Vieux cochons !

Une saga de Thalia_Devreaux - 36 épisode(s)

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Épisode 34 : S'en sortir

Jérémy ! Le petit con à cause de qui tout à commencé ! Le pervers qui s'est permis de me filmer sans mon consentement pendant qu'il m'a baisé lors d'une soirée trop alcoolisée ! Alors que j'étais à la limite de l’apathie, la colère m'envahit, surtout en voyant son père se mettre à rire en me regardant. Il sort son sexe pour me le tendre, comme s'il attend à ce que je le suce.

— N'oublie pas ce qui pourrait se passer, me dit-il tout bas pour m'inciter à être coopérative.

Je comprends que son esprit vicelard recherchera toujours à m'humilier un peu plus à chaque fois. C'est ce qui l'excite. C'est ce qui les excite tous ! Il n'y en a pas un pour rattraper l'autre, pour se dire que ça va trop loin ! Ils bandent comment des vieux cochons ! Quant à Jérémy, il est déjà nu, verge tendue, s'extasiant de pouvoir me filmer de nouveau.

Je repousse monsieur Dupré que ça amuse et je fonce sur son fils. Je les entends rire. Jérémy pense que je vais tenter de lui arracher le téléphone des mains. Grossière erreur ! Je fais ce que j'aurais dû faire dès la première fois. Je lui mets un coup de genou dans les parties intimes. Il pousse un cri plus féminin que viril et les rires s'arrêtent tandis que je jubile.

J'arrache le smartphone maintenant qu'il est plié en deux et je le jette violemment par terre pour le casser. J'entends des exclamations et des insultes. Je m'approche de la sortie.

— Je veux mes vêtements !

— Et pour faire quoi ? Me demande monsieur Dupré furieux que j'ai fait mal à son fils.

— Pour partir et ne plus jamais vous revoir.

— Tu m'appartiens ! Rage-t-il avec un sourire mauvais. Tu oublies toutes les photos et vidéos que j'ai sur toi !

J'essaye de ne pas montrer la peur que je ressens, me redressant autant que je peux pour l'affronter en pointant mon index sur lui.

— Faites ça et je dépose plainte contre vous. Contre vous tous !

Un silence s'installe pendant quelques instants, troublé seulement par les gémissements pleurnichards de Jérémy.

— Tu n'auras pas le cran, dit le père d'un ton menaçant en s'approchant de moi.

Je me retrouver acculée contre la porte d'entrée. Je pose une main sur la poignée et reprends un peu d'espoir, surtout lorsque j'entrouvre la porte.

— C'est ce qu'on va voir.

Je fais mine de l'ouvrir davantage et tout s'arrête. Patrick s'approche de moi avec monsieur Beaumont en me tendant mes affaires, tandis que monsieur Dupré recule. Tous ont peur que je sorte nue de la maison et que je crie au viol. C'est peut-être ce que j'aurais dû faire, mais j'ai espoir que tout puisse s'arrêter là.

Je me rhabille en quatrième vitesse, sans prendre le temps de mettre mes sous-vêtements que je range dans les poches. Jérémy se plaint qu'on me laisse partir, mais comme le lui dit Raymond, ils n'ont pas vraiment le choix.

Je quitte cet endroit en marchant d'un pas rapide, à la limite de courir. Je veux en partir pour ne plus jamais y revenir. J'ai les larmes au bord des yeux. Je suis en colère, j'ai la rage et je me sens humiliée. J'ai l'impression d'être nulle, d'avoir été stupide. C'est sûrement le cas. Je file jusqu'à chez mes parents pour aller mes réfugier dans ma chambre. Je ne passe même pas par la case douche.

Je finis par pleurer, sans retenue, agrippée à mon oreiller. Je repense à tous ces mois où j'ai espéré que l'affaire ne s'ébruite pas, à m'en sortir. À accepter l'inacceptable pour éviter d'entacher ma réputation. Je n'ai fait qu'alimenter tout ce qu'on pourrait dire sur moi. Je repense à la pauvre Stéphanie. J'avais peur de subir la même chose qu'elle dans cette petite ville, sauf que ça risque d'être pire. Et tout ça pour rien. J'ai été manipulée par cette bande de vieux cochons qui s'est bien amusée sur mon compte...

Désormais, tout va changer. Je ne coucherai plus avec eux, d'une manière ou d'une autre. J'espère qu'ils sauront se montrer raisonnables, que je leur en ai assez donné. Ils ont bien profité de moi, de ma crédulité. Ils devraient au moins avoir la décence d'accepter que je leur échappe. Je veux y croire, mais je crains le contraire.

Je reste enfermée dans ma pièce jusqu'à la nuit tombée. Je refuse de manger. Je prétexte un chagrin d'amour quand mes parents s'interrogent sur mon état. Ils n'insistent pas et ne me forcent pas à venir manger. J'attends qu'ils aillent se coucher pour quitter mon antre et aller dans la salle de bains. Je me regarde dans le miroir. J'ai une tête à faire peur. Je me trouve fantomatique. J'aimerais tant l'être en ce moment, être présent tout en étant invisible et redouté. Je voudrais être un esprit frappeur qui se vengerait de ce que j'ai subi, un peu à la manière de Sadako dans Ring.

C'est étrange, mais j'ai du mal à me mettre nue. Je fuis même mon reflet dans la glace lorsque je suis dévêtue en me mettant sous l'eau chaude qui n'arrivera pas à laver toutes les souillures, ni à me guérir de toutes mes blessures. Les fêlures sont profondes. Peut-être qu'avec le temps, j'y arriverai. Je me demande à présent comment je vais pouvoir vivre.

Je perçois seulement l'horreur de ma situation, alors qu'elle n'a pas vraiment changé depuis le début du chantage. Tout aurait été moins compliqué si je n'avais pas cédé la première fois. Après tout, ce n'était qu'une sextape prise sans ma permission. Les conséquences auraient été plus gérables que la situation dans laquelle je me trouve. Je réalise que la difficulté lorsque l'on cède une fois à un chantage, c'est de ne pas continuer à le faire par la suite. C'est plus simple de continuer à s'engouffrer dedans que de tout arrêter car il n'y a plus de retour à la situation initiale possible.

L'eau commence à devenir tiède. Je suis en train de vider le chauffe-eau. Depuis combien de temps je pense dans la douche ? Pour quel bénéfice ? Rien ne s'est amélioré et pourtant, je me sens un peu mieux. J'ai cette certitude que tout est fini avec eux. Il faut que je tienne sur cette position, quitte à ce que tout soit révélé.

Je me blottis ensuite dans mon lit. Je regarde mon smartphone pour voir si aucun des vieux cochons ne m'a contacté. Leur silence est aussi rassurant qu'inquiétant. Je ne sais pas ce que je préfère. Je souhaiterais recevoir un message où ils m'écrivent qu'ils me laissent tranquille et qu'ils ne veulent pas que cette affaire s'ébruite. Je crois que je peux toujours rêver...

Cette nuit-là, je n'ai pas dormi. La tête trop pleine, la honte bien présente, l'angoisse à son paroxysme. Je fais semblant de dormir lorsque mes parents se lèvent, recroquevillée dans mon lit, comme une petite gamine apeurée. Je devrais surveiller l'activité du forum. Je vais sûrement passer ma journée dessus.

Pour l'instant, il ne se passe rien de nouveau. Sont-ils en train de réfléchir à une nouvelle stratégie pour me faire fléchir ? Je n'ai que des questions. Je crains que mes journées se ressemblent ainsi et de devenir folle. Il faudrait que j'ai une discussion avec eux. Alors quand je vois monsieur Beaumont dans son jardin, je sors sans hésiter pour aller à sa rencontre.

— Pas très sexy comme tenue, me dit-il d'un ton enjoué.

Je ne vois aucune appréhension sur son visage. Il a l'air confiant tout en se permettant ce commentaire déplacé. J'ai mis un survêtement ample qui masque mes formes. Je me sens mieux ainsi. Je le regarde durement et ça l'amuse.

— Vous devriez changer de ton, dis-je d'une voix mal assurée.

— Sinon quoi ? Me demande le voisin. Tu vas déposer plainte ? Si tu avais le cran de le faire, tu l'aurais fait hier.

Il faut croire que la bande de vieux cochons à surveiller mon activité. Ils doivent avoir un ou plusieurs gendarmes dans leurs cercles d'amis. Je n'y avais pas pensé. Ça m'effraie de le voir si serein. J'en déduis qu'ils ne vont pas me laisser tranquille, ce qu'ils me confirment.

— Monsieur Dupré réfléchit à la façon dont il va se venger de ce que tu as fait à son fils. Tu devras te montrer bien obéissante.

— Jamais !

Et sur cette exclamation, je m'en vais sans me retourner, me réfugiant à nouveau dans ma chambre en me sentant humiliée.

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