Vieux cochons !

Une saga de Thalia_Devreaux - 22 épisode(s)

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Épisode 10 : Mais pas du tout naturiste

Le lundi matin, au lieu d'aller à l'université, je pars marcher dans les rues de ma ville, le temps que mes parents quittent la maison. Je sais le chemin qu'ils empruntent pour aller au travail et je prends bien soin d'éviter de les croiser. J'erre ainsi pendant plus d'une heure avant de rejoindre mon domicile. Monsieur Dupré m'a donné rendez-vous en milieu de matinée près de chez lui.

La tension dans mon ventre est bien présente, surtout lorsque je choisis mes affaires pour aller marcher dans les bois alentours. Je prends un jean et un sweat avec fermeture éclaire. Il fait frais le matin, surtout dans les bois. Quelle idée j'ai eu d'accepter...

En allant le rejoindre, j'ai l'impression que chaque pas me coûte. Tu fais une connerie, me dit une petite voix en boucle. Je sais que c'est le cas mais si tout se passe bien, je vais me sortir de cette situation sans trop de problème. Après cette séance, j'aurais deux semaines pour réfléchir à comment tout arrêter. Et de toute façon, le vieux cochon que je vais rejoindre a raison : deux photos ou cent, quelle différence ?

La boule grossit et ma respiration se saccade à l'approche du lieu de rendez-vous. Il est déjà là, son sourire narquois et ses yeux masqués par les lunettes de soleil m'accueillent avec un plaisir non dissimulé. Même le ton de son bonjour me semble emprunt de perversité.

— Crois-moi, tu ne vas pas le regretter.

Je ne suis pas ce genre de fille qui s'exhibe par plaisir ou pour faire plaisir à leur petit copain. Je le fais uniquement pour protéger ma réputation. Si maintenant cet accord avec les photos venaient à se savoir, autant dire que ma réputation en prendrait un sacré coup. Et je rejoindrais Stéphanie au panthéon des jeunes salopes de ma ville.

Nous marchons jusqu'au chemin de randonnée le plus proche. Je ne dis que très peu de mots pendant le trajet tandis que lui souhaiterait parler. Il veut savoir ce que je fais dans la vie, ce qui me plaît et je réponds par quelques mots. Je ne souhaite pas me dévoiler. Il connaît suffisamment mon intimité physique, qu'il foute la paix à l'autre !

J'ai l'impression que notre marche est sans fin. Je n'ai pas trop l'habitude de randonner, ce n'est pas du tout mon plaisir. Je ne connais pas tellement les lieux. Il nous arrive avec des amis d'aller nous balader mais dans les coins les plus connus, comme la petite cascade avec l'endroit où la rivière est le plus profond pour se baigner, etc... De ce côté-ci, il n'y a rien de vraiment intéressant pour nous, ce qui j'imagine, en fait l'endroit parfait pour prendre des photos en toute discrétion.

Je reste toujours tendue, pas du tout à mon aise et ça ne changera pas tant que je suis avec lui. Il m'entraîne à l'écart et je comprends ce qui m'attend. Nous sommes arrivés au fameux coin tranquille dont il m'a parlé. Jusqu'à présent, c'est tellement calme que nous n'avons croisé personne. Pas étonnant, c'est un matin de semaine hors période de vacances scolaires.

— Là, on sera très bien.

Je regarde autour de nous. J'ai l'impression d'être au milieu de nulle part, bien à l'écart du chemin. Je ne sais même plus où il se trouve en fait. Ici, on entend ou on voit arriver de loin des personnes si jamais c'est le cas. Tout est calme.

— Allez Mylène, on ne va pas y passer la journée.

Il n'a pas tort. Comme pour mon jardin, plus longtemps ça dure, plus on a de chance de se faire remarquer. Je lui donne mon smartphone et il me passe le sien que je range dans la poche de mon jean. Je me mets dos à lui avant de me déshabiller. Ça peut sembler ridicule puisqu'il m'a déjà vu nue, qu'il m'a même baisée et qu'il va prendre deux photos de moi à poil.

Je suis fébrile dans chacun de mes gestes. Je commence par retirer mes chaussures, puis mes chaussettes. J'enlève le sweat, le soutien-gorge sous mon t-shirt que je garde sur moi. Ce n'est pas évident comme manœuvre mais ça amuse le vieux cochon même si je sens qu'il s'impatiente. Je retire ensuite le jean puis mon haut et enfin la culotte. Je reste de dos pour le moment et il décide alors de commencer par ce côté.

— Sois plus naturelle !

Mes deux mains masquent mes intimités. Il préfère que mes bras soient le long du corps, comme si je me sentais bien d'être ainsi en pleine nature. Je suis bien trop angoissée pour prendre du plaisir d'être en tenue d'Ève. Surtout avec un vieux bobo qui me prend en photo.

— Tourne-toi maintenant.

Je commence d'abord par regarder derrière-moi avant de finir par me mettre face à lui. Mes mains recouvrent de nouveau mes attributs féminins, ce qui le fait rire. Il me mate sans scrupule, bandant ostensiblement, une bosse déformant son pantalon. Je suis sûre qu'il a envie de se branler et de jouir. Il le fera certainement en matant les photos chez lui dès qu'il les aura en sa possession.

— Allez Mylène, ne fais pas l'enfant. Quand on se fait baiser comme tu l'as fait avec l'autre petit con, c'est qu'on n'est pas si farouche.

J'aurais envie de lui crier dessus mais il faut en finir. Et comme il l'a dit si bien, à cause de « l'autre petit con », je me retrouve dans cette posture fâcheuse. Je tente de me détendre, les bras ballants, me trouvant pas du tout naturelle et complètement ridicule. Néanmoins il capture l'instant présent et il va pouvoir me foutre la paix pendant deux semaines.

Satisfait de son cliché, je me précipite sur ma culotte que j'enfile rapidement avant de mettre le t-shirt. Tant pis pour le soutif, je ne le mettrai qu'une fois rentrée à la maison. Et alors que je commence à me sentir mieux, j'entends un craquement de branche venant derrière-moi, là où je m'étais mise d'abord de face. Je tourne la tête et vois un vieux randonneur qui vient dans notre direction.

— Bonjour, nous lance-t-il avec un sourire goguenard avant de continuer son chemin sans s'arrêter.

En passant près de moi, je vois avec horreur qu'il a un appareil photo dans sa main gauche, tandis que dans celle de droite, il tient son bâton de randonnée.

— Beau point de vue, nous dit-il avant de s'éloigner sans s'arrêter.

Je me demande s'il a pris des photos de moi et ça m'inquiète.

— Qu'est-ce qu'il a voulu dire ?

— Par là il y a un point de vue d'où on voit bien notre petite ville, répond monsieur Dupré amusé par la situation.

J'espère que ce n'est que ça. Je n'aimerais pas que cet homme que je ne connais pas, ait pu nous surprendre plus tôt. Mais non, tu te fais des films ma pauvre fille, me raisonne ma voix intérieure. Sauf qu'avec ce qui s'est passé ces derniers temps, je ne crois plus vraiment en ma bonne étoile pour m'en sortir aussi facilement.

Je récupère mon téléphone et lui rends le sien avant de lui envoyer les deux photos. Je repars avec lui et reste silencieuse jusqu'au retour dans la ville. Je préfère le suivre de peur de me perdre car à l'allée, je n'ai pas fait attention au chemin emprunté, bien trop stressée par la situation.

— À bientôt, me lance le vieux cochon lorsque nous arrivons aux premières maisons de la commune.

Je ne réponds pas et file directement chez moi pour aller prendre une bonne douche.

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