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Épisode 2 : A quoi devais-je m'attendre ?

Ainsi qu'il l'avait décidé, j'entrai chez lui et, dans le hall, je me déshabillai entièrement...ou presque. Partagée entre la volonté de lui démontrer mon audace en entrant chez lui complètement nue et mon désir de le sentir jouer avec ma culotte, je décidai au dernier moment de garder ce minuscule morceau de tissu sur mon sexe. J'avais bien sûr gardé mes escarpins... Pour la touche d'élégance. Il y avait une petite sangle, juste à côté du masque que je devais poser sur mes yeux. Ça n'était pas prévu et je me trouvai un peu déstabilisée, incertaine de la nature et du rôle de cet objet nouveau pour moi. Fallait-il que je le prenne ou l'avait-il prévu pour plus tard ? "Dans le doute, abstiens-toi". Je le laissai là, souffla sur la bougie -réflexe rémanant de jeune fille complexée- revêtis le masque et fit résonner doucement le bruit de mes talons dans ce couloir. Ma main qui caressait le mur finit par trouver l'encadrement de la porte. Il l'attrapa et colla mon dos contre son torse tandis que sa bouche s'empara de mon cou.

"Tu as gardé ta culotte ?... Tu n'as pas pris le collier. Pourquoi as-tu mis des chaussures ?..." Je m'entendis répondre comme une petite fille gênée, obligée de se justifier pour ses bêtises. Mes réponses ont semblé lui plaire. A moins que ça ne soit la silhouette qu'il tenait entre ses bras. Il attrapa mes cheveux d'une main ferme comme on attrape les rênes d'une monture. Fière de ma hardiesse mais fébrile et désarmée, j'abandonnai à cet instant mon corps et ma psyché à cet homme que je rencontrais pour la deuxième fois et que je n'avais pourtant jamais vu.

"Mets-toi à quatre pattes". A ces mots l'image du collier me revint et je regrettai de ne pas avoir su quoi en faire. Je mis cette idée de côté, certaine que nous en ferions malgré tout quelque chose. Je fus surprise -fort agréablement- par ces premières minutes licencieuses à souhait, qui tranchaient avec la fébrilité dont il avait fait preuve lors de notre précédent rendez-vous. Le frisson qui me parcourut soudain naquit à la fois du doute (mon intuition m'aurait-elle fait défaut cette fois ? Je ne connais pas cet homme... Si je m'étais trompée ?) et de l'excitation (je l'espérais secrètement supérieur et déterminé). Je m'exécutai avec délectation et avançai à quatre pattes vers cette pièce où la fois précédente, nous avions défié nos patiences et nos désirs respectifs.

Il a tiré mes cheveux avec force et délicatesse pour diriger ma bouche sur la sienne, puis sur son sexe qu'il m'ordonna de sucer. Il a pincé mes seins avec attention, cherchant le bon dosage entre trop de douceur et trop de douleur, ne trouvant les réponses que dans ma respiration puisque mon regard ne lui dévoilerait ce soir encore aucun de mes secrets. Il fut prudent, donc...ce que je lui fit remarquer avec une pointe de déception. Il sembla réceptif à cette permission implicite d'aller plus loin encore, plus fort, et de manière plus impérieuse. Il me fit prendre les positions les plus indécentes sous son regard impudique. Son vocabulaire se fit plus obscène. Son attitude plus lubrique. Jusqu'à ce qu'enfin devenue cette chienne qu'il avait convoquée, ce soit moi qui réclame le collier.

Il l'ajusta autour de mon cou et y ajouta la laisse, déconnectant du même coup tous les synapses me reliant encore à une quelconque raison. Bien calée à l'intérieur de moi, le corps en éveil, absorbée par mes sens et leurs échos, je devins cette soumise qui n'était pour moi, avant cela, qu'une image d'Epinal captivante mais lointaine.

Ça n'était qu'une introduction, bien sûr. Le scénariste a de l'imagination... J'aime la peur qui hante mon désir lorsque j'essaie d'imaginer jusqu'où il me mènera. J'aime l'attention et la délicatesse dont il fait preuve, et ses promesses de perversions. J'aime qu'il soit obligé de lire en moi sans passer par mon regard. J'aime me donner à lui sans savoir précisément qui il est. Il sera mon guide éclairé sur le chemin obscur de la dépravation.