.

Avide d’être malmené, il a eu tendance au départ à me solliciter quand bon lui semblait, voire même à exprimer son point de vue à tout va. J’ai donc rapidement rappelé que c’est moi qui mène les rênes et je ne lui ai accordé le droit de m'adresser la parole que quand je lui en donnais l’autorisation. Il fut docile et respecta cette règle à la lettre. Il exprimait parfois sa frustration à qui veut bien l’entendre, en publiant des messages pour tenter de me faire plier et de lui accorder de l’attention. Mais je restais ferme et intransigeante. Une fois que j’eus estimé que ce temps de mutisme imposé était suffisamment long pour tester sa motivation, je l’ai démuselé. Il a d’abord publié, à ma demande, un message dans lequel il reconnaissait sa médiocrité et l’honneur que je lui faisais en le prenant sous mon aile. Son obéissance sans limite m’a laissée entrevoir qu’il aspire réellement à être à ma chose. Mais ce n’est pas inné chez moi de traiter un être de la sorte. Je continuais de le vouvoyer et il m’a fait remarquer, à juste titre, que c’était faire preuve de bien trop d’égard envers sa personne. Cela m’a fait mal de le reconnaître mais je devais admettre que j’avais du chemin à faire pour devenir la parfaite Maîtresse ; je suis prête à m’améliorer dans ce rôle. C’est pour son plus grand plaisir qu’il est devenu “tu” et que je lui ai rappelé qu’il n’est qu’une loque, voire une sous-merde. Si je suis novice dans cette posture de dominatrice, lui a déjà une expérience importante dans la soumission. Je pense que j’ai à apprendre de lui tout comme il a à prendre de moi. Chaque relation D/s doit avoir ses propres règles. Chaque Maîtresse a ses exigences et ses attentes. Chaque soumis a ses limites. C’est pourquoi je lui ai écrit une lettre lui exposant mes conditions, un contrat mutuel qui fixait les règles initiales de notre jeu.

                                                                                                                                                                 

                                                                                                                                                                   Genève,

                                                                                                                                                                  le 8 mars 2017,

Sacha,

Je suis bien consciente du pathétisme de ta démarche. Qu’un homme de ta stature, avec une situation sociale haut placée, qui manage des individus au quotidien, puisse être clivé à ce point est lamentable. Néanmoins je peux le concevoir. L’ Humain est un être complexe et ta part d’ombre te rend aussi très lumineux. Le fait que tu en aies conscience est malgré tout un signe de ta clairvoyance, voire d’intelligence. Tu es loin d’être idiot, tu es même très cultivé et intéressant. Tu reconnais la suprématie féminine et cela fait de toi un mâle au dessus des autres. Te faire balader en laisse à quatre pattes est bien certainement ce qui te permet de te tenir bien droit lorsque tu portes ton costume de travail. Mais celui qui n'est pas Sacha, l’autre partie de toi n’a pas besoin de moi. Il s’assume au quotidien. C’est au soumis que je m’adresse et que je porte de l’attention. Bien entendu, je ne renierai jamais ta part d’humanité, je ne chercherai jamais à anéantir ton estime de toi, finalement je ne ferai jamais de mal à ton égo. Je traiterai Sacha comme il le souhaite, comme il le mérite. Tu veux être ma chienne m’as-tu dit ? Une chienne n’est pas un humain, c’est un animal, bien souvent loyal et fidèle. Et c’est ainsi que je te considérerais. Tu veux que je te prenne le cul à coups de godeceinture ? Montre toi en digne, courbe l’échine, réponds à mes exigences et alors je me montrerais clémente et satisferais tes envies.

Je te récompenserai de ton obéissance : je t’enverrai des photos sur lesquelles tu pourras rêver d’ici à notre rencontre, je t’exposerai les traitements que je te réserve juste pour aiguiser tes fantasmes. Je te permettrai peut être même de te branler en te faisant entendre ma voix. Laisse moi le temps de cheminer à mon rythme. Nous devrons régulièrement discuter de notre relation afin de clarifier les attentes de chacun. Je ne suis pas un tyran, je suis ta Maîtresse et ce à ta demande. Si la part d’orgueil en toi a besoin de s’exprimer alors sollicite moi, je ne désire pas la faire taire, je suis demandeuse de l’entendre dans un cadre précis, mais ne me prends plus par surprise. Cela me déstabilise, je ne veux aucunement porter la moindre culpabilité de  faire de toi mon soumis. Mon attention envers Sacha, envers cette partie là de toi est altruiste. C’est une preuve de l’amour qui peut unir un homme et une femme dans leur supposée opposition. Finalement, la seule règle que je te fixe aujourd’hui, c’est de bien distinguer les deux parties de toi et de ne pas les laisser s’exprimer en même temps. Cela créé une cacophonie qui engendre chez moi la confusion. Les choses doivent être bien claires. Je sais qu’il y a l’humain respectable qui cohabite avec le soumis qui souhaite être à mon entier service. Je m’engage à cravacher sévèrement la chienne si elle désobéit, à la promener dans la neige juste pour mon plaisir et à poser mes pieds sur son dos nu pendant que je prendrais un verre. Mais il faut que tu t’engages à respecter ma façon d’être et de faire, qui sera certainement bien différentes de celles de tes précédentes Maîtresses. Alors je pense qu’ensemble nous pourrions évoluer dans une relation D/s unique et magnifique qui nous épanouira tous deux.

J’attends ta pleine acceptation pour que le conditionnel devienne du futur.

Je t’embrasse,

Ta Maîtresse


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