Vieux cochons !

Une saga de Thalia_Devreaux - 23 épisode(s)

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Épisode 21 : Une séance photo contrariée

Comme prévu, le jeudi après-midi, aux alentours de treize heures, je rejoins le randonneur à côté de chez lui. Nous marchons pendant près d'une heure, jusqu'à l'endroit à l'écart où nous devrions être tranquille. Nous n'échangeons que peu de paroles, je n'en ai pas très envie et lui a l'habitude de randonner seul.

Le lieu choisi se trouve éloigné du sentier, masqué par de grands rochers. Patrick m'explique qu'aucun autre chemin ne passe à proximité, que nous sommes dans une étendue d'arbres au personne ne vient, en dehors des gardes forestiers lorsque c'est nécessaire.

— Mais ne t'en fais pas, ils ont déjà contrôlé cette partie de la forêt.

Les arbres sont sains. Aucun ne menace de tomber, ou ne semble être prêt à découper. Je lui fais confiance et je me déshabille rapidement. J'ai hâte d'en avoir terminé avec cette séance photo et la fellation prévue au programme. Une fois que ce sera passé, Patrick s'occupera de son petit frère. En le regardant avant de retirer mes sous-vêtements, je le vois peu à l'aise, moins que d'habitude. Je me demande bien pourquoi. En fait, je ne m'étais pas rendue compte qu'il sourit moins, qu'il semble préoccupé.

— Qu'est-ce qui ne pas va pas ?

Il ne me répond pas, se contentant de sourire avant de sortir son appareil photo. Son comportement me surprend, surtout que d'habitude, il a l'air toujours si enjoué. Je retire ma culotte et la dépose délicatement avec le reste de mes affaires avant d'aller au premier endroit indiqué par Patrick. Il prend un cliché avant de s'arrêter.

J'entends le craquement d'une branche. Je tourne la tête dans la direction du bruit, en plaquant un bras sur mes seins, une main sur mon sexe nu. Je n'ai pas le temps de récupérer mes vêtements avant l'arrivée de l'intrus qui contourne le rocher. Avec un grand sourire, je vois monsieur Dupré s'avancer vers nous en nous saluant.

— Belle journée pour faire des photos coquines, n'est-ce pas ?

Je me tourne vers Patrick qui a la tête baissée, le regard abattu. Le nouveau venu se met à rire en arrivant à sa hauteur, lui tapotant l'épaule. Je comprends qu'ils sont de connivence et que je vais en faire les frais. Les vieux cochons !

— Eh bien Mylène, encore à poil ? Décidément, si je ne te connaissais pas comme une fille bien rangée, je dirais que tu es la salope du village !

Il a un petit sourire en coin, me matant ouvertement, bandant ostensiblement dans son pantalon moulant qui révèle son sexe le déformant.

— J'ai appris pour la vidéo qui circule sur le forum avec ton voisin, c'est ça ? N'en veux pas à Patrick, il n'a pas eu le choix que de m'informer de cette nouvelle séance. J'ai un dossier photo contre lui et sa compagne n'apprécierait pas les photos où tu es avec lui.

Je pousse un soupir, me rappelant cette séance qui, au final, s'est avérée plutôt excitante. Le randonneur avait fini par se laisser aller et je n'avais pas réfléchi que les clichés pourraient être compromettant pour lui.

— Je suis désolée, Mylène...

Je sens qu'il aimerait dire autre chose. Son regard me fuit mais en ce moment, je n'ai pas de chance. Rien ne se passe comme prévu. Je demande à monsieur Dupré ce qu'il veut et il sort son smartphone de la poche de son pantalon. Il veut une sextape à visage découvert, qu'il gardera pour lui, comme les photos qu'il a en sa possession. « Une partie de l'accord », comme il me l'annonce car il ne renonce pas aux photos où je m'exhibe pour son plaisir.

Ai-je un autre choix qu'accepter ? C'est la seule question que je me pose avant de finir par accepter et de m'offrir à lui, filmé par le randonneur, n'appréciant que modérément la tournure des choses. Le plaisir n'y est pas, l'excitation non plus. Au moins mon amant a son orgasme et la satisfaction de m'avoir prise à nouveau. Quant à Patrick, il ne réclame rien, s'excusant à nouveau. S'il ne devait pas m'attendre pour me ramener en ville, il serait probablement parti.

Lorsque je me rhabille, monsieur Dupré s'en va satisfait. Je ne dis pas un mot ensuite, retournant sur le chemin une fois habillée. L'ambiance est pesante entre le randonneur et moi. Il n'ose plus me regarder et il ne me parle qu'avant d'arriver.

— Je suis désolé. Considère que notre accord a été conclu. Je vais m'occuper de mon frère...

Je hoche la tête, sans desserrer ma mâchoire. Je lui en veux quelque peu. J'aurais préféré qu'il se taise. Peut-être suis-je mal placée de penser ainsi. Après tout, il veut sauvegarder son couple comme moi je veux le faire pour ma réputation. Avait-il le choix ?

Nous avançons en silence jusqu'aux premières maisons. Nos chemins se séparent à cet endroit.

— Je te contacterai si je trouve un moyen pour arrêter cet arrangement avec monsieur Dupré. Maintenant, je suis comme toi. J'ai besoin de mettre un terme à tout ceci.

Je hoche la tête, sans sourire, même si au fond de moi, cette déclaration déclenche une lueur d'espoir. Désormais, je ne serais plus seule à vouloir que tout s'arrête et je sais que Patrick ne cherchera plus à tirer avantage de la situation me concernant. Espérons qu'il arrive à mettre hors-jeu son frère.

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